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02/12/2016

Standing Rock contre le pipeline du Nord du Dakota

 

 

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Oceti Sakowin Camp_n.jpg

 

 

Robin Kimmerer Oceti Sakowin camp against noth dakota pipeline.jpg

(Oceti Sakowin Camp - crédit photo : Sacred Land Film Project )

 

 

En savoir plus, soutenir :  http://standwithstandingrock.net/

 

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21:26 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

01/12/2016

Nicole Ferroni - Nous sommes un sac de vieux vieux vieux atomes

 

 

 

 

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25/11/2016

Nina Louve

 

Es-tu des nations qui sont en Amérique depuis plus de 10 000 ans?

 

il demande je réponds

 

Petite bête humaine de quel sang es-tu

De quel clan quelle tribu

Qui t'inspire, t'attire

Qui te souffle sur la face

Cette Force Foi Fougue

Qui t'habite depuis petite

De quelles odeurs viens-tu?

Pourquoi tout ce flair, cet instinct

Où Est ce que tu places tes accents toniques

Pourquoi tu mords dans le plan Nord

Que tu scandes, dessines et marche

Drette-là, à l'Ouest sur la Ligne 9

 

Pour qu’elle ne revire pas son flux

Ni ne noircisse notre fleuve, nos rivières

Je suis Rouge Montagne

Blanche comme le lys à l'hiver venu

Et belle et Bleue

Comme mon Pays nommé province

 

Pourquoi ces chants de tête

En soliste chez les catho

Et tous ces sons de gorge

Mouillés métissés mêlés

Que tu marie maintenant

Aux grands tambours avec rythme

 

Tu veux savoir qui forge encore ces verbes

Comment s'épelle géographie

Comment s'écrit le nom de mes familles

Celles-là qui

Fabriquent toujours et encore

Moult souvenirs à raconter

 

Depuis 10 000 ans

Je préfère le troc et le potlatch

Et, depuis l'autre siècle

Trente-six foyers d'accueil

Deux fois adoptée

Milles paysages partagés

Deux aïeux passeurs de langues et légendes

Une Mère, Terre.

 

 

 

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18/11/2016

La sauvage d'Annabelle Verhaeghe

ou pourquoi il est bon de connaître les plantes sauvages comestibles

 

 

 

 

 

Il y a hélas des choses qui ne se démodent jamais....

 

 

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30/09/2016

Salvador Mariman

 

Me vuelvo a comer mis lágrimas.

 

¿A quién le puedo preguntar,

por qué hay quienes viven bien y quienes viven muy mal?

¿Si no hay una respuesta concreta, que puedo entender de esta realidad?

¿cómo la enfrento?

Nosotros somos ricos, muy ricos y por eso las petroleras, hidroeléctricas, mineras y otras

están en nuestras tierras,

¡es por eso!

Nos han empobrecido con su ideología,

con su historia, con su lengua, con su educación y hasta nos dicen terroristas.

¿De qué país de primer mundo me hablan, de qué país avanzado dicen venir?

pues si ser avanzado, de primer mundo y civilizado significa no respetar la tierra

y la vida, prefiero entonces ser un salvaje.

Son en los suelos usurpados a nosotros que excavan sin importar la vida de niños que se envenenan de rabia, odio, de gases y químicos que les producen mal formaciones,

daños irreparables a sus sistemas inmunológicos y hasta cáncer.

¿Por qué no hacer pública esta guerra que nos han declarado?

¿por qué no gritar a los cuatro vientos que hoy,

en pleno siglo XXI el modelo económico capitalista impulsado por los supremacitas blancos nos está matando?

¿Por qué no gritar a los cuatro vientos

que lentamente han comenzado un proceso de control del agua en nuestro territorio?

Sabemos que esto no parará,

sino que al contrario en el Wallmapu solo habrá más muertos.

¡Hey, despierta!

aquí no se están respetando los tratados internacionales

y se están violando los derechos humanos.

Cómo pueden decir tan descaradamente que luchan contra el terrorismo,

cuando la historia nos muestra como han sido ustedes los que han esclavizado millones de personas, han usurpado nuestras tierras, matado nuestros abuelos

y continúan haciendo guerras?

Es por eso que me vuelvo a comer mis lágrimas, no he de llorar,

pues el llanto no nos salvará, sino la acción

y es por eso,

es por eso que te invito a luchar.

 

 

Je mange de nouveau mes larmes.

 

 

A qui puis-je demander,

pourquoi il y a ceux qui vivent bien et ceux qui vivent mal ?

S’il n’y a pas une réponse concrète, que puis-je comprendre de cette réalité ?

Comment dois-je l’affronter ?

Nous autres sommes riches, très riches et c’est pourquoi les compagnies pétrolières, hydroélectriques, minières et autres

sont sur nos terres,

c’est pour cela !

Ils nous ont appauvri avec leur idéologie,

avec leur histoire, leur langue, leur éducation et nous appellent même terroristes.

De quel pays du premier monde me parlent-ils,

de quel pays avancé disent-ils venir?

car si être avancé, du premier monde et civilisé, cela signifie ne pas respecter la terre et la vie, je préfère alors être un sauvage.

Ce sont dans les sols qu’ils nous ont usurpés qu’ils excavent en se foutant de la vie des enfants qui s’enveniment de rage, de haine, de gaz et de produits chimiques leur provoquant des malformations,

dommages irréparables à leurs systèmes immunitaires, et même des cancers.

Pourquoi ne pas rendre publique cette guerre qu’ils nous ont déclarée ?

pourquoi ne pas crier aux quatre vents qu’aujourd’hui,

en plein 21ème siècle, le modèle économique capitaliste impulsé par les suprématies blanches est en train de nous tuer ?

Pourquoi ne pas crier aux quatre vents

qu’ils ont lentement commencé un processus de contrôle de l’eau sur notre territoire ?

Nous savons que cela ne s’arrêtera pas,

mais qu’au contraire au Wallmapu il y aura seulement plus de morts.

Hey, réveilles-toi!

ici les traités internationaux ne sont pas respectés

et les droits de l’Homme sont violés.

Comment peuvent-ils dire avec autant d’insolence qu’ils luttent contre le terrorisme,

lorsque l’histoire nous démontre comment ce fut eux qui réduisirent en esclavage des millions de personnes, qui ont usurpé nos terres, tué nos ancêtres

et qui continuent à faire la guerre ?

C’est pour cela que je mange de nouveau mes larmes, je ne dois pas pleurer,

puisque les pleurs ne nous sauverons pas, sinon l’action

et c’est pour cela,

c’est pour cela que je t’invite à lutter.

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

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Elicura Chihuailaf Nahuelpan, poète mapuche (Chili)

JUAN CARLOS CARRILAF,koli makuñ016.jpg

(c)Juan Carlos Carrilaf

 

 

Ini rume ñamvm noel chillafe
 
Feyti vlkantun che mu rume kvmelay, pigeken
Ka fey ti mawizantu ayiwigvn .ti pu aliwen
ñi kallfv folil mu egvn
ka ñi chagvll negvmi ti kvrvf
chalilerpuy vñvm egu ti Pvnon Choyke
Feyti vlkantun alvkonchi wirarvn
feyti pu lalu
kiñe pin ti tapvl rimv mew
feyti weñagkvn feyti wecheche
ñi petu zugu ñi kewvn
welu ñami ñi pvllv
Feyti vlkantun, ti vlkantun fey
kiñe pewma feyti afvl chi mapu
tami ge ka iñche ñi ge, vlcha
allkvfe piwke, ka feychi  vl zugulvn
Ka zoy pilayan, ini rume penolu
ti llafe ini rume ñamvn nolu
Kas vlkantun fey ñi vl tañi pu Kuyfikeche
pukem antv mu vy lu ka chonglu
feyta chi kisu zwam weñagkvn
 

  

 

 

La clef que personne n'a perdue
La poésie ne sert à rien, me dit-on.
Et dans le bois les arbres se caressent
avec leurs racines bleues et agitent leurs branches
dans l'air, saluant avec les oiseaux la Croix du Sud.
La poésie est le profond murmure des assassinés,
la rumeur des feuilles en automne, la tristesse
envers le garçon qui conserve la langue
mais qui a perdu l'âme
La poésie, la poésie est un geste, le paysage,
tes yeux et mes yeux,  jeune fille, les oreilles, le coeur
la musique elle-même. Et je n'en dis pas plus, car
personne ne trouvera la clef que personne n'a perdue.
Et la poésie est le chant de mes ancêtres
le jour d'hiver qui brûle et éteint cette mélancolie si personnelle.

 

 

  


La llave que nadie ha perdido 
La poesía no sirve para nada, me dicen
Y en el bosque los arboles se acarician
con sus raíces azules y agitan sus ramas
al aire, saludando con pájaros  la Cruz del Sur
La poesía es el hondo susurro de los asesinados
el rumor de hojas  en el otoño, la tristeza
por el muchacho que conserva la lengua
pero ha perdido el alma
La poesía, la poesía, es un gesto, el paisaje
tus ojos y mis ojos muchacha, oídos corazón
la misma música. Y no digo más, porque
nadie encontrará la llave que nadie ha perdido.
Y poesía es el canto de mis antepasados
el día de invierno que arde y apaga esta melancolía tan personal.

 

 

 

 

On peut entendre ici une lecture en mapudungún, la langue mapuche (traduite en français également) d'Elicura Chihuailaf Nahuelpan :

http://www.cipmarseille.com/pop_audio.php?id=752...

 

 

 

 

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08/09/2016

La danse du berger - extrait du film "Le jardin de pierres" réalisé par Parviz Kimiavi (1976)

Darvich Khan, un berger sourd et muet, danse au milieu de son jardin de pierres, sa création magique.

 

 

 

 

 

 

29/08/2016

Jim Wilson | God's Chorus of Crickets | enregistrement de grillons au ralenti

Deux pistes, une normale, l'autre au ralenti, aucun rajout.

Jim Wilson, un compositeur, a fait une découverte très étonnante. Il a enregistré le chant des grillons, et l'a ralenti. L'enregistrement a rendu comme un chœur de voix humaines en parfaite harmonie et avec une belle mélodie. C'est magnifique ! J'ai tjs pensé que les insectes étaient à une vitesse sonore plus rapide que la nôtre, et le son c'est tout sauf banal... pour qui s'y intéresse, on n'a pas fini de découvrir et comprendre des choses à son propos.

 

 

 

 

 

 

 

03/07/2016

Auteur : un métier difficile ?

                                  

 

 PAR STÉPHANIE ATEN

  

Écrire à longueur de journée, tranquillement installé chez soi, libre de ses horaires, de son rendement, de ses mouvements.

Pas de patron démoralisant ni de collègue envahissant.

On travaille pour soi, à son rythme, selon ses envies, et dans la passion...

Auteur : le métier idéal !...

Détrompez-vous...

Être auteur, c'est aussi passer son temps à travailler gratuitement, sans garantie de retour sur investissement. C'est galérer financièrement, et ne bénéficier d'aucune considération, ni d'un point de vue juridique, ni d'un point de vue social.

Un auteur, même lorsqu'il est scénariste, n'a aucun statut. Il n'a pas droit aux allocations chômage, en revanche, il cotise. Auprès des "Agessa", qui le ponctionnent sur toutes les sommes touchées, même minimes. Il n'a pas de "congés payés", ni d'assurance maladie avantageuse, ni de "13ème mois". L'auteur n'est protégé par aucune convention collective, et doit se soumettre à ce qu'on tolèrera de lui donner en cas de contrat. Et c'est, le plus souvent, maigre... très, maigre.

L'auteur est un être isolé, auquel on demande d'être "professionnel", tout en considérant, dès qu'il s'agit de le payer, qu'il pratique en fait un hobby. Un romancier se doit de "savoir écrire", de maîtriser parfaitement sa langue, de connaître la construction dramatique sur le bout des doigts, et de travailler son talent pour produire des ouvrages dignes de ce nom. Un scénariste se doit d'être à l'aise avec le cahier des charges de l'écriture scénaristique, de travailler vite, de savoir s'adapter, "il s'agit d'un métier", répètent avec sévérité les producteurs.

Par contre, quand il s'agit de le payer... de considérer le travail accompli, de lui donner toute sa valeur, non seulement en termes quantitatifs, mais aussi qualitatifs, là, tout à coup... être auteur devient un "hobby".

"Après tout, il fait ça parce que ça lui plaît, ce n'est pas une profession à proprement parler"...

On me demande souvent pourquoi la création (particulièrement audiovisuelle) est si peu dynamique ou de mauvaise qualité en France.

Je pense que la réponse se trouve dans les phrases précédentes.

Il est psychologiquement et nerveusement extrême, de travailler dans des conditions financières catastrophiques, une reconnaissance quasi-inexistante, une précarité perpétuelle, et un taux d'échecs épuisant.

Car être auteur, c'est aussi accepter de beaucoup travailler sur des écrits, tout en sachant pertinemment que les éditeurs ou les producteurs, 95 fois sur 100, vous diront non, même si votre travail est de qualité. Ce n'est "pas le moment", "pas ce qu'on cherche", "pas la tendance", sont des arguments qu'on vous renvoie en plein visage sans ciller, sans ambages, sans aucune considération pour les semaines de travail fourni en amont, visant à répondre aux demandes d'idées nouvelles et de créativité sans cesse renouvelées.

Quand vous allez voir un architecte pour qu'il vous construise une maison, même si, au final, vous ne tombez pas d'accord sur ses propositions, vous le payez pour le travail fourni.

Lorsqu'un technicien du cinéma travaille sur un tournage, même si le film ne se fait pas pour X raisons, le technicien sera payé.

L'auteur, lui, travaille sans filets, sans garantie, et la plupart du temps, sans être rémunéré.

Être auteur, en France, c'est donc vivre dans le paradoxe.

Notre culture adore la création, l'imagination, les arts. Elle les encense, les vénère, leur reconnaît tous les mérites, et se targue de briller dans le monde entier. Et pourtant, l'auteur n'a pas d'existence tangible. Il n'a pas de factures à payer, pas d'estomac à remplir, et pas de vie à gérer. Il "ne travaille pas", il s'amuse, des heures durant, pour parvenir au résultat final qui vous enthousiasme tant.

Les lecteurs réclament sans cesse de nouveaux livres,

les spectateurs de nouveaux films et programmes télévisés,

toujours et encore, toujours et encore...

Comment pensez-vous que ces œuvres se font pour répondre à vos attentes ?...

Les auteurs travaillent. Beaucoup.

Mais ne sont pas autorisés à vivre de leurs compétences.

Alors oui...

être auteur est un métier difficile.

Mieux vaut être conscient de cet état de fait avant de se lancer à corps perdu dans un métier qu'on fantasme souvent, sans réellement en connaître les tenants et aboutissants.

Être auteur est un sacerdoce, un Everest qu'on gravit en tongs et sans oxygène. Il faut  aimer les défis, et à vrai dire... il ne faut même aimer que cela.

 

Stéphanie Aten

 

Scénariste et romancière "engagée", parce qu'être auteur, c'est alimenter l'inconscient collectif et participer à l'élaboration de la société. Voir la page de l'auteur

 

Source : https://www.skop.io/a/auteur-un-metier-difficile......

 

 

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17/05/2016

Céline Renoux

 

Souvent je voudrais échapper à l’enfant que j’étais
mais il arrive toujours un moment où elle regagne le terrain perdu
j’ai beau accélérer pour qu’elle s’essouffle,
creuser la distance pour ne plus l’entendre,
elle finit chaque fois par me rejoindre
et moi par la reprendre
sans doute parce-qu’elle n’est pas finie,
que quelque chose très tôt s’est brisé,
a freiné la courbe et l’élan.
Je voudrais que le barrage cède
je voudrais pleurer un bon coup
j’écris simplement là où je voudrais pleurer.
J’écris où le sang s’écoule,
ruisselle le long des cuisses
j’écris du fond de l’enfance
et du creux de mon ventre
j’écris pour me rapprocher du point de vertige
J’écris sur l’ourlet brûlant de la bouche de l’enfant
j’écris parce-que j’ai décidé de perdre la mémoire
J’écris où il me faut sans cesse revenir
J’écris avec toujours ce mouvement de la mer
qui berce et gronde,
monte et redescend,
se jette pour mieux s’éloigner
j’écris lorsque les vagues sont trop grandes
j’écris pour être moins terrifiée
j’écris parce-que tu ne m’as pas dévorée entièrement
j’écris depuis l’intérieur du labyrinthe
j’écris du fond de mes poches trouées
par poignées de silence
j’écris sur la trame usée du jean
ou l’encre bleue pâlit.
J’écris parce-que je suis mal faite
qu’il y a des vices de forme
un défaut d’origine

 

 

http://lafilledesastres.com/

 

 

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23/04/2016

Warsan Shire, poète somalienne

 
 
HOME
 
 
Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin
Tu ne cours vers la frontière
Que lorsque toute la ville court également
Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
Le garçon avec qui tu es allée à l’école
Qui t’a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
Porte une arme plus grande que son corps
Tu pars de chez toi
Quand ta maison ne te permet plus de rester.
Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
Du feu sous tes pieds
Du sang chaud dans ton ventre
C’est quelque chose que tu n’aurais jamais pensé faire
Jusqu’à ce que la lame ne soit
Sur ton cou
Et même alors tu portes encore l’hymne national
Dans ta voix
Quand tu déchires ton passeport dans les toilettes d’un aéroport
En sanglotant à chaque bouchée de papier
Pour bien comprendre que tu ne reviendras jamais en arrière
Il faut que tu comprennes
Que personne ne pousse ses enfants sur un bateau
A moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre-ferme
Personne ne se brûle le bout des doigts
Sous des trains
Entre des wagons
Personne ne passe des jours et des nuits dans l’estomac d’un camion
En se nourrissant de papier-journal à moins que les kilomètres parcourus
Soient plus qu’un voyage
Personne ne rampe sous un grillage
Personne ne veut être battu
Pris en pitié
Personne ne choisit les camps de réfugiés
Ou la prison
Parce que la prison est plus sûre
Qu’une ville en feu
Et qu’un maton
Dans la nuit
Vaut mieux que toute une cargaison
D’hommes qui ressemblent à ton père
Personne ne vivrait ça
Personne ne le supporterait
Personne n’a la peau assez tannée
Rentrez chez vous
Les noirs
Les réfugiés
Les sales immigrés
Les demandeurs d’asile
Qui sucent le sang de notre pays
Ils sentent bizarre
Sauvages
Ils ont fait n’importe quoi chez eux et maintenant
Ils veulent faire pareil ici
Comment les mots
Les sales regards
Peuvent te glisser sur le dos
Peut-être parce leur souffle est plus doux
Qu’un membre arraché
Ou parce que ces mots sont plus tendres
Que quatorze hommes entre
Tes jambes
Ou ces insultes sont plus faciles
A digérer
Qu’un os
Que ton corps d’enfant
En miettes
Je veux rentrer chez moi
Mais ma maison est comme la gueule d’un requin
Ma maison, c’est le baril d’un pistolet
Et personne ne quitte sa maison
A moins que ta maison ne te chasse vers le rivage
A moins que ta maison ne dise
A tes jambes de courir plus vite
De laisser tes habits derrière toi
De ramper à travers le désert
De traverser les océans
Noyé
Sauvé
Avoir faim
Mendier
Oublier sa fierté
Ta survie est plus importante
Personne ne quitte sa maison jusqu’à ce que ta maison soit cette petite voix dans ton oreille
Qui te dit
Pars
Pars d’ici tout de suite
Je ne sais pas ce que je suis devenue
Mais je sais que n’importe où
Ce sera plus sûr qu’ici
 
 
 (traduction Paul Tanguy)
 
 
 
 
 
Warsan-Shire-008.jpgNée 1988, Warsan Shire vit à Londres, où elle est arrivée à l'âge de 1 an. Poète, écrivain, éditrice, enseignante. Elle a  publié :
  • Teaching My Mother How To Give Birth (flipped eye, 2011)
  • Her Blue Body (flap pamphlet series, flipped eye, 2015)

 

 

 

 

 

 

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11/04/2016

Héloïse Combes

  

 

Je les connais par cœur,

Ce sourire diamant et ces beaux cheveux longs,

La densité du ciel et l’odeur de poussière,

Les rires des enfants jaillissant des buissons,

Leurs doigts capuchonnés mimant une sorcière

- Cris d’oiseaux effrayés, fleurs de jacaranda.

Le passé vibre encore, le passé ne meurt pas,

Je chante.

 

 

Je chante le présent, je chante l’inconnu,

Quand nous ne connaissions la terre ni les nues,

Le cœur de notre mère frappant comme un tambour,

Les eaux tièdes berçant l’ébauche de nos corps,

Ce temps d’avant l’espoir, ce temps d’avant l’amour,

Ce temps où ne filtraient ni la vie ni la mort,

Je le connais par cœur.

 

Je sais la bête en nous, qui nous lie, obstinée,

A nos lointains ancêtres et à la nuit des temps,

Au ciel miraculeux, aux fonds des océans.

Je sais les draps humides, la jouissance en apnée,

Entrevoir l’invisible dans l’extase transie.

L’inconnu n’effraie pas, l’inconnu est acquis,

Je chante.

 

http://heloise-combes.blogspot.fr/

 

 

 

 

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14/03/2016

CeeJay


 
Rien ne m’appartient ni l’impossible
 Ni le possible.
 Je suis le chasseur d’ombre.
 Je n’étreins que le néant !

L’âme nue
 Dans un blues interminable
 Comme la vague sur la grève
 Infiniment jetée.

Parce que devenu savant
 Je suis devenu sauvage.
 Je sème mon pollen
 Dessus les terres arides.

Mes racines chimériques
 Sont calcinée.
 La nostalgie seule
 M’empêche de m’en défaire !

Dans les gammes du silence
 La foudre des paroles
 Les hommes que je croise
 Sont fantômes blessés.

Nu et fragile comme un sourire
 La peau cousue par les îles traversées
 Rien ne peut m’ébranler ni jours sombres
 Ni blanche et sauvage nuits.

Leste comme un chat de rue
 Enfant avec des yeux naïfs
 Clochard céleste
 Je suis une forge vorace et affamée.

Mon âme est fugueuse
 Et quémande les impossibles pardons.
 Mon invocation est de dire le son des couleurs
 Dans le langage des invisibles.

 

 


 

 

 

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12/03/2016

Angela Loij entre deux amies lors de la cérémonie du Hain de 1923 - Selk´nam - Tierra del Fuego, Chili

Selk´nam women, Tierra del Fuego, Chili le dernier est mort en 1974.jpg

Les Selk'nam, également nommés Ona étaient l'une des principales ethnies, chasseurs-cueilleurs nomades ils se déplaçaient sur leur territoire au grès des saisons et furent, comme la plupart des peuplades amérindiennes, victimes de massacres et d'un génocide culturel organisés par les colons européens venus s'approprier leurs terres entre la fin du dix-neuvième siècle et les années cinquante. L'ethnologue et anthropologue franco-américaine Anne Chapman (1922-2010) leur a consacré, à partir de 1964 de longues années de recherche afin de recueillir et mettre en forme leur patrimoine culturel avant que celui-ci ne s'efface complètement. Quand le Soleil voulait tuer la Lune paru en 1982, résume la somme du travail d'investigation qu'elle a mené auprès des derniers Selk'nam ayant mené une existence traditionnelle. Deux femmes en particulier, Lola Kiepja et Angela Loij, nées vers 1880 et 1900, décédées en 1966 et 1974, lui ont été d'une aide précieuse par les témoignages de ce qu'était la vie de leurs ancêtres et de ce que fut leurs existences lors des temps incertains de la colonisation.

Lola Kiepja était la dernière des Selk’nams.

Le titre du livre "Quand le Soleil voulait tuer la Lune', vient de l'un des récits fondateurs de la mythologie Selk'nam : en des temps fort lointains, la terre était peuplée d'esprits, le soleil et la lune vivaient encore parmi les humains mais diverses luttes de pouvoir s'engagèrent qui conduisirent le soleil a frapper la lune au visage pour la tuer ne réussissant cependant qu'à lui creuser de larges cratères sur sa face. Depuis cette époque mythique, les deux astres se poursuivent inlassablement dans le ciel. Les Selk'nam mettaient en scène ce récit et bien d'autres lors d'une cérémonie rituelle annuelle de plusieurs jours, le Hain, durant laquelle hommes et femmes prenaient l'apparence d'esprits en peignant leurs peaux, maquillant leurs visages, portant parures, décorations et masques de bois.

 

Un site à visiter : http://selknamstudy.blogspot.fr/