Marc Seliger

C’est alors que tout commença
Les contorsions, les danses
Les formes, étranges reflets
cg in Etats du big bang, éd. Nouveaux délits 2010
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C’est alors que tout commença
Les contorsions, les danses
Les formes, étranges reflets
cg in Etats du big bang, éd. Nouveaux délits 2010

Je veux aller jusqu’au bout, je veux savoir jusqu’où je peux aimer.
cg in Journal 1995

Détonation au loin. Toujours un agité de la gâchette en cette saison du meurtre.
Ce matin deux chevreuils dans notre petit bois. Bienvenus les amis en ce modeste refuge.
Les oiseaux plus bruyants que de coutume préparent leurs retraites d’hiver. L’heure est aux provisions que l’on cache.
A midi le chat frustré du hareng, dont il n’a eu que l’odeur, a plongé sur une souris.
Beaucoup de nature et peu d’êtres humains suffisent à mon bonheur.
Un bonheur mûr et tranquille.
cg in Chroniques du hamac, 2008

EUCHARISTIE
sacrifice de l’eau en vain
les songes crucifiés aux croix des graphiques
à l’aube prennent la couleur du sang neuf
marées humaines en marche ou en débâcle
trop blanches mains
dans la grande lessive de l’argent
si noir du sang de l’autre
a$$assiné
cg in Pandémonium II

Cette main là, c’est une pince, une pince comme les crabes. Trois doigts en moins, le petit, l’annulaire et le majeur, emportés par une nuit de folie, où sa douce aimée s’était faite garce furibonde. Douce aimée, la véritable et unique femme de sa vie : la mer !
in Le marin pêcheur

Les amanites de tôle les balles fleurs les écornures
Les langues perforées sur des morceaux de soleil
J’ai vu les boursouflures colliers de perles rares sur la terre mûre
cg in Mystica perdita, 2009

Le retour du chat, toujours une fête. Chat libre jamais ingrat.
cg in Chroniques du hamac, 2008.

ongles laqués
mandarine
en travers du nombril
le corail la semence
festin d’euphorbes
fleurs et saignements
l’ombre fruit
des sous-bois mauves
s’épanche somnambule
cg, 2014

Dénudez-vous que l’on entende
Danser les os
Sur la musique du vent
Venez donc gueux,
Chemineaux, mendiants
Ecouter les chants
de la Mystica Perdita !
cg in Mystica perdita, 2009

Ici les amis finissent à poils ou à plumes
et on se surprend à parler aux herbes.
cg in Chroniques du hamac, 2008

SENS PRATIQUE
Il n’y a que la pratique
Et une infinité de voies
cg in petit livre des illuminations simples

Le paysage serpente, devient vallon, s'érige en courbes boisées.
Des vagues de lumière intense affluent au ciel grisonnant.
cg in Calepins Voyageurs et après

Le temps galope à roussir
D’un souffle d‘automne
Un balai pour l’hiver
Des mains invisibles
Gravent les écorces
Le vent peigne les ramures
cg in Parfum de causse, 2013

Plus bas encore, dans les entrailles de terre et de pierre,
dans les sables, les schistes, les marnes, plus bas encore jusqu’au feu,
noyau ardent où mugissent les chants des genèses.
cg in Chroniques du hamac, 2008

Plus je parle et plus j'aime le silence. Plus je côtoie les autres et plus j'aime la solitude. Souvent, nous parlons trop sans en dire assez. Les gens, adorables en particulier, peuvent devenir insupportables en groupe, moi la première et pourtant le groupe porte chacun d’entre nous. Je n'ai pas d'autre ambition que d'être sincère, besoin de nudité sur tous les plans. Seul l’amour est moteur, unique, multiple, mais parfois mon cœur se frotte à des rasoirs. Si je me dis que ma place n’est pas ici, ça m’attriste. Si j’écris c’est parce que l’écriture est parfois le seul mirage où je trouve ma place.
Cg, septembre 1997
in Calepins Voyageurs et après