Yuan Mei (1716-1797)
je me suis installé à l'écart du monde de poussière
que je bouge ou que je me repose, je vis à ma guise
mes grues blanches à ma place accueillent les visiteurs
le vent printanier pour moi tourne les pages du livre
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je me suis installé à l'écart du monde de poussière
que je bouge ou que je me repose, je vis à ma guise
mes grues blanches à ma place accueillent les visiteurs
le vent printanier pour moi tourne les pages du livre
L’intelligence enfin s’incarne,
les deux moitiés ennemies se réconcilient,
la conscience-miroir redevient eau,
elle est fontaine, source de fables :
homme, arbre d’images,
paroles qui sont fleurs qui sont fruits qui sont actes
in Hymne parmi les ruines
dans « Liberté sur parole »
Dans certains milieux
Le rire explosif
Est assimilé
A une forme de terrorisme
in Voici venu le temps des larmes
réclusion hivernale
de nouveau je m'adosse
à ce pilier
fraîcheur ! le bas de ma robe
soulevé par le vent
dans le bosquet de bambous
dans les gorges la rivière est limpide, dans les gorges la pluie est cinglante
au milieu de la nuit "siao siao" le son froid commence
sur une bassine en cristal sautillent dix mille perles
le son clair de chaque goutte pénètre jusqu'à l'os
sortant du rêve, je gratte ma tête et me lève pour écouter
j'écoute, j'écoute, jusqu'à l'aube
toute ma vie j'ai écouté la pluie et maintenant ma tête est blanche
pourtant je n'avais pas encore compris le son de la pluie,
la nuit, sur la rivière printanière
in le son de la pluie
Novembre lentement pourrit ses feuilles dans les combes. Le ciel blanc cassé respire un temps sur deux. Sous le tas de bois, ce qu’il reste de l’amour quand l’orgueil s’est retiré, le silence de sa peau que je convoite, lors de mes errements nocturnes autour de la blancheur.
in L’immobile serti de griffes
chaque abonné
de la nuit
a
le pouvoir
de tirer
au sort
dans
le chapeau noir
des solitudes
le rêve magique
d’un lapin blanc
in Ecailles de nuit
au pied d'un pin, j'interroge un jeune garçon
il répond: "le maître est parti cueillir des herbes
je sais seulement qu'il est dans la montagne
les nuages sont profonds, on ne sait où
les nuées sur le mont Lu, la marée remontant le fleuve Che
tant que je n'y étais allé, mille regrets ne se dissipaient
j'y suis allé, j'en suis revenu, rien de spécial
les nuées sur le mont Lu, la marée remontant le fleuve Che
ne possédant rien
le cœur en paix
fraîcheur !
nuit de neige
seul le son du seau
descendant dans le puits
au onzième mois, l'hiver est sombre,
la pluie et la neige sont abondantes
mille montagnes, une même couleur
dix mille sentiers, de rares passants
mes voyages d'autrefois sont tous devenus des rêves
ma porte en herbes bien fermée,
toute la nuit brûle une bûche de bois blanc
tranquillement je lis les poèmes des anciens
Considère le grain de poivre et l'ampleur de l'éternuement.