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30/09/2016

Salvador Mariman

 

A la tierra de los sueños.

 

Llenas de dolor esta noche mis palabras,

madre

en mi largo caminar la vida no ha sido fácil y

hoy siento que me voy.

¡Tengo miedo a dejarte!

por favor te pido me permitas entrar en tu vientre y

descansar por siempre en el Konünwenu,

desde ahí podré mirarte mientras me embarco

a la tierra de los sueños.

 

 

  

Pour la terre des rêves.

 

Pleines de douleur cette nuit mes mots,

mère

durant mon long parcours la vie ne fût pas facile et

aujourd’hui je sens que je m’en vais.

J’ai peur de te laisser !

S’il te plaît je te demande la permission d’entrer dans ton ventre et

me reposer à tout jamais dans le Konünwenu,

de là je pourrais te regarder pendant que je m’embarque

pour la terre des rêves.

 

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

29/09/2016

Joyce Mansour

 

Ne jamais dire son rêve à qui ne vous aime pas.

 

 

 

Medoruma Shun

 

L’âme de Kôtarô était assise à la même place dans la même attitude. Le soleil s’était radouci et la couleur de la mer était enveloppée d’une lumière pâle, une lune blanche flottait auprès des gros nuages mafflus qui grimpaient à l’horizon. 

 

in L’âme de Kôtarô contemplait la mer

 

 

28/09/2016

Gabriel Henry

 

L’autopsie révèlera dans la gorge de chacun, un arbre de sa terre, calciné. Les bras le long du corps, face au miroir, je cherche si nous avons dans le ventre des usines aveuglées de suie, je demande si c’était notre souffle de dormeurs sur les départs de feu.

 

in Microbe n°97

 

 

Gabriel Henry

 

Le bruit de l’arbre qu’on abat est absent de la mer.

Elle a enfoui leurs cris, je ne sais rien d’eux. Ils sont calmes, ils ne pèsent pas sur nos nuits. L’époque les a pétris en oiseaux, pris dans la sève stérile du silence.

 

Microbe n°97

 

 

 

Georges Cathalo

 

En public, la plupart de ceux qui écrivent de la poésie répugnent à en parler, comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse. Quoique, tout bien réfléchi…

 

in Bestioleries poétiques

 

 

 

27/09/2016

Thomas Vinau

 

Puis il finit par comprendre :

l’univers est un troupeau de hérissons qui bâfrent des lucioles.

 

 in Autre chose

 

 

 

Lao Tseu

 

 

Le bien suprême est comme l'eau

Qui nourrit toute chose

sans effort.

Il se plait aux places les plus basses

que les gens dédaignent.

Ainsi, il est comme le Tao.

 

 

 

 

 

Louis Savary

 

le poème qui nous parle

est celui qui nous lit

dans les yeux

 

 

25/09/2016

Michel Cosem

 

On entend parfois aboyer les chiens morts.

Il faut alors s’immobiliser et s’adosser au mur.

 
in L’âme de la grande ourse

 

 

 

Youcef Sebti


 L'enfer et la folie

Je suis né dans l'enfer
 j'ai vécu dans l'enfer
 et l'enfer est né en moi
 et dans l'enfer
 sur la haine - ce terreau qui flambe -
 ont poussé des fleurs.
 Je les ai senties
 je les ai cueillies
 et en moi a circulé
 l'amertume
 et de moi s'est saisie
 l'amertume.
 Arrêt. Souffle. Ombre.
 Espoir. Départ. Recommencement.
 Amours perdues. Amours dérobées. Amours possibles.

Sur le chemin d'un recommencement
 sur le sentier d'une lutte
 j'ai débouché sur la folie.
 J'ai plongé dans la folie
 et j'en ai ramené des algues.
 L'enfer se continue...
 Du brasier à la mer
 de la mer au brasier
 de la combustion
 à l'immersion
 l'enfer demeure
 et les insurgés
 ont pour destinée la folie...

 

(poète algérien tué par balle dans la nuit du 27 au 28 décembre 1993, victime du fanatisme)

 

 

 

Gianmaria Testa

 

Notre réserve de temps est petite

Ne nous la faisons pas voler

par un pouvoir qui nous fait mal

 

 

 

24/09/2016

François de Cornière

 

l’impression d’être un figurant

un peu perdu

d’avoir été absent un long moment

mais de quoi ?

 

in il a plu pendant le film

 

 

 

23/09/2016

Louis Savary

 

Ne me poussez pas

Je suis au bord

Des larmes

 

 in Je tue il

 

 

Ricardo Adolfo

 

Un jour, tout seul, sur le chemin de la maison, j’ai fait exprès de rentrer dans un poteau pour m’assurer que j’étais bien là, que je n’étais pas le fruit de mon imagination. J’existais, selon le poteau, et jamais je n’ai réussi à comprendre pourquoi personne ne me voyait.

 

in Tout ce qui m'est arrivé après ma mort