Olivia Tapiero

in Un carré de poussière
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in Un carré de poussière
J'ai si longtemps respiré l'air des forêts, l'air vibrant de neige, je me suis si souvent mêlée aux
Blancheurs vastes et désertes, que mon âme est un peu l'âme des louves fuyantes.

Auteur·ices : Côme Bastin, Marie Billon, Romaric Godin, Dan Israel,
Antton Rouget, Ellen Salvi et Khedidja Zerouali.
Mediapart, Divergences, 9 janvier 2026
Le monde rêvé par l'idéologie libertarienne qui irrigue désormais la pensée des plus riches est un monde fragmenté, parsemé de "zones". Des lieux où la richesse est la norme, l'entreprise, la référence et la démocratie, une menace. Dans ces lieux se construit, avec plus ou moins de succès, une véritable sécession du capital qui cherche à devenir un mode de gestion du monde. Ce livre est un voyage dans ces "zones", d'un quartier huppé de Paris à la principauté semi-démocratique du Liechtenstein, du très privé Automobile club de France à la City de Londres, du rêve de la cité technologique du Gujarat au paradis des milliardaires monégasques. Ce sont autant de nuances de la sécession des riches à l'œuvre.
Voir article au sujet du livre ici :
https://blogs.mediapart.fr/lenaig-bredoux/blog/080126/zones-la-ou-les-riches-font-secession-un-nouveau-livre-de-mediapart

in l'introduction de La pensée méridienne ou le monde vu du Sud

Nouveau Monde Ed. 2019
Un long et complet article dans Cairn qui avait précédé le livre de 3 ans :
Par Lukasz Kamienski, Traduit de l’anglais par Pauline Landel et Samira Ouardi, 2016
"La psychopharmacologie a nourri les guerres et assisté les soldats et les guerriers au combat de façon remarquable. L’usage de stupéfiants de combat est un phénomène à la fois pérenne et universel. Au cours des siècles, la prise de substances psychoactives a servi à remplir deux objectifs principaux. En premier lieu, les drogues ont été « prescrites » par les autorités militaires afin d’améliorer la combativité. Avant ou pendant la bataille, des stimulants (comme les amphétamines ou la cocaïne) ont été fournis pour améliorer la performance des soldats au combat. En améliorant l’endurance et la puissance physique, en rendant l’esprit plus alerte et en rehaussant le moral des troupes, les stimulants ont permis un décuplement des forces. En second lieu, après les combats à proprement parler, des sédatifs (comme l’alcool, la marijuana ou les opiacés) ont été administrés pour soigner ou prévenir les effets de la guerre sur le psychisme humain. Les traumatismes du combat pouvaient en effet rendre les soldats incapables de continuer à se battre, aussi ce type de calmants aidait-il à calmer leurs nerfs éprouvés. (...)"
La suite ici qui montre l'hypocrisie de nos sociétés dans ce rapport aux drogues et qui montre aussi que la guerre n'a rien de naturel finalement... : https://shs.cairn.info/revue-mouvements-2016-2-page-100?lang=fr

Les enfants de Gaza portent l’espoir et la vie.
Poèmes et témoignages.
par Ziad Medoukh, professeur de français à Gaza, poète francophone
ici :
http://www.francopolis.net/vues2/Z.Medoukh-2025-4.html

« Hydros – L’eau, cycle de la vie » est né du souhait de répondre à deux questions. Comment porter sur la place publique les enjeux qui nous concernent et comment s’approprier ces enjeux et la complexité des défis qui se présentent à nous ?
La préoccupation du cycle de l’eau nous amène à nous projeter dans l’avenir avec l’idée que nous partageons avec l’ensemble des êtres vivants « un destin commun ». À ce titre, Laurent Roy nous rappelle, au début du film, le statut de l’eau en France : « L’eau est un bien commun de la nation ».
Le documentaire « Hydros – L’eau, cycle de la vie » enquête sur notre relation à l’eau au travers de nos usages, de notre conception du partage de cette ressource indispensable à la vie, des solutions mises en œuvre pour préserver et même restaurer un cycle de l’eau plus que jamais menacé par les activités humaines. Se sont pas moins de 34 personnes qui témoignent.
Nous avons les savoirs et savoirs faire pour engager des « actions sans regret » en faveur de la ressource en eau pour les humains comme pour l’ensemble du vivant. Le sujet du documentaire est d’explorer ces pistes de transformations.
Le film est projeté lors de ciné-débat qui nous permettent cette appropriation des problématiques liées à l’eau.
Les projections-débats sont au cœur de notre action. Tout le monde peut en organiser.
Acteurs de la société civile, associations, entreprises, collectivité territoriales, ministères, …
L’enjeu est de permettre à un large public de s’approprier les enjeux liés au cycle de l’eau et aux solutions pour le restaurer. Ces événements sont une occasion de créer une rencontre entre citoyens et acteurs de l’eau.
Les projections peuvent se faire dans des cinémas ou dans tout lieu permettant la diffusion d’un film et la tenue d’un débat.
Vous souhaitez avoir des informations pour l’organisation des projections-débats : Le mode d’emploi
Vous pouvez aussi nous joindre :
Courriel : contact@idetorial.fr
Tél. +33 (0)6 144 20 531
Association loi 1901
61 chemin des Ramonettes 46300 Payrignac
SIRET : 800 930 471 00027 / APE : 5911B
www.idetorial.fr

Un compagnon d’armes du poète, photographe et soldat Maksym Kryvtsov, en Ukraine, en 2023.
les photos sont extraites de son recueil « Poèmes de la brèche ».
Il a déménagé à Boutcha à la mi-mars 2021
a pris un petit appartement en sous-sol et un chat
dont la fourrure avait la couleur du glaçage sur les éclairs.
Il est allé aux cours d’anglais, à la salle de sport et à confesse
il aimait regarder la neige tomber
et la rue disparaître dans la brume.
Il écoutait Radiohead, les vieux albums d’Okean Elzy, la pluie, l’orage et les battements du cœur d’une fille
avec laquelle il s’endormait dans son appartement en sous-sol
et se réveillait dans son appartement en sous-sol
il embrassait son visage chaud
se serrait contre son corps collant
plongeait avec sa paume dans la vague de ses cheveux
et se débattait dedans comme une mouche prise dans une toile.
À l’automne, elle l’a quitté
comme les oiseaux quittent les bois
comme les ingénieurs quittent l’usine à la fin de leur journée
et elle est partie en Pologne
pour y rester.
Il a pris le chat qui ressemble à une pâtisserie
et a dit : chat, on doit partir
comme un matin
comme la vie
comme la maladie
il nous est arrivé
froide comme la glace
une guerre
la leçon qui s’intitule "vie tranquille" est finie.
Dans la brume disparaît la rue
tombe la pluie
on ne l’écoute absolument pas
le chat s’est enfui dans le champ et il a pour nom le vent.
Sur la croix comme sur une carte d’identité, il est écrit :
Ci-gît le numéro 234 souvenir éternel.
Elle rêvait d’un voyage en Patagonie
d’une histoire avec un chanteur de rock
d’une réincarnation en tsarine ou en poisson.
Elle prévoyait d’écrire un livre
sur la mémoire,
fragile comme la croûte d’une crème brûlée
délicate comme l’amour
qui s’écoule tel du sable entre les doigts
et disparaît
elle n’est plus.
Elle aimait son vélo
la glace au lait concentré sucré
collectionnait les feuilles d’automne
comme des timbres
aimait observer les nuages
éparpillés comme le pop-corn
d’un gosse débraillé au cinéma.
Elle partait seule en montagne
pour inhaler un grand bol d’air et d’aiguilles de pin
cueillait de la menthe et de l’épilobe en épi
cueillait des étoiles, les rangeait dans sa mémoire comme dans un album photo.
Son père était mort en deux mille quatorze
elle avait quatorze ans quand sa mère était partie en Italie
pour y rester.
Elle évitait les relations, parce qu’elle attendait le chanteur de rock.
Quand l’hiver avait décidé de s’installer
au minimum jusqu’à l’automne suivant
le signifiant avec douleur et fracas
et que ça sentait dans la rue
le silence horrifiant
le feu et la terre
les corbeaux s’envolèrent.
Alors elle garda la tête froide
attrapa sur l’étagère du haut une petite boîte
d’épilobe en épi et de thym séchés
infusa les feuilles
versa dans un thermos
et l’apporta au poste
aux gars de la défense territoriale.
Sur la croix, comme un tatouage il est tracé :
Ci-gît le numéro 457 souvenir éternel.
Elle vivait près du parc
dans un petit immeuble
nourrissait les écureuils
nourrissait les chiens
nourrissait les ivrognes
elle était la gardienne de l’automne
et la gardienne des souvenirs
éparpillés comme du sucre en poudre.
Elle avait 54 ans
elle travaillait dans une entreprise de service public
portait un bleu de travail du magasin Épicentre
et circulait en vélo.
Elle se peignait les ongles en pourpre
se peignait les lèvres en pourpre
et chaque nuit elle faisait des rêves pourpres.
Elle regardait l’émission "L’Ukraine parle"
essuyait ses larmes avec un mouchoir blanc
se rappelait l’enfance
la chaleur du soleil d’alors
elle lisait un livre de Kokotioukha avant de dormir
et plongeait tel un scaphandrier dans ses rêves
pourpres comme ses ongles
pourpres comme ses lèvres.
Elle attendait samedi
pour ôter la poussière dans chaque pièce
laver les vêtements
préparer un gâteau aux pommes
et penser au passé.
Elle fut tuée le cinq mars
en arrivant au coin de sa rue
en vélo
tuée comme la nuit tue le jour
comme l’automne tue l’été
crucifiée par une rafale de mitrailleuse de char.
Sur la croix comme sur un panneau d’affichage, on lit :
Ci-gît le numéro 451 souvenir éternel.
Dans les rues et dans les champs
ont surgi de nouveaux calvaires
mais leurs clous sont des balles
mais leurs lances sont des canons.
On voulait
compter les jours jusqu’à l’été
compter les chatons
compter les enfants
compter les étoiles
compter jusqu’à cent, et s’endormir.
Ci-gît le numéro 176 souvenir éternel
Ci-gît le numéro 201 souvenir éternel
Ci-gît le numéro 163 souvenir éternel
Ci-gît le numéro 308 souvenir éternel.
Traduit de l’ukrainien par Nastasia Dahuron

Merci au Hasard de connivences
https://auhasarddeconnivences.eklablog.com
Deux autres recueils de poètes ukrainiens viennent de sortir publiés en français :
« C’est ainsi que nous demeurons libres » (Dasein oborona prysutnosti), d’Yaryna Chornohuz, traduit de l’ukrainien par Ella Yevtouchenko et Frédéric Martin, Le Tripode, 128 p., 16 €.
« Nous étions là » (Tut buly my), d’Artur Dron, traduit de l’ukrainien par Nikol Dziub, Bleu et jaune, 128 p., 18 €, numérique 12 €.
*
GUERRES : STOP !

La Fabrique éditions, 17 octobre 2025, 200 pages
https://lafabrique.fr/soixante-dix-fantomes/
Qu’est-ce qu’une expérience fasciste ordinaire ? Qu’est-ce qu’un flash fasciste dans une vie normale ? Un détail, un mot, un geste, dont vous avez brutalement la certitude que c’est ça, que, cette fois-ci, vous n’interprétez pas, ce n’est pas de la parano, c’est pour de bon, pour de vrai. Vous voilà saisi·e. C’est ce saisissement, et ce qui l’a provoqué, que décrivent les courts textes de Soixante-dix fantômes. Parfois, une sortie possible s’ouvre…
Nathalie Quintane publie chez P.O.L, des livres sans indication générique. À La fabrique, elle est l’autrice d’Un hamster à l’école, Ultra-Proust et Les années 10.
Ces enfants, bondissant, partaient, contents de plaire
Au devoir, à l’honneur, à l’immense atmosphère,
Aux grands signaux humains brûlant sur les sommets.
Ils dorment, à présent, saccagés dans la terre
Qui fera jaillir d’eux ses rêveurs mois de mai…
— Songeons, le front baissé, au glacial mystère
Que la Patrie en pleurs, mais stoïque, permet.
Ils avaient vingt ans, l’âge où l’on ne meurt jamais…
in La jeunesse des morts

Le monde est plein de bruits et de fureur
Il fait froid
Trop paresseux pour me lever
Les pensées en désordre
J’ouvre mon vieux livre de poèmes
Je pense à l’endroit où personne ne vient
Je pense aux arbres, aux nuages et aux rochers
Je pense à l’odeur des herbes
Je pense aux corbeaux de la montagne
Je pense au jardin de Lo Yang
Je pense aux deux grues qui savent danser
Chaque matin, se lever et nourrir les chèvres, travailler aux champs et au jardin. Participer. Insérer les grains entre les lèvres tièdes de la terre. Refermer avec la paume. Sentir les lèvres de la terre jouir un instant de la semence.
in Marguerite Porète