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23/05/2016

Lionel Mazari

 

Ce visage qui vous sourit tristement mais avec douceur et tendresse de l'autre côté de la réalité. Là où l'amitié et l'amour existent pour de vrai. Avec des mots qui, quand on les prononce, ont ce pouvoir magique comme les fées, de faire exister ce dont on parle: le bal, la danse, et les habits de fête pour tous ceux qui veulent qu'on les laisse libres. Sans ces cache-misère que sont toutes les bonnes raisons d'être dur et sévère. Sans le silence des reproches. Sans les accusations criardes. Sans les coups qu'on inflige aux autres quand on a peur de souffrir.

 

in l'impossible séjour

 

 

22/05/2016

Julien Torma

 

la poésie est une idée X

 

 

Viktor Pelevine

 

« Je me demande bien Tchoubaïka, pourquoi on traite la bourgeoisie libérale de libérale. Elle est porteuse d’une idéologie totalitaire extrême. Si on l’y regarde de près, tout son libéralisme se réduit à la permission donnée aux travailleurs de s’enculer à volonté pendant leurs heures de repos. » et Tchoubaïka répondait : « Excusez-moi Zouzia, mais c’est un grand pas en avant si on compare avec le régime qui percevait même cette activité comme sa prérogative.»

in Les nombres

 

 

 

Fiston Mwanza Mujila

 

Au commencement était la pierre et la pierre provoqua la possession et la possession la ruée, et dans la ruée débarquèrent des hommes aux multiples visages qui construisirent dans le roc des chemins de fer, fabriquèrent une vie de vin de palme, inventèrent un système, entre mines et marchandises.

 

in Tram 83

 

 

 

Perrine Le Querrec

 

Comment perdre ses chaussures, sa raison, son assise et son apparence, comment se délacer, s’égarer, se soustraire aux codes de R., nation d’ordre, de discipline où le premier pas de l’enfant est calculé à la courbe du rendement de R. ?

 

in pieds nus dans R.

 

 

 

Christian Saint-Paul

 

La nuit encore

le soleil étouffant

mutile la fermentation du sommeil

Nous vivons désormais

lovés dans ce désert

où la terre n’est que

poussière montant au ciel 

 

in Indalo

 

 

 

 

 

21/05/2016

Marlène Tissot

 

J’emmerde les courbes de croissance

 

En devenant adulte on ne grandit pas

on ne fait que rétrécir

notre aptitude à nous émerveiller

 

in J'emmerde...

 

 

 

 

Marlène Tissot

 

J’emmerde la chasse au trésor

 

Chercher

ce qu’il reste de bonté

en chacun de nous.

 

in J’emmerde…

 

 

 

 

Joshin Luce Bachoux

 

« Que fais-tu grand-mère, assise là, dehors, toute seule ? » Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée. J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du cœur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel. « Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ? » J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent, j’apprends la patience et aussi l’ennui ; j’apprends que la tristesse du cœur est un nuage, et nuage aussi le plaisir; j’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser. « Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ? » Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs. J’apprends qu’on avance mieux en se donnant la main, que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille. Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là. « Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-mère ? » J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant, j’apprends à être vieille ! 

 

in J'apprends

 

 

 

Roger Gilbert-Lecomte

 

Tu crains le Silence ?
 - Entends dans la nuit
 Le chœur des étoiles.


 in La Tête couronnée et autres poèmes

 

 

 

20/05/2016

Nida Fazli

 

 Resserre ton monde et regarde comme il s’étend

Un œil plein de ciel, un monde dans tes bras 

 

 

 

James Noël

 

 

je rends les armes

et vous recommande

une seule bombe sous le manteau

le mot d’amour

 

in Le pyromane adolescent suivi de Le sang visible du vitrier

 

 

 

Sébastien Joanniez

 

Je n’aime pas Sophie, moi, mais c’est la seule qui m’aime, la seule à m’apprendre le nombril et le trou des fesses.  

Elle se jette sur moi pendant la récréation et elle veut jouer à l’amour. 

  

in Vampires, cartable et poésie

 

 

 

Proverbe camérounais

 

Si tu regardes une image très laide, vérifies que ce ne soit pas ton reflet.  

 

 

Pavan K. Varma

 

Il n’y a qu’aux êtres condamnés qu’est donnée la lucidité de voir à quel point ce qui leur avait paru important n’est que foutaise.

 

in Les Falaises de Wangsisina