Albert Camus

in éditorial pour Combat, 8 août 1945
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in éditorial pour Combat, 8 août 1945
« Ce système nous a proposé jusqu’à maintenant d’accumuler, de vivre à fond dans l’avoir. Et il a acheté notre complicité, alors que des êtres humains n’avaient même pas la possibilité de vivre décemment. Cette misère s’étend à tout être vivant. La terreur d’État, l’asservissement industriel, l’abêtissement capitaliste et la misère sociale nous frappent toutes et tous. Insidieusement et continuellement, ces forces néfastes divisent notre être intime. Une partie de nous se voit subrepticement contrainte à être le bourreau de notre autre moi, celui qui rêve, sait et veut que ce monde ne soit pas celui-là. Combien d’entre les citoyens tentent difficilement de défaire la nuit ou pendant leur maigre temps libre ce dont ils ont été complices chaque jour travaillé ? »
C’est ce qu’on peut lire dans un manifeste anarchiste dans les années 2008-2009 pendant la crise des subprimes.
in L'anarchie ou le chaos
Ère d’encre.
L’heure où le merle chante au milieu des conquêtes et des migrations.
L’heure où la réalité dépasse la fiction et celle-ci sort ses griffes.
Le soleil est en train de croquer la ligne ondulante d’horizon.
Les couleurs font tache sur tout ce qui voudrait être ou avoir une limite. Chair et pierre, corps, viande, esprit.
Il y a un enfer fêlé pour chaque amour empêché, chaque enfant qui n’arrive pas à dormir, et chaque monde qui n’en finit pas de finir.
Une poétesse en temps de guerre
Que peut bien vouloir dire être poète en temps de guerre ?
Cela veut dire que tu dois t'excuser
t'excuser sans compter
auprès des arbres en flammes
des oiseaux sans nids
des maisons pilonnées
des énormes crevasses au mitan des rues
des enfants pâles
avant et après la mort
et auprès de chaque mère triste ou trépassée
[...]
Hind Joudeh, né à Gaza en 1983
in Anthologie de la poésie Gazaouie d'Aujourd'hui
(textes traduits par Abdellatif Laâbi et réunis par Yassin Adnan),
éd. PointPoésies, 2025
à la Réserve zoologique de Calviac, Dordogne, 2014
Il se dresse fièrement tout en haut de la pyramide du progrès universel, et en posant dessus la clé de voûte de sa connaissance, il a l’air d’apostropher la nature soumise alentour : “Nous sommes au but, nous sommes le but, nous sommes la nature achevée.” Européen superfier du dix-neuvième siècle, tu as la tête qui fume ! Ton savoir n’achève pas la nature, mais il tue la tienne.
in Utilité et inconvénient de la connaissance historique pour la vie, 1874



La tristesse n'est rien d'autre qu'un mur qui s'élève entre deux jardins.
in Le sable et l'écume
Les enfants qui s’arrachent à nous
Et le sillage qu’ils laissent

in Un carré de poussière
https://www.editionsducommun.org/products/un-carre-de-poussiere

