René Char
Le sentiment de l’injustice ne m’a jamais quitté (…)
ma fureur n’était pas seulement celle du forgeron poétique,
mais fureur d’adolescent persécuté.
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Le sentiment de l’injustice ne m’a jamais quitté (…)
ma fureur n’était pas seulement celle du forgeron poétique,
mais fureur d’adolescent persécuté.

Dans le monde insolite de l'artiste reclus Ferdinand Cooper, né en Californie en 1911, les réponses conduisent le plus souvent à plus de questions. Ce vétéran traumatisé de la Seconde Guerre mondiale a construit une petite cabane à Sanford, au centre de la Floride. Il y a vécu seul pendant près de 50 ans (1947-1998), sans électricité ni eau courante. La maison était son sanctuaire et il a passé sa vie à décorer l'intérieur et l'extérieur, avec des sculptures en bois et métal qui fournissent un aperçu du monde étrange et merveilleux dans lequel il avait trouvé refuge, loin du monde.

La surface de ce cabinet est un assemblage de bois et d'étain découpé sur lequel figurent des images d'horloges, un œil, des animaux, des croix, un trou de serrure, des lettres, des chiffres, des lunettes et de l'argent. L'intérieur est rempli comme si c'était une armoire à pharmacie, avec un blaireau sculpté, des brosses à dents, des prothèses dentaires et un pistolet.
En voir plus ici : http://www.cochranarts.com/wp-content/uploads/2014/02/ferdinad_cooper.pdf
Publié le 07/12/2014 à 03:50
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/07/2006303-cinquante-printemps-pour-la-barbacane.html

On ne présente pas Max Pons. Tout le monde connaît celui qui a été, pendant des décennies, le guide conférencier emblématique du château de Bonaguil. Mais ce que beaucoup, peut-être, connaissent moins est le passionné de poésie et le poète qui a obtenu, en 2011, le «Grand Prix de poésie de la Société des gens de lettres» dont il est par ailleurs sociétaire. Cet amour de la poésie l'a amené à créer «La Barbacane», dont nous fêtons les 50 ans, une revue qui a pour objectif de faire connaître de nouveaux talents. Nous avons rencontré Max Pons pour en savoir plus.
Comment est née «La Barbacane» ?
Nous étions au restaurant «Le Ménestrel» de Georgette et Roger Arnould, où j'ai passé des centaines d'heures, et nous étions quatre à table avec Jean Follain, notamment. Tout d'un coup je lui dis : «Jean, je crois que je vais créer une revue.» Je cherchais un nom depuis déjà quelque temps, je voulais quelque chose à consonance médiévale et un peu étrange pour le commun des mortels. Et il me dit : «Comment l'appellerez-vous ?» et je m'entends répondre : «la Barbacane.» Il me dit : «Excellent !» Il y avait trois semaines que je cherchais et c'est très curieux car je n'y pense qu'à cette seconde précise de la question, alors que tous les jours, j'avais une barbacane, celle de Bonaguil, sous les yeux.
Comment sélectionnez-vous les textes publiés ?
Avec des amis nous constituons un comité de lecture. Seule est prise en compte la qualité des textes. Mais souvent je ne peux pas les publier par manque de moyens. Il faut trouver des subventions car la poésie se vend très peu. Tout a marché grâce au bénévolat sinon l'aventure aurait été impossible.
Où en est la Barbacane aujourd'hui ?
Aujourd'hui c'est une glorieuse épave. Glorieuse, et c'est son grand triomphe, car elle est devenue mythique. J'ai quelques dizaines d'abonnés, pas quelques centaines et il devient de plus en plus difficile de joindre les deux bouts. Alors j'en donne davantage que je n'en vends. Mais j'ai voulu maintenir la haute qualité papier et une centaine d'exemplaires sont tirés sur papier Arches. Selon les spécificités du texte je choisis tel ou tel type de papier et telle ou telle typographie. Cependant j'ai toujours voulu qu'un ouvrier puisse acheter un numéro de la Barbacane et j'ai maintenu un prix abordable.
Comment voyez-vous l'avenir de votre revue ?
À moment donné, mon fils Stéphane s'en était bien occupé. Peut-être qu'un jour, il prendra la suite. Il lit beaucoup et il écrit également mais je ne veux le forcer en rien. Si la Barbacane doit avoir un avenir ce sera celui qu'une nouvelle génération de lecteurs lui donnera. En ce qui me concerne j'espère connaître le numéro 100 !

◈ DU CÔTÉ DES ANIMATIONS ◈
* Petite restauration *
* Des crêpes et du vin chaud *
* Un atelier d'impression de cartes de vœux *
◈ DU CÔTÉ DES EXPOSANTS ◈
* Hors-Cadre Impressions * Imprimerie Trace *
* Super Loto Éditions* Cathy Garcia *
* L'Atelier des Lisières * Tmtrj Records *
* Le Grenier de Lulu * Les Cuirs d'Aurélia*
* Sarah Couture * Indélébile Collectif *
ps : Cathy Garcia ET Nouveaux Délits bien-sûr, revues, livres
et même une toute nouvelle flopée de cartes !!
C'est chouette ! Venez nombreux !


Le temps galope à roussir
D’un souffle d‘automne
Un balai pour l’hiver
Des mains invisibles
Gravent les écorces
Le vent peigne les ramures
cg in Parfum de causse, 2013

Plus bas encore, dans les entrailles de terre et de pierre,
dans les sables, les schistes, les marnes, plus bas encore jusqu’au feu,
noyau ardent où mugissent les chants des genèses.
cg in Chroniques du hamac, 2008

Persimmon in Snow

Thatched Roof in the Snow - 1993

Snow and crow
Tanaka Ryohei est un artiste graveur Japonais contemporain, né en 1933 dans la ville qui allait devenir Takatsuki-shi en 1943 dans la préfecture d'Osaka.

Je cognerai encore trois fois
A votre porte
La première fois pour dire que j’existe
Depuis que le pain existe
La deuxième fois pour dire que j’existe
Puisque par moi vous existez
La troisième fois ce sera pour vous dire :
Il n’est pas de granit
Que n’use le vent et la pluie
Et mon vent à moi c’est ma faim
Ma pluie à moi c’est ma soif
Prenez garde
Je ne veux plus être orphelin.

Papillon de nuit

Tiptoe

à travers la nuit
La première chose à faire pour jouer du piano,
c'est soulever le couvercle.
in Brèves de comptoir - 1996

Plus je parle et plus j'aime le silence. Plus je côtoie les autres et plus j'aime la solitude. Souvent, nous parlons trop sans en dire assez. Les gens, adorables en particulier, peuvent devenir insupportables en groupe, moi la première et pourtant le groupe porte chacun d’entre nous. Je n'ai pas d'autre ambition que d'être sincère, besoin de nudité sur tous les plans. Seul l’amour est moteur, unique, multiple, mais parfois mon cœur se frotte à des rasoirs. Si je me dis que ma place n’est pas ici, ça m’attriste. Si j’écris c’est parce que l’écriture est parfois le seul mirage où je trouve ma place.
Cg, septembre 1997
in Calepins Voyageurs et après

Le moment de la mort, qu’il soit pendant nos premiers mois ou à quatre-vingts ans passés n’est qu’une formalité car nous sommes déjà morts. Ce qui est curieux, c’est la formidable paix que me procure cette pensée là ! Un soulagement, un repos pour un temps jusqu’au prochain sursaut de terreur, ceux-là même qui nous poussent à combler nos vies de toutes les façons possibles.
Combler surtout ce que nous appelons passé et futur, afin ainsi d’oublier que nous mourrons, que nous sommes déjà morts. Oublier ce qui nous appelle pourtant : une joie cachée au cœur de l’instant présent et nulle part ailleurs.
cg in Journal 1999

Né à Brooklyn en 42, Danny Lyon grandit dans le Queens à New York. C'est là qu'il expérimente pour la première fois la photo, empruntant l'appareil de son père, médecin et photographe amateur. Juive russe par sa mère et allemand par son père, sa famille quitte l'Allemagne nazie en 34, un an après l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Pour Danny, la photo est une arme. La révolution dont parle Danny Lyon, c'est celle des droits civiques. Durant l'été 62, le photographe devient membre du SNCC (prononcé SNIK), la plus grande organisation noire américaine. Pendant deux ans, il photographie le mouvement en butte aux Rednecks et à la police, documentant les marches en Alabama et dans le Mississipi. Danny croise alors les leaders de la lutte noire, Jesse Jackson, Martin Luther King ou Mohammed Ali. Motards, taulards, Indiens ou militants pour les droits civiques, ce proche de Robert Frank s'est donné pour mission de documenter cette Amérique des exclus qui a fini par porter au pouvoir un président noir : Obama. Vingt-cinq ans plus tôt, étudiant à l'Université de Chicago, Danny réalise son premier gros coup. Six ans avant qu'Hunter Thompson n'écrive Hell's Angels et sept avant Easy Rider, il invente le documentaire-photographique. Magnétophone en poche et Leica dans la main, il plonge dans le quotidien d'un gang de motards, les Outlaws de Chicago. Depuis, ses images et ses textes rassemblés dans le livre Bikeriderssorti en 68 sont devenus mythiques. Aujourd'hui, le photographe utilise des appareils digitaux et même son téléphone portable pour suivre les Indiens américains ou le mouvement "Occupy Wall Street" à New York.