Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/10/2016

Jean-Baptiste Pedini

 

Ce soir les rires roulent sur la plage.

On les entend tomber des gorges avant de s’évanouir.

 

in Passant l’été

 

 

 

04/10/2016

Joyce Mansour

 

Les vices des hommes

Sont mon domaine

Leurs plaies mes doux gâteaux

J'aime mâcher leurs viles pensées 

Car leur laideur fait ma beauté.

 

in Cris

 

 

 

03/10/2016

Jaan Kaplinski

 

il est facile d’être lourd

difficile de devenir léger

facile d’être

ce que nous ne sommes pas

pénible d’apprendre à être

ce que

nous sommes vraiment

 

In la croissance des nouvelles pierres

 

 

02/10/2016

Jean-Baptiste Pedini

 

Loin de la braise des villes côtières. Quelque part entre l’agitation de l’île

et la bouche bée des morts

 

in Plein phare

 

 

Peush

 

La houle vomissait, la houle avait faim, la houle vomissait,

La houle avait faim, la houle vomissait, inlassablement.

Les creux de la mer s’emplissaient d’immondices, de déjections, de déchets

 

in La mère Michel (Poids Plume 2016)

 

 

 

 

30/09/2016

Sarah Kay

 

You are a woman. Skin and bones, veins and nerves, hair and sweat.

You are not made of metaphors. Not apologies, not excuses.

 

 

 

David Aniñar

 

Madre, vieja mapuche, exiliada de la historia
Hija de mi pueblo amable
Desde el sur llegaste a parirnos
Un circuito eléctrico rajó tu vientre
Y así nacimos gritándoles a los miserables
Marri chi weu!!!!
en lenguaje lactante.
Padre, escondiendo tu pena de tierra tras el licor
Caminaste las mañanas heladas enfriándote el sudor
Somos hijos de los hijos de los hijos
Somos los nietos de Lautaro tomando la micro
Para servirle a los ricos
Somos parientes del sol y del trueno
Lloviendo sobre la tierra apuñalada…

 

In Mapurbe

 

 

 

Mère, vieille Mapuche, exilée de l'histoire

Fille de mon peuple aimable

Depuis le sud tu es arrivée à nous enfanter

Un circuit électrique a tranché ton ventre

Et ainsi nous sommes nés

En criant aux misérables

Dix fois nous vaincrons !!!

Dans un langage nourri au sein.

Père, en cachant ta peine de terre dans la liqueur

Tu as marché dans les matins glacés refroidissant ta sueur

Nous sommes enfants des enfants des enfants

Nous sommes les petits- fils de Lautaro prenant le micro

Pour le servir aux riches

Nous sommes parents du soleil et du tonnerre

En pluie sur la terre poignardée..

 

In Mapurbe 

(trad. Cathy Garcia)

 

 

 

* Mapurbe : de nombreux Mapuche vivent en Patagonie, tout au sud du Chili, dans la ville de Bariloche. Les jeunes y ont créé un mouvement punk d'un genre particulier, le 'mapurbe', qui veut dire à la fois 'mapuche' et 'urbain'.

 

 

 

 

 

Salvador Mariman

 

A la tierra de los sueños.

 

Llenas de dolor esta noche mis palabras,

madre

en mi largo caminar la vida no ha sido fácil y

hoy siento que me voy.

¡Tengo miedo a dejarte!

por favor te pido me permitas entrar en tu vientre y

descansar por siempre en el Konünwenu,

desde ahí podré mirarte mientras me embarco

a la tierra de los sueños.

 

 

  

Pour la terre des rêves.

 

Pleines de douleur cette nuit mes mots,

mère

durant mon long parcours la vie ne fût pas facile et

aujourd’hui je sens que je m’en vais.

J’ai peur de te laisser !

S’il te plaît je te demande la permission d’entrer dans ton ventre et

me reposer à tout jamais dans le Konünwenu,

de là je pourrais te regarder pendant que je m’embarque

pour la terre des rêves.

 

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

29/09/2016

Joyce Mansour

 

Ne jamais dire son rêve à qui ne vous aime pas.

 

 

 

Medoruma Shun

 

L’âme de Kôtarô était assise à la même place dans la même attitude. Le soleil s’était radouci et la couleur de la mer était enveloppée d’une lumière pâle, une lune blanche flottait auprès des gros nuages mafflus qui grimpaient à l’horizon. 

 

in L’âme de Kôtarô contemplait la mer

 

 

28/09/2016

Gabriel Henry

 

L’autopsie révèlera dans la gorge de chacun, un arbre de sa terre, calciné. Les bras le long du corps, face au miroir, je cherche si nous avons dans le ventre des usines aveuglées de suie, je demande si c’était notre souffle de dormeurs sur les départs de feu.

 

in Microbe n°97

 

 

Gabriel Henry

 

Le bruit de l’arbre qu’on abat est absent de la mer.

Elle a enfoui leurs cris, je ne sais rien d’eux. Ils sont calmes, ils ne pèsent pas sur nos nuits. L’époque les a pétris en oiseaux, pris dans la sève stérile du silence.

 

Microbe n°97

 

 

 

Georges Cathalo

 

En public, la plupart de ceux qui écrivent de la poésie répugnent à en parler, comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse. Quoique, tout bien réfléchi…

 

in Bestioleries poétiques

 

 

 

27/09/2016

Thomas Vinau

 

Puis il finit par comprendre :

l’univers est un troupeau de hérissons qui bâfrent des lucioles.

 

 in Autre chose

 

 

 

Lao Tseu

 

 

Le bien suprême est comme l'eau

Qui nourrit toute chose

sans effort.

Il se plait aux places les plus basses

que les gens dédaignent.

Ainsi, il est comme le Tao.