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RÉSONNANCE & COPINAGES

  • Éric Aubel

     

    Le monde et c'est de sang qu'il est fait

    Un sang si beau si fluide
    si abondant

    Coulant de si bons cœurs
    sur les mains

    Et depuis si longtemps
    que le temps l'a bruni

    Une jolie couleur brune
    avec laquelle on teinte des chemises

    si anciennes
    mais aussi si modernes

     

    in Gaïa, 2023

     

     

  • Ile Eniger

    Mes mots
    De pulpe acide 
    D'osier vert 
    De pierre captive 
    De robe déchirée 
    D'insolents coquelicots sur la table
    De chair et d'air
    ces mots, 
    A toi seul, appartiennent.


    in La parole gelée

     

     

  • Thierry Metz

    C'est dans ce jeu des hommes vieux que la mémoire se sclérose. Au lieu d'être le terrain nourrissant d'un avenir qui se construit, elle entretient des greffes monstrueuses aussi destructrices que possible d'un avenir de l'homme. Là où se joue ce qui veut être l'enjeu, se produit l'inverse. Ce monde est dangereux puisqu'il n'est pas le Monde ; et la soi-disant lucidité de ceux qui le conduisent n'est qu'aveuglement et entêtement. Elle l'habite comme la mort.
    Son issue n'est pas au seuil de la maison fécondée mais dans la tombe. Elle est le sans-issue. L'Homme qui ne s'interroge plus sur l'Enjeu, se retrouve derrière une porte qu'il tient à bout de bras, qui avance avec lui et ne s'ouvre pas.

     

    in Avec Kostas Axelos et les Problèmes de l'Enjeu (entretien avec Jean-Cussat-Blanc)

     

     

  • Le tsunami d’infos générées par IA

    Journaliste chez Next, Jean-Marc Manach revient sur la déferlante de faux sites d’information générés par IA, qu’il a débusqués en ligne, et sur les enjeux de ces pratiques.

     

    Jean-Marc Manach, voix off : Je suis journaliste d’investigation sur Internet depuis la fin des années 90. Je n’ai pas fait d’école de journalisme, j’ai découvert Internet comme une sorte de Far West, c’était juste hallucinant, avant j’étais en cinéma expérimental, rien à voir. Quand j’ai découvert Internet, j’ai découvert que c’était une mine d’or en termes d’informations, puisque j’ai eu la chance, en 1998, d’être recruté dans une rédaction qui avait un accès à Internet à haut débit, alors qu’à l’époque on avait des Minitel + +. Quand j’ai découvert Internet avec un accès haut débit, c’était waouh, tout ce que je trouvais ! Et très, rapidement, je me suis retrouvé, presque par hasard, à faire du fact-checking et de l’investigation.

    Mathilde Saliou : Pour ce dernier épisode avant l’été, je vous propose un format un peu particulier. Cette fois-ci, mon invité est aussi mon collègue, c’est un membre de la rédaction de Next. Vous venez de l’entendre se présenter, ce collègue c’est Jean-Marc Manach.
    Si je voulais vous le faire écouter c’est parce que, depuis bientôt deux ans, il enquête, sans relâche, sur un phénomène qui pose autant de questions aux internautes qu’aux fabricants de l’information que nous sommes en tant que journalistes. Ce phénomène, c’est celui de l’information de faible qualité générée par IA.
    Dans certains cas, il s’agit simplement de se faire passer pour un média numérique fiable afin de remonter dans les classements de Google.
    Dans d’autres, il s’agit clairement de tromper, mais je le laisse vous raconter.
    Comme il fait référence à plusieurs moments de l’actualité, je précise que nous avons enregistré le 9 juin 2026.

    Jean-Marc Manach : Fin 2023, j’ai failli envoyer en rédaction un article qui se basait sur un article que je trouvais vachement bien, sauf que je ne connaissais pas le site. J’ai eu la curiosité de chercher qui était derrière et j’ai vu que la photo du bonhomme était générée par IA, que le bonhomme n’existait pas sur les réseaux sociaux et, en fait, que son article était une traduction en français d’un article de The Washington Post, chose qu’il ne précisait pas. J’avais donc face à moi un site d’information généré par IA, qui faisait du plagiat, qui mentait, qui prenait le lecteur pour un… J’ai donc commencé à le recenser dans un fichier texte, parce que je fais tout en fichiers textes.
    Au printemps 2024, j’avais identifié un peu moins de 70 sites via des Google Alertes. En fait, quand je recevais des Google Alertes, avec des noms de domaine un peu exotiques que je ne connaissais pas, je vérifiais. J’ai profité d’un atelier dans une école de journalisme, avec des étudiants, pour qu’on crowdsource les vérifications. On a découvert que plus de 25 % faisaient du plagiat. J’ai continué à recenser les sites d’info générés par IA. En septembre ou en octobre, j’en avais 250. J’ai donc demandé de l’aide à CheckNews parce que j’estimais qu’à 250 sites je ne pourrais pas enquêter tout seul là-dessus.

    Mathilde Saliou : CheckNews, c’est Libération.

    Jean-Marc Manach : C’est le service de fact-checking de Libération.
    En décembre, j’en avais 500 et quand on a enfin publié les premiers papiers, en février, j’en avais identifié 1000 et, aujourd’hui, un an et demi après, j’approche les 15 000, rien qu’en français.

    Mathilde Saliou : Pendant tout cet entretien, on va essayer de déplier un peu tous les enjeux que ça pose.
    Est-ce que tu peux décrire, plus précisément, la méthodologie qui te permet à la fois de les repérer et ensuite de les classer tel que tu les classes ?

    Jean-Marc Manach : Dans mon travail de journaliste d’investigation, je n’ai pas fait les services de renseignement, mais je travaille beaucoup sur les services de renseignement et, dans les formations que je fais par ailleurs au fact-checking et à l’OSINT, l’Open Source INTelligence [1] le renseignement d’origine sources ouvertes, j’explique aux gens que je forme que je travaille probablement beaucoup plus comme les policiers de la police technique et scientifique, ou comme des analystes des services de renseignement, que comme un journaliste lambda. Quand ils se posent une question, la majeure partie des journalistes vont poser la question à quelqu’un qui sait. Moi, en règle générale, quand je pose la question à quelqu’un, j’ai déjà la réponse, je l’ai cherchée, je l’ai trouvée, je fais donc tout en renseignement d’origine sources ouvertes.
    Or, comme les gens ne parlent pas en clair au téléphone ou dans un mail – rendez-vous place de la République à 14 heures pour livrer la cocaïne – les officiers de police judiciaire ou les analystes de renseignement, quand ils travaillent sur du narcotrafic ou sur du terrorisme, s’intéressent énormément aux métadonnées, moi c’est pareil. Je n’utilise aucun détecteur de contenu généré par IA, parce que je sais qu’il y a trop de faux positifs et de faux négatifs, donc je ne fais pas confiance, par contre, les métadonnées ne trahissent pas. Par exemple, un site a été blacklisté la semaine dernière sur MSN, jusqu’à l’année dernière, les rédactrices du site publiaient en moyenne cinq articles par jour ; depuis novembre, ce sont 500 articles par jour. Ce n’est pas possible, pour un être humain, de publier 500 articles par jour. Un des critères c’est le nombre d’articles, à quelle régularité. Il y a des sites qui vont publier un article à 8 heures, 9 heures, 10 heures, 11 heures, midi, 13 heures ! C’est n’importe quoi !

    Mathilde Saliou : C’est trop robotique pour être humain !

    Jean-Marc Manach : Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, le 1er mai, le 25 décembre. Il y a donc ça.
    Les directeurs de publication. Normalement, un média a un directeur de publication, il y en a plein qui n’en ont pas ou il y en a plein qui ont des directeurs de publication fictifs.
    Est-ce ce que le journaliste a un nom ? Souvent c’est un prénom, juste un prénom, il n’y a pas de photo ou la photo est générée par IA. Quand il y a un nom et un prénom, de temps en temps il y a un profil LinkedIn, sauf que le profil LinkedIn est faux. En fait, je m’aperçois que la majeure partie de ceux qui ont un nom et un prénom n’ont pas de compte sur LinkedIn, n’ont pas de compte sur les réseaux sociaux, n’ont pas de traces numériques, la seule trace numérique qu’ils ont c’est sur ce site-là en particulier.
    Donc plein de choses, comme cela, qui sont incohérentes. J’ai donc développé toute une grille d’analyse, ce qui fait qu’en m’intéressant aux métadonnées, au contenant et pas au contenu, j’arrive à avoir un faisceau d’indices me permettant de savoir si oui ou non c’est généré par IA ou si c’est un être humain.
    Il y a aussi le cas où ce sont des journalistes qui sont augmentés par IA. J’ai le cas d’un professionnel du SEO, Search Engine Optimization, les professionnels du référencement, les gens dont le métier, depuis des années, est de trouver des failles dans le système de Google et des autres moteurs de recherche pour arriver à faire remonter les résultats de leurs clients ou de leurs sites web dans ce qu’on appelle les SERP [search engine results page], c’est-à-dire les pages de recherche des moteurs de recherche. Là, depuis que l’IA générative est arrivée, c’est open bar. Avant, ils payaient des gens à Madagascar ou au Sénégal pour écrire des articles, ça leur coûtait cinq euros, il leur fallait trois jours pour avoir un article qui n’était pas forcément génial, alors qu’aujourd’hui, a fortiori depuis un an, ça leur coûte quelques centimes avec ChatGPT d’OpenAI, ou d’autres générateurs, de bien meilleure qualité, donc ils sont capables de produire des centaines voire des milliers d’articles par jour. J’ai vu certains professionnels du référencement qui sont capables de publier plusieurs milliers d’articles par jour et le mec travaille à mi-temps !
    Il y a donc aussi l’hypothèse que ce sont rédacteurs ou des journalistes augmentés. J’ai le cas d’un journaliste, dont je tairai le nom, qui est capable de publier 50 articles par jour ! Le mec existe vraiment, il est connu sur la place. Ce n’est pas possible d’écrire 50 articles par jour, il n’aurait pas le temps de lire 50 informations, encore moins de les écrire, de faire des articles, c’est donc forcément généré par IA !

    Il y a eu plusieurs vagues. La première vague c’était des professionnels du SEO qui ont découvert, par hasard, que Discover – l’algorithme de recommandation des contenus Google, que tu as sur Android, que tu as sur téléphone portable, qui fait que, quand tu lances la page de Google, tu as plein de contenus d’articles qui sont recommandés, aujourd’hui aussi des vidéos sur les réseaux sociaux, des posts – est devenu, depuis quelques années, la principale source de trafic de la presse. Donc toute la presse, notamment la PQR [presse quotidienne régionale], cherche impérativement à être recommandée par Discover. Pourquoi ? Parce que ça se traduit en dizaines de milliers voire centaines de milliers de visites par jour, c’est donc massif. Un jour, il y a trois/quatre ans, un professionnel du référencement a découvert un matin que l’un de ses articles avait eu des dizaines de milliers de pages vues, alors que, d’ordinaire, c’était quelques dizaines, voire quelques centaines par jour. C’est là qu’il a découvert Discover : il a gagné beaucoup d’argent avec ça, donc il a arrêté ce qu’il faisait jusqu’à présent pour améliorer son référencement dans Google, le moteur de recherche, pour essayer d’arriver à poper dans Discover, comme on dit, arriver à être recommandé par Discover. Il a gagné tellement d’argent qu’il a commencé à faire des formations pour ses copains professionnels du SEO, il en a formé des centaines, ce qui fait que nous avons été confrontés, à partir de 2023/2024, à une déferlante de nouveaux sites d’information, générés par IA, par des professionnels du SEO, qui voulaient gagner de l’argent sur Discover. Certains d’entre eux le qualifient de drogue. Pourquoi ? Parce que quand tu te réveilles le matin et que tu as déjà gagné 5 000 euros, que tu es auto-entrepreneur ou solo-entrepreneur, c’est un jack-pot ! Cinq mille euros, ce n’est rien pour un type de PQR ! Quand tu es tout seul, c’est énorme ! Ce type-là est devenu millionnaire, en trois mois, grâce à Discover. Il a évangélisé énormément de professionnels du SEO en France, c’est pourquoi la France est pionnière en la matière.
    Cela a été la première salve qui s’est tarie, on va dire, en octobre.

    (...)

    La suite ici : https://www.librealire.org/le-tsunami-d-infos-generees-par-ia

    ou à écouter en podcast ici :

    https://next.ink/podcast/ecc-11-le-tsunami-dinfos-generees-par-ia-avec-jean-marc-manach/

     

     

  • Raoul Vaneigem (1934- 28 juillet 2026)

    Confinés dans une chambre où l'air se raréfie, les intellectuels discutent à perte de vie des causes de l'asphyxie. Pousser la porte pour aller respirer est ce qu'ils appellent une utopie.

     

    *

    À quoi reconnaît-on la fin d'une époque ?
    À ce qu'un présent soudain insupportable condense en peu de temps ce qui fut si malaisément supporté par le passé. De sorte que chacun se convainc sans peine ou qu'il va naître à lui-même dans la naissance d'un monde nouveau, ou qu'il mourra dans l'archaïsme d'une société de moins en moins adaptée au vivant.
    Aux premières lueurs de l'aube, une lucidité se fait jour. Elle montre en un instant à quel écartèlement l'histoire de tous et l'enfance d'un seul ont porté le désir d'être humain et l'obligation quotidienne d'y renoncer.


    in Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire.

     

    *

     

    Se sentir bien ne résulte pas d’une prise de médecine, d’alcool, de drogue, de spiritualité ou d’un hédonisme de marché. C’est établir une relation avec ce que l’on éprouve en soi de plus vivant, jusqu’à cette vibration issue de tout ce qui vit, où le corps et le monde se découvrent un langage commun, une musique ou une poésie de l’action unanime.
    Telles sont les impulsions de l’enfance, que l’adulte prend tant de temps et d’énergie à redécouvrir, sans le plus souvent savoir qu’en faire.

    in Nous qui désirons sans fin

     

    *


    Les constats procèdent par substantifs, ils s'encombrent de mots.
    La poésie pratique cherche le verbe. Un seul parfois suffit à ébranler le monde.

    in, Journal Imaginaire - Contre l'intellectualité.

     

     

     

  • Kostas Axelos (1924-2010)

    Nous autres humains, dans une relation bien plus qu'intime à la folie et dans nos vies et nos villes folles, nous cherchons par "tous" les moyens à aller de l'avant et nous voulons écraser ceux qui ne sont pas conformes aux plans de ceux qui sont censés avancer. Néanmoins, le pas suivant est un pas qui rétrocède et la notion de l'avancée en général ne peut que demeurer énigmatique. Ainsi l'issue est plus ce qui se ferme à nous que ce qui s'ouvre.

     

     

  • Les techniques indigènes et traditionnelles de gestion des incendies

    14 juin 2022 et depuis ?

     

    Les techniques indigènes et traditionnelles de gestion des incendies doivent être intégrées dans les politiques, selon un rapport de l’ONU

    Les Nations Unies ont pris note des pratiques et techniques de brûlage des peuples autochtones du monde entier comme méthode de contrôle des incendies de forêt dans un récent rapport sur l’incidence croissante des incendies dans le monde.

    « Soutenir et intégrer les pratiques autochtones, traditionnelles et contemporaines de gestion des incendies dans les politiques » est l’une des recommandations du rapport intitulé Propagation comme une traînée de poudre : la menace croissante des incendies de paysage extraordinaires.

    Le rapport a été publié récemment par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

    Le rapport note que « les connaissances autochtones et traditionnelles de la gestion des terres dans de nombreuses régions – en particulier l’utilisation du feu pour gérer le combustible, y compris pour l’atténuation des incendies de forêt – peuvent être un moyen efficace de réduire les risques.

    « Cela peut également garantir que la biodiversité et les valeurs culturelles (y compris la compréhension des rôles de genre traditionnels qui peuvent régir les activités de brûlage) et écologiques sont respectées, ainsi que créer des opportunités de subsistance », a-t-il déclaré.

    Le rapport a donné divers exemples de la façon dont les communautés autochtones à l’échelle mondiale ont utilisé le brûlage pour contrôler les incendies de forêt.

    Par exemple, l’utilisation du feu par les aborigènes australiens pour créer des paysages en mosaïque à des fins de chasse et de cueillette a également rompu la continuité des combustibles et ainsi inhibé la propagation étendue des incendies de forêt.

    Les Premières nations canadiennes utilisaient le feu comme moyen de gérer leur territoire.

    Les peuples autochtones de l’Amazonie vénézuélienne, brésilienne et guyanaise ainsi que du Cerrado brésilien ont utilisé le feu pour des activités de subsistance et le contrôle des niveaux de carburant des plantes de savane pour empêcher la propagation des incendies de forêt dans les forêts adjacentes.

    Le rapport a noté que le soutien aux pratiques de brûlage indigènes pour contrôler les incendies de forêt dans divers pays et continents différait en termes de soutien offert par les gouvernements.

    Les Amérindiens Xavante du Brésil, par exemple, sont formés à l’extinction totale des incendies. Les Pemón, dans le sud-est du Venezuela, utilisent le brûlage de mosaïques en plaques pour protéger et entretenir les forêts du parc national de Canaima, ce qui contribue à réduire les impacts des incendies de forêt dans la région.

    En Amérique du Sud, les connaissances indigènes sont associées à la science pour protéger les territoires indigènes des incendies de forêt.

    Cela se fait par le biais du réseau de brûlage culturel autochtone pour la prévention, l’atténuation et la réponse aux incendies de forêt ou PARUPA. L’organisme est soutenu par des peuples autochtones, des universitaires et des fonctionnaires du Brésil, de la Guyane et du Venezuela.

    Un certain nombre d’initiatives clés se sont développées aux États-Unis pour promouvoir les activités de brûlage indigènes afin de prévenir et d’atténuer les incendies de forêt au niveau du paysage, selon le rapport.

    Cependant, il a ajouté que dans certains pays, « certains dirigeants autochtones restent sceptiques quant à la manière dont la reconnaissance de la gestion culturelle des incendies influencera la prise de décision centralisée ».

    Néanmoins, il y avait « des opportunités croissantes pour les peuples autochtones et leurs connaissances sur les incendies d’être reconnus dans les politiques, pratiques et programmes gouvernementaux, ces opportunités se traduisant probablement par de multiples avantages pour les gestionnaires autochtones des incendies, leurs communautés et leurs terres », a-t-il conclu.

    «Ils sont très bons pour contrôler le feu. Ils peuvent créer un feu de manière indigène sans allumettes. Ils peuvent également minimiser les dommages causés par le feu au corps humain. Je les ai vus marcher sur le feu et les charbons sans se faire mal », a déclaré Ganesh N Devy, linguiste chevronné et expert des cultures indigènes. Terre à terre sur les pratiques indigènes de brûlage en Asie du Sud.

    « Je n’ai jamais entendu parler d’un cas où la maison de quelqu’un dans les zones tribales aurait pris feu. La prise en main de la partie feu est très efficace. Cela signifie qu’ils sont capables de gérer les incendies très efficacement car la propagation inattendue du feu dépend de la direction du vent. Les tribus sont extrêmement douées pour détecter le changement de direction du vent », a-t-il noté.

    « Leur perception de la nature et leur sens du changement sont très sophistiqués. C’est là qu’ils parviennent à contrôler le feu et à y faire face plus efficacement », a ajouté Devy.

     

    Tom Lenmann pour Objective Earth

     

     

  • Kate Crawford - Contre-Atlas de l’intelligence artificielle

     

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    Zulma, 2022

    Essai traduit de l’anglais (Australie) 

     

    L’IA est une industrie vorace en ressources naturelles, logistiques et humaines. Elle n’a en fait pas grand-chose d’« artificiel ». Et dès lors qu’elle perpétue toutes sortes de biais idéologiques et discriminatoires, on peut se demander si elle est vraiment « intelligente ».
    Développée et conçue sans contrôle ni évaluation, sans critères de justice ni d’éthique, l’IA renforce la toute-puissance des géants de la tech et des institutions qui l’adoptent. Elle est le reflet du pouvoir.
    À travers six enquêtes approfondies, Kate Crawford déploie une cartographie exhaustive de l’IA : ses coûts et ses impacts environnementaux, sociaux et politiques.

     

    Lire un article à propos de ce livre sur Politis : 

    https://www.politis.fr/articles/2026/04/intersections-ia-generative-cest-toujours-non-merci/

     

     

    Kate Crawford, chercheuse de renommée internationale, est spécialiste des implications politiques et sociales de l’intelligence artificielle. Professeure honoraire de l’Université de Sydney et chercheuse principale chez Microsoft Research à New York, elle enseigne à l’USC Annenberg de Californie. En 2019, elle inaugure la chaire IA et Justice sociale à l’École normale supérieure de Paris, où elle codirige un groupe de travail international sur les fondements de l’apprentissage automatique.

    En vingt ans de carrière, elle s’est également impliquée dans des projets de création ultra-novateurs et souvent primés. Anatomy of an AI System, avec Vladan Joler, a remporté le prix Beazley Design of the Year et rejoint la collection permanente du MoMA de New York et du V&A de Londres. Training Humans, conçue avec l’artiste Trevor Paglen, a été la toute première grande exposition d’images qui alimentent l’IA, et leur projet d’investigation Excavating AI a été couronné du prix Ayrton de la British Society for the History of Science.

     

     

     

  • Kate Brown - tchernobyl par la preuve & Plutopia

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    « Nous travaillons gratuitement comme liquidateur·ices nucléaires »

     

    Deux ouvrages importants de l’historienne états-unienne Kate Brown, professeure d’histoire au Massachusetts Institute of Technology, ont été traduits en français ces dernières années. Tchernobyl par la preuve. Vivre avec le désastre et après et Plutopia. Une histoire des premières ville atomiques, sont parus respectivement en 2021 et 2024 chez Actes Sud. À la fois très documentés et rigoureux, si bien écrits qu’ils se lisent comme des romans, ces deux ouvrages nous plongent dans des catastrophes nucléaires massives. Plutopia nous fait découvrir des catastrophes discrètes et presque routinières, quand Tchernobyl par la preuve braque un nouvel éclairage sur une catastrophe bien connue qui n’en finit pas d’advenir. 

     

    Lire un entretien édifiant avec l'auteur ici : 

    https://www.terrestres.org/2026/04/24/nous-travaillons-gratuitement-comme-liquidateurices-nucleaires/

     

     

  • Soif d'Adrénaline, le projet pirate par La Reine des aveugles

     

    Un très beau duo, belle énergie, au Théâtre d'Aymare, hier soir.

    "Émilie Perrin, alias La Reine des aveugles, convoque la figure de la femme pirate pour nous embarquer sur son voilier nommé désir. Sur fond d'humour noir, de provoc' et de nostalgie,
    ça parle de nos fuites, de nos tocs, de nos dates de péremption, de paradis perdus et de gilets de sauvetage. Aux commandes du bateau, Charlotte Castellat, alias madame le Cha, nous entraîne dans un voyage sonore empreint de sensualité, de mélancolie, ou de rage, au hasard des vagues,des récifs et autres accidents de parcours..."

     

     

     

     

  • Jan Bardeau

    Tant de cieux qui nous épargnent de ce qui rôde au-delà, météores furieux, rayons mortels, nuées de gaz, nous ne survivons que dans cette boîte, entre la Terre, sa gravité, son champ magnétique, et l'atmosphère.
    (...)
    Je lève les yeux, je pressens cette coquille de noix qui file courageusement dans le danger, je tremble pour l'étanchéité de ses parois.

     

    in Journal, Urtica 2019

     

     

  • Kenneth White

    quand les routes furent construites

    et les codes de l'ordre

    enfoncés dans les crânes

    ce qui fut écarté

    devenant de plus en plus faible

    de plus en plus fou



    présent encore dans le cri des mouettes

    dans le fracas des vagues

    dans ces ombres, ces lumières

    mais qui entend ? qui voit ?

    qui sait dire ?

     

     

    in atlantica