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30/09/2016

Salvador Mariman

 

Me vuelvo a comer mis lágrimas.

 

¿A quién le puedo preguntar,

por qué hay quienes viven bien y quienes viven muy mal?

¿Si no hay una respuesta concreta, que puedo entender de esta realidad?

¿cómo la enfrento?

Nosotros somos ricos, muy ricos y por eso las petroleras, hidroeléctricas, mineras y otras

están en nuestras tierras,

¡es por eso!

Nos han empobrecido con su ideología,

con su historia, con su lengua, con su educación y hasta nos dicen terroristas.

¿De qué país de primer mundo me hablan, de qué país avanzado dicen venir?

pues si ser avanzado, de primer mundo y civilizado significa no respetar la tierra

y la vida, prefiero entonces ser un salvaje.

Son en los suelos usurpados a nosotros que excavan sin importar la vida de niños que se envenenan de rabia, odio, de gases y químicos que les producen mal formaciones,

daños irreparables a sus sistemas inmunológicos y hasta cáncer.

¿Por qué no hacer pública esta guerra que nos han declarado?

¿por qué no gritar a los cuatro vientos que hoy,

en pleno siglo XXI el modelo económico capitalista impulsado por los supremacitas blancos nos está matando?

¿Por qué no gritar a los cuatro vientos

que lentamente han comenzado un proceso de control del agua en nuestro territorio?

Sabemos que esto no parará,

sino que al contrario en el Wallmapu solo habrá más muertos.

¡Hey, despierta!

aquí no se están respetando los tratados internacionales

y se están violando los derechos humanos.

Cómo pueden decir tan descaradamente que luchan contra el terrorismo,

cuando la historia nos muestra como han sido ustedes los que han esclavizado millones de personas, han usurpado nuestras tierras, matado nuestros abuelos

y continúan haciendo guerras?

Es por eso que me vuelvo a comer mis lágrimas, no he de llorar,

pues el llanto no nos salvará, sino la acción

y es por eso,

es por eso que te invito a luchar.

 

 

Je mange de nouveau mes larmes.

 

 

A qui puis-je demander,

pourquoi il y a ceux qui vivent bien et ceux qui vivent mal ?

S’il n’y a pas une réponse concrète, que puis-je comprendre de cette réalité ?

Comment dois-je l’affronter ?

Nous autres sommes riches, très riches et c’est pourquoi les compagnies pétrolières, hydroélectriques, minières et autres

sont sur nos terres,

c’est pour cela !

Ils nous ont appauvri avec leur idéologie,

avec leur histoire, leur langue, leur éducation et nous appellent même terroristes.

De quel pays du premier monde me parlent-ils,

de quel pays avancé disent-ils venir?

car si être avancé, du premier monde et civilisé, cela signifie ne pas respecter la terre et la vie, je préfère alors être un sauvage.

Ce sont dans les sols qu’ils nous ont usurpés qu’ils excavent en se foutant de la vie des enfants qui s’enveniment de rage, de haine, de gaz et de produits chimiques leur provoquant des malformations,

dommages irréparables à leurs systèmes immunitaires, et même des cancers.

Pourquoi ne pas rendre publique cette guerre qu’ils nous ont déclarée ?

pourquoi ne pas crier aux quatre vents qu’aujourd’hui,

en plein 21ème siècle, le modèle économique capitaliste impulsé par les suprématies blanches est en train de nous tuer ?

Pourquoi ne pas crier aux quatre vents

qu’ils ont lentement commencé un processus de contrôle de l’eau sur notre territoire ?

Nous savons que cela ne s’arrêtera pas,

mais qu’au contraire au Wallmapu il y aura seulement plus de morts.

Hey, réveilles-toi!

ici les traités internationaux ne sont pas respectés

et les droits de l’Homme sont violés.

Comment peuvent-ils dire avec autant d’insolence qu’ils luttent contre le terrorisme,

lorsque l’histoire nous démontre comment ce fut eux qui réduisirent en esclavage des millions de personnes, qui ont usurpé nos terres, tué nos ancêtres

et qui continuent à faire la guerre ?

C’est pour cela que je mange de nouveau mes larmes, je ne dois pas pleurer,

puisque les pleurs ne nous sauverons pas, sinon l’action

et c’est pour cela,

c’est pour cela que je t’invite à lutter.

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

10:27 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

Elicura Chihuailaf Nahuelpan, poète mapuche (Chili)

JUAN CARLOS CARRILAF,koli makuñ016.jpg

(c)Juan Carlos Carrilaf

 

 

Ini rume ñamvm noel chillafe
 
Feyti vlkantun che mu rume kvmelay, pigeken
Ka fey ti mawizantu ayiwigvn .ti pu aliwen
ñi kallfv folil mu egvn
ka ñi chagvll negvmi ti kvrvf
chalilerpuy vñvm egu ti Pvnon Choyke
Feyti vlkantun alvkonchi wirarvn
feyti pu lalu
kiñe pin ti tapvl rimv mew
feyti weñagkvn feyti wecheche
ñi petu zugu ñi kewvn
welu ñami ñi pvllv
Feyti vlkantun, ti vlkantun fey
kiñe pewma feyti afvl chi mapu
tami ge ka iñche ñi ge, vlcha
allkvfe piwke, ka feychi  vl zugulvn
Ka zoy pilayan, ini rume penolu
ti llafe ini rume ñamvn nolu
Kas vlkantun fey ñi vl tañi pu Kuyfikeche
pukem antv mu vy lu ka chonglu
feyta chi kisu zwam weñagkvn
 

  

 

 

La clef que personne n'a perdue
La poésie ne sert à rien, me dit-on.
Et dans le bois les arbres se caressent
avec leurs racines bleues et agitent leurs branches
dans l'air, saluant avec les oiseaux la Croix du Sud.
La poésie est le profond murmure des assassinés,
la rumeur des feuilles en automne, la tristesse
envers le garçon qui conserve la langue
mais qui a perdu l'âme
La poésie, la poésie est un geste, le paysage,
tes yeux et mes yeux,  jeune fille, les oreilles, le coeur
la musique elle-même. Et je n'en dis pas plus, car
personne ne trouvera la clef que personne n'a perdue.
Et la poésie est le chant de mes ancêtres
le jour d'hiver qui brûle et éteint cette mélancolie si personnelle.

 

 

  


La llave que nadie ha perdido 
La poesía no sirve para nada, me dicen
Y en el bosque los arboles se acarician
con sus raíces azules y agitan sus ramas
al aire, saludando con pájaros  la Cruz del Sur
La poesía es el hondo susurro de los asesinados
el rumor de hojas  en el otoño, la tristeza
por el muchacho que conserva la lengua
pero ha perdido el alma
La poesía, la poesía, es un gesto, el paisaje
tus ojos y mis ojos muchacha, oídos corazón
la misma música. Y no digo más, porque
nadie encontrará la llave que nadie ha perdido.
Y poesía es el canto de mis antepasados
el día de invierno que arde y apaga esta melancolía tan personal.

 

 

 

 

On peut entendre ici une lecture en mapudungún, la langue mapuche (traduite en français également) d'Elicura Chihuailaf Nahuelpan :

http://www.cipmarseille.com/pop_audio.php?id=752...

 

 

 

 

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08/09/2016

La danse du berger - extrait du film "Le jardin de pierres" réalisé par Parviz Kimiavi (1976)

Darvich Khan, un berger sourd et muet, danse au milieu de son jardin de pierres, sa création magique.

 

 

 

 

 

 

29/08/2016

Jim Wilson | God's Chorus of Crickets | enregistrement de grillons au ralenti

Deux pistes, une normale, l'autre au ralenti, aucun rajout.

Jim Wilson, un compositeur, a fait une découverte très étonnante. Il a enregistré le chant des grillons, et l'a ralenti. L'enregistrement a rendu comme un chœur de voix humaines en parfaite harmonie et avec une belle mélodie. C'est magnifique ! J'ai tjs pensé que les insectes étaient à une vitesse sonore plus rapide que la nôtre, et le son c'est tout sauf banal... pour qui s'y intéresse, on n'a pas fini de découvrir et comprendre des choses à son propos.

 

 

 

 

 

 

 

03/07/2016

Auteur : un métier difficile ?

                                  

 

 PAR STÉPHANIE ATEN

  

Écrire à longueur de journée, tranquillement installé chez soi, libre de ses horaires, de son rendement, de ses mouvements.

Pas de patron démoralisant ni de collègue envahissant.

On travaille pour soi, à son rythme, selon ses envies, et dans la passion...

Auteur : le métier idéal !...

Détrompez-vous...

Être auteur, c'est aussi passer son temps à travailler gratuitement, sans garantie de retour sur investissement. C'est galérer financièrement, et ne bénéficier d'aucune considération, ni d'un point de vue juridique, ni d'un point de vue social.

Un auteur, même lorsqu'il est scénariste, n'a aucun statut. Il n'a pas droit aux allocations chômage, en revanche, il cotise. Auprès des "Agessa", qui le ponctionnent sur toutes les sommes touchées, même minimes. Il n'a pas de "congés payés", ni d'assurance maladie avantageuse, ni de "13ème mois". L'auteur n'est protégé par aucune convention collective, et doit se soumettre à ce qu'on tolèrera de lui donner en cas de contrat. Et c'est, le plus souvent, maigre... très, maigre.

L'auteur est un être isolé, auquel on demande d'être "professionnel", tout en considérant, dès qu'il s'agit de le payer, qu'il pratique en fait un hobby. Un romancier se doit de "savoir écrire", de maîtriser parfaitement sa langue, de connaître la construction dramatique sur le bout des doigts, et de travailler son talent pour produire des ouvrages dignes de ce nom. Un scénariste se doit d'être à l'aise avec le cahier des charges de l'écriture scénaristique, de travailler vite, de savoir s'adapter, "il s'agit d'un métier", répètent avec sévérité les producteurs.

Par contre, quand il s'agit de le payer... de considérer le travail accompli, de lui donner toute sa valeur, non seulement en termes quantitatifs, mais aussi qualitatifs, là, tout à coup... être auteur devient un "hobby".

"Après tout, il fait ça parce que ça lui plaît, ce n'est pas une profession à proprement parler"...

On me demande souvent pourquoi la création (particulièrement audiovisuelle) est si peu dynamique ou de mauvaise qualité en France.

Je pense que la réponse se trouve dans les phrases précédentes.

Il est psychologiquement et nerveusement extrême, de travailler dans des conditions financières catastrophiques, une reconnaissance quasi-inexistante, une précarité perpétuelle, et un taux d'échecs épuisant.

Car être auteur, c'est aussi accepter de beaucoup travailler sur des écrits, tout en sachant pertinemment que les éditeurs ou les producteurs, 95 fois sur 100, vous diront non, même si votre travail est de qualité. Ce n'est "pas le moment", "pas ce qu'on cherche", "pas la tendance", sont des arguments qu'on vous renvoie en plein visage sans ciller, sans ambages, sans aucune considération pour les semaines de travail fourni en amont, visant à répondre aux demandes d'idées nouvelles et de créativité sans cesse renouvelées.

Quand vous allez voir un architecte pour qu'il vous construise une maison, même si, au final, vous ne tombez pas d'accord sur ses propositions, vous le payez pour le travail fourni.

Lorsqu'un technicien du cinéma travaille sur un tournage, même si le film ne se fait pas pour X raisons, le technicien sera payé.

L'auteur, lui, travaille sans filets, sans garantie, et la plupart du temps, sans être rémunéré.

Être auteur, en France, c'est donc vivre dans le paradoxe.

Notre culture adore la création, l'imagination, les arts. Elle les encense, les vénère, leur reconnaît tous les mérites, et se targue de briller dans le monde entier. Et pourtant, l'auteur n'a pas d'existence tangible. Il n'a pas de factures à payer, pas d'estomac à remplir, et pas de vie à gérer. Il "ne travaille pas", il s'amuse, des heures durant, pour parvenir au résultat final qui vous enthousiasme tant.

Les lecteurs réclament sans cesse de nouveaux livres,

les spectateurs de nouveaux films et programmes télévisés,

toujours et encore, toujours et encore...

Comment pensez-vous que ces œuvres se font pour répondre à vos attentes ?...

Les auteurs travaillent. Beaucoup.

Mais ne sont pas autorisés à vivre de leurs compétences.

Alors oui...

être auteur est un métier difficile.

Mieux vaut être conscient de cet état de fait avant de se lancer à corps perdu dans un métier qu'on fantasme souvent, sans réellement en connaître les tenants et aboutissants.

Être auteur est un sacerdoce, un Everest qu'on gravit en tongs et sans oxygène. Il faut  aimer les défis, et à vrai dire... il ne faut même aimer que cela.

 

Stéphanie Aten

 

Scénariste et romancière "engagée", parce qu'être auteur, c'est alimenter l'inconscient collectif et participer à l'élaboration de la société. Voir la page de l'auteur

 

Source : https://www.skop.io/a/auteur-un-metier-difficile......

 

 

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17/05/2016

Céline Renoux

 

Souvent je voudrais échapper à l’enfant que j’étais
mais il arrive toujours un moment où elle regagne le terrain perdu
j’ai beau accélérer pour qu’elle s’essouffle,
creuser la distance pour ne plus l’entendre,
elle finit chaque fois par me rejoindre
et moi par la reprendre
sans doute parce-qu’elle n’est pas finie,
que quelque chose très tôt s’est brisé,
a freiné la courbe et l’élan.
Je voudrais que le barrage cède
je voudrais pleurer un bon coup
j’écris simplement là où je voudrais pleurer.
J’écris où le sang s’écoule,
ruisselle le long des cuisses
j’écris du fond de l’enfance
et du creux de mon ventre
j’écris pour me rapprocher du point de vertige
J’écris sur l’ourlet brûlant de la bouche de l’enfant
j’écris parce-que j’ai décidé de perdre la mémoire
J’écris où il me faut sans cesse revenir
J’écris avec toujours ce mouvement de la mer
qui berce et gronde,
monte et redescend,
se jette pour mieux s’éloigner
j’écris lorsque les vagues sont trop grandes
j’écris pour être moins terrifiée
j’écris parce-que tu ne m’as pas dévorée entièrement
j’écris depuis l’intérieur du labyrinthe
j’écris du fond de mes poches trouées
par poignées de silence
j’écris sur la trame usée du jean
ou l’encre bleue pâlit.
J’écris parce-que je suis mal faite
qu’il y a des vices de forme
un défaut d’origine

 

 

http://lafilledesastres.com/

 

 

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23/04/2016

Warsan Shire, poète somalienne

 
 
HOME
 
 
Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin
Tu ne cours vers la frontière
Que lorsque toute la ville court également
Avec tes voisins qui courent plus vite que toi
Le garçon avec qui tu es allée à l’école
Qui t’a embrassée, éblouie, une fois derrière la vieille usine
Porte une arme plus grande que son corps
Tu pars de chez toi
Quand ta maison ne te permet plus de rester.
Tu ne quittes pas ta maison si ta maison ne te chasse pas
Du feu sous tes pieds
Du sang chaud dans ton ventre
C’est quelque chose que tu n’aurais jamais pensé faire
Jusqu’à ce que la lame ne soit
Sur ton cou
Et même alors tu portes encore l’hymne national
Dans ta voix
Quand tu déchires ton passeport dans les toilettes d’un aéroport
En sanglotant à chaque bouchée de papier
Pour bien comprendre que tu ne reviendras jamais en arrière
Il faut que tu comprennes
Que personne ne pousse ses enfants sur un bateau
A moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre-ferme
Personne ne se brûle le bout des doigts
Sous des trains
Entre des wagons
Personne ne passe des jours et des nuits dans l’estomac d’un camion
En se nourrissant de papier-journal à moins que les kilomètres parcourus
Soient plus qu’un voyage
Personne ne rampe sous un grillage
Personne ne veut être battu
Pris en pitié
Personne ne choisit les camps de réfugiés
Ou la prison
Parce que la prison est plus sûre
Qu’une ville en feu
Et qu’un maton
Dans la nuit
Vaut mieux que toute une cargaison
D’hommes qui ressemblent à ton père
Personne ne vivrait ça
Personne ne le supporterait
Personne n’a la peau assez tannée
Rentrez chez vous
Les noirs
Les réfugiés
Les sales immigrés
Les demandeurs d’asile
Qui sucent le sang de notre pays
Ils sentent bizarre
Sauvages
Ils ont fait n’importe quoi chez eux et maintenant
Ils veulent faire pareil ici
Comment les mots
Les sales regards
Peuvent te glisser sur le dos
Peut-être parce leur souffle est plus doux
Qu’un membre arraché
Ou parce que ces mots sont plus tendres
Que quatorze hommes entre
Tes jambes
Ou ces insultes sont plus faciles
A digérer
Qu’un os
Que ton corps d’enfant
En miettes
Je veux rentrer chez moi
Mais ma maison est comme la gueule d’un requin
Ma maison, c’est le baril d’un pistolet
Et personne ne quitte sa maison
A moins que ta maison ne te chasse vers le rivage
A moins que ta maison ne dise
A tes jambes de courir plus vite
De laisser tes habits derrière toi
De ramper à travers le désert
De traverser les océans
Noyé
Sauvé
Avoir faim
Mendier
Oublier sa fierté
Ta survie est plus importante
Personne ne quitte sa maison jusqu’à ce que ta maison soit cette petite voix dans ton oreille
Qui te dit
Pars
Pars d’ici tout de suite
Je ne sais pas ce que je suis devenue
Mais je sais que n’importe où
Ce sera plus sûr qu’ici
 
 
 (traduction Paul Tanguy)
 
 
 
 
 
Warsan-Shire-008.jpgNée 1988, Warsan Shire vit à Londres, où elle est arrivée à l'âge de 1 an. Poète, écrivain, éditrice, enseignante. Elle a  publié :
  • Teaching My Mother How To Give Birth (flipped eye, 2011)
  • Her Blue Body (flap pamphlet series, flipped eye, 2015)

 

 

 

 

 

 

12:02 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2016

Héloïse Combes

  

 

Je les connais par cœur,

Ce sourire diamant et ces beaux cheveux longs,

La densité du ciel et l’odeur de poussière,

Les rires des enfants jaillissant des buissons,

Leurs doigts capuchonnés mimant une sorcière

- Cris d’oiseaux effrayés, fleurs de jacaranda.

Le passé vibre encore, le passé ne meurt pas,

Je chante.

 

 

Je chante le présent, je chante l’inconnu,

Quand nous ne connaissions la terre ni les nues,

Le cœur de notre mère frappant comme un tambour,

Les eaux tièdes berçant l’ébauche de nos corps,

Ce temps d’avant l’espoir, ce temps d’avant l’amour,

Ce temps où ne filtraient ni la vie ni la mort,

Je le connais par cœur.

 

Je sais la bête en nous, qui nous lie, obstinée,

A nos lointains ancêtres et à la nuit des temps,

Au ciel miraculeux, aux fonds des océans.

Je sais les draps humides, la jouissance en apnée,

Entrevoir l’invisible dans l’extase transie.

L’inconnu n’effraie pas, l’inconnu est acquis,

Je chante.

 

http://heloise-combes.blogspot.fr/

 

 

 

 

08:36 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

14/03/2016

CeeJay


 
Rien ne m’appartient ni l’impossible
 Ni le possible.
 Je suis le chasseur d’ombre.
 Je n’étreins que le néant !

L’âme nue
 Dans un blues interminable
 Comme la vague sur la grève
 Infiniment jetée.

Parce que devenu savant
 Je suis devenu sauvage.
 Je sème mon pollen
 Dessus les terres arides.

Mes racines chimériques
 Sont calcinée.
 La nostalgie seule
 M’empêche de m’en défaire !

Dans les gammes du silence
 La foudre des paroles
 Les hommes que je croise
 Sont fantômes blessés.

Nu et fragile comme un sourire
 La peau cousue par les îles traversées
 Rien ne peut m’ébranler ni jours sombres
 Ni blanche et sauvage nuits.

Leste comme un chat de rue
 Enfant avec des yeux naïfs
 Clochard céleste
 Je suis une forge vorace et affamée.

Mon âme est fugueuse
 Et quémande les impossibles pardons.
 Mon invocation est de dire le son des couleurs
 Dans le langage des invisibles.

 

 


 

 

 

23:45 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

08/03/2016

Appel : soutenez Kumancaya, le village qui vole

Mon ami Pierre Urban a réalisé ‘’Kumancaya, le village qui vole”, un documentaire tourné en Amazonie péruvienne dans la région qu’occupe le peuple Shipibo-Conibo. Vous pourrez découvrir ce film de 52’ ci-dessous  et donner une appréciation de 1 à 5  avant le 11 Mars ici : http://www.webprogram-festival.tv/les-programmes/les-prog...

 Ceci permettra éventuellement à ce film d’être sélectionné pour son passage au festival.

MERCI !!! Faites tourner.

Ce film ainsi que les précédents fait partie des objectifs de son association http://shanefrance.org : sauvegarder et valoriser le patrimoine immatériel de ce peuple de la forêt. Ce film a déjà été projeté en 2015 aux : Festival du Film Chamanique, Festival de la Paix et La Maison d’Amérique Latine à Paris.
James Arévalo, peintre shipibo et chaman est l’un un des principaux acteurs du film.

 

 

 

 

 

07/03/2016

Trans(e)fusées (paru chez Gros Textes en 2015) lu par mihel Host

 

Cathy GARCIA. TRANS(e)FUSÉES. Gros Textes éd., (Dé/collages de C. Garcia, Furieux ! Mortels ! Mystérieux !) – 40 pp. – 9 € - 2015 - éd. Gros textes & Association Rions de Soleil, Cave de Fontfourane - 05380 – Châteauroux-les-Alpes – http://grostextes.over-blog.com/

Rêveuse, blagueuse, baladeuse : « Avant de m’endormir, octroyez-moi mon baiser de cristal, que je puisse aller saluer les pachydermes aux défenses d’émeraudes. […] C’est en toute quiétude que je ne fais nulle rature à ce texte savant. / J’étais déjà têtue dans l’utérus, malle à la dextre, à espérer n’importe quel joueur de yo-yo ou de balafon qui m’emporterait au Zaïre ou au plafond.

Son naturel découvert, extension de la nature : « Je caresse mon chat, sa nuit de fourrure étoilée, à l’écoute des grenouilles invisibles, muscles tendus sous le caoutchouc vert, qui crient l’amour et le plaisir brut. Les feuilles grasses et brillantes de ces plantes vénusiennes chuchotent sous ma fenêtre. Tout est bien.

Affrontée aux mystères insondés de la vie incompréhensible par définition : « Attendez qu’on soit mort / Écoutez un peu / Nous n’avons pas dit notre dernier mot / Nous n’avons pas tiré notre chapeau / La vie c’est plus que ça / Beaucoup, beaucoup plus que ça / Ça commence bien avant / Et ça ne finit jamais […] Le verbe est une spirale / L’ADN est une spirale / Ce qu’on avale nous avale / Tout ça me paraît normal… »

Dans un délire précieux tel un « inexcusable delirium » : « Cristal où êtes-vous mon amour ? / Améthyste nue correcte exhibée / C’est mon verre tige de l’amour / Rubis sexuel luit la nuit / Sous son chapeau de chagrin / Et les siamois sont d’été / Sous les nuits balisées de boues de lin / Crapule ovaire mité et chien perméable / Marin d’eau rousse, capsule le cul / Je suis tombée ! »

Fureur (ou autre chose ?) vers le « réel, intranquille : « Un cœur / Qui soudain a des crocs / s’auto-dévore / Vendanges lycanthropes / À la vulve du monde / Ça m’aide la nuit / À raccommoder mes étoiles / À faire jonction / Émeute solaire // Au cadran j’ai rongé les angles / Les ai polis de ma langue / Pour en faire le cercle / Aléatoire / Non parfait / Le cercle rugueux / Du réel »

 

 

Michel HOST

_________________________________________________Le 6 / III / 2016

 

 extrait de  LE SCALP EN FEU - IX  par Michel Host  Décembre 2015 / Février 2016

http://www.lacauselitteraire.fr/le-scalp-en-feu-ix-decemb...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23/02/2016

Roger Arnould-Rivière (1930~1959)

 

Poème de la cassure

 

Je sais la cassure du petit matin, l’aplomb brutal de midi, la sournoise inversion du soir

Je sais le vertigineux à-pic de la nuit et l’accablante horizontalité du jour

Je sais les hauts et les bas, les hauts d’où l’on retombe à coup sûr, les bas dont on ne se relève pas

Je sais que le chemin de la douleur n’a de stations qu’en nombre limité

Je sais le souffle haché, le souffle coupé, l’haleine fétide, les effluves d’air cru et les émanations du gaz de ville  

Je sais les étreintes vides, la semence crachée par dépit sur la porcelaine

Je sais la face du mot qui vous sera renvoyée comme une gifle

Je sais que l’amitié et l’amour n’ont pas d’aubier

Je sais que les amarres rompues, le cou brisé, la semelle usée ont pour commun dénominateur la corde

Je sais que la détonation contient le même volume sonore que les battements de cœur qui bâtissent toute une vie

J’ai vécu pour savoir et je n’ai pas su vivre.

 

(Septembre 1959)

 

 

 

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21/01/2016

André Laude

 

Enfer vert

 

Dans l’enfer vert j’ai bâti une maison

de prières et de clameurs.

La nuit j’entends d’étranges sons.

Sont-ils des Séraphins,

des sombres démons d’avant Colomb.

Dans l’enfer vert je traîne ma vieille carcasse.

Je joue au poker. J’ai toujours trois as.

Je fume des cigares de Cuba

et je bois des alcools de fièvre.

J’écrase de grosses mouches

suceuses de sang sur mes lèvres.

J’ai bâti une maison d’air et d’ouragan.

J’ai préparé le lit nuptial pour la femme des femmes.

Le revolver est là, posé sur la table de bois sauvage.

Sous une lune froide j’attends crime et châtiment.

 

 

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15/01/2016

André Laude

 

En traversant le pays des morts

 

En traversant le pays des morts

en route vers Aden les terres d’Arthur Rimbaud.

Je suce mes doigts à cause de la soif

de la malaria, du cancer des os.

Je songe à la Bretagne,

aux femmes aux hautes coiffes.

Je songe aux piroguiers du fleuve Zaïre.

Je songe aux oiseaux bariolés d’Amazonie.

Je songe au sexe chaud de l’indienne

à la tombée de la nuit.

Je songe à une espèce de poème

déclamé par un fou de génie

qui ferait taire les perroquets verts.

 

 

 

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01/01/2016

Joumana Haddad

 

Lorsque je devins fruit

 

Fille et garcon je fus conçue sous l’ombre de la lune

Mais Adam fut sacrifié à ma naissance,

Immolé aux vendeurs de la nuit.

Et pour combler le vide de mon autre essence

Ma mère me baigna dans les eaux du mystère

m’enveloppa dans les langes de la contradiction.

J’ étais dans l’ égarement profond lorsqu’elle m’a surprise

Car elle me plaça sur le bord de chaque montagne

Me livra au spectre du silence et au grondement des questions.

Elle me voua à l’Eve des vertiges et de la métamorphose

Et me pétrit de lumière et de ténèbres

Pour que je devienne le temple des démons paradisiaques

Et des anges de la luxure.

Mais j’ai préféré ne pas m’en apercevoir lorsqu’elle me l’apprit.

J’ étais dans l’oubli et puis soudain je m’en aperçus.

Etrangère je grandis et personne ne moissonna mon blé .

Je choisis de dessiner ma vie sur une feuille blanche,

Pomme qu’aucun arbre n’enfanta,

Puis je l’ai fendue et j’en suis sortie

En partie vêtue de rouge et en partie de blanc.

Je ne fus pas seulement dans le temps ou en dehors de lui

Car j’ai mûri dans les deux forêts

Et je me souvins avant de naître

Que je suis une multitude de corps

Et que j’ai longtemps dormi

Et longtemps vécu

Et lorsque je devins fruit

Je sus ce qui m’attendait.

J’ai prié les sorciers de prendre soin de moi

Alors ils m’emmenèrent.

J’ étais

Mon rire

Doux

Ma nudité

Bleue

Et mon péché

Timide.

Je volais sur une plume d’oiseau et devenais oreiller à l’heure du délire.

Ils couvrirent mon corps d’amulettes

Et enduisirent mon coeur du miel de la folie.

Ils gardèrent mes trésors et les voleurs de mes trésors

M’apportèrent des fruits et des histoires

Et me préparèrent pour vivre sans racines.

Et depuis ce temps-là je m’en vais.

Je me réincarne dans le nuage de chaque nuit et je voyage.

Je suis la seule à me dire adieu

Et la seule à m’accueillir.

Je vole par liberté et non de peur,

Et je reviens par envie et non de déception.

Je quitte pour que la vie puisse me manquer

Et je ne vis que si l’inconnu me porte vers lui.

Le désir est ma voie et la tempête ma boussole

En amour je ne jette l’ancre dans aucun port.

Mon corps est le voyage et je m’ éteins si je demeure.

La nuit j’abandonne la plupart de moi-même

Puis je me retrouve et m’ étreins passionèment au retour.

Je suis la jumelle du flux et du reflux

De la vague et du sable du bord

De l’abstinence de la lune et de ses vices

De l’amour et de la mort de l’amour.

Le jour

Mon rire appartient aux autres et mon dîner secret m’appartient.

Dans la maison de mon corps prennent refuge mes états chaque soir,

Et chaque matin on me réveille de mon absence.

Ceux qui comprennent mon rythme me connaissent,

Me suivent mais ne me rejoignent pas.

 

 

 

 

 

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