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29/11/2016

Noam Chomsky

 


Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens qu'on méprise,

on n'y croit pas du tout.

 

 

 

28/11/2016

François David

 

 

N’être

ni le passeur

ni le trépassé

ni le chien féroce

ni la barque

être

l’eau

 

 in Passage

 

 

 

Empédocle

 

La haine rassemble les semblables ; l'amour les dissemblables.

 

 

 

Muriel Modély

 

pendant que dans nos ventres se jouent sans anicroche

le va

le vient

l’histoire la même

dans la répétition des coups de reins. 

 

 in Je te vois

 

 

 

25/11/2016

Isabelle Stibbe

 

Ici vous entendrez parler acier, métallurgistes, syndicalistes, ici vous entendrez parler usines, nationalisation, chômage. Si pour vous ces mots sont synonymes de nuisances et de laideur, s’ils vous font l’effet de répulsifs, si vous prétendez qu’ils doivent être réservés aux colonnes des journaux, section économie ou société, refermez aussitôt ce livre ou, pour les plus modernes d’entre vous, éteignez votre liseuse, en tout cas passez votre chemin, ce texte n’est pas pour vous, autant vous prévenir tout de suite. Entre le ciel et la boue, préférez le ciel, c’est moins salissant. 

 

in Les maîtres du printemps

 

 

Sébastien Colmagro

 

Tel homme explose

car un enfant à retardement

déchire sa poitrine

ruisselante de barbelés

madrague des rêves

 

 

 

 

 

22/11/2016

Samaël Steiner

 

ton bras est ouvert tout le long de la rue,

les passants longent tes veines pour rejoindre le fleuve.

 

in seul le bleu reste

 

 

 

Murièle Modély

 

le poids des jours qui toquent

leur morne cliquetis

Son fol ressassement

 

contre le chambranle

les femmes que l’on baise

 

les hommes que l’on brise

et les billets souillés dont on bourre

 

les ventres

 

in Rester debout au milieu du trottoir

 

 

 

Francis Cousin

 

Le marché de l’ordre sexuel régnant a pour spécificité capitale de vider la sexualité humaine de son essence même; la tendresse en la beauté du désir. Il place ainsi au centre de sa logique de marchandisation despotique la négation de l’autre et de soi-même, contraignant chaque individu à se trouver alternativement en situation de consommateur ou de consommé, de joueur ou de jouet, d’acquéreur ou de matière acquise. [...] nous ne vivons pas finalement dans un monde sur-sexualisé mais sous-sexualisé puisque le sexe s’y présente comme une activité autonomisée dans le monde mercantile de l’unité cosmique absolument profanée où le sexuel rassemble les hommes isolés de leur sexe mais en les réunissant justement en tant que sexes isolés de l’être. C’est pourquoi, dans le spectacle totalitaire du sexe libéré, l’amour du sexe véridique en tant que vérité sexuelle de l’amour ne se trouve nulle part puisque sa parodie technique d'image-objet tourmentée est partout. C’est donc bien là un monde d’anti-sexualité humaine à renverser pour que notre jouissance lumineusement révolutionnaire trouve sa correcte situation féconde.  

 

in L'Être contre L'Avoir, 2012

 

 

 

21/11/2016

David Almond

 

Est-ce que tout le monde ressent cette excitation,

cette stupéfaction en grandissant ?

 

in Je m’appelle Mina

 

 

 

Eric Barbier

 

Une sœur inconnue abritera les caresses des derniers pavots

sur ses cuisses tourmentées de foudre.

 

in D’une communauté lointaine

 

 

16/11/2016

Jean Paulhan

 

On n'écrit pas pour être élégant et spirituel, on n'écrit pas pour avoir des raisons, ni même pour avoir raison, ni pour donner un aspect plausible à des thèses évidemment fausses, on écrit pour comprendre, on écrit pour être sauvé.

 

 

Roger Gilbert-Lecomte


 
  
Oh ! la pleine lune sur le cimetière. -
Noirs les ifs - Blanches les tombes -
Mais en dessous ?...
  

in La Tête couronnée et autres poèmes

 

 

 

 

14/11/2016

Isabelle Stibbe

 

La flexibilité du travail, vous savez ce que ça veut dire ? Du chantage : « Mes conditions ou rien. » La précarité légalisée, institutionnalisée pour au bout du compte en revenir au travail journalier. (…) C’est ça le progrès ? Moi j’appelle ça avoir le pistolet sur la tempe. 

 

in Les maîtres du printemps

 

 

 

Pablo Neruda

 

  

Immensité des pins, rumeur brisée des vagues,
contre le crépuscule et ses vieilles hélices
crépuscule tombant sur tes yeux de poupée,
coquillage terrestre, en toi la terre chante!

En toi chantent les fleuves et sur eux fuit mon âme
comme tu le désires et vers où tu le veux.
Trace-moi le chemin sur ton arc d’espérance
que je lâche en délire une volée de flèches.

Je vois autour de moi ta ceinture de brume,
mes heures poursuivies traquées par ton silence,
c’est en toi, en tes bras de pierre transparente
que mes baisers se sont ancrés, au nid de mon désir humide.

Ah! ta voix de mystère que teinte et plie l’amour
au soir retentissant et qui tombe en mourant!
Ainsi à l’heure sombre ai-je vu dans les champs
se plier les épis sous la bouche du vent.