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24/08/2016

Helène Dassavray

 

 

 Une femme voit couler son sang à chaque lune,

peut-être est-ce pour cela

qu'elle éprouve moins le besoin

de verser celui des autres.

 

in On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive

 

 

 

 

23/08/2016

Sri Aurobindo.

 

 dans l'énergie silencieuse de l'idée secrète
déterminant la forme et l'acte prédestinés
passager, de vie en vie, d'étendue en étendue
changeant l'image de son être de forme en forme
il regarde l'icône qui grandit sous son regard
et dans le ver de terre, prévoit le dieu qui vient.

 

 

 

22/08/2016

Medoruma Shun

 

C’était un fil incroyablement long et fin. Parallèle à la surface de l’eau, il émettait une lueur fragile et pure qui apparaissait et disparaissait tour à tour au gré du vent. Nous étions fascinés par cette lumière. 

 

in L’âme de Kôtarô contemplait la mer

 

 

Thomas Vinau

  

Je me sers

d’un toboggan d’enfant

comme chaise longue

je me sers

de l’herbe haute comme déodorant

je me sers

du ciel foutraque

comme cahier de brouillon

 

in Juste après la pluie 

 

 

 

21/08/2016

Luis Alfredo Arango (poète guatémaltèque, 1936 - 2001)

 

Le goût m'est passé, maintenant, des choses pittoresques.

J'ai grandi. J'ai compris.

 

Je connais un grand nombre de choses :

il n'y a pas eu seulement un Christ

mais des tas ;

le responsable de la famine est assassin autant

que celui qui plante son couteau ;

les voleurs ne sont pas les seuls à dérober ;

 

je les connais ceux qui massacrent les illusions,

ceux qui écrasent la joie et l'espérance

au fond de ces villages qui 

tiennent

 


dans le viseur d'un fusil.

 

 

 in El andalon

Traduction de Laurent Bouisset

 

 

 

20/08/2016

Juan Pablo Villalobos

 

On utilisa des pierres pointues, comme les Néanderthaliens d’antan, et on réussit à remplir les boîtes de poussières. Si c’était cela, la vie qui nous attendait, manger de la poussière à pleines dents, on aurait mieux fait de rester au chaud, près de nos quesadillas rachitiques. Notre fuite nous avaient rétrogradés d’un degré dans la lutte des classes et on se retrouvait maintenant à rôder dans le secteur des marginaux qui bouffaient de la terre par poignées.

- il y a trois sortes d’extraterrestre.

- Hein ?

- Je te le dis pour que tu sois préparé, je ne sais pas à qui nous aurons affaire.

C’était la conversation idéale pour accompagner l’ingestion du thon à la terre.

 

 in Si nous vivions dans un endroit normal

 

 

 

16/08/2016

Ricardo Adolfo

 

C’était un serpent qui mordait beaucoup de queues.

 

in Tout ce qui m’est arrivé après ma mort 

 

 

 

15/08/2016

Roberto Sosa (Honduras)

 

Les Indiens
 
Je suis allé leur parler dans leurs refuges,
 là-bas, sur ces monts protégés par des idoles
 où je les sais gais comme les cerfs
 mais aussi tranquilles et profonds
 comme les prisonniers.

J'ai senti leur regard
 frapper mes yeux jusqu'à l'ultime lumière
 et dès lors mon pouvoir m'est apparu
 infondé et fragile.

Aux côtés de leurs pieds
 détruits sur tant de routes
 je dépose mon sang écrit
 sur une branche obscure.

 

 

 

 

10/08/2016

Marlène Tissot

  

J’emmerde la haute couture

 

Broder ce qui faut de dérision

sur le bord des jours

pour éviter qu’ils ne s’effilochent

 

in J’emmerde…

 

 

 

02/08/2016

Thomas Vinau

 

le décès instantané

D’un petit matin frais

Fauché en pleine course

Par un quotidien trop pressé

 

aux dernières nouvelles

Le champ des possibles

S’écoule encore de son ventre

Sur la chaussée

 

 in Juste après la pluie

 

 

 

 

Yann Bourven

 

des vigiles métalliques nous expliquent qu’ils lacèreront nos enfants

si jamais nous en faisons

 

in Chroniques du Diable consolateur

 

 

Thomas Vinau

 

on fait pisser nos rêves à la laisse comme des chiens 

 

in Juste après la pluie

 

 

 

Daniel Biga

 

La beauté perdue


Je mangerai la terre et les racines j'avancerai sur le ventre lombric humain 
j'ai une telle faim des éléments du Simple

la vie du siècle m'écrase 
la ville moderne me déchire

aujourd'hui partout où je vais c'est dans la beauté perdue

j'ai vu disparaître les rivières leurs sources et des fleuves même 
rivages quais parcs profonds et tant de jardins subtils 
allées promenades hameaux villages quartiers entiers 
j'ai vu se bétonner des plaines des collines rasées 
les voitures s'y garent sur l'Ombre animale des chevaux disparus

la brutalité des hommes est énorme !

pourtant 
parfois 
la tendresse d'un homme seul m'éblouit encore

 
in Station du chemin 

 

 

 

 

 

01/08/2016

Julie Bonnie

 


 

Il m’est vraiment difficile de comprendre comment tout s’est effondré.

J’ai eu les enfants. Gabor est parti.

J’ai eu peur, moi qui n’avais peur de rien.

Mon corps s’est tu.

Il a fallut que je travaille.

J’ai enfilé une blouse. 

 

in Chambre 2 

 

 

 

31/07/2016

Stéphane Casenobe

 

qu’il est bon de fermer sa gueule quelque fois

qu’il est bon de faire ce que la vie demande

et d’un geste déboutonner l’amour

 

 in Oncle Bo (in Traction Brabant 65)