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CATHY GARCIA-CANALES - Page 1105

  • Diego Palavas - la poésie

       

    La mer a bavé sur la grève,

     Jusqu’à nos pieds,

    Nus sur le sable délavé

     Ecume blanche au coin des lèvres

    Elle a bu ravalé nos pas, 

    La mer a bavé jusque là

      

    La poésie n’existe pas

     

     Le ciel a pissé sur la ville,

    Sur les prairies du macadam

     Sans broncher, sans bouger d’un cil,

    Le cul planté sur le ramdam

     Vieillard ivrogne aux cheveux d’ange

    Titubant bouteille à la main

     Tout s’entremêle, tout se mélange

    Le ciel a frappé de ses deux poings.

     

     La poésie n’existe pas.

     

     

     in Punk plastic etc… 

     

     

     

  • Fabrice Fossé

     

    Feux rouges du centre-ville

    J’attends un océan

    J’entends les sirènes dans ma conduite intérieure

    au coin d’une rue

    un chien aboie une putain miaule

    yeux délavés

    je fonce au bleu

     

     

     

     

  • La voleuse de fraises de EUN Hee-Kyung

    Micro-fictions traduites du coréen par LEEMyung-eun et Anne-Marie Mauviel avec le concours de Jean Bellemin-Noël

    9782367270104.jpg

    Decrescenzo éditeurs, octobre 2013

    116 pages, 12 €.

     

     

    Cette phrase « Je ne peux pas dire que je sois quelqu’un de bien. Ce n’est pas non plus mon obsession. » qui inaugure la première nouvelle de ce recueil de micro-fictions, celle qui donne son titre à ce livre, donne le ton pour l’ensemble de ces textes, dans lesquels les personnages semblent évoluer comme dans des sortes d’aquariums et l’auteur donne au lecteur la possibilité de les observer ainsi, tels des poissons un peu blafards. Le quotidien de ces personnages est souvent morne et si ça change c’est pour passer au noir, voire au morbide, donnant une sensation d’absurdité. Absurde comme le moment où la mort sans prévenir vient frapper et mettre fin à toutes nos prétentions, mais ici c’est à chaque fois l’autre qu’elle vient frapper. Mort accidentelle et tragique quand il s’agit de celui ou celle que l’on désire « plus on se côtoie, plus on se désire et plus on finit dans une obsession qui ronge le cœur » ou criminelle quand il s’agit de celles et ceux qui nous insupportent. L’écriture de EUN Hee-Kyung, froide, détachée, clinique, appuie sur le malaise, elle rappelle parfois celle de l’écrivain Lee Seung-U.

     

    Ainsi malgré que La voleuse de fraises semble être une victime perpétuelle de la perfidie de son entourage, le style dénué d’émotion de l’auteur, qui ici utilise la forme du récit, ne favorise pas un sentiment inné de sympathie chez le lecteur, qui du coup ne ressent pas forcément de compassion, quand il découvre que cette voleuse de fraises a en fait réglé ses problèmes en développant les automatismes d’une serial killer, pas plus qu’un sentiment d’indignation. Une sorte de nausée le laisse entre deux.

     

    Une autre phrase tirée cette fois-ci de la deuxième nouvelle, Le voyage d’affaires, illustre encore parfaitement le propos de l’ensemble du recueil, « la moitié des pommes étaient gâtées. En les triant, elle s’était aperçue qu’elles aussi pourrissaient à partir du point de contact avec d’autres fruits : c’était comparable à ce qui se passe entre les êtres humains », car dans aucune de ces nouvelles les gens ne se font du bien, tout est voué à se corrompre d’une façon ou d’une autre. Les personnages semblent y perdre en permanence des morceaux d’eux-mêmes, que ce soit leur dignité, comme dans La voleuse de fraises, l’amant pour la protagoniste du voyage d’affaire, qu’elle perdra deux fois, une fois parce qu’il se marrie, même si leur liaison reprendra peu après et la deuxième fois dans un accident de la route dont elle se sentira coupable, tandis que par ailleurs sa fille avec qui la complicité s’étiole, perd symboliquement son enfance avec ses première règles. Enfin, dans la dernière nouvelle Le cirque du soleil, le personnage principal perd son travail et par extension sa vie et son niveau social et devient le simple instrument d’un autre qui perd celle qu’il aime au point d’avoir dérobé la caisse de son entreprise, pour partir avec elle en Australie. Celle qui voulait tant voir Le cirque du soleil périra à la place dans un incendie.

     

    En fait, il s’agit de personnages qui ne cessent de perdre leurs illusions et EUN Hee-Kyung est sans pitié, elle les dépouille sans aucune contrepartie.

     

    Un livre à déconseiller aux dépressifs.

     

     

    Cathy Garcia

     

     

    EUN Hee-Kyung .pngEun Hee-kyung est née en 1959 dans la région de Gochang, Jeollabuk-do. Elle fait ses débuts littéraires en 1995 avec le court roman Duet et reçoit le premier Prix Munhakdongne du Roman la même année pour Le Cadeau De l’Oiseau, qui séduit tant les critiques que les lecteurs. Elle fait aujourd’hui partie des auteures les plus célèbres de Corée. Elle a reçu de nombreux prix, dont le Prix de Littérature Dongseo en 1997, le Prix de Littérature Yi Sang en 1998 et le Prix Coréen de Littérature en 2000. Ses œuvres les plus représentatives incluent les recueils de nouvelles To Talk With Strangers (1996), Happy Ones Do Not Look At The Clock (1999), Inheritance (2002) et Beauty Despises Me (2007), ainsi que les romans Le Cadeau De L’Oiseau (1995), Save The Last Dance For Me (1998), Minor League (2001) et Secrets And Lie (2005).

     

     

    Bibliographie :

    Secrets, Philippe Picquier, 2014 La Voleuse de fraises, Decrescenzo Éditeurs, 2013 Qui a tendu un piège dans la pinède par une journée fleurie de printemps, Decrescenzo Éditeurs, 2013 La beauté me dédaigne, Cocktail sugar, Zulma, 2011 Les boites de ma femme, Zulma, 2009 Le cadeau de l’oiseau, Kailash Editions, 2002.

     

     

    Cette note paraîtrai sur le site de la Cause Littéraire.

  • Georges Jacquemin

     

    Les horloges sont fatidiques

    elles mordent notre chair

    qui est du Temps provisoire

     

    Elles durent par caprice

    et s’arrêtent

    les yeux fermés

     

    quand elles l’ont décidé

     

    d’un coup de dent

    définitif

     

     

  • Jack Birns - Les momies de Venzone, Italie - 1950

    jack Birns les momies de Venzone Italie 1950.jpeg

     

    Venzone est une commune italienne de la province d'Udine dans la région Frioul-Vénétie julienne en Italie.

    Face à la Cathédrale Saint-André, la Chapelle San Michele datant du XIIIème siècle abrite en sa crypte une quarantaine de momies dont l'origine est restée longtemps mystérieuse. On peut y admirer entre-autre un noble originaire de Venzone, Paolo Marpillero.

    C'est en 1647 que la première momie fut retrouvée, on l'appela "Mummia del Gobbo" (le bossu) en raison de sa difformité qui d'ailleurs a été provoquée par une mauvaise posture lors de l'enterrement.
    Cette découverte attira  l'attention des soldats de Napoléon qui durant l'occupation française en 1797, en taillèrent des lambeaux de peau en guise de souvenirs macabres.

    Dès cette première trouvaille, les momies furent l'objet de curiosité et d'études. Au lieu de se décomposer normalement, les corps alors enterrés dans les tombes sous la cathédrale ont été parfaitement conservés et restaient reconnaissables des décennies plus tard. Ce phénomène conduisit les habitants à récupérer périodiquement leurs parents afin de communier avec leurs proches décédés.

    L'origine de cette momification naturelle est un champignon "Hipha Bombicina Pers", présent dans le sol de la cathédrale voisine d'où proviennent les momies. Ce champignon parasite parvient à déshydrater un corps en un an en absorbant leur fluide corporel. Les corps conservent leur squelette, la peau, les organes internes et dans certains cas les cheveux et les organes génitaux.

    De nos jours, seules quelques momies sont encore exposées en la Chapelle San Michele. Plusieurs ont d'ailleurs été disséminées dans des Université en Europe et certaines sont exposées au Invalides de Paris.

     

     

  • Raymond Douillet

    Raymond Douillet_n.jpg

     

    Cœur au ventre agacé par des spasmes violents, la vie qui veut sortir, qui veut naître à elle-même. Les monstres innocents enfantés par les humains, le génie atroce. La vraie beauté est terrifiante, elle surgit du chaos quand elle n’y conduit pas, création et destruction dansent ensemble jusqu’à la fin des temps. Vie et mort indissociables, tellement que c’en est inconcevable, terrible ! C’est pourquoi nous jurons du contraire, à corps et à cris, amour et haine.

     

    cg, Aurillac, décembre 1999  

    in Calepins voyageurs et après ?