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05/07/2016

Odilon Redon

 

L'artiste vient à la vie pour un accomplissement qui est mystérieux. Il est un accident. Rien ne l’attend dans le monde social.

 

in Journal, 1867-1915 : notes sur la vie, l'art et les artistes

 

 

 

 

02/07/2016

Guénane

 

Mots cramponnés à la page

que n’avez-vous la grâce

des griffures d’oiseaux sur le sable.

 

in La sagesse est toujours en retard

 

 

 

Vladimir Maïakovski

 

J'ai tendu mon âme comme un câble au-dessus de l'abîme

et jonglant avec les mots, je m'y suis balancé.

 

 

 

01/07/2016

Proverbe africain

 

Quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous la forme d'un clou.

 

 

 

Jean-Christophe Belleveaux

 

sommes-nous

l’ange et moi

symétrique aussi

sommes-nous

l’ange de l’autre

 

in Démolition

 

 

 

Proverbe africain

 

 Le fou est l’échelle du sage

 

 

 

30/06/2016

François Cavanna

 

L'humour est forcément désespéré.

Ou alors, ce n'est plus de l'humour, c'est une berceuse.

 

 

Kate Braverman

 

Elle s’interroge quant aux poètes qui mettent leur tête dans le four et des tuyaux pleins de monoxyde de carbone dans leur bouche. Peut-être est-ce un acte suprême d’alchimie, la transmutation du gaz et du poison en une substance qui absout. Sur la cuisinière dansent des flammèches bleues. Le genre de choses qui ancrent les univers. Pour les poètes, c’est toujours l’hiver. Ils sont debout au bord du parapet des ponts nocturnes. Leurs orteils pointés vers l’immense néant bleu. Le monde se fige et retient son souffle. A nouveau nous sommes des enfants. Les définitions bleues et fraîches nous les savons comme un enfant sait qu’il ne doit pas traverser la route ni toucher la flamme. Pourtant nous la touchons. 

  in Bleu éperdument

 

 

 

Eiríkur Örn Norddahl

 

toute violence nous prive d’humanité. Que nous soyons celui qui frappe ou celui qui encaisse les coups.

 

in Illska

 

 

29/06/2016

Erri de Luca

 

Bien des jours avant de voir la mer, elle était une odeur,

une sueur salée, chacun imaginait sa forme.

 

in Aller simple

 

 

 

Pierre Desproges

 

Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

 

 

Jérôme Lafargue

 

Je ne fuis pas le monde, car il est là, je ne peux l’effacer, et je ne suis pas de ceux qui, esprits poseurs et inutiles, se constituent un bagage culturel immense pour mieux se distinguer des autres. Je suis au service de tous ceux qui veulent bien s’arrêter chez moi. On sait où me trouver s’il le faut. 

 

 in En territoire Auriaba

 

 

 

25/06/2016

Jean-Christophe Belleveaux

 

Ah ça !

Les vitrines du siècle 21

sont tellement

anonymement

parfaitement vitrines

 

 

 in ne pas censurer la vie

in Décharge n°151

 

 

 

Marlène Tissot

 

J’emmerde les grands discours

 

Rester fidèle à cette petite voix

qui chante des berceuses

à nos terreurs

 

in J'emmerde

 

 

 

Oscar V. de L. Milosz


Danse macabre

Il est doux d’entendre sonner jusqu’au jour
 Ses genoux creux contre les os de l’amour.

De boire dans les orbites de l’Amie
 Le vieux mensonge des pleurs en eau de pluie.

Et de sentir les rayons des lunes hautes
 Glisser romantiquement entre ses côtes.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Comme on est joyeux, léger, comme on se porte
 Bien, quand la vermine, la vermine est morte.

Laissons aux bardes les sinistres ballades ;
 Lennore, Helen, faisons de bonnes gambades.

Écartez-vous, rue, escargots, citronnelle ;
 Voici Laure, la plus gaie et la plus belle.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Plus de maîtresse, plus de chien, plus de Dieu ;
 C’est tout ce que je veux, c’est tout ce qu’il veut.

Passants là-bas, cavalier et cheval noir
 Venez donc un peu par ici, venez voir.

Il s’est enfui, personne, la route sonne.
 Ô comme le désir de vivre m’étonne !

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Clic-clac
 de vertèbres
 qui craquent
 et dans les ténèbres
 mélancoliques
 ici, là-bas, où ?
 clac-clic,
 de dansantes reliques
 Mains et pieds traversés de clous.

Amour remariée, entends-tu ma voix ?
 Cette nuit, dis-moi, combien, combien de fois ?

Mon fils, mon fils, sais-tu déjà épeler
 Mon nom sur la pierre moussue et pelée ?

Sganarelle, hi hi hi ! voici tes gages :
 Treize queues de rats, trois yeux de chats sauvages.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien. 



in Les Sept solitudes, 1906