Dimitri Tsykalov

Chacun sa chance de prendre racine et vivre encore, sous une autre forme…
Mourir, renaître, mourir…
CG in Journal 1999
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Chacun sa chance de prendre racine et vivre encore, sous une autre forme…
Mourir, renaître, mourir…
CG in Journal 1999

MIDI, LÀ-BAS
Chambre à l’étage. Une valise cabossée, entrouverte sur des calepins. Pénombre moite à souhait. Une porte donne sur un carré de lumière, fenêtre opaque de salle d’eau et le son. Le son de l’eau sur les faïences de la douche.
Elle chantonne.
Qui ça ? L’eau ?
Non, elle.
Elle, cette femme, ni vieille, ni jeune, ni moche, ni belle, juste une femme avec un rien de décalé. Dans le regard d’abord. Ce regard qui se scrute maintenant dans la glace au-dessus du lavabo fêlé. Et puis ces cheveux trop longs, trop libres, en désordre collé à ses joues mouillées.
Le regard continue de scruter le regard dans une espèce de fascination réciproque, qu’elle rompt soudain en s’enroulant dans une serviette pour aller à la fenêtre de la chambre. Ses pieds nus laissent des traces humides sur le sol carrelé. Elle ouvre les persiennes, les flots du soleil inondent la petite pièce. Elle ferme les yeux pour recevoir sa caresse.
Midi, boucan de cloches, la place en bas est animée. C’est le marché, le grand déploiement de couvertures bariolées, ustensiles en osier, grands paniers, nattes, hochets. Des perles, des colliers et des poteries colorées, des chapeaux, plein de chapeaux, des fruits, des légumes, des œufs, des volailles… Le nez s’empare des parfums de fleurs, de sueur, de poussière. Le regard engloutit tout ça, puis elle quitte la fenêtre et s’assoit par terre.
Enroulée dans la serviette, elle écoute. La musique. La musique des voix qui s’interpellent, des cris, des rires, cette langue… Elle tend l’oreille. Le regard acquiesce. Elle est donc bel et bien partie !
cg 2001

Les hommes ligaturés
Subiront l’épreuve
De la plume
cg in Mystica perdita

Pour renaitre au monde
Nous ferons serment de foudre
Dans un orgasme de tonnerre
cg in Aujourd'hui est habitable

Le soleil, l’herbe, le vent, l’eau, les oiseaux. Je vais suivre la piste du sourire, le vrai, celui qui vient sans effort, la piste du cœur, l’amour, et danser, danser, offrir mon corps au vent, m’enivrer de ses parfums.
cg in A la loupe

Odeur visage
Juste un zeste
De ferveur
Amour
Cette pénétration
De l’âme
cg in Toboggan de velours

Viendra le jour où je n'aurai plus besoin de tout ça, plus de paravents ! J'ouvrirai grand les fenêtres pour laisser pénétrer le soleil, la musique assez forte pour que les voisins de la terre entière l'entendent !
Que mon ange ne me lâche plus, qu'il devienne coursier plus rapide que l'éclair, nous avons des choses à faire ! Au diable l'hôpital et le temps qui passe, j'ai tout le temps qu'il faut !
cg in Journal 1996

C’est alors que tout commença
Les contorsions, les danses
Les formes, étranges reflets
cg in Etats du big bang, éd. Nouveaux délits 2010

Je veux aller jusqu’au bout, je veux savoir jusqu’où je peux aimer.
cg in Journal 1995

Détonation au loin. Toujours un agité de la gâchette en cette saison du meurtre.
Ce matin deux chevreuils dans notre petit bois. Bienvenus les amis en ce modeste refuge.
Les oiseaux plus bruyants que de coutume préparent leurs retraites d’hiver. L’heure est aux provisions que l’on cache.
A midi le chat frustré du hareng, dont il n’a eu que l’odeur, a plongé sur une souris.
Beaucoup de nature et peu d’êtres humains suffisent à mon bonheur.
Un bonheur mûr et tranquille.
cg in Chroniques du hamac, 2008

EUCHARISTIE
sacrifice de l’eau en vain
les songes crucifiés aux croix des graphiques
à l’aube prennent la couleur du sang neuf
marées humaines en marche ou en débâcle
trop blanches mains
dans la grande lessive de l’argent
si noir du sang de l’autre
a$$assiné
cg in Pandémonium II

Cette main là, c’est une pince, une pince comme les crabes. Trois doigts en moins, le petit, l’annulaire et le majeur, emportés par une nuit de folie, où sa douce aimée s’était faite garce furibonde. Douce aimée, la véritable et unique femme de sa vie : la mer !
in Le marin pêcheur

Les amanites de tôle les balles fleurs les écornures
Les langues perforées sur des morceaux de soleil
J’ai vu les boursouflures colliers de perles rares sur la terre mûre
cg in Mystica perdita, 2009

Le retour du chat, toujours une fête. Chat libre jamais ingrat.
cg in Chroniques du hamac, 2008.

ongles laqués
mandarine
en travers du nombril
le corail la semence
festin d’euphorbes
fleurs et saignements
l’ombre fruit
des sous-bois mauves
s’épanche somnambule
cg, 2014