CITATIONS - Page 21
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La guerre finira et les dirigeants se serreront la main.Mais il restera cette mère épuisée qui désire revoir son filsEt cette femme qui attend son mari bien aiméEt ces enfants qui cherchent leur père héros.Je ne sais pas qui a vendu la patrie, mais j'ai vu qui en a payé le prix
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Soline Mohamed Abaza سولين محمد أباظه , poétesse syrienne expatriée
J'ai tu mon chagrin dans mon pays nouveau
Et j'ai essayé de continuer
Mais les pierres de notre maison là-bas
Me font trébucher
Et je les trouve criblées de nostalgie
Traduit de l'arabe par Atlas Hader
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Pier Paolo Pasolini
Je suis un homme ancien, qui a lu les classiques, qui a récolté les raisins dans la vigne, qui a contemplé le lever ou la chute du soleil sur les champs. (...) Je ne sais donc pas quoi en faire d'un monde créé, par la violence, par la nécessité de la production et de la consommation. Je déteste tout de lui : la précipitation, le bruit, la vulgarité, l'arrivée. (...) Je suis un homme qui préfère perdre plutôt que de gagner par des manières déloyales et impitoyables. Et la beauté c'est que j'ai l'effronterie de défendre cette culpabilité, de la considérer comme une vertu.
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Woody Guthrie

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Pat Ryckewaert
Nulle autre qu’elle
ne sait mieux l’amour
et le nu du poème
nulle autre qu’elle
n'a de fourrure aussi profuse
pour couvrir sa chair vive
et son âme écorcée.
Nulle autre qu’elle
ne sait mieux la colère
et le cri enfoui
le chant des perdus.
Elle se cache si bien
en dessous de la bête
qu'on est à les confondre.
Nuls autres que la nuit
et le vent des collines
ne savent entendre sa plainte.
Nul ne sait
L’humeur labile
l’anxieuse rumination
la folle douleur qui l’étreint.
Nul ne sait l’épine plantée
entre les vertèbres de l’enfance.
in À la folie
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Myriam OH
méfie-toi des gens sympas qui ne veulent que ton bien
ne laisse jamais personne t’allumer à sa guise non plus
laisse-toi tomber quand tu es fatigué
laisse-toi aller au pathétisme
il fait bon parfois filer un mauvais coton
en bonne compagnie
on entend mieux la lumière dans le noir
et puis quand tu te sentiras
fais-toi la douceur
on n’a rien inventé de mieux quand les temps sont durs
tu es né pour briller
mais pas tous les jours mais pas par tous les temps
fais-toi ce qu’il faut de taches de bosses de fêlures
donne-toi le luxe du relief
ne laisse jamais personne juger de ton éclat
chacun avance par sa propre lumière
les éclairages extérieurs ne sont que des points d’étape
tantôt on est phare
tantôt naufragé
ne laisse jamais autre chose que ton cœur te guider
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HD Marinella
à y regarder de près
toute chose que le jour t’apporte
est mystère et étrangeté
appel au silence
& terreur d’écorché vif -
Julien Assange

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Eduardo Galeano
Aucune guerre n’a l’honnêteté d’avouer : je tue pour voler.
Les guerres invoquent toujours de nobles motifs, tuent au nom de la paix, au nom de Dieu, au nom de la civilisation, au nom du progrès, au nom de la démocratie et dans le doute, si tant de mensonge ne suffisait pas, voilà les grands médias prêts à inventer des ennemis imaginaires pour justifier la conversion du monde en un grand asile et un immense abattoir.
Dans Le Roi Lear, Shakespeare avait écrit que dans ce monde les fous conduisent les aveugles et quatre siècles plus tard, les maîtres du monde sont des fous amoureux de la mort qui ont fait du monde un endroit où chaque minute 10 enfants meurent de faim ou de maladie curable et chaque minute 3 millions de dollars sont dépensés, 3 millions de dollars par minute dans l’industrie militaire qui est une usine de mort.
Les armes exigent des guerres et les guerres exigent des armes et les cinq pays qui gèrent les Nations Unies, ceux qui ont le droit de veto à l’ONU se révèlent également être les cinq principaux producteurs d’armes.
Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand la paix du monde sera-t-elle entre les mains de ceux qui font le commerce de la guerre ?
Jusqu’à quand continuerons-nous à croire que nous sommes nés pour l’extermination mutuelle et que l’extermination mutuelle est notre destin ?
Combien de temps encore ? -
Lao Tseu
Un souverain instruit dans la voie du Tao renonce à conquérir le monde par la force. Car il sait qu'à l'attaque succède la riposte. Là où sont passées les armées, ne restent que des ruines et ne poussent que des ronces. Les grandes guerres amènent des années de disette. C'est pourquoi l'homme éclairé se montre résolu sans tomber dans l'excès. Il parvient à ses fins mais n'en tire aucune gloire. Il mène à bien ses entreprises sans offenser ni détruire. Il agit sans orgueil et ne combat que par nécessité. Il ne trouble pas la grande harmonie. La force use celui qui l'utilise, car elle va à l'encontre du Tao. Et ce qui va contre le Tao va à sa perte.
in le Tao Te King
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Karl Kraus
Le diable est un optimiste s'il croit pouvoir empirer les hommes.
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Kathy Acker
Pas d'imitation, pas d'assimilation, pas de demi-mesure dans la poésie. S'emparer, ingurgiter, arracher, dévorer, digérer, recracher. La cannibale littéraire dévore la chair d'un texte pour en faire quelque chose d'autre. Lire, dit-elle, est un acte sauvage, créer est un acte cannibale. Un texte est un corps résistant, puissant, dégoulinant et la poésie n'est pas un monument. C'est un lieu d'échange, c'est un grognement, un bousculement, un hurlement, ce sont des tripes pétries, des larmes en argent, c'est un acier tranchant, un métal brûlant. La poésie n'est pas un monument.
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Rabindranath Tagore
Partout sur cette terre, l'esprit du Paradis veille et fait entendre sa voix. Il atteint notre oreille intérieure sans que nous le sachions, il donne le ton à notre harpe de vie, dont la musique envoie notre aspiration au-delà du fini, non seulement en prières et en espérances, mais en temples qui sont des flammes de pierre, en peintures qui sont des rêves immortalisés, en danse qui est méditation extatique au centre immobile du mouvement
in Le sens de l'art
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Georg Wilhelm Friedrich Hegel

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Guénane Cade
Si ta mémoire mesure le temps
évite la dangereuse nostalgie
se pencher à la portière de sa vie
c’est déjà la Patagonie
le même vent te précède
te suit te délie
t’enracine d’un revers
le vent est libre
les souvenirs aussi
in Ma Patagonie