Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/03/2017

Jean-Claude Goiri

 

Tel untel

tu apprends chaque jour ce qu’il en coûte d’apprendre en construisant cette liberté si profonde qu’on t’y enferme comme dans un puits

 

in FPM n°14

 

 

 

 

Pablo Neruda

 

tu combles la courbure du silence

 

 

Abbas Kiarostami

 

sur la corde à linge

on a étendu de la neige

par ce froid

elle ne sèchera pas de sitôt

la neige

 

in des milliers d’arbres solitaires 

 

 

 

 

Don Hélder Câmara

 

Je nourris un pauvre et l'on me dit que je suis un saint.

Je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir

et l'on me traite de communiste. 

 

 

 

23/03/2017

Evelyne Charasse

 

Vol trompeur

Des feuilles mortes

Pensant partir

Avec les oiseaux

 

in Traction Brabant 72

 

 

 

 

 

21/03/2017

Georges Perros

 

Tout m'émeut comme si j'allais disparaître dans l'instant
Ce n'est pas toujours amusant.

 

 

 

 

Thomas Vinau

 

Elle avance pratiquement nue dans la glace. Sa peau est comme du brouillard. Presque transparente. Puis elle s’accroupit et elle pisse. Le jour est là, encore fumant, à ses pieds.

 

in Autre chose

 

 

 

19/03/2017

Don Hélder Câmara

 

heureux celui qui comprend

qu'il est nécessaire de changer beaucoup pour rester toujours le même

 

 

 

 

Gabriel Perez

 

Dans ce grand abattoir

il nous faut résister un temps

car les morts ont choisi les vivants

pour faire leur sale boulot

 

extrait de Kyrielle de Kyparissi

in Traction brabant 72

 

 

 

18/03/2017

Tristan Corbière

Paysage mauvais
 
Sables de vieux os – Le flot râle
Des glas : crevant bruit sur bruit …
– Palud pâle, où la lune avale
De gros vers, pour passer la nuit.

– Calme de peste, où la fièvre
Cuit … Le follet damné languit.
– Herbe puante où le lièvre
Est un sorcier poltron qui fuit …

– La Lavandière blanche étale
Des trépassés le linge sale,
Au soleil des loups… – Les crapauds,

Petits chantres mélancoliques
Empoisonnent de leurs coliques,
Les champignons, leurs escabeaux.
 

in Les Amours jaunes

 

 

 

 

 

 

17/03/2017

Ce qui se dit dans la forêt amazonienne

 

Si ton chemin n’a pas de cœur

quitte-le

 

 

 

 

16/03/2017

Gustave Flaubert

 

Le comble de l’orgueil, c’est de se mépriser soi-même.

 

 

 

Luc Diétrich

 

Par-delà le carambolage des rails croisés, les poteaux comptaient la campagne, les fils mesuraient la fuite en sifflant. Un champ de blé gicla d’un talus. Une petite ville se bâtit au galop et puis dégringola dans la pente. Un bref tunnel goba le reste et vomit une boule de fumée et des collines bleues.

Enfin parurent des contrées semblables à celles où la guerre a passé. Des grillages, des baraques, des touffes, des tas. Un camion qui perdait sa bâche courait dans la poussière comme une volaille effarouchée.

Les premières maisons se levèrent dans les terrains vagues, comme des échelles.

Un fossé noirci, des rues, des cours, des linges, des rues, des façades, des cheminées, des rues : on arrivait.

 

in Le bonheur des tristes

 

 

Colette

 

Que c’est curieux, on résiste victorieusement aux larmes, on se « tient » très bien, aux minutes les plus dures. Et puis quelqu’un vous fait un petit signe amical derrière une vitre, on découvre, fleurie, une fleur encore fermée la veille, une lettre tombe d’un tiroir, et tout tombe. 
 
in
Lettre à Marguerite Moreno

 

 

14/03/2017

Heptanes Fraxion

 

elle dit ça
en souriant
Charline-au-chien
devant la bouche du métro
devant la bouche bée des passants
devant la viande des voisins
leur poids
leur argent
leur baie vitrée qui va bien