Tatjana Raum - Pixie boy Nikki

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Ce qui est mieux connu est mieux compris et mieux aimé. Pour peu qu'il préfère une once de chair vive à une once de chair morte, un chercheur étudiant les loups, les chevêches, les fourmis, les grenouilles ou les poulpes perd toute envie de les tuer et s'attache, au contraire, à les protéger. L'approche humaine de la faune et la flore perdrait-elle sa pertinence en s'appliquant aux hommes dénaturés par une économie de prédation ?
in Rien n'est sacré, tout peut se dire

Aujourd’hui je suis poète mais ça n’est pas un métier et ça ne rapporte aucune pantoufle.
Je ne fais pas poète, je suis poète. Toujours artiste aussi d’ailleurs. Oui mais créer ce n’est pas un métier.
Et la poésie alors là c’est le bouquet !
cg in Qué wonderful monde
Nouveaux Délits, Coll. Les Délits vrais, n°1 - 2012

En moi a démarré un combat, une chasse aux ombres. Je tente de saisir sur le vif les instants où mes penchants négatifs prennent le dessus, les moments où je me mens.
cg in Journal 1998
Croyant me parler c’est à eux qu’ils parlent et croyant m’écouter, c’est eux qu’ils entendent
Kinesthésique à outrance, je perçois par leur peau ce qu’ils perçoivent et vogue au-milieu de leurs pensées je touche au travers de mon corps volatile les paysages qu’ils habitent ainsi
Leurs tressaillements, leurs hâtes et les brouillons de leurs émotions je les vis incognito et parfois m’en trouve encombrée.
in La nuit du boa


Bonne définition de l'enfer : tourner perpétuellement en rond.
in Théorèmes poétiques

Les mots en gravats dans ma tête. Des tonnes.
Je retiendrai celui qui brise l’encerclement, dégage une spirale et m’élève jusqu’au ciel.
Jusqu’au grand, grand ciel. N’avoir que celui là en bouche.
cg in Les mots allumettes (Cardère 2012)

14 décembre 2009
(aubade)
Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol
Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché
Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude
J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique


que la source d'écriture et de création se tarisse par moment c'est normal, c'est même indispensable, profites-en pour reprendre tout ce qui est déjà là, comme tu l’as fait récemment, moi là ça fait des mois que mon travail d'écriture, quand j'ai le temps, se résume à ça, je n'écris rien de nouveau depuis x temps, si j'essaye, il n'y a rien, de la merde, l'impression d'avoir déjà tout dit, et toi et moi on n'écrit pas pour faire beau, on écrit pour laver, pour dissoudre, parfois le robinet est fermé, c'est comme ça, il ne faut pas le forcer, c'est que dans l'invisible, la source, le réservoir se remplit à nouveau, ça peut être long, fais-toi confiance, le rôle, le personnage qu'on te demande de jouer ou qu'on te dit que tu n'es pas, tout ça c'est du théâtre
in Confessions à A.
L'aube froide
Des ténèbres pâles
Inonde les pôles
Du ciel et de la chair
Des courants souterrains de la chair et des astres
Au fond des corps de terre
Les tremblements de terre
Et les failles où vont les volcans du délire
Tonner
in Sacre et massacre de l’amour