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CITATIONS - Page 26

  • Lionel Mazari

     

    Nous portons le collier serré de l’insouciance
    Sur nos coups durs, nos coups de foudre et de soleil.
    On nous a enseigné la fugue et les buissons ;
    Le bonheur fait toujours partie de nos absences.
    Nous sommes juste injustifiés ; en même temps
    que le temps passe, nous passons la main sur vous.
    La caresse est en nous et le poing hors de nous.

     

    In Dehors s’enlise dans nos plaies

     

     

     

     

  • Myriam OH

    ses fossettes, un halo lumineux
     sur la toile recouverte de suie et de sueur
     l'empreinte de ses doigts érige des ponts
     le long du temps qui goutte à intervalle régulier
     et forme une flaque pourpre à ses pieds
     la fêlure dans sa voix, un frisson dans la nuit
     qui engloutit les sourires les caresses les envies de cavale
     des corps qui ne savent plus s'ils jouissent pour de bon
     ou s'ils ont appris malgré eux à se confondre
     dans ce décor sinistre où leurs yeux ne brillent plus ;
     ses pommettes, un volcan en feu
     que creuse les agendas où la vie se débat aux heures aux lieux
     aux petits cercueils prévus à cet effet
     les codes les couleurs c'est pas fait pour les chiens
     en-dessous de ses ongles y'a un peu de bleu
     un peu de rouge aussi ce sont des choses qui arrivent
     quand on refait le monde de ses propres mains
     et comme elle fait de grands gestes
     on dirait qu'elle sculpte une musique dans le noir
     la poésie c'est pas fait pour les chaînes

     

     

     

  • Lao Tseu

        "Il existe un tunnel obscur dans la Lumière Infinie. On l'appelle « Temps ».
        Lorsqu'un humain entre dans ce tunnel,
        On appelle cela « naître ».

        Lorsqu'un humain marche au long de ce tunnel, On appelle cela « vivre ».
        Lorsqu'un humain sort de ce tunnel,
        On appelle cela « mourir ».

        Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce tunnel obscur,
        Cela s'appelle « illusion ».
        Percer des trous dans ce tunnel obscur,
        Cela s'appelle « science ».

        Savoir que la Lumière est autour du tunnel,Cela s'appelle « Foi ».
        Voir la Lumière dans le tunnel obscur,
        Cela s'appelle « Amour ».

        Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,
        Cela s'appelle « Sagesse ».
        Éclairer le tunnel obscur de sa propre Lumière, Cela s'appelle « Sainteté ».

        Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,
        Cela est au-delà des mots."

     

    extrait du Tao Te King

     

     

  • Narki Nal

     

    Je suis celle qui part sans partir, celle qui reste-fuit

    Écrire est une nuit. Mes pas dans cette nuit profonde.
    Vertige. Tige de feu. Pensée morbide. Taire. Se taire.
    Mycélium de pourriture répandu en soi, en silence.
    Lancinant ce bruit sans bruit. Bouffée-désir de l’explosion.

     

     

  • Andréi Tarkovski

    Je vois comme ma tâche particulière de stimuler la réflexion sur ce qu’il y a d’éternel et de spécifiquement humain, qui vit dans l’âme de chacun, mais que l’homme ignore le plus souvent, bien qu’il ait là son destin entre les mains : il poursuit à la place des chimères. En fin de compte, pourtant, tout s’épure jusqu’à ce simple élément, le seul sur lequel l’homme puisse compter dans son existence : la capacité d’aimer. Cet élément peut se développer à l’intérieur de l’âme de chacun, jusqu’à devenir le principe directeur capable de donner un sens à sa vie. Mon devoir est de faire en sorte que celui qui voit mes films ressente le besoin d’aimer, et qu’il perçoive l’appel de la beauté.

     

    in Le Temps scellé, 2004, Petite Bibliothèque des Cahiers

     

     

  • Jean d'Ormesson

    Ne vous laissez pas abuser. Souvenez-vous de vous méfier. Et même de l'évidence : elle passe son temps à changer. Ne mettez trop haut ni les gens ni les choses. Ne les mettez pas trop bas. Non, ne les mettez pas trop bas. Montez. Renoncez à la haine : elle fait plus de mal à ceux qui l'éprouvent qu'à ceux qui en sont l'objet. Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie. Fuyez les préceptes et les donneurs de leçons. Jetez ce livre. Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez. Pleurez quand il le faut. Riez. J'ai beaucoup ri. J'ai ri du monde et des autres et de moi. Rien n'est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle.
     
     
     

  • Rabindranath Tagore


    De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement, tu joues avec moi. Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes. Je connais tes artifices. Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire. De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons. De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part. Je connais tes artifices. Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre. Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse. Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons. Je connais tes artifices. Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.



     in Le Jardinier d'amour, XXXV

     

     

     

     

  • Barbara le Moene

     

    Dans le ventre mou de la nuit
    Aux pattes encre repliées
    Sur les immeubles de l’avenue,
    Les lumières aux fenêtres
    Comme cœurs las
    Faiblement battent,
    Et tremblent les intérieurs feutrés



     in Traction Brabant 75

     

     

     

  • Marc Tison

     

    Je ne descends plus des grands singes
    La lignée est éteinte
    Exterminée dans les salons climatisés des banques d’investissement
    Je n’enfante plus des gens sauvages
    Mon sperme est défolié, il est minable et minuscule

     

    in Des nuits au mixer

     

     

  • Victor Hugo

    Autrefois, quand septembre en larmes revenait,
    Je partais, je quittais tout ce qui me connaît,
    Je m'évadais ; Paris s'effaçait ; rien, personne !
    J'allais, je n'étais plus qu'une ombre qui frissonne,
    Je fuyais, seul, sans voir, sans penser, sans parler,
    Sachant bien que j'irais où je devais aller ;
    Hélas ! je n'aurais pu même dire : Je souffre !
    Et, comme subissant l'attraction d'un gouffre,
    Que le chemin fût beau, pluvieux, froid, mauvais,
    J'ignorais, je marchais devant moi, j'arrivais.
    Ô souvenirs ! ô forme horrible des collines !
    Et, pendant que la mère et la sœur, orphelines,
    Pleuraient dans la maison, je cherchais le lieu noir
    Avec l'avidité morne du désespoir ;
    Puis j'allais au champ triste à côté de l'église ;
    Tête nue, à pas lents, les cheveux dans la bise,
    L’œil aux cieux, j'approchais ; l'accablement soutient ;
    Les arbres murmuraient : C'est le père qui vient !
    Les ronces écartaient leurs branches desséchées ;
    Je marchais à travers les humbles croix penchées,
    Disant je ne sais quels doux et funèbres mots ;
    Et je m'agenouillais au milieu des rameaux
    Sur la pierre qu'on voit blanche dans la verdure.
    Pourquoi donc dormais-tu d'une façon si dure
    Que tu n'entendais pas lorsque je t'appelais ?

     

    Guernesey, 2 novembre 1855, jour des morts.

     

     

     

     

  • Jean Joseph Rabearivelo (1901-1937)

    Que nous fera la chute brusque
    de ce qui est notre royaume?

    Comme ta tour, comme la mienne,
    comme la perfide que foulent nos pieds,
    cette joie dont pétillent nos yeux,
    si elle doit bientôt s’éteindre,
    ne nous reviendra-t-elle pas autre et nouvelle?
    Sœurs du silence en la tristesse,
    les fleurs qui n’ont que leur beauté
    et leur solitude,
    les fleurs- morceaux de cœur terrien
    palpitant à l’unisson des nids-
    dorment-elles ici, font-elles des rêves
    sur la fin de leur destinée?

    Les doigts
    qui ne voulaient d’elles que leur jeunesse,
    les doigts se sont tous joints
    dans la chaude blancheur des draps-
    sauf les miens qui sont si frêles
    et qui savent tant choyer
    les choses délicates.

    Mes lèvres aussi frôlent les fleurs,
    les fleurs devenues plus mystérieuses,
    et plus belles, et brusquement hardies.

    Et j’entends,
    mêlées à la respiration des herbes,
    leurs dernières confidences.
    Ah! comme elles seraient douloureuses
    sans ces parfums pacifiques, Seigneur,
    qui s’évadent avec leur vie!
    Écoute les filles de la pluie
    qui se poursuivent en chantant
    et glissent
    sur les radeaux d’argile
    ou d’herbes de glaïeuls
    qui couvrent les maisons des vivants.

     

    in Traduit de la nuit