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28/07/2015

Si K'ang

 

Chants taoïstes

 

 Foin du savoir et de l'étude
Mon esprit, vagabond du silence !
Foin du savoir et de l'étude
Mon esprit vagabond du silence
A toujours regretter
jamais on ne se trouve

Un ruisseau pour jeter ma ligne
et je jouis de tout un royaume
Les cheveux défaits, j'emporte mon chant
que les hommes reprennent aux quatre frontières
Quel en est le refrain ?
Mon esprit, vagabond du silence !

 

 

 

 

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24/07/2015

Nan Shan

 

 

Difficultés sur la voie

 

 

 

      Parce qu'il a entendu tenir certains propos,
      parce qu'il a lu certaines choses,
      le pratiquant, s'il ne reçoit pas les conseils d'un maître de dharma,
      tend quelquefois à se conformer par force
      à une notion erronée de la voie.
      S'il a entendu dire que le moi est une illusion,
      s'il lit que les désirs sont haïssables,
      il s'efforce alors de nier ses désirs,
      il s'efforce de se nier lui-même.
      Il tombe alors dans l'ascétisme,
      dans le refoulement et la morbidité,
      et par sublimation négative,
      dans la distillation du mal.
      Refusant de s'écouter lui-même,
      incapable de suivre le naturel,
      il se conforme artificieusement
      à la loi d'une autorité,
      qu'infantile, il s'est choisie.
      Par erreur, ce faisant,
      il bafoue l'homme naturel,
      l'homme spontané,
      l'homme véritable.

      Décider par avance,
      décider par artifice,
      de ce que l'on doit désirer,
      de ce que l'on doit cesser de désirer,
      de ce que l'on doit être,c'est là, par arrogance suprême du moi,
      tomber dans les domaines de Mâra.
       


       Abandonner tout, une fois pour toute,
      réaliser l'impossible,
      c'est connaître la grande acceptation.
       



       L'éveil procède d'une disparition
      et non d'une affirmation,
      c'est une entité illusoire qui meurt,
      qui n'a jamais existé.

 

       Dès que le connu est vu comme vide,
      aucun ego ne peut être remis en question,
      plus besoin de parler d'illusion,
      sur quoi pourrait-on trébucher ?
      Sans doute, sans hésitation,
      l'affaire est tranchée,
      on peut enfin rentrer chez soi,
      tranquille, regarder les montagnes bleues.

 

in Au sud des nuages

 

 

26/06/2015

Anne Archet - Sirventès du tiersmondisme

 

 

1 avril 2005

 

Ceux qui luttent pour leur vie
Pour celle de leur amour
Ou de leurs enfants
Celles qui luttent pour leur liberté
Pour celle de leur amour
Ou de leurs enfants

 

N’ont pas besoin
De notre indignation de nos sanglots de nos larmes de nos cris de nos manifs de nos pétitions de nos pamphlets de nos slogans de nos éditoriaux de nos conférences de presse de nos sommets de solidarité de nos résolutions en congrès de nos exhortations apostoliques

 

N’ont pas besoin
De notre argent de nos boîtes de conserves de nos vieux vêtements du gruau de la Croix Rouge de son lait et de ses protéines en poudre de nos spectacles bénéfice de nos campagnes de financement de notre parrainage

 

N’ont pas besoin
De nos coopérants de nos médecins de nos journalistes de nos casques bleus de nos ingénieurs de nos missionnaires de nos agronomes de nos économistes de nos philosophes de nos banquiers
Avec ou sans frontières

 

Ils ont besoin
Que nous luttions pour notre propre vie
Pour celle de notre amour
Et de nos enfants
Que nous luttions pour notre propre liberté
Pour celle de notre amour
Et de nos enfants

 

Parce que seule cette cause est la nôtre
Parce que notre ennemi est le leur
Parce que notre victoire sera la leur

 

 

.

 

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16/06/2015

Anne Archet - Sirventès du libéralisme

 

 

 

Vendredi 21 août 2009

 

Républicain ou démocrate
Protectionniste ou libre-échangiste
Sexy ou obèse
Salarié ou parasite
Honnête ou criminel
Straight ou Gay
Blanc ou de couleur
Citoyen ou indésirable
Libéral ou conservateur
Croyant ou infidèle
Jeune ou vieux
Honnête travailleur ou parasite
Capitaliste ou communiste
Contribuable ou fraudeur
Réaliste ou rêveur
Marié ou célibataire
Diplômé ou ignorant
Électeur de gauche ou électeur de droite
Buveur de Coke ou Buveur de Pepsi
Moderne ou folklorique
Policier ou manifestant
Mère ou putain
Bourgeois ou prolétaire
Acteur ou spectateur
Investisseur ou client
Fou ou raisonnable
Patriote ou traître
Colombe ou faucon
Souverainiste ou fédéraliste
Consommateur ou consommateur

 

Citoyen d’un État de droit
Libéral et démocratique
Ta liberté est
d’être ceci ou cela

et rien d’autre

 

 

 

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15/06/2015

Anne Archet - Sirventès de l’ennemi

 

  

3 septembre 2009

 

L’ennemi est condamné par ce qu’il mange
Hamburgers doubles trios poutine
Tomates culturistes musclées aux hormones
Dindes sans anus à la chair blanche et excrémenteuse
Porcs à six jambes à deux têtes
Lait mort de vaches cannibales
Fruits inaltérables au parfum de bitume
Son cerveau nourri par des flots incessants
De publicité morveuse
De mucus musical

 

Son cerveau gavé de calories ignorantes
De propagande manipulée génétiquement
De mensonges hypocaloriques sans cholestérol
L’ennemi pense comme Monsanto
Comme Nestlé Cargill Dupont Philip Norris Unilever
Comme Agroevo Novartis Zeneca Conagra Nabisco

 

L’ennemi pense :
Corn Flakes Cheerios Nescafé
Vitamines sous-vêtements stériles mamelons congelés
Parking gazé néons boni au rendement
Voter comme un bon citoyen
Haïr son emploi mais mourir de peur de le perdre
Comme un bon citoyen
Marcher d’un sommeil à l’autre dans la stupeur
Du bon citoyen
Peur de la vie
Comme un bon citoyen
Peur de créer
Comme un bon citoyen
Prier pour le privilège d’acheter la mort chez Wal Mart
Meuble en peau de nourrissons poulet frit zombie
Café meurtrier bière robotisée tabac bactériologique
Émissions carcérales et sommeil de l’injuste

 

L’ennemi est condamné par ce qu’il mange
Tu es mon ennemi mais si je gagne
Tu ne perdras pas
Je ne veux pas te détruire
Je veux stopper ta danse de destruction
Tu es l’ennemi
Tu ne gagneras pas

 

Une nourriture t’attend
Libre délicieuse et gratuite
Nourrissante comme la lumière
Comme les spasmes de l’orgasme
Donnée par la terre que nous travaillerons
Pas pour l’argent
Pas pour le patron
Mais pour le plaisir de créer
Une nourriture donnée par la terre que nous arracherons
Des griffes du capital nécrophile
Des griffes des États mercenaires
Donnée par la terre que nous aurons faite nôtre
Parce que nous l’aimons
Parce qu’elle est maîtresse étrange et passionnée
Parce que nous en sommes issus
Et qu’elle ne pourra tolérer encore bien longtemps d’ennemis.

 

 

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10/06/2015

Anne Archet - Lerdemuche

 

 

27 mars 2003

 

Si tout ce qui vous intéresse, c’est de comprendre
Laissez tomber, la raison n’a plus de tête
Ses doigts sont des rasoirs sur une langue d’enclume

 

Si tout ce que vous intéresse, c’est la beauté
Laissez tomber, l’art n’a plus de mains
Ses yeux cousus sa bouche cisaillée

 

Si tout ce qui vous intéresse, c’est la foi
Laissez tomber, Dieu n’a plus de corps
Il s’est dissous dans ses sophismes farouches

 

Si tout ce qui vous intéresse, c’est de jouir
Laissez tomber, le cul n’a plus de rires
Il est froid lisse opaque et repoussant d’hygiène

 

Si tout ce qui vous intéresse, c’est la viande
Alors là, penchez-vous, il en reste encore
Bifteck tête en rondelle pied aloyau boyau
On en érige des montagnes au bulldozer
La dent sur le tendon avalez avalez l’univers
Et surtout mastiquez bien, longuement, sans bruit
Pour ne pas attirer le boucher

 

 

 

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09/06/2015

Anne Archet - Ode à mes soeurs

 

 

4 juillet 2003

 

Nous ne sommes plus ceintes de cuir
Nous ne sommes plus vertes de rage
Nous ne sommes plus criantes de vérité
Nous ne sommes plus cartésiennes jusqu’à l’absurde
Nous ne sommes plus juchées sur des géants
Nous ne sommes plus amantes de latex
Nous ne sommes plus les fillettes des ruelles
Nous ne sommes plus stérilisées et récurrentes
Nous ne sommes plus utiles pour la patrie
Nous ne sommes plus écartelés de vertu
Nous ne sommes plus souriantes sous la pluie
Nous ne sommes plus humides malgré la mort
Nous ne sommes plus absentes au combat
Nous ne sommes plus épilées de l’iris
Nous ne sommes plus rigides d’aspect cuir
Nous ne sommes plus antiques et vestales
Nous ne sommes plus obéissantes en jupon
Nous ne sommes plus épouses du Seigneur
Nous ne sommes plus gainées de dentelles barbelées
Nous ne sommes plus livides dans un bain de sang
Nous ne sommes plus vos béquilles de vair
Nous ne sommes plus naïves dans le duvet
Nous ne sommes plus nues sur le papier glacé
Nous ne sommes plus découpées en rondelles assemblables
Nous ne sommes plus muettes et domestiques
Nous ne sommes plus timides et nubiles
Nous ne sommes plus excisées du réel
Nous ne sommes plus issues de la côte biblique
Nous ne sommes plus des jeunes filles sages.

 

 

 

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07/06/2015

Anne Archet - Le temps qu'il fait

 

 

29 septembre 2004

 

Ont-ils jeté quelqu’un à la rue aujourd’hui?
Ont-ils incité à consommer aujourd’hui?
Ont-ils promulgué une nouvelle loi aujourd’hui?
Ont-ils testé la bombe aujourd’hui?
Ont-ils vendu des corps à la pièce aujourd’hui?
Ont-ils trempé leurs mains dans le sang aujourd’hui?
Ont-ils offert leur vie à Dieu aujourd’hui?
Ont-ils fait un profit aujourd’hui?
Ont-ils menti sur les ondes aujourd’hui?
Ont-ils tordu le cou des poulets aujourd’hui?
Ont-ils brandi des drapeaux aujourd’hui?
Ont-ils versé des salaires aujourd’hui?
Ont-ils noyé les champs de lisier aujourd’hui?
Ont-ils lapidé des pécheresses aujourd’hui?
Ont-ils fait fondre les neiges vierges des cimes aujourd’hui?
Ont-ils défilé en rang aujourd’hui?
Ont-ils injecté des remèdes de mort aujourd’hui?
Ont-ils décoré des flics aujourd’hui?
Ont-ils écrasé des visages sous leur botte aujourd’hui?
Ont-ils déterré les corps des ancêtres aujourd’hui?
Ont-ils couronné un taré tyrannique aujourd’hui?
Ont-ils accepté leurs liens aujourd’hui?

 

Le temps est à l'orage.

 

 

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06/06/2015

Anne Archet - Sirventès de la prospérité

 

 

20 février 2006

 

Quand les anars disent que l’État est inutile
Les gens se foutent gentiment de leur gueule
Et ils ont raison

 

L’État est indispensable au maintien
D’une société industrielle moderne et prospère

 

Si vous voulez vivre
Dans une société industrielle moderne et prospère
Ne soyez pas anarchiste

 

Allez voter
Trouvez-vous du boulot
Travaillez huit heures par jour
Soyez un bon collègue
Aimez votre patron
Faites des heures sup’
Obtenez une promotion
Bouffez de la pizza surgelée
Buvez du punch à saveur de vrais fruits
Arrosez votre burger de ketchup
Arrosez votre pelouse de Roundup
Utilisez des couches des biberons des rasoirs
     des mouchoirs des serviettes des plumeaux
     des stylos des caméras de la vaisselle
     des briquets des piles des sacs des vêtements
     jetables
Payez vos impôts
La taxe sur les produits
La taxe sur les services
La taxe sur les sévices
Laissez la banque surveiller votre argent
Laissez la police surveiller votre quartier
Laissez l’école surveiller vos enfants
Laissez l’hospice surveiller vos vieux
Laissez votre député surveiller vos intérêts
Regardez la télé
Regardez-la encore
Regardez-la quelques instants de plus
Il y a sûrement quelque chose de bon
Quelque chose de choquant
Quelque chose de bandant
Quelque chose de croustillant
Pour vous faire attendre la prochaine pub
Prenez un comprimé de Dalmadorm pour dormir
Prenez un comprimé de Provigil pour vous réveiller
Prenez un comprimé de Phentermine pour maigrir
Prenez un comprimé de Prozac pour passer la matinée
Prenez un comprimé de Zoloft pour passer l’après-midi
Prenez un comprimé de Cialis pour copuler
Prenez un comprimé de Halcion pour vous rendormir
Récurez votre évier avec du Windex
Récurez votre cuvette avec du Tilex
Récurez votre vaisselle avec un Spontex
Récurez votre vagin avec un Kotex
Faites le plein de bonne humeur
Faites le plein de votre Hummer

 

La terre devrait être capable
De supporter votre Eden
De smog et de plastique
Pendant encore quelques années

 

 

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05/06/2015

Gabriel Celaya - La poésie est une arme chargée de futur

 

 

Quand plus rien de personnellement exaltant n'est attendu,

Plus on palpite et plus on est proche de la conscience,

Existant comme un fauve, aveuglement affirmé,

Comme un pouls qui frappe les ténèbres,

 

Quand on regarde en face

Les vertigineux yeux clairs de la mort,

On dit les vérités:

Les barbares, les terribles, les amoureuses cruautés.

 

On dit les poèmes

Qui élargissent les poumons de tous ceux qui,

Asphyxiés,

Demandent à être, demandent du rythme,

Demandent des lois pour ce qu'ils éprouvent

d'excessif.

 

Avec la vitesse de l'instinct,

avec l'éclair du prodige,

comme une évidence magique, ce qui est réel nous

Transforme

En ce qui est identique à lui-même.

 

Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire

Comme le pain de chaque jour,

Comme l'air que nous exigeons treize fois par minute,

Pour être et tant que nous sommes donner un oui qui

Nous glorifie.

 

Parce que nous vivons par à-coups, parce que c'est à

Peine s'ils nous laissent

Dire que nous sommes ceux que nous sommes

Nos chants ne peuvent être, sans péché, un ornement,

Nous touchons le fond.

 

Je maudis la poésie conçue comme un luxe

Culturel par ceux qui sont neutres

Ceux qui, en se lavant les mains, se désintéressent et

S'évadent.

Je maudis la poésie de celui qui ne prend pas parti

Jusqu'à la souillure.

 

Je fais miennes les fautes. Je sens en moi tous ceux

Qui souffrent

Et je chante en respirant.

Je chante, et je chante, et en chantant par delà mes

Peines

Personnelles, je m'élargis.

 

J'aimerais vous donner la vie, provoquer de nouveaux

Actes,

Et je calcule en conséquence, avec technique, ce que

Je peux faire.

Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier

Qui travaille avec d'autres l'Espagne dans ses aciers.

 

Telle est ma poésie : poésie-outil

A la fois battement du coeur de l'unanime et aveugle

Telle est, une arme chargée de futur expansif

Avec laquelle je vise ta poitrine.

 

Ce n'est pas une poésie pensée goutte à goutte.

Ce n'est pas un beau produit. Ce n'est pas un fruit

Parfait. C'est similaire à l'air que nous respirons tous.

Et c'est le chant qui donne de l'espace à tout ce que

Nous portons en nous.

 

Ce sont des mots que nous répétons en les sentant

Nôtres, et ils volent. Ils sont plus que ce qu'ils nomment.

Ils sont le plus nécessaire: ce qui n'a pas de nom.

Ce sont des cris au ciel, et sur terre ce sont les actes.

 

 

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30/05/2015

"Les poètes" de Christian Saint Paul sur Radio occitanie, invité : Marc Tison

 

Un poète à découvrir, vraiment ! Marc Tison, publié dans le numéro 50, parle aussi avec Christian Saint-Paul de Nouveaux Délits et du travail poétique et militant de Cathy Garcia, MERCI à eux (et aussi du recueil Rester debout sur le trottoir de Murièle Modély !) :


http://les-poetes.fr/son/son%20emision/2015/marc%20tison....

 

 

Marc Tison qui organise aussi :

 

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27 et 28 juin. Gratuit / Dans le village
Samedi 27 à partir 19h : apéro textes / Red Bind http://www.kedzior-friedman.org/ / Courts métrages / Charles Pennequin http://www.charles-pennequin.com/
Repas et buvettes sur place
Dimanche 28 de 9h30 / 18h : Petite randonnée contée http://www.chergui.org/wp/
Fanfare les belles gambettes http://www.pistilcircus.com/orchestres/fanfare-des-belles... /
Lectures et rencontres d'auteurs : Pierre Domenges http://pierredomenges.com/
Gilles Bouly
http://www.expolibre.com/serigrap/bouly/bouly-p.htm
Cathy Garcia http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/
Francis Delabre /
Yanis Youloutas http://youlountas.net/
Concert Strange Enquête http://www.strang...eenquete.fr/
Installations plastiques / animations sur la place du village.
Invités (stands librairies / animation slam Babel Tchap...)
Buvette et restaurations.

 

20/05/2015

Ernest Pépin - A tous les reconduits

 

Fils des murailles
      Nous avons transporté les bosses du désert
      Jusqu'aux portes du refus
      La terre sous nos pieds déroulait ses frontières
      Hissait des barbelés
      Et refusait nos mains de pèlerins
      Les passeurs cassaient nos âmes
      Nos corps marqués au fer du soleil
      Nos langues sèches de barbares errants
      Et froidement tétaient l'argent de nos exils
      C'est l'heure d'une folie douce
      Nos genoux ont balisé l'enfer
      Notre faim a mangé la poussière
      Et nos silences ont grimpé la tour de Babel
      C'est l'heure d'une folie douce
      Là-bas
      La ville amarre la misère
      Le visage de l'épouse allume une feuille morte
      L'enfant qui naît enjambe l'avenir
      Là-bas la mort embarque les jours
      Et les nuits dévorent la chair des étoiles
      Nous sommes d'un long voyage
      Un voyage d'ancêtres au cœur maigre
      Un voyage de sauterelles affamées
      Un voyage de pays sous perfusion

      Un voyage d'ombres sans corps
      Nous sommes de ce voyage
      Où les nuits font contrebande de chair

      Où les jours ont honte de leur soleil
      Où les hommes quémandent le droit de respirer
      Nous sommes de ce voyage
      Nos yeux chavirent comme des pirogues blessées

      Nos mains dénouent le nombril des vents
      Et nul arbre n'accueille l'ombre de nos rêves

      Partir n'est pas partir
      Quand les murs sont vivants
      Partir n'est pas partir
      Quand l'oiseau est sans nid
      Partir n'est pas partir

      Quand la terre se cloisonne
      Dans la peur des peuples
      Nos pas effraient la tour Eiffel
      Les capitales repues du sel des colonies
      Les usines à chômage
      Les bourreaux d'arc-en-ciel
      Les bourses mondialisées
      Et les marchands de peau
      Nos pas dérangent la marche du monde
      Nos pas vont en fraude supplier l'horizon
      Ils ne savent pas ouvrir les monnaies de l'accueil
      Et ils s'en retournent humiliés
      D'avoir à retourner
      Au seuil de nous-mêmes
      Est-ce la peau qui refoule
      Est-ce l'homme qui dit non
      Nous sommes les arpenteurs du refus
      Les déserteurs sans papiers
      Les capitales ont tissé nos douleurs
      Et leurs lumières sont des flocons de sang
      Des feux rouges sans paupières
      Des enseignes interdites
      Insectes saisonniers
      Nous jouons
      A recoudre l'espace
      Derrière l'incendie
      Nous jouons des jeux de prisonniers
      Le monde entier est notre prison
      Et nous jouons nos vies
      Au casino des riches
      Voici venue la saison des fleuves vides
      Voici venue la saison des barbelés
      Voici venue la saison des marées humaines
      Voici venue la saison des esclaves volontaires
      Même le village a mangé son midi
      Et nos villes drapées dans la poussière
      Sortent des seins maigres comme des aiguilles
      Ô pays !
      Nous avions rendez-vous avec les pays du rêve
      Avec une autre géographie
      Avec les grandes puissances de l'or et de l'euro
      Leurs villes sont des vallées de miel
      Des cornes d'abondance
      Et leur pain quotidien récite sa prière
      A l'ombre des cathédrales
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim

      la faim n'a pas de passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
      la vie n'est pas une marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
      L'humanité n'est pas une nationalité
      La misère ne passe pas
      Passager clandestin
      Elle retourne au pays
      Nos sandales ont usé les nuits
      Nos pieds nus ont écorché les dunes
      La rosée pleurait une terre inhumaine
      Et nos mains mendiaient une autre main
      Les drapeaux ont peur de leurs promesses
      Ils se sont enroulés comme des scolopendres
      Notre soif est retournée au feu de notre gorge
      Et la vie nous a tourné son dos
      Tout homme qui s'en va défie l'entour
      Dessouche une nation
      Et lézarde une étoile
      Et dans ses yeux grésillent une autre vie
      Son feuillage est d'outre-mer
      Quand tout au loin luit son désastre
      Il fait troupeau vers les quatre saisons
      Il fait tombeau aux bornages
      O nègres marrons !
      Ce sont forêts de béton et d'arbres chauves
      Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
      En un seul bloc de froidure
      Dessous le ventre de l'avion
      Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
      Souviens-toi
      Et toi reconduit
      Econduit
      Déviré
      Jeté par-dessus bord
      Taureau d'herbe sèche
      Regarde toi passer sur ta terre
      Les yeux baissés
      Et sur la joue le crachat des nations

     
      Ils ont faim du soleil
      Mais le soleil a faim aussi
      (Parole de poète)
      Demande-toi où est ton lieu
      Ton seul lieu d'accueil
      Tu inventeras ta terre

 

à Lamentin le 29 octobre 2006

 

 

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19/05/2015

Daniel Birnbaum : Monde, j’aime ce monde - Polder 265 chez Décharge

Daniel Birbaum.jpg

Avec une présentation de Cathy Garcia :

« On voudrait faire comme les oiseaux, aimer ce monde, oui,

en le regardant de haut et défense de se moquer des moineaux. »

 

A commander ici : http://www.dechargelarevue.com/Polder-165.html

 

 

 

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23/04/2015

Eduardo Galeano - Los Nadies

 

 

Les puces rêvent de s'acheter un chien

 et ceux qui sont personne rêvent de quitter la pauvreté,

 qu'un jour magique

 pleuve sur eux la providence

 pleuvent des cruches entières de providence ;

 mais la providence ne pleut pas hier,

 ne pleut pas aujourd'hui, ni demain, ni jamais,

 ni même en bruine, elle ne tombera, la providence,

 aussi fort qu'il puissent bien l'appeler,

 et que la main gauche les démange ou pas,

 ou qu'ils se soient levés un matin du pied droit,

 ou qu'il aient commencé l'année en achetant un balai neuf.

 Ceux-là qui sont personne : fils de personne

 et proprios de rien.

 Ceux-là qui sont personne : nuls et

 rendus plus nuls encore,

 que l'on voit courir vers du vent

 et jour à jour mourir leur vie,

 enculés doublement.

 

 Qui ne sont pas, bien qu'ils soient.

 Qui ne parlent pas une langue, mais un dialecte.

 Qui ne professent pas une religion,

 mais des superstitions.

 Qui ne créent pas de l'art, mais de l'artisanat.

 Qui n'ont pas de culture, mais un folklore.

 Qui ne sont pas des êtres humains

 mais des ressources humaines.

 Qui n'ont pas de visage, mais des bras.

 Qui n'ont pas de nom, mais un numéro.

 Qui ne figurent pas dans l'histoire universelle,

 mais dans la chronique rouge des presses locales.

 Ceux-là qui sont personne

 et coûtent moins cher

 que la balle qui les tue.

 

 

 

traduction inédite de Laurent Bouisset
 
 
 

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16/04/2015

Briser le tabou de l'identité sexuelle : superbe clip de Benoît Pétré réalisé pour le groupe Holly Siz

 

 

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