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10/04/2014

Hideyuki Katagiri

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Depuis quelques jours, des parfums suaves m’arrivent soudain de je ne sais où, des parfums fleuris. C’est étrange. C’est un phénomène qui a commencé il y a quelque temps maintenant, et qui revient soudain, comme ça. Des parfums flottent dans les airs. Parfois la sensation qu’un autre monde est là, tout près, de l’autre côté d’un voile de plus en plus fin.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

 

Raphael Macek

raphael macek photography6.jpg

 

 

Tu es mon fou dans la caverne

 Je suis ta chair de paille

Ma rondeur est ma force

Ouvre-moi

Sois mon cheval nu

 Réveille le chaos entre mes cuisses

Onction vive de seins chatte limpide

Creuse-moi baise-moi enchante-moi !

 

Rend à mon âme en maraude

Sa suave abondance

L’orchidée du fond des yeux

Mon amour, fait-moi à la folie

Ce très vieux plaisir humain

La danse inspirée

Des anges épidermiques

 

 

cg in Tisonne, 2013

 

 

 

 

 

09/04/2014

l'oeil & la plume : Juste un peu de poussière ?

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texte cathy garcia                                                                          photo © ludovic florent  série poussières d'étoiles

 

 

Les mouches fermières ronronnent sur la peau de lait. Déguisé en mendiant, un bleuet part en fumée. Sur les toits, une pie s’effarouche et dans les herbes hautes, les cailles s’endorment en rêvant à des nids sur la lune. Une guêpe allumée dessine des jarretelles sur les pattes d’une musaraigne. Les laitues sont aux champs, les biches aux abois. Les murmures pourrissent sur des chemins d’épines.

 

Aux portes de la ville, valse de muses infécondes. Cantiques de murailles à faire froid dans le dos. La langue râpeuse de l’étranger, sa langue hachée, servie juste trop cuite à ceux qui pensaient pouvoir l’avaler. Des gorgones, des maux de têtes apparaissent les soirs de grand vent. Ces soirs où les passants passent comme des mortes-feuilles, où les enfants s’accrochent aux lampadaires qui urinent sans façon sur des chiens vêtus de noir.

 

Dans les jardins publics, qu’il vente ou qu’il pleuve, les mantes non religieuses sucent des fourmis à miel. Cela offusque et excite les vieilles coquettes, chapeau, gants, eau de violette. Diamants concassés dans leurs regards éteints.

 

Oui, juste un peu de poussière.

 

cg 2000

in Trans(e)fusées

 

En ligne sur http://jlmi22.hautetfort.com/

 

 

 

08/04/2014

Odilon Redon - Centaure

Odilon Redon-centaure.jpg

 

La laideur nous fait subir un interrogatoire. Hantise de nos forêts ténébreuses, de nos landes glauques. Nous devons réintégrer nos monstres, qu’ils cessent d’errer seuls, désespérément cruels. Laisser s’exprimer le réprimé, le refoulé, l’exilé. Nos migrations intimes, nos frontières, nos gardes chiourme, gardes chiottes. Toute cette merde en nous, ordure ou fumier ?

 

cg in Vous avez dit satyre ?

in Qué wonderful monde (Nouveaux Délits 2012)

 

 

 

Ignacio Teran - Amazon

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MON  LOUP D’AMAZONIE

 

A Punch

 

Il y avait un ruisseau au fond du potager, l’Amazone, et au-delà c’était la forêt, la grande, la vraie. Et puis toi et moi, à la belle aventure. Toi, loup berger noir et fauve et moi intrépide héroïne chaussée de caoutchouc vert.

 

Le pont d’allumettes franchi, nous glissions dans le lit sauvage du ru, pour remonter son cours et pister ses secrets, humer l’acidulé des pommes humides, le frisson phosphorescent d’étoiles grenouilles sur l’argile moussue.

 

Nous apprenions la langue de l’eau, entre le chuchotis des rives vierges, les périlleux méandres et l’obscur ensorcellement des racines.

 

Nous galopions, bondissions entre ronces et lianes, nous enfoncions au plus profond de la mer végétale pour connaître soudain la joie ivre et farouche de se savoir enfin perdus. Quand Réel et Imaginaire tissaient le Temps du Jeu alors TOUT devenait possible !

Je m’abandonnais heureuse à cette magie du monde qui m’a tout enseigné. Et toi beau loup fidèle sans faute toujours, à la civilisation tu me ramenais.

Civilisation dont l’entrée se situait à hauteur exacte de la première rangée de carottes du potager.

 

cg 2005

 

 

 

Alao Yokogi - That Side of Paradise - 1998

Alao Yokogi - That Side of Paradise, 1998.jpg

 

Mais qu’est-ce que tu racontes ? Allo ? ? ? Le tournis, la confusion, que sèment le moindre échange de paroles entre toi et moi. Mais qu’est-ce que tu dis ? Je ne comprends pas ! Tu n’as pas dit ce que j’entends et tu n’entends pas ce que je dis. Pire, tu entends des choses que non seulement je n’ai pas dites, mais que je n’ai même pas pensées et tu dis quelque chose, puis tu dis que tu n’a pas dit ça. Allo ? Je deviens folle avec toi. Seule avec ma poésie, mes élans, mes désirs, mes passions et mes abîmes, seule et l’âme toujours et encore assoiffée.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

Richard Harrington -Inukjuak

Richard Harrington inukjuak.jpg

 

 QUI ES-TU TOI ?



Qui es-tu toi
portée de vagues
qui me creusent ?

Qui es-tu toi
entrée sans frapper
à la porte du monde ?

Qui es-tu toi
pour me donner
autant de joie ?

Qui es-tu toi
cherchant mon sein
pour l’engloutir
et mon cœur avec ?

Qui es-tu toi
qui pleures, qui cries
à qui veut entendre
je vis, je vis ?

Qui es-tu toi
perchée au bord
 de mes sourires ?
Une fée ? Une angelette
égarée dans mes plis ?

Qui es-tu toi
que j’ose appeler
ma fille ?

Qui es-tu toi
qui a donné sens
essentiel
à ma vie ?

Chut !
Ne dis-rien
garde ton secret
Laisse-moi simplement
t’aimer.

 

cg 2003

 

 

  

 

Edgar Degas - Après le bain, femme nue s'essuyant la nuque -1898

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Laver ses sens et se faire confiance. Le quotidien nouveau est là. Aussi limpide, aussi simple et évident qu’une fleur de véronique, une évidente beauté. La vie ne peut pas être qu’une longue et interminable suite de conflits et de problèmes. Il faut un temps pour le rire et pour la fête, pour respirer à pleins poumons, chanter, aimer, délivrer le corps. Je veux du bonheur maintenant, du bonheur tout simple, bon comme du pain frais.

 

 

cg in A la loupe, tout est rituel, 2013

 

 

 

 

 

07/04/2014

Christopher L. T. Brown

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L’homme sans racine s’enfauve, s’enrapace.   Sans racine, l’homme s’en meurt, s’enfuit et ne revient plus au lieu mythique où il a laissé son cœur. Un cœur nouveau né abandonné qui sait à peine battre mais qui pourtant cogne, résonne comme un tambour.

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

06/04/2014

Craig LaRotonda- Soul of a Butterfly

Craig LaRotonda-Soul-of-a-Butterfly.jpg

 

Loin devant marche le primitif éclaireur. Visionnaire, il conserve quelques braises sous ses paupières. Il ne les rendra aux hommes que lorsqu’ils cesseront de souffler sur les cendres.

La connaissance est périlleuse.

 

cg in Les mots allumettes (Cardère 2011)

 

 

 

 

 

Adolph Gottlieb - Burst

Adolph Gottlieb Burst.jpg

 

LÀ-BAS

 
Le cri du coq jaillit du bord de l'aube
Il y aura des œufs à ramasser

Une gamine dans la cour tire sur sa robe
Et s’en court au pré pas encore fauché
Des nuées d'oiseaux sur son passage
Croassent de sombres avertissements
Là-bas au loin la grande faucheuse
Cogne aux tambours de l’enfer
Mais l’enfant ignore le présage
Elle court et saute les barrières


L'air est suave, pur, ni fumées, ni poudre
La folle fillette papillonne en chantant
Une comptine à conjurer la foudre
Sur ses lèvres rose sang
Elle a les joues rouges et les yeux qui brillent
Quand elle atteint le ruisseau
A son front des gouttes perlent et scintillent
Elle sourit, elle est joyeuse, il fait chaud


A genoux sur le sable au bord de l'eau
Elle ferme les yeux et offre un beau visage
L’oreille aux bruissements des roseaux
Aux fleurs, au soleil nouveau-né
Avec toute la ferveur de son âge
Au vent qui chuchote leurs secrets
Promet d’être sage comme une image
Et envoie au ciel un vœu de paix


Le monde soudain déboule en rafales
L’enfant sans un cri bascule en arrière
Tombe comme tombent aussi les pétales
Des petites fleurs changées en suaire
Pas de place pour l’enfance à la saison des guerres
Et pas de tombeau pour les fillettes inconnues
Seuls des fleuves de haine qui s’en retournent à la terre
Et des fleurs qui saignent sous les balles perdues

 
Le cri du coq jaillit du bord de l'aube
Il y aura des corps à ramasser.

  

   cg, texte original de 1994, paru dan Pandémonium 1 (ed. Clapàs 2001)

version remaniée pour Guerre et autres gâchis (Ed. Nouveaux Délits 2014)

 

 

 

 

04/04/2014

Cathy Garcia - Monstera

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La monstera deliciosa, plante d’intérieur qui me suit depuis tant d’années pour consoler  mes nostalgies brésiliennes, renaît de ses tiges rasées… On l’appelle aussi l’ananas du pauvre.

 

 

cg in Jardin du causse, 2004

Ed. de l'Atlantique 2011)

 

 

 

 

03/04/2014

Nils Udo - The nest

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Le coucou clame son forfait et les oiseaux plus convenables achèvent la construction des derniers nids. Un chien aboie comme il se doit. Ça pépie, ça ricane, ça siffle et bourdonne. Le grand jardin qui m’entoure ne cesse de m’extasier. J’ai décidé de faire de mon quotidien, un sanctuaire.

 

cg in A la loupe

 

 

 

 

 

02/04/2014

Zinzi de Brouwer - Return to Neverland

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De la fleur à l’arbre tout cherche à croître, chacun à son rythme, croissance, jouissance.  Apprendre à goûter sans l’immédiate torsion du désir qui creuse son trou, son manque.

 

Transmutation, âge de plomb, la leçon que nous palpitent tous les papillons de nuit. Accepter l‘impermanence, la pépite si précieuse du présent. Sentir le fourmillement des racines, la plante des pieds.

 

Longuement s’étirer vers le ciel.

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

 

 

 

Emmanuel Correia

emmanuel correia.jpg

 

Crise

 

Attendre en silence

que le temps se penche

dans une pièce vide,

dépose une ride.

 

Doucement sur mon front,

trace un sillon

de ses doigts lisses

où sagesse s’immisce.

 

Nue sur une chaise,

que l'esprit se taise,

les mains ouvertes,

en éveil.

 

Ceinte de murs blancs,

je vide l’écran.

Libérée de l’image,

je balaie le passage

et j'attend.

 

J'attendrai

infiniment

l'éternité.

 

Malgré la vie, ses ravages,

malgré la nuit prise de rage,

 

j'attendrais immobile

que le flux cesse,

pour atteindre mon île.

 

Une île tendre,

douce peau,

souffle chaud,

 

vent dans les voiles

d'une lointaine étoile.

 

cg in Les années chiennes

(textes de jeunesse publiés en 2007)