Delphine de Vigan
Peu à peu, j'apprenais à calmer ma vitesse, mon vertige, à accepter ma trop grande perméabilité, à apprivoiser cet appétit de vivre qui m'avait dévorée.
in Rien ne s'oppose à la nuit
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Peu à peu, j'apprenais à calmer ma vitesse, mon vertige, à accepter ma trop grande perméabilité, à apprivoiser cet appétit de vivre qui m'avait dévorée.
in Rien ne s'oppose à la nuit

SANS COMPLAISANCE
Mannequins de cire au regard débile
Poupées de chiffons à la moue désappointée
Vieux mouchoirs tachés d'encre indélébile.
Ours en peluche aux oreilles arrachées
Abandonné dans un coin du grenier
Plus personne ne lui confie ses secrets
Paupières humides et morve au nez.
Soldats de plomb, ridicules, démodés
Poignée de dominos éparpillés
Et sept jeux des sept familles dispersées.
Jeu de l'oie, le jour des rois
Une fève, une pièce de monnaie
Les livres moisis, les photos jaunies.
L'encre dissoute des manuscrits du passé
Le fond des placards, des boîtes à chaussures
Les papiers crépon et les papiers buvard
Les bouts de chiffons à carreaux, à rayures
Des boutons nacrés, des bouts de laine colorée
De précieux coquillages
Des trésors, des images
Et quelques désaccords.
Un cygne de verre, un chat de porcelaine
Une poupée d'osier et quelques fleurs séchées
Un coffret poussiéreux, des souvenirs qui traînent
Un parfum de rose depuis longtemps fané.
Quelques fioles teintées, un livre refermé
Des crayons de couleurs, des pages inachevées
Un silence ponctué de chutes et d'automne
Le manège éraillé d'un tourne-disque aphone.
cg in Livre d'artiste n°2 : Au fond du tiroir

Il est dans la nature de l’eau de couler vers le bas.


Les Vierges saintes officient toujours à Ephèse et Corinthe, mais elles ne sont plus divines, elles sont esclaves, ouvrant la marche pour des siècles et des siècles à la traite des femmes.
Les cultes dionysiaques troublaient l’ordre public.
Comprenez : le pouvoir des patriarches.
Comment s’y retrouver dans le syncrétisme néo-païen des débuts du Christianisme ? Homme ou femme, qui dominera ?
Quelle issue à ce combat ?
Rien ne change. Répression, déviance, quête de pureté et dépravation.
Entre homme et femme, où se situe l’humain ? La transcendance ?
Ainsi en 431 av JC au Concile d’Ephèse, pour tenter de supplanter définitivement la déesse mère originelle dans l’inconscient populaire, celle-ci devient mère de dieu, Théotokos, mais il a fallut une vingtaine de siècle encore pour faire de la Marie galiléenne de l’Evangile de Luc, la Sainte Vierge, non pas divine mais divinisée, et dont la sublimation par l’Assomption fut proclamée par Pie XII en 1950 !
MRAM, Miriâm. Tel serait son nom à cette mystérieuse mère de Jésus. Maria, neutre pluriel de « mare », les mers. Les eaux mères, les eaux primordiales.
cg in Universelle

Écoutez simplement avec attention le vent dans les pins et les cèdres.


Rome antique
Aphroditos est le même dieu qu'Hermaphrodite, nom signifiant « Aphroditos avec la forme d'Hermès. Un Aphrodite mâle originaire d'Amathonte, ville sur l'île de Chypre, célébré à Athènes par des rites de travestissement. Une des plus anciennes images athénienne existante est un fragment (fin du IVe siècle av. J.-C.), trouvé dans l'Agora d'Athènes, d'un moule en argile pour un figurine en terre cuite. Le personnage aurait eu une hauteur de 30 cm, représentée dans un style connu sous le nom de άνασυρόμενος (anasyromenos), une femme levant sa robe pour montrer ses organes génitaux masculins, un geste qui était censé avoir une valeur apotropaïque, repoussant les influences malfaisantes et donnant de la chance.

Hermaphroditus Narcissus - Musée du Louvres
Il ne s'agit pas de fuir la réalité, mais de la vivre avec passion. L'éveil de la jubilation est, je crois, l'antidote le plus efficace contre l'absurde à tous les degrés. ~
in L'Heure de s'enivrer : L'univers a-t-il un sens ?

Ne vous demandez pas de quoi le monde a besoin.
Cherchez ce qui vous fait vibrer.
Parce que ce dont le monde a besoin, c'est de personnes qui vibrent avec la vie.

