Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/04/2016

Erri de Luca

 

 

ce soir parmi nous moi j’aime l’ivrogne qui perd le chemin de sa maison.

 

 

Kate Braverman

 

Les poètes enfoncent leur têtes dans les fours. Attirés qu’ils sont par le pouls de la flamme bleue. Leurs crâne sont des plazzas de chagrin et de pourriture. Ils ont au fond des yeux des entrepôts et des jetées. Il y a le déchirement atroce du cœur au moment de partir. Puis ils s’enquillent du monoxyde de carbone par la bouche. N’ont de cesse de tomber malades sous l’évangile fielleux de la lune. 

 in Bleu éperdument

 

 

 

14/04/2016

Paul Guiot

 

- Quel était le secret de ce pacificateur efficace ?

- Sa simplicité désarmante.

 

 

Luis Sepúlveda

 

« - Ce violon, quand l’avez-vous perdu, l’ami ?

- Qui vous a dit ça ? Je ne peux pas l’avoir perdu puisque je ne l’ai pas encore trouvé, déclare t-il dans une nouvelle démonstration de logique écrasante. »

 

in Dernières nouvelles du Sud

 

 

13/04/2016

James Noël

 

c’est l’encre qui fait que

le poète

trouve dans l’horizon

domicile fixe

 

in Le sang visible du vitrier

 

 

Ossip Mandelstam


Armé de la vision des guêpes étroites
 Qui sucent l'axe de la terre, l'axe de la terre,
 Je pressens tout ce qu'il m'a fallu connaître,
 Je m'en souviens par cœur et vainement.

Et je ne dessine pas, ne chante pas,
 Ne guide pas l'archet à la voix noire:
 Je me contente de boire la vie et j'aime
 À envier les guêpes fortes et rusées.

Oh, qu'un jour vienne, n'importe quand,
 Où la piqûre de l'air et la chaleur de l'été
 M'obligent, une fois franchis soleil et mort,
 À entendre l'axe de la terre, l'axe de la terre.

8 février 1937

 traduit par Jean-Claude Schneider

 

 

 

 

Sitting Bull, Hunkpapa

 

Les paroles des blancs sont écrites sur l’eau.

 

 

 

11/04/2016

Black Elk, Sioux-Oglala

 

La deuxième paix est celle qui se crée entre deux individus, la troisième et celle qui soude deux nations. Mais au-dessus de tout cela il vous faut comprendre que la paix ne sera pas possible entre les nations tant qu’on ne sera pas convaincu que la véritable paix – comme je l’ai souvent dit – se trouve au cœur même de l’âme humaine.

 

 

 

Anna Maria Celli

 

Et par les cercles

Limpides

De l’orage

Sourdant du fond des silex

J’écoule mes pensées

  

 in Prémonitoires

 

 

 

10/04/2016

Edmond Jabes

 

Je suis à la recherche d’un homme que je ne connais pas,
 qui jamais ne fut tant moi-même
 que depuis que je le cherche. A-t-il mes yeux, mes mains
 et toutes ces pensées pareilles
 aux épaves de ce temps ?

Saison des mille naufrages,
 la mer cesse d’être la mer,
 devenue l’eau glacée des tombes.
 Mais, plus loin, qui sait plus loin ? 
 


 in Chansons pour le repas de l’ogre (1943-1945)

 

 

Roberto Juarroz

 

 Tandis que tu fais une chose ou l'autre,
 quelqu'un est en train de mourir.

Tandis que tu brosses tes souliers,
 tandis que tu cèdes à la haine,
 tandis que tu écris une lettre prolixe
 à ton amour unique ou non unique.

Et même si tu pouvais ne rien faire,
 quelqu'un serait en train de mourir,
 essayant en vain de rassembler tous les coins,
 essayant en vain de ne pas regarder fixement le mur.

Et même si tu étais en train de mourir,
 quelqu'un de plus serait en train de mourir,
 en dépit de ton désir légitime
 de mourir un bref instant en exclusivité.

C'est pourquoi si l'on t'interroge sur le monde,
 réponds simplement : quelqu'un est en train de
 mourir.

in Poésie verticale, traduit par Roger Munier

 

 

Lamartine

 

On n'a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains.

On a un cœur ou on n'en a pas.

 

 

Anaïs Nin

 

Je suis une exaltée qui ne comprend la vie que lyriquement, musicalement avec des sentiments beaucoup plus forts que la raison. J’ai une telle soif de merveilleux, et seul le merveilleux a de la puissance sur moi. Le reste, quand je ne peux plus le transfigurer en merveilleux, je le laisse. La réalité ne m’en impose pas. Je ne crois qu’à l’ivresse, qu’à l’extase, et quand la vie ordinaire m’entrave, je m’en échappe par un moyen ou par un autre. Plus de murs.

 

 

 

07/04/2016

Saïd Mohamed

 

Je n’ai pas fui ces montagnes.

Mais comment revenir sans bagage vaniteux

Dans le territoire de l’enfance qui vacille ?

 

in L'éponge des mots

 

 

 

06/04/2016

Saïd Mohamed

 

la rue rouillée par la mer

 

in L'éponge des mots