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06/04/2016

Vera Feyder

 

je garde d’un narval la longue dent

sorcière et je monte sur boucle

l’anneau blanc des atolls

à mes doigts coraliers

 

Pour moi tout est dérive

 

in Corps seul amer

 

 

 

 

Anaïs NIn

 

Solitude. Je recherche cette division en moi. Je recherche cette tension et ces multiples directions dans ma vie. C’est là l’expression véritable de mon moi. Lorsque je marche seule pendant des heures, je m’accepte telle que je suis. Je ne m’interdis rien et ne laisse pas les autres m’interdire quoi que ce soit. Obéissance au mystère que le journal s’emploie seulement à décrire et non pas à expliquer. 

 

 

 

Héloïse Combes

 

Voici mes dessous blancs,

Symboles de ma mue.

Je n’en ai plus besoin,

Maintenant je vais nue.

Je vais par les forêts

De charmes et châtaigniers,

Je fuis par les clairières,

Je fraie par les rivières

Pour tenter d’apaiser

Le phosphore à mon front,

Pour chérir et cacher

Le tendre et rude affront.

Non, je ne suis plus femme

Et pourtant je suis Vive.

Tu as tué la femme…

À présent je suis Vouivre !

 

18 août 2012

 

 

 

 

 

 

05/04/2016

Kate Braverman

 

Nous sommes coupées en deux, songe-t-elle, nous sommes distendues, nous sommes magnifiées. Nous nous asseyons au creux de fontaines d’où l’eau jaillit par trop d’orifices. Nous posons la machine à écrire à même le sol, sous la table de la salle à manger, et vivons là. En sécurité avec le bois au-dessus de nos têtes. Nous restons assises là onze jours et onze nuits de rang, à nous perforer les veines des bras et des jambes. Nous écrivons des poèmes, à l’encre de sang. Nous nous croyons alors justifiées. Nos bras sont infectés. Nous savons bien n’être pas tout à fait à l’image de Dieu. Nous, profusions de trous. Notre genre est monumental. N’est-ce pas d’ailleurs ce que notre sculpture nous raconte ? Nous sommes l’appétit dépourvu de crâne. Nous sommes amputées. Nous enfantons sans maris. Nous donnons naissance à nos bébés dans la solitude absolue, comme une espèce de renégats. Nous n’avons ni tribus ni totems. Aucun rituel de consolation. Lorsque nous naissons ou mourrons, personne n’allume de cierge. Plus personne ne se souvient des litanies, des formules pour invoquer et divertir les dieux. Nous vivons seules. Célibataires durant des décennies. Larguées sur Terre puis désertées. Peut-être sommes nous une mélopée ? Quelqu’un nous a écoutées choir. Peut-être sommes-nous une forme de pluie avilie ? 

 

in Bleu éperdument

 

 

 

04/04/2016

Anaïs Nin

 

Equilibre ? Un rêve impossible pour moi, padre amor. Parce que je suis née sous le signe de Sainte-Thérèse et des grandes courtisanes perverses. Mysticisme de la terre ou du ciel, mais des extrêmes. 

 

 

Red Cloud - Chef Sioux Oglala

 

…Je suis pauvre et nu, mais je suis le chef de la nation. Nous ne voulons pas de richesse mais nous tenons à instruire correctement nos enfants. Les richesses ne nous serviraient à rien. Nous ne pourrions pas les emporter avec nous dans l’autre monde. Nous ne voulons pas de richesses. Nous voulons la paix et l’amour.

 

 

 

Jacques Prévert.

 

Il y a sur cette terre des gens qui s'entretuent ; c'est pas gai, je sais.

Il y a aussi des gens qui s'entrevivent. J'irai les rejoindre.

 

 

 

Pierre Véry

 

Il arrive que des fantômes d'enfants laissent avec confiance leur main

dans la main de l'adulte qu'ils sont devenus. On appelle cela une grâce.

 

 Les Anciens de Saint-Loup (1944)

 

29/03/2016

Alain-Jean Macé

 

A l’abri du vent

Sur les sablières

Des moineaux couvant

Religieusement

 

in Fi d’ailes (Pages insulaires 26)

 

 

Shizue Ogawa

 

Jetez-y les os des vieux

Qui ont des trous

Jetez-y les os transparents des enfants,

Jetez-les vers le berceau des chants

Au fond de la mer, où ils sont nés

Pour tenter de bloquer les vagues

Qui ne cessent de s’agiter.

 

traduit par Michèle Duclos depuis la version anglaise

In Traversée n°68, mai 2013

 

 

 

Saïd Mohamed

 

J’aime les mots qui rabotent la peau.

 

in Souffles

 

 

 

Dominique Lemaire

 

La page que l’on croit superficielle et mate

 Se révêle à un espace ébloui de comètes

 Un ciel profond blanchi de traversées démentes

 Météores, signaux de lumineuse émeute

 

 

28/03/2016

Proverbe navajo

 

 

Marche en harmonie avec l'univers,

tout en étant en harmonie avec ce que tu es.

 

 

 

25/03/2016

Jeanine Baude

 

Incarnat désir

Glaïeul

À mes lèvres

Et le chant

Courroucé

Des herbes

Dans le soir

Dans le jardin

De menthe

Et d’aubépines fraîches

Je caresse

Ton sein

Ô mappemonde

 

in incarnat désir

 

 

 

 

 

24/03/2016

Marguerite Yourcenar

 

Je me suis toujours beaucoup méfiée de l'actualité, en littérature, en art, dans la vie. Du moins, de ce que l'on considère comme l'actualité, et qui n'est souvent que la couche la plus superficielle des choses.

 

in Les yeux ouverts