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17/10/2016

Choqosh Au'ho'oh

 

 

Uncle John Iroquois elder says: ‘Tell the people that there is a river flowing now very fast. It is so swift and wide and great that there will be those who will be afraid. They will try to hold onto the shore. They will suffer greatly. If you try to hold onto the shore your feelings and so your being torn apart.’ And the Elders say 'we know the source and the destination of this river. We are aware of the nature of this river and this we ask you to do: Push off… Into the middle of the river. Keep your eyes open, your head above water’ and, I add to this, I say see who you are finding in the river with you at this time, be good to them and celebrate. There is a river flowing now very fast. Push off into the middle of it. Keep your eyes open. Your head above water. Honor the people that are in there with you. Celebrate."

 

in “There is a River” as given to her by Iroquois elder Uncle John

 

 

 

 

 

 

 

Joyce Mansour

 

Quel phallus sonnera le glas

Le jour où je dormirai sous un couvercle de plomb

Fondue dans ma peur

Comme l’olive dans le bocal

Il fera froid métallique et laid

Je ne ferai plus l’amour dans une baignoire émaillée

Je ne ferai plus l’amour entre parenthèses

Ni entre les lèvres javanaises d’un gazon de printemps

J’exsuderai la mort comme une moiteur amoureuse

Cernée assaillie par des visions d’octobre

Je me blottirai dans la boue

 

in Faire signe au machiniste (1976)

 

 

Pablo Neruda

 

 

Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches, l'attitude du don te rend pareil au monde. Mon corps de laboureur sauvage, de son soc a fait jaillir le fils du profond de la terre. Je fus comme un tunnel. Déserté des oiseaux, la nuit m'envahissait de toute sa puissance. pour survivre j'ai dû te forger comme une arme et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde. Mais passe l'heure de la vengeance, et je t'aime. Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme. Ah ! le vase des seins ! Ah ! les yeux de l'absence ! ah ! roses du pubis ! ah ! ta voix lente et triste ! Corps de femme, je persisterai dans ta grâce. Ô soif, désir illimité, chemin sans but ! Courants obscurs où coule une soif éternelle et la fatigue y coule, et l'infinie douleur.

 

 

 

 

 

Pierre Desproges

 

Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est. 

 

 

 

16/10/2016

Raymond Quéré

 

la muraille des os qui se cabre

 

 

 

Jules Supervielle

 
 
 
Les chevaux du Temps

Quand les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte
 J’hésite un peu toujours à les regarder boire
 Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif.
 Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
 Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
 Et me laissent si las, si seul et décevant
 Qu’une nuit passagère envahit mes paupières
 Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces
 Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé
 Je puisse encore vivre et les désaltérer.


 in  Les Amis inconnus, 1934

 

 

 

15/10/2016

Marlène Tissot

 

 

 J’emmerde l’aqua-bonisme

 

Mettre les poissons dans un bocal

et les laisser nous regarder

tourner en rond

 

 

 

13/10/2016

Joyce Mansour

 

Venez femmes aux seins fébriles

Écouter en silence le cri de la vipère

Et sonder avec moi le bas brouillard roux

Qui enfle soudain la voix de l'ami

La rivière est fraîche autour de son corps

Sa chemise flotte blanche comme la fin d'un discours

 

in Carré Blanc - 1965

 

 

Réplique de Philippe Noiret dans Pile ou face

 

La justice, docteur, c’est comme la Sainte Vierge,

si elle n’apparait pas de temps en temps, le doute s’installe

 

 

 

Eugène Varlin

 

Tant qu'un homme pourra mourir de faim

à la porte d'un palais où tout regorge,

il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. 

 

 

 

James Noël

 

une terre sur pilotis

avec du sang dans son parterre

terre ligotée

 

 in Le pyromane adolescent suivi de Le sang visible du vitrier

 

 

 

12/10/2016

Joyce Mansour

 

Je veux partir sans malle pour le ciel

Mon dégoût m’étouffe car ma langue est pure

Je veux partir loin des femmes aux mains grasses

Qui caressent mes seins nus

Et qui crachent leur urine

Dans ma soupe

Je veux partir sans bruit dans la nuit

Je vais hiberner dans les brumes de l’oubli

Coiffée par un rat

Giflée par le vent

Essayant de croire aux mensonges de mon amant.

 

 

Joyce Mansour

 

J’écrirai avec deux mains

Le jour que je me tairai.

J’avancerai les genoux raides

La poitrine pleine de seins

Malade de silence rentré.

Je crierai à plein ventre

Le jour que je mourrai

Pour ne pas me renverser quand tes mains me devineront

Nue dans la terre brûlante.

Je m’étranglerai à deux mains

Quand ton ombre me léchera

Écartelée dans ma tombe où brillent des champignons.

Je me prendrai à deux mains

Pour ne pas m’égoutter dans le silence de la grotte.

Pour ne pas être esclave de mon amour démesuré,

Et mon âme s’apaisera

Nue dans mon corps plaisant.

 

in le surréalisme, même 2, printemps 1957

 

 

Katherine L. Battaiellie

 

le ciel est trop grand ici cela donne de la peur le soleil se perd le vent aussi brode des nuages j'ai un doute sur ma vie j'étais morte et encore vivante j'ai été toute refaite plusieurs fois on n'est pas assez protégé par les vitres

 

in La robe de mariée

 

 

 

11/10/2016

Eric Dejaeger

 

On a besoin des cons pour ne pas se sentir idiots.

 

in Microbe 97