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21/03/2017

Georges Perros

 

Tout m'émeut comme si j'allais disparaître dans l'instant
Ce n'est pas toujours amusant.

 

 

 

 

Thomas Vinau

 

Elle avance pratiquement nue dans la glace. Sa peau est comme du brouillard. Presque transparente. Puis elle s’accroupit et elle pisse. Le jour est là, encore fumant, à ses pieds.

 

in Autre chose

 

 

 

19/03/2017

Don Hélder Câmara

 

heureux celui qui comprend

qu'il est nécessaire de changer beaucoup pour rester toujours le même

 

 

 

 

Gabriel Perez

 

Dans ce grand abattoir

il nous faut résister un temps

car les morts ont choisi les vivants

pour faire leur sale boulot

 

extrait de Kyrielle de Kyparissi

in Traction brabant 72

 

 

 

18/03/2017

Tristan Corbière

Paysage mauvais
 
Sables de vieux os – Le flot râle
Des glas : crevant bruit sur bruit …
– Palud pâle, où la lune avale
De gros vers, pour passer la nuit.

– Calme de peste, où la fièvre
Cuit … Le follet damné languit.
– Herbe puante où le lièvre
Est un sorcier poltron qui fuit …

– La Lavandière blanche étale
Des trépassés le linge sale,
Au soleil des loups… – Les crapauds,

Petits chantres mélancoliques
Empoisonnent de leurs coliques,
Les champignons, leurs escabeaux.
 

in Les Amours jaunes

 

 

 

 

 

 

17/03/2017

Ce qui se dit dans la forêt amazonienne

 

Si ton chemin n’a pas de cœur

quitte-le

 

 

 

 

16/03/2017

Gustave Flaubert

 

Le comble de l’orgueil, c’est de se mépriser soi-même.

 

 

 

Luc Diétrich

 

Par-delà le carambolage des rails croisés, les poteaux comptaient la campagne, les fils mesuraient la fuite en sifflant. Un champ de blé gicla d’un talus. Une petite ville se bâtit au galop et puis dégringola dans la pente. Un bref tunnel goba le reste et vomit une boule de fumée et des collines bleues.

Enfin parurent des contrées semblables à celles où la guerre a passé. Des grillages, des baraques, des touffes, des tas. Un camion qui perdait sa bâche courait dans la poussière comme une volaille effarouchée.

Les premières maisons se levèrent dans les terrains vagues, comme des échelles.

Un fossé noirci, des rues, des cours, des linges, des rues, des façades, des cheminées, des rues : on arrivait.

 

in Le bonheur des tristes

 

 

Colette

 

Que c’est curieux, on résiste victorieusement aux larmes, on se « tient » très bien, aux minutes les plus dures. Et puis quelqu’un vous fait un petit signe amical derrière une vitre, on découvre, fleurie, une fleur encore fermée la veille, une lettre tombe d’un tiroir, et tout tombe. 
 
in
Lettre à Marguerite Moreno

 

 

14/03/2017

Heptanes Fraxion

 

elle dit ça
en souriant
Charline-au-chien
devant la bouche du métro
devant la bouche bée des passants
devant la viande des voisins
leur poids
leur argent
leur baie vitrée qui va bien

 

 

 

 

13/03/2017

L'ampleur des astres de Thierry Roquet

couverture-l-ampleur-des-astres.jpg

Mon petit florilège perso :

 

Douche froide

Quand un chômeur, il refroidit vite

 

*

 

24h sur 24

Je vis au jour le jour, surtout la nuit.

 

*

 

Origine

N’oublions jamais d’où nous venons : du trou du cul de la galaxie. Ça dégaze sec ! Et ça vous met des parfums d’étoiles pleins les narines !

 

*

 

Fort comme un chêne

Glander c’est résister à l’occupation.

 

*

 

Les mo®ts nous collent à la peau

Il s’est réincarné à spirales ; ça lui permet d’écrire encore un peu

 

 

Thierry Roquet in L’ampleur des astres - Fragmensonges de vie

Cactus Inébranlable édtions, septembre 2016

 

 

 

 

09/03/2017

Tim Ingold

 

La poésie ne vient pas après la science, pour célébrer le triomphe de la raison sur la nature. Elle vient avant la science, lorsque, avec davantage d’humilité, nous reconnaissons que nous devons notre existence au monde que nous cherchons à connaître

 in Marcher avec les dragons

 

 

 

Octavio Paz

 

Les masses humaines les plus dangereuses sont celles dont on a injecté dans les veines le venin de la peur… la peur du changement

 

 

Luc Diétrich

 

Je veux être préoccupé de la destinée humaine. Je voudrais noter tout ce que je sens, je voudrais leur faire voir avec force tout ce qu’ils ont mal vu, je voudrais qu’ils vivent et entendent avec plus de joie et plus de violence. 

Ils parlent de chanter le progrès, la machine qui libère l’homme. Elle ne le libère pas, elle le gonfle et le détraque. Et l’homme pense boîtes d’allumettes et discours électoral : tous de même. Ils ne sont plus eux-mêmes : ils n’ont plus le courage de s’élever seuls avec violence, contre l’injustice, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne. Ils vont bientôt tous se coller ensemble. …Ils ne savent plus choisir, ils prennent ce qu’il y a de plus facile en eux, de plus rutilant. À la même heure ils voient les mêmes saletés. À la même heure ils pensent en commun. J’aime celui qui apprend tout seul. Le chétif qui s’agrippe, qui encaisse les coups des autres, les brûlures de la faim et du froid et qui, tout seul, apprend à se détacher du ronron des autres. Celui-là comprend les hommes mais n’en sera pas rempli. Il leur voudra du bien et sera traité d’ennemi. J’aime mieux être seul. 

 

in Le bonheur des tristes V. Introduction à la vie commune

 

 

 

 

 

08/03/2017

Ce qui se dit dans la forêt amazonienne

 

fais que ta peur sois toute petite,

car si tu la laisses grandir,

c'est toi qui sera tout petit