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FUSIONS POÉTIQUES - Page 41

  • Joan Fullerton

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    Le manque creuse, appelle la quête. Celle qui manque devient celle qui cherche. Chercheuse d’espace, de lumière dans le cœur de l’Autre.

     

    Je suis née d’un étrange ailleurs, exilée en marche perpétuelle.

    Par les veines de la terre, sa chair, ses vertèbres résonantes, je suis reliée.

     

    Reliée vive.

     

    in Celle qui manque

     

     

     

     

  • Stanka Kordic

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    SI ON M’AVAIT DIT…

     

    Si on m’avait dit

    que j’allais t’aimer comme ça !

    Si on m’avait dit

    que tu allais me remplir comme ça !

    Si on m’avait dit

    à quel point tu serais jolie…

    Si on m’avait dit tout ça !

     

    cg 2003

     

     

     

     

     

     

  • Benjamin Victor - The Angel

    Benjamin Victor The Angel.jpg

     

    Nous sommes de grands pliés, de grands replis, dans l’attente de la vague des doigts. Densité étrange de la peau, parchemin du rêve. Un jour, notre rêve aura la précision du laser. Nous taillerons la frange des anges.

     

    cg in Celle qui manque

     

     

     

     

     

     

  • l'oeil & la plume... calepins voyageurs et après ? fragment juillet 1998

    JLMI.jpg

     

    texte cathy garcia                                                                     ill. jlmi 2014

     

    Des larmes se déchirent sur l'archet d'un violon discordant mais voici que du brouillard, montent des accords de fête. Vieux trombone et percussions tanguent sur les pas d'un accordéon. Cortège fragile, si vite dissipé par les accords graves et lourds du piano. Des lumières flottent dans le néant, c'est la noria des atomes. Des créatures de boue et de nuit se redressent, dégoulinantes. Lentement les unes après les autres, elles se lèvent et commencent à marcher. 

    L’aube originelle se fraye un chemin au travers les ténèbres contractées, elle en émerge enfin, écorchée, écarlate. La pluie se mêle à la lumière. Noces sanguines pour baigner la nouvelle-née. Une flûte insolente marque le début d'une danse. La nuit grouillante de cauchemars est refoulée à l’angle de l’oubli. Les fleurs ont remplacé la boue, c'est la naissance de l'amour ! Une guitare romantique glisse des lueurs de bonheur dans les regards tout juste éclos. Les doigts se frôlent en tremblant, tout à la joie de l'éveil. Les hanches se balancent au rythme d'une houle langoureuse qui monte à la gorge pour jaillir, champagne, en rires empourprés. Instant magique, unions des cœurs sous les eaux caressantes d'une seule et même chanson, celle du temps qui nous reste à vivre, berçant nos tendres illusions et portant sur nos lèvres l’étrange sourire de ces enfants, qui disparaissent avant même d'avoir vécu. Le vertige des années qui glissent sur une partition ponctuée de silences. Le vieux musicien sait que sa musique tient à un fil. Au fil ténu d'une respiration, le premier chant du monde, mais les vieux musiciens au fond des bars sont fatigués. Leur regard fiévreux brille. Au fond des verres gisent des larmes d'alcool. Tout se trouble. Il est tard et la musique s'estompe. 

     

     

     

    Merci à "Au Hasard des connivences"

    http://auhasarddeconnivences.eklablog.com/l-oeil-la-plume-calepins-voyageurs-et-apres-fragment-juillet-1998-a163424360

     

     

     

     

     

     

     

  • David Hurley - 2016

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    Restent les territoires du rêve à arpenter de jour comme de nuit. Le pouvoir colle aux doigts d’une élite poisseuse, pour d’autres c’est une patate ardente et partout, de nuit comme de jour, le mensonge est roi. Ceux qui veulent remettre de l’ordre par la force, ne font que semer encore plus de désordre et dans la confusion, les plus salauds se remplissent les poches. Ce n’est pas d’ordre dont nous avons besoin mais d’amour, d’amour et de confiance, pas dans les mots, pas dans les sourires de façade mais dans les actes.

     

    in (c)Ourse bipolaire

     

     

     

     

     

  • Ionut Caras

    Ionut Caras .jpg

    Les feuilles sous ses pas, crissent comme du verre. La croix du corbeau pèse lourd et un suaire de glace a figé toute sève. Le ciel est blanc jaunâtre, comme gros de neige. Les chênes fluets semblent bois mort. Tout en marchant, ses pensées ne cessent de revenir à lui. Elle l’avait connu dans l’été d’un lit d’amour, brûlant de fièvre, puis enflé de désir tout au bord de l’automne. Puis l’automne l’avait consumé et elle ne sait déjà plus où elle a jeté ses cendres. Maintenant elle marche et tout en elle n’est que silence et engelures.

     

    cg in Sursis, à tire d'ailes 2017

     

     

     

     

     

     

  • Andrew Wyeth

    Andrew Wyeth.png

     

    Pendre le linge aux branches du soleil, ramasser les jouets qui jonchent le jardin, champignons étranges et colorés, ranger les pots, les outils rouillés, tailler les roses fanées, les aromatiques, ramasser le bois mort, les têtes noires hérissées de graines des échinacées, abriter les jeunes cactus sur les bords de fenêtre.

     

    cg in Jardin du causse, à tire d'ailes 2004

     

     

     

  • Bonne journée mondiale à toi, l'Eau !

     

    Cascade pétrifiante de Saint Pierre-Livron (82).JPG

    JE SUIS L’EAU

    Je suis goutte
    Et je suis océan
    La flaque dans laquelle
    Jouent les enfants

    Je suis fontaine
    Fraîche chaude
    Mémoire blanche
    Des origines
    Source sacrée
    Porteuse de vie
    Messagère des fées
    Guérisseuse aussi

    Jaillissante bouillonnante
    Colliers de perles
    Bracelets de cristaux
    Je suis la divine mère
    De tous les fleuves

    Je suis ruisseau filet d’argent
    Je suis la fougue du torrent
    Calme et limpide berceau
    Des grenouilles et poissons
    Je suis la chevelure
    Des gracieuses ondines
    La voluptueuse vouivre
    Des marécages
    Je suis le paradis des roseaux

    Je suis le repos des noyés
    Le tombeau liquide
    Des sans papier
    Je suis la vie
    Je suis la mort
    Je suis le paradis des oiseaux

    Je suis le grand serpent
    Qui a creusé la vallée
    Sang de la terre
    Lymphe des mammifères
    je suis la mère qui lave les yeux
    La sainte mer qui lèche vos pieds

    Je suis le chant
    Des sirènes
    La respiration
    Des immenses baleines
    Je suis la glace
    La mort blanche
    La vapeur qui sublime
    La formule aromatique
    Qui nettoie vos âmes

    Je baigne vos corps
    Nourrit vos cellules
    Vous délivre de la crasse
    Et de la maladie
    Mais vous
    Que faites-vous pour moi ?
    Je suis souillée
    Partout où je passe
    Certains m’usent pour leurs crottes
    Et leurs urines
    Me gardent jalousement
    Dans leur piscine
    Alors que tant d’autres ailleurs
    Meurent de mon empoisonnement

    Vous ratissez mes flancs
    Raclez mes os
    Massacrez toutes mes créatures
    Alors mon message de vie
    Devient un message de mort
    Jusque dans votre propre corps
    Car chacune de mes gouttes
    Parle à toutes les autres gouttes
    Elles savent les sons
    Et elles savent les mots
    Elles savent le chaos de la haine
    Le cristal de l’amour

    Je suis la vie
    Je connais les maux
    Je suis l’eau."

     

    Cathy Garcia 2012

     

    photo (c) cg : cascade à St Pierre-Livron (82)