Georges Jacquemin
Je n’écris pas pour vous
qui alignez vos cocas
vos pizzas sur la toile
cirée
de vos cages
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Je n’écris pas pour vous
qui alignez vos cocas
vos pizzas sur la toile
cirée
de vos cages
on invoqua Dieu,
on imprima son nom sur l’argent,
mais Dieu ne s’imposa pas.
Personne ne sais le moment
où l’un se convertit dans l’autre,
où se confondirent chèques et prières ;
Dieu en personne ne parvenait plus à rester lui-même
s’il ne portait pas sa carte dorée.
in In God we trust
L’éternité pour incarner un rôle secondaire
in Coïncidences personnelles
La mer a bavé sur la grève,
Jusqu’à nos pieds,
Nus sur le sable délavé
Ecume blanche au coin des lèvres
Elle a bu ravalé nos pas,
La mer a bavé jusque là
La poésie n’existe pas
Le ciel a pissé sur la ville,
Sur les prairies du macadam
Sans broncher, sans bouger d’un cil,
Le cul planté sur le ramdam
Vieillard ivrogne aux cheveux d’ange
Titubant bouteille à la main
Tout s’entremêle, tout se mélange
Le ciel a frappé de ses deux poings.
La poésie n’existe pas.
in Punk plastic etc…
Feux rouges du centre-ville
J’attends un océan
J’entends les sirènes dans ma conduite intérieure
au coin d’une rue
un chien aboie une putain miaule
yeux délavés
je fonce au bleu
Les horloges sont fatidiques
elles mordent notre chair
qui est du Temps provisoire
Elles durent par caprice
et s’arrêtent
les yeux fermés
quand elles l’ont décidé
d’un coup de dent
définitif
Chaque mauvaise nuit
Ajoute une dimension au cercle
Il fait jour dites-vous
C’est bien là le danger
in Epilepsie force douze
Lorsque mes paroles étaient révolutions
J’étais l’ami des séismes
in Rien qu’une autre année
Départ prévu
Un jour,
Quand ?
Il faudra s’en aller
Et il n’y aura
Rien de bien regrettable.
On part, le plus souvent,
En laissant son bol
De soupe, fumant
Sur le coin de la table…
Je peux entendre,
- semblables à des joyaux
ainsi qu’aux plumes du Quetzal, -
les paroles que l’oiseau coyolli,
en décrivant des cercles,
dit dans son gazouillis.
Sa voix ruisselle,
telle une douce pluie ;
est-ce en ce monde
la seule vérité ?
j’ai le goût du sang dans la bouche
et de vous qui cousez
votre nuit à mon corps.
in Lettres bohémiennes
La poésie
C’est mon refuge en automne,
C’est mon bout de jardin
En été,
C’est mon coin d’atelier
En hiver.
Dédaignant toute école
Et loin de toute mode,
A mon gré,
Je bricole…
Une collection de certitudes, épinglées comme autant de papillons défunts, et dont la contemplation, qui les réjouit, leur tient lieu de vie intérieure :
-Souffrirais-je vraiment de n’être pas leur semblable ? Sont-ce là gens à envier ?
in Snul
Mais la mémoire n’est qu’une feuille d’automne qui murmure un instant dans le vent et puis se tait.
in Epilepsie force douze
Vous cousez sur ma peau
Des mots
Rauques et blêmes
Ça fait des entailles partout
Je les lèche
in Lettres bohémiennes