Anne Dufourmantelle
Comment nommer cette part sauvage de nous-mêmes qui va chercher aux confins de ce retrait qu’on appelle « être seul », le commencement de cette vie choisie et non subie ?
in Puissance de la douceur
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Comment nommer cette part sauvage de nous-mêmes qui va chercher aux confins de ce retrait qu’on appelle « être seul », le commencement de cette vie choisie et non subie ?
in Puissance de la douceur

L’énergie est notre avenir, socialisons-la ! (80p. 8€) est paru en librairie le 21 mai 2025.
Ce livre d’Attac propose une alternative crédible : sortir l’électricité des logiques spéculatives et la réinscrire dans un véritable service public sous contrôle citoyen. Face à l’urgence climatique et aux dérives du marché, il trace la voie d’une transition énergétique juste, efficace et démocratique. Publié dans la collection « Comprendre pour agir », qui propose des alternatives face aux crises sociale, écologique, démocratique et trace les contours d’un autre futur possible, il décrit un chemin possible pour choisir démocratiquement notre avenir énergétique. Il pose des jalons pour construire de manière efficace le système électrique de demain au bénéfice de toutes et tous.
En savoir plus et commander :
Felipe Fittipaldi, photographe brésilien, vit à Vancouver et collabore régulièrement avec la presse internationale. Depuis 2014, il mène un travail photographique en profondeur sur la relation complexe qui lient une communauté à son environnement menacé par la destruction.
"Le littoral a toujours été en constante évolution, mais notre époque est marquée par l’accélération de son érosion. Prise en étau entre la montée des eaux et l’érosion côtière, Atafona est devenue le symbole de ce double phénomène. C’est dans cette ville brésilienne, où le temps semble s’accélérer, que Felipe Fittipaldi ancre son travail depuis 2014. En une cinquantaine d’années, plus de 500 maisons ont été détruites par les vagues. Un phénomène principalement d’origine anthropique, mais intensifié par l’élévation du niveau de la mer. La déviation des eaux pour les besoins croissants de la population, de l’industrie et de l’agriculture a entrainé une réduction du débit fluvial et de la bande de sable qui formait autrefois une barrière protectrice entre la côté et l’océan."
Un magnifique livre de Daniel Birnbaum, autant ses texte que ses photos, paru aux éd. Jacques Flament en novembre 2020. Tous deux nous ont quitté depuis et ce n'est pas sans émotion que j'ai plongé avec beaucoup de retard dans ce très émouvant témoignage d'un homme, Humain avec un très grand H, dont la vocation était de guérir les autres avec une humilité rare. Je connaissais déjà une partie des poèmes pour en avoir publié dans ma revue en 2018 (numéro 60), celui-ci par exemple :
Les ongles
La petite
toute belle toute fine
elle a des ongles peints
au feutre noir
il n’y a pas de vernis dans ce pays
il a été gratté depuis bien longtemps
elle a les pieds infectés
suintants
sanguinolents
il faudrait les mettre à l’abri de la poussière
de la boue des ordures des mouches
mais il fait trop chaud dans ce pays
elle marche pieds nus
elle a les ongles peints
et le feutre s’usera
lui aussi très vite.
Un des poèmes que j'avais publié ne figure pas dans le livre et la fin d'un autre a été modifiée, cette modification me touche car à elle seule, elle dit tout :
"l’heure viendra-t-elle un jour
une heure dans ce pays
où l’on pourra dire enfin au lieu de faim ?"
qui est devenu dans le livre "où l'on pourra dire enfin au lieu de fin".
En ce moment, la jeunesse de Madagascar, île tellement sacrifiée, se soulève comme une marée montante contre les inégalités, injustices, corruptions, coupures d'eau et de courant et, fait peu commun, les militaires envoyés contre eux, ont lâché leurs armes, Daniel aurait apprécié ce geste sans aucun doute. Aussi ce livre prend une dimension intemporelle, l'instant malgache est de tous les instants.
Daniel a présenté son livre ainsi :
Pourquoi L’instant malgache ?
Malgache parce qu’il s’agit de Madagascar, une petite partie seulement, de Tananarive, la capitale, à Majunga, sur la côte Nord-Ouest.
L’instant, parce que sur la Grande Île la plupart des gens vivent au jour le jour.
Et accessoirement parce que les photos, prises sans grande technique et livrées ici sans grandes retouches, sont des instantanés. On pourrait dire que les poèmes, comme les photos, sont également bruts.
Daniel Birnbaum, né en 1953, était médecin-chercheur à Marseille, biologiste moléculaire, directeur de recherche à l'Inserm et vivait près d'Aix-en-Provence. Il a aussi vécu en Creuse et en gardait des souvenirs très forts. Il a beaucoup écrit les quinze dernières années de sa vie, publié une vingtaine de recueils de poésies, essai, nouvelles, romans chez plusieurs éditeurs (Jacques Flament, P.i.sage intérieur, Voix tissées, Unicité...). Il m'avait demandé d'écrire la présentation de son polder chez Décharge/Gros Textes, "Monde, j'aime ce monde" (2015). Il a aussi publié chez L'Harmattan dans la collection éthique et pratique médicale, un livre qui relate la vie d'un laboratoire, l'avènement de l'oncologie moléculaire à l'hôpital et le développement de la médecine personnalisée. Il y évoque les difficultés, les problèmes, les choix, les défis, mais aussi les accomplissements de cette discipline. On peut lire l'hommage de l'INSERM ici et mesurer l'humilité vraiment exceptionnelle de cet homme qui jamais ne mettait en avant quoi que ce soit de lui-même : https://pro.inserm.fr/daniel-birnbaum-une-vie-de-passion-et-dengagement-au-service-de-la-recherche-contre-le-cancer
Daniel nous a quitté en août 2024, ce fut un grand choc de l'apprendre. Laurent Bouisset m'a proposé de lui dédier (à lui et à un photographe mexicain) le dernier numéro de la revue Nouveaux Délits, le 82 paru ce mois-ci, un spécial Mexique et Guatemala que nous avons réalisé ensemble. Daniel, avec sa grande ouverture aux autres, appréciait énormément l'intense travail de traduction des poètes contemporains latino-américains auquel s'adonne inlassablement Laurent.
Qui va s'élever un jour
qui va gronder
bousculer
taper du poing
sur cette putain de face du destin
mille fois vendue
qui sera un jour peut-être
comme les vagues
qui obéissent au rythmes
mais ignore le destin
qui sera un jour...
in L'instant malgache, Jacques Flament éd., 2020
à écouter absolument, magnifique et si juste, hélas
Merci à Voix Dissonantes !
Quel est, en effet j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L'ignorance. L'ignorance encore plus que la misère. L'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes.
1848, à l'Assemblée nationale

Une grande dame est partie
"J'aimerais qu'on se rappelle de moi comme de quelqu'un ayant aidé les gens à faire preuve d'un peu d'humilité et à réaliser que nous ne sommes pas séparés du règne animal, mais que nous en faisons partie."
Jane Goodall, éthologue, anthropologue et militante (3 avril 1934 - 1er octobre 2025)
in entretien avec Ira Flatow, 2022
Parution le 3 octobre 2025
éditions Les Pérégrines
cliquez sur l'image pour lire mieux
Mathilde Saliou est journaliste spécialiste des enjeux numériques et a été secrétaire générale de l’association Prenons la Une. Elle partage ses réflexions dans sa newsletter Technoculture et est également l’autrice de Technoféminisme. Comment le numérique aggrave les inégalités (Grasset, 2022).
éditions Divergences, septembre 2025
Un article sur le livre à lire ici :
https://reporterre.net/Apocalypse-nerds-un-livre-pour-contrer-Elon-Musk-et-Jeff-Bezos
Si seulement les enfants ne mouraient pas !
Qu'ils soient élevés temporairement vers le ciel, le temps que la guerre se termine, puis qu'ils rentrent chez eux en sécurité ! Et lorsque leurs parents, perplexes, leur demanderaient : "Ou étiez-vous ?", ils répondraient joyeusement : “Nous jouions avec les étoiles.”
Dans tout le continent américain, du nord au sud, la culture dominante admet les Indiens comme objets d’étude mais pas comme sujets de l’histoire. Les Indiens peuvent avoir des folklores, mais pas une culture ; des superstitions, mais pas des religions ; ils parlent des dialectes, et non vraiment des langues ; leurs produits sont considérés comme de l’artisanat, non comme de l’art.

in éditorial pour Combat, 8 août 1945
Francis Combes a fondé les célèbres éditions Le Temps des Cerises en 1993. Près de trente ans plus tard, il invite la poésie et la littérature humaniste à se poser à La Courneuve en y créant Le Merle moqueur, une association à vocation culturelle et artistique. Une initiative des «Poètes de le Planète» et des éditions du Merle Moqueur : la Maison de la citoyenneté, en partenariat avec la ville de La Courneuve, a accueilli une soirée dédiée à la poésie polyglotte. Des poètes et poétesses venus des quatre coins du monde, et de France, se sont réunis pour faire entendre leurs voix pour la paix.
Adresse publique
Adoptée par les poètes, écrivains et artistes réunis aux journées RESPAIX,
(Poètes de la Planète, les 19, 20, 21 Septembre 2025 à Paris - La Courneuve) - PROJET -
Nous pouvons explorer les trous noirs de l’univers mais nous laissons s’agrandir autour de nous et en nous des trous noirs qui s’ouvrent sous nos pieds et dans notre propre conscience et peuvent nous engloutir.
Tout se passe actuellement comme si le droit international, qui s’était à peu près imposé après les deux guerres mondiales, n’existait plus. C’est le règne de la loi du plus fort. Dans tous les domaines. La coexistence pacifique est oubliée et la guerre est à nouveau considérée comme normale ; dans l’économie, comme dans les rapports entre États, voire dans les relations entre individus. On peut envahir un pays voisin, envoyer la jeunesse à la mort et tuer des civils, comme dans la guerre en Ukraine.
On peut organiser un génocide, affamer et assoiffer délibérément des millions d’êtres humains, hommes, femmes, enfants, dans le but de les faire disparaître ou de les contraindre à l’exil, comme cela se passe sous nos yeux, à Gaza.
Le racisme le plus bestial, qui consiste à dénier à l’autre jusqu’à sa qualité d’être humain, est à nouveau ouvertement prôné par des hommes d’État.
Plus généralement, personne ou presque ne prend plus en considération le droit des peuples à l’auto-détermination ; ce qui serait pourtant un élément essentiel à la résolution de bien des conflits.
Au moment où le réchauffement planétaire apparaît évident et où les incendies et les catastrophes climatiques se multiplient à la surface de la Terre, les pays les plus développés, au lieu de se mobiliser pour faire face ensemble aux défis communs de l’humanité, s’engagent dans une nouvelle course aux armements.
C’est bien sûr le moyen de relancer les affaires, mais ce n’est pas que cela. Face à l’émergence de nouvelles puissances, et à un déclin relatif des anciens empires, il s’agit comme à la veille de la Première et de la Deuxième Guerre mondiales, de se partager le monde et ses richesses. Et aussi, par la militarisation des esprits, de juguler les protestations contre la corruption et les injustices qui soulèvent l’indignation des opinions publiques.
Vu l’accumulation démentielle des armes, notamment nucléaires, le moindre de ces conflits peut nous entraîner vers une nouvelle conflagration mondiale. La puissance que l’humanité détient entre ses mains est telle qu’elle peut sans doute surmonter ses problèmes les plus difficiles mais aussi s’auto-détruire et détruire ses propres conditions d’existence.
Mais il n’est pas écrit dans les étoiles que l’humanité est prête à se suicider.
Nous savons que toutes les guerres qui visent à modifier les rapports de force s’achèvent obligatoirement par des discussions et nous refusons que la vie des enfants, des femmes, des hommes passe par pertes et profits.
En tant que poètes, écrivains, artistes, hommes et femmes de langage nous savons que c’est par la parole que nous accédons à l’humanité. Et c’est par la parole que l’humanité peut se sauver. Il faut que la force du langage se substitue au langage de la force, que le dialogue l’emporte sur le monologue inégalitaire et meurtrier des armes.
Bien sûr, un poème, une chanson ne peuvent pas arrêter un missile. Mais nous ne sommes pas sans pouvoir. Nous pouvons dire la vérité, dénoncer les coupables et redonner vigueur aux raisons d’espérer. Nous sommes ici non seulement pour sauver l’honneur mais pour affirmer un courant culturel pro-paix.
Face à la guerre, face à l’échec de la mondialisation ultra-libérale qui engendre partout la montée du chauvinisme et du néo-fascisme, nous pouvons faire vivre l’idée que nous appartenons tous à la même nation, multicolore et solidaire, des habitants de la Terre.
Nous saluons les peuples qui se mobilisent et cette génération nouvelle qui se lève un peu partout dans le partage de l’indignation et de la fraternité. Nous sommes le Peuple-monde, le peuple des femmes et des hommes qui viennent des quatre coins du monde et qui se retrouvent ici et partout, car « le centre du monde est partout et chez nous ». Nous sommes partie prenante de ce peuple d’hommes et de femmes solidaires de leurs semblables et de la vie sur terre, ce Peuple-monde en puissance qui doit accéder à la conscience et à l’existence car c’est par lui que passera notre commun salut.
En tant qu’artistes, écrivains, poètes, nous n’avons pas de plus haute aspiration que d’y contribuer.

Tarmac Éditions, avril 2025, 99 pages
Image de couverture: Sylvie Coupé Thouron, préface de Christine Saint Geours
