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04/12/2017

Alexo Xenidis

 

Je sais
Le lac si profond que le monde gronde de joie sourde
En s’y jetant

 

 

 

 

Bénédicte Montjoie

 

Sur la table des souvenirs

Le couvert est mis

La nappe est

De brouillard

 

in Traction Brabant 76

 

 

 

03/12/2017

Luis Mizón

 

Bienvenue sois-tu comète
intime
lumière de l'âme
pluie
cascade d'eau rêveuse
collier de musique et de silence
ta matière d'un autre monde
lavera mon visage
mes mains deviennent nids
pour recevoir ton souffle

 

 

 

 

01/12/2017

Étienne Mora

 

 Quand on s'intéresse à quelque chose,

les gens partent du principe que vous vous la pétez.

 

 

 

Olivier Chantraine

 

à ce niveau-là ce n’est plus une domination Lionel c’est une tyrannie. Et moi je vous pose la question Lionel, où est la poésie dans tout cela, ce monde de chiffres nous rend il plus libres ? Sérieusement, deux cent mille ans de présence sur terre depuis l’Homo sapiens pour en arriver là, non mais qu’est-ce qu’on imagine ? Croyez-moi Lionel, je suis au cœur de la machine, les types de ma boite connaissent plus de ratios financiers que de mots, l’Homme se trompe ; tout ce dont il a besoin c’est d’agir sans aucune préméditation, en faisant aveuglément confiance à ses choix.

 

in Un élément perturbateur

 

 

 

Olivier Chantraine

 

Le principe même des fonds d’investissement et conseils en fusions-acquisitions est que si la profession est un ramassis d’avides crapules et les dossiers plus sombres qu’un tableau de Pierre Soulages, toute l’apparence extérieure du métier doit briller de mille feux. Bureaux, voitures, costumes, choix de restaurants. Personne ne doit se douter de ce qui se trame en coulisses.

 

in Un élément perturbateur

 

 

30/11/2017

Étienne de la Boétie

 

Ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu'il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu'ils en seraient quittes en cessant de servir.

 

in Discours de la servitude volontaire (1549)

 

 

 

24/11/2017

Etty Hillesum

 

Les plus larges fleuves s'engouffrent en moi, les plus hautes montagnes se dressent en moi. Derrière les broussailles entremêlées de mes angoisses et de mes désarrois s'étendent les vastes plaines, le plat pays de ma paix et de mon abandon. Il y a toutes sortes de paysages en moi. J'ai tout l'espace voulu. En moi est la terre et en moi le ciel. Et que l'enfer soit une invention des hommes m'apparaît avec une évidence totale. Je ne vivrai plus jamais mon enfer personnel- je l'ai vécu suffisamment autrefois, j'ai pris de l'avance pour toute une vie – mais je puis vivre très intensément l'enfer des autres. Il le faut, d'ailleurs, si l'on ne veut pas verser dans l'autosatisfaction.


Vendredi 9 octobre 1942

 

 

 

23/11/2017

John Burnside

 

J’avais été déconcerté par les foules de gens, dans les rues, et la façon dont ils se bousculaient, l’air impassible comme s’ils cherchaient désespérément à se croire seuls.

 

in L’été des noyés

 

 

 

21/11/2017

Luis Mizón

 

Dis-moi
secret de la terre
flamme si douce
dis-moi cette parole
qu’on entend parfois
là où l’eau s’écoule
effaçant les rides des pierres

 

 

 

 

19/11/2017

Luis Mizón

 

Viens comme l’eau la plus profonde
viens quand nul ne le sait
de ton sang d’ombre
lave les épines de lumière
qui me traversent
et le trop d’étincelles
qui me blesse les yeux

 

 
 

Otto René Castillo

 

 Le pire de tout c'est l'habitude. L'homme perd son humanité

et l'énormité de la douleur d'autrui ne compte plus pour lui.

 

 in Rapport sur un acte de justice

 

 

Henry David Thoreau

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merci à Voix dissonantes

 

 

 

15/11/2017

Chloé Landriot

 

J’avance encore à tes côtés

En tenant par la main

Cette chance imparfaite et boiteuse

Cette chance.

 

in Vingt-sept degrés d’amour (le Citron gare éd. 2017)

 

 

 

12/11/2017

Guiomar de Grammont

 

L’idée du retour est terriblement fastidieuse. Le mieux c’est de se souvenir des personnes que nous avons été et des êtres que nous avons aimés plutôt que d’affronter l’inconnu. Les regarder et comprendre que nous ne sentons plus rien, que le lien est définitivement rompu, qu’il n’y a pas de retour. Combien d’exilés ne vivent-ils pas ainsi ? Sans passé, sans avenir, expatriés pour l’éternité.

 

in Les ombres de l’Araguaia