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CATHY GARCIA-CANALES - Page 1049

  • Antonin Artaud

    Il me manque une concordance des mots avec la minutie de mes états. « Mais c’est normal, mais à tout le monde il manque des mots, mais vous êtes trop difficile avec vous-même, mais à vous entendre il n’y paraît pas, mais vous vous exprimer parfaitement en français, mais vous attachez trop d’importance à des mots. » Vous êtes des cons, depuis l’intelligent jusqu’au mince, depuis le perçant jusqu'à l’induré, vous êtes des cons, je veux dire que vous êtes des chiens, je veux dire que vous aboyez au dehors, que vous vous acharnez à ne pas comprendre. Je me connais, et cela me suffit, et cela doit suffire, je me connais parce que je m’assiste, j’assiste à Antonin Artaud. – Tu te connais, mais nous te voyons, nous voyons bien ce que tu fais. – Oui, mais vous ne voyez pas ma pensée. A chacun des stades de ma mécanique pensante, il y a des trous, des arrêts, je ne veux pas dire, comprenez-moi bien, dans le temps, je veux dire dans une certaine sorte d’espace (je me comprends) ; je ne veux pas dire une pensée en longueur, une pensée en durée de pensées, je veux dire une pensée, une seule, et une pensée en intérieur ; mais je ne veux pas dire une pensée de Pascal, une pensée de philosophe, je veux dire la fixation contournée, la sclérose d’un certain état. Et attrape ! Je me considère dans ma minutie. Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-mêmes, Messieurs, il se dérobe comme les serpents, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens. Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte.

     in Le Pèse-Nerfs

     

     

  • Paul Wano

     

    J’ai choisi le camp sans portes

     Ou encore de l’indéfini

     A ma naissance, sur mon ethnicité

     Il y avait inscrit ceci :

    Monde

     

     in Le pleurnicheur

     

     

  • Jon Katz - Old Doll's Eye

    John Katz Old Doll's Eye.jpg

     Mon dieu, c'est une si petite pierre, invisible à l’œil, mais elle contient  une telle force, une telle puissance ! Amour et destruction concentrés en un seul point, c'est la même volonté de départ. Seuls les mots font la différence...

     

    cg in journal 1996

     

     

  • William Buckle - Untitled - 1938-1946

    William Bucken.jpg

    (...) un goût de sel, de mer et de larmes mêlées. Une impression de déjà vécu. Ces plongées au plus profond de la douleur. Faire face à ma propre faiblesse, ma propre fragilité, pour ne plus subir. Devenir maîtresse de ma vie, toujours le même problème d’équilibre entre l’autre et moi. L’évidence est telle que même si je veux voir autre chose, entendre autre chose, il m’est impossible de continuer à mener ainsi une vie imaginaire.

     

    cg in journal 2009

     

     

  • Ursula Abresch

    Ursula Abresch.jpg

    Répétition des mêmes causes à effets, curieuses similitudes, mécanismes, rien que des mécanismes. Sortir de ça. Respirer, prendre quelques gouttes fleuries s’il le faut et casser le mécanisme, cette horlogerie qui n’est finalement qu’interne, ses rouages trop bien huilés…

     cg in Journal 2004