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30/01/2018

Honor the Treaties - Aaron Huey's Pine Ridge Indian street project

 

Aaron Huey's Pine Ridge Indian street project The Black Hills Are Not For Sale.jpg

 

 

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Ernesto Yerena

 

 

Shepard Fairey aka Obey Giant. honnor the Treaties.png

Shepard Fairey aka Obey Giant

 

 

honnor the Treaties.-1.jpg

 

En savoir plus :

 

https://amplifier.org/campaigns/honor-the-treaties/

 http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2016/12/30/hono...

 http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2016/12/30/aaro...

 

 

 

 

 

 

 

We Are Still Here : 40 ans d'AIM en photos

La journaliste et écrivain Laura Waterman Wittstock et le photographe Dick Bancroft ont enregistré, écrit et photographié l'American Indian Movement (AIM) pendant plus de 40 ans.

 

 

 

19/01/2018

Two Moons (1847–1917) ou Ishaynishus en Cheyenne

Richard Trossel, Two Moons.jpg

photos : Richard Throssel

 

Il n'a pas vingt ans lorsqu'il participe à l'attaque de Platte Bridge aux côtés des Lakotas en juillet 1865. Il combat ensuite avec les Lakotas, les soldats du général Patrick E. Connor qui venaient envahir les territoires de chasse de la Powder River en août 1865. Pendant la guerre de Red Cloud, il participe à l'embuscade dans laquelle tombent les hommes du capitaine William J. Fetterman en décembre 1866, puis au combat de Hayfield au mois d'août suivant. Après la signature du traité de Fort Laramie en 1868, Two Moons s'établit sur la Grande réserve sioux.

Le 17 mars 1876, sur Lodge Pole Creek, dans la vallée de Powder River, au Wyoming, l'éclaireurtis Frank Grouard découvre un camp indien dissimu dans la neige.Il affirme qu'il s'agit du camp de Crazy Horse. C'est en fait le camp de Two Moons et des Oglalas de He Dog qui avaient quitté la serve afin de chasser le bison. Le colonel Joseph J. Reynolds qui commande l'avant-garde du général George Crook, décide d'attaquer sans attendre. Venant des deux côtés à la fois, cinq compagnies de cavalerie chargent brutalement le camp endormi pendant qu'un autre groupe s'empare des sept cents poneys. D'abord totalement surpris, les guerriers se ressaisissent rapidement. Dissimulés derrière des rochers, ils tiennent en respect les soldats pour permettre aux femmes et aux enfants de fuir, puis ils se replient dans les collines. Les soldats mettent le feu aux tipis et aux réserves de nourriture et emmènent avec eux les chevaux indiens. La nuit suivante, les guerriers cheyennes et oglalas, pourtant durement éprouvés, dont les familles ont du fuir dans la neige abandonnant vêtements et couvertures, se glissent dans le camp des soldats et parviennent à reprendre leurs montures. Certains poussent jusqu'au camp principal de Crook et s'emparent de ses bêtes de bât. Maintenant montés et munis de quelques chariots, les Indiens parviennent à rejoindre le camp de Crazy Horse qui les nourrit et les réconforte.
 

De
ux mois plus tard, le 17 juin, Two Moons participe aux côtés de Crazy Horse à l'attaque des troupes de Crook sur la Rosebud River. Crook sera désormais incapable de poursuivre la campagne contre les Sioux. La semaine suivante, Two Moons, charge les soldats du lieutenant-colonel George A. Custer qui venaient les attaquer sur la Little Bighorn. Alors que les Indiens se dispersent après leur victoire, Two Moons reste avec Crazy Horse. Ensemble, ils repoussent les soldats du colonel Nelson A. Miles dans les Wolf Mountains en janvier 1877. Au printemps 1877 tandis que Crazy Horse fait sa reddition à Fort Robinson, Two Moons se rend au colonel Miles à Fort Keogh, au Montana. Quelques mois plus tard, il devient éclaireur dans l'armée et participe à la campagne contre les Nez-Percés, arrêtant le peuple de Chef Joseph en fuite vers le Canada. Le fait d'avoir fourni des éclaireurs à l'armée évitera au clan de Two Moons la déportation en Territoire Indien comme les autres Cheyennes.

En
mars 1879, Two Moons rencontre le Cheyenne Little Wolf et les siens à l'issue de la terrible "Longue marche des Cheyennes". Il les persuade de faire leur reddition à Fort Keogh. C'est le profil de Two Moons qui sera utilisé pour l'effigie de la pièce de cinq cents en 1913. Two Moons s'établit sur la réserve Northern Cheyenne au Montana où il meurt en 1917.
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Two Moons (1847–1917), or Ishaynishus (Cheyenne Éše'he Ôhnéšesêstse).jpg

 

 

John Trudell - We are the power

Discours de John Trudell prononcé le 18 Juillet 1980 au Centre de Survivances Interculturelles Amérindien.

 

 

 

 

09/01/2018

Beaux voeux reçus de poètes & artistes

 

 

 

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Jlmi sur une oeuvre de Huguette Caland    Rossinante Under Cover X 2011
 
 
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Alain Cotten
Zinzoline, revue incertaine d'art et de littérature

 
 
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La revue Spered Gouez vous adresse  tous ses meilleurs voeux pour 2018


 

 
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amistats
 
Bernard Mayaudon
 
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HAPPY NEW 18
 
Plombée par le décalage horaire
L'horloge universelle bonifie les heures creuses
 
Rafales d'écriture automatique sur sentiers lumineux
Des Cadavres exquis transitent chimériques
 
Mais où garer les égarés ?
 
HAPPY NEW 18
 
Le Serpent à plume
 
 

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***

 

Pascale de Trazegnies

lit un de ses poèmes sur une musique d’Alain Kremski ( « Sous les Étoiles silencieuses »).

Avec les peintures de Picha (Galerie Forêt Verte).

 

***

 

quel est ce lieu
où la naissance du monde
écoute à l'intérieur de nous
 
(Zéno Bianu - L'île du dedans")

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Anne Jullien

 

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Lionel Lefèvre

Rendez vous avec « Anicet » sur  vocabullanicet.com

 

***

 

 

Du sort…

 

lui-même inconstant

le sort vacillera sur son erre

ne saura du lendemain projeté

poursuivre sur sa lancée d’une ère

momentanément encalminée…

 

 car il est toujours temps

avant que l’avenir ne s’assigne

suspendre de vains dieux

non seulement l’ire mais le signe

avant-coureur de destinée…

 

celle que suspicieux

en d’inexplicables options

ces bienfaits nous assènent

confondant ellipses et lunaisons

selon nos diapasons…

 

 car il est toujours temps

en cette heure où les vœux courent

d’un manquement à leurs idéaux

modifier ces trajets qui concourent

à des cieux infernaux…

 

 

Henri Cachau

  Avec nos meilleurs vœux  

2018

 

 

 

 ***

 

2018

tout seul on ne peut pas y arriver
il va falloir qu'on s'y mette
que chacun donne de soi
pour que tous les éléments du puzzle

projets santé affaires sentiments

s'ajustent au mieux

pour le reste il suffira d'être nous mêmes



http://www.pierrerosin.fr/
 
 
 
 
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Excellente fin d'année 2017, prenez soin de vous en 2018...

 

"Je suis comme un agenda ouvert sur l’écho des paroles

Envolées depuis cent mille années

Je suis comme un dictionnaire en attente de mots neufs,

De mots gourmands de vie, de mots rares et précieux

 

Une échelle et vite, me voilà dans les mots alizés

Dans les mots nuages, dans les mots soleils

Là-haut, dans les nuées, une quiétude, un silence,

une sérénité qui transparait en instant d’éternité

Ici-bas, trop souvent, les mots cages, les mots sourds

Les mots lourds, les mots dévoreurs de vie

 

Entre nous deux, le silence, l’incompréhension, la douleur…

 

Ici-bas, aussi, les mots gestes, les mots regards

Les mots sourires, les mots dialogues

Entre nous deux, l’échange, le partage, la tolérance,

Un silence de douceur loquace…

Ils dorment, les mots, ils dorment au large des bouches

Ils dorment au large des baies des langues

Emportés par le flot et la houle

Ou bercés par le vent timide de la parole.

 

Imagine, voyageur, la splendeur

D’un monde autre que le tien..."

extrait "Voyage au centre du mot" spectacle poético-scientifique d'Yves Béal, Heiko Buchholz et François Thollet - direction d'acteurs Alexandre Del Perugia.

 

 

***

 

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 ***

 

Aujourd’hui je n’ai rien fait
(Hoy no he hecho nada)

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais bien des choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz (1925-1995)
[« Treizième poésie verticale », 1992]

 

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29/12/2017

Carte blanche à Muriel Carrupt

 

 

 

 

22/12/2017

Le cadeau du jour : "Qui aime quand je t'aime ?"

 

25498015_10212539871866015_3239911257313389566_n.jpgAujourd'hui s'est présenté à moi via les souvent heureux "hasards" (en ce qui me concerne) de ce nouveau genre de relations sociales, les virtuelles, pas plus dénuées d'intérêt que les autres et qui offrent d'innombrables occasions de découvrir et d'apprendre.

Cette page, après quelques recherches, s'avère être une page d'un livre de Jean-Yves Leloup et Catherine Bensaïd : "Qui aime quand je t'aime" et je suis tombée sur l'article d'un québécois nommé Jean Gagliardi qui en parle (voir lien à la fin). Et c'est tellement ça ! Alors je partage :

 

"Dans l’introduction de We, Robert A. Johnson signale qu’il y a 96 noms différents pour l’amour en sanscrit, alors qu’il n’y en a qu’un en français, deux en anglais et en espagnol. Or plus on connait quelque chose, plus on a de vocabulaire pour le décrire dans toutes ses nuances. Il rapporte ainsi que les premiers explorateurs qui ont rencontré des Innus ont été fort surpris de constater que ces derniers avaient une centaine de noms différents pour désigner la neige. Il y a pour les Innus la neige du matin, la première neige qui ne tient pas, la neige collante qui tombe à gros flocons, etc. De même, il y a toute une gradation de l’amour qui va de l’amour du chocolat à l’Amour divin. La seule langue connue où il y aurait autant de vocabulaire qu’en sanscrit pour parler de l’amour est l’arabe. Il y a là sans doute trop de nuances pour que nous puissions en saisir toutes les subtilités et il nous faudrait entrer dans des considérations mystiques car l’amour, dans ses hauteurs, perd toute dimension personnelle et devient un nom de Dieu. Cependant, le grec nous offre déjà un éclairage significatif de cette diversité de l’amour en nous proposant une dizaine de noms pour l’appréhender. C’est ce que détaille Jean-Yves Leloup dans le livre Qui aime quand je t’aime qu’il a cosigné avec Catherine Bensaïd, où il présente une échelle de l’amour qui va de porneia à agapè en passant par philea et eros :

Porneia est l’amour faim, le plus primaire pourrait-on dire, qui porte à littéralement « manger l’autre » : c’est la faim du bébé pour le sein de sa mère. L’autre est là un objet de consommation qui satisfait un manque, un appétit. « L’autre n’est pas différencié, il n’est là que pour répondre à mes besoins, qu’ils soient nourriciers, sexuels ou affectifs ». Mais il n’est là, nous dit Leloup, rien à refouler : il y a toujours de l’enfant en nous et il s’agit de le rendre conscient. Le défi que nous pose porneia est de passer de consommer à communier.

Pothos, pathè, mania sont autant de variations de ce que l’on appelle la passion amoureuse, où les anciens voyaient la source de tous les maux. On a ici la racine étymologique de mots comme « pathétique », « pathologique », « manie » et « maniaque », qui pointent le caractère obsessionnel de l’amour à ce stade qui prolonge porneia en ajoutant à la dimension pulsionnelle un caractère émotif. Il dit alors : « je t’ai dans la peau, tu es tout pour moi et je veux être tout pour toi. » Leloup souligne que ce qui se cache dans cette forme d’amour tient de la demande de reconnaissance, de la confirmation du droit d’exister.

Eros est un dieu, volontiers représenté comme un sexe représenté avec des ailes pour signifier un amour qui se dégage de la pulsion (porneia) et de la demande affective (Pothos, pathè, mania) pour s’envoler vers la divinité de l’amour. Eros nous introduit dans le domaine du désir et de la célébration de la beauté, que ce soit celle des corps mais aussi des âmes. Nous réduisons volontiers en Occident à tort l’érotique au sexe alors qu’il s’agit plutôt du dévoilement de ce qui est derrière l’attirance sexuelle elle-même. Avec eros, il y a un élan visant à élever l’amour jusqu’à agape et l’on voit se dessiner le sens de cette progression que figure l’échelle de l’amour : « chacun de ses barreaux n’a pas d’autre fonction que de conduire à l’échelon supérieur, on n’est guéri d’un amour que par un plus grand amour ».

Philia est l’amour que nous traduisons désormais par le terme « amitié », dans lequel on peut entendre dans la langue des oiseaux la reconnaissance de deux êtres comme des âmes-moitiés. Les Grecs distinguaient quatre formes différentes à l’amitié : celle qui prévaut dans la famille, l’hospitalité envers l’étranger, l’amitié des amis et l’amitié amoureuse, qui est rare car l’équilibre est rare entre l’attachement amoureux et le respect de la liberté que présuppose une véritable amitié. Philia nous invite à nous montrer dans notre vulnérabilité car il repose sur la confiance mais il n’est pas encore agapè car on attend encore de l’ami qu’il nous comprenne, ou du moins qu’il nous accepte dans notre différence, et l’on y noue une forme de complicité.

Storgè et harmonia commencent à dégager l’amour de la relation à l’autre pour en faire une qualité intrinsèque à la personne : storgè est l’amour tendresse et harmonia la célébration du fait d’aimer en lui-même, sans que cet amour soit nécessairement payé de retour. Il s’agit d’un état de conscience qui va avec la recherche d’une vie d’harmonie, et « un rayonnement de l’être profond de la personne, qui se manifeste comme une tendresse infinie à l’égard de tous les êtres. » Sexualité et affectivité ne sont pas exclues de cette dimension de l’amour mais sont replacées dans une perspective plus vaste, moins égocentrée. « Lorsque deux êtres aimants dans le sens de storgè s’unissent, c’est l’harmonie même du ciel et de la terre qu’ils rétablissent. »

Eunoia est l’amour qui s’incarne dans le donc et le service. « Avec eunoia, nous ne sommes plus du côté de la soif, mais du côté de la source » : les autres « ne sont plus là pour combler nos manques, ils sont là pour que nous les aimions tels qu’ils sont et quelles que soient les circonstances ».

Charis, qui a donné notre « charité » en en pervertissant le sens pour le réduire à l’aumône, est la joie de donner, et de se donner. Tout est donné gratuitement. « C’est ce qu’on appelle parfois « l’état de grâce ». Tout est simple, l’amour coule de source, il se nourrit même des obstacles et des oppositions qu’il rencontre. »

« Agapè est l’Amour qui fait tourner la terre, le cœur humain et les autres étoiles ». C’est cet amour que les chrétiens nomment Dieu, le seul dieu qui ne puisse être une idole car on ne le possède qu’en étant possédé par lui, qu’en le donnant et en le vivant. « Cet amour est un Autre en nous, une autre conscience, un tout autre amour que tous ceux que nous avons connus précédemment et qu’on ne peut comparer à rien. (…) Cet amour ne détruit rien, ni l’enfant en nous avec ses besoins, ni l’adolescent avec ses demandes, ni l’adulte avec ses désirs, mais il nous rend libre de toutes les formes d’amour que nous avions pris pour l’Amour. »

Plutôt qu’une échelle impliquant toujours une notion d’ascension qui laisse la terre derrière nous pour s’en aller au ciel, on peut se représenter aussi l’amour comme un arc-en-ciel déployant toutes les couleurs implicites dans la blancheur de la lumière. Mais le point important que cette étude met en évidence, c’est que les degrés supérieurs de l’amour s’appuient sur les précédents et en impliquent le vécu, l’intégration consciente. Il n’est pas possible d’accéder à l’Amour divin sans passer par l’amour humain, à l’amour universel sans incarner celui-ci dans l’amour personnel, à moins de perdre toute la richesse du spectre des couleurs de l’arc-en-ciel. Il ressort cependant de ces réflexions que la passion amoureuse peut être envisagée comme une voie spirituelle de connaissance de soi et du Divin pour peu que l’on soit prêt à y introduire de la conscience, à travailler la relation pour en retirer les projections. C’est une voie que l’on peut qualifier d’humide et de féminine car entièrement centrée sur la relation consciente, à la différence de la voie sèche et masculine qui se fonde sur la volonté et l’ascèse, pour laquelle l’amour humain doit être écarté au profit de la recherche d’un amour transcendant. "

Jean Gagliardi

http://voiedureve.blogspot.fr/…/le-nom-du-jeu-est-amour.h...

 

 

21/12/2017

Les tondues de Perrine Le Querrec, dessins Jacques Cauda

 

Lestondues10novembre-1-224x320.jpgpar Jean Azarel

La quatrième de couverture donne le « la » époumoné de ces « Tondues » à qui l’écrivaine Perrine Le Querrec lègue ses mots et le peintre Jacques Cauda son crayon à dessin.
« N’a-t-on jamais demandé aux hommes s’ils avaient couché avec une allemande, les a-ton transbahutés sur des charrettes à travers villes et villages sous les huées ? A-t-on jugé leur sexualité, a-ton jugé leur chair, leur pénis, leur cœur ? »
Ceux qui se targuaient de clamer hier « Je suis Charlie », auront-ils le cran (sic) de clamer aujourd’hui « Je suis tondu(es) » ? A défaut de tignasse, je n’en mettrais pas ma main à couper, mais qu’importe…
En un peu plus de trente pages courageuses (merci aussi à l’éditeur Z4), un épisode sinistre de l’histoire de France passe la mémoire enfouie à la Marie-Rose pour rendre moins lisse le crâne du souvenir.
En même temps que tombent les chevelures tombent les masques des maîtres de l’exemplarité et rebondit le destin des femmes à travers les siècles. Le duo Le Querrec / Cauda scalpe au sécateur le non dit intemporel des outrages faits au « sexe faible ». Quand l’une écrit avec le vif de ses entrailles, l’autre fomente ses noirs dessins. Perrine s’exprime en urgentiste, Jacques décolore le trait. A chacun, chacune, sa partition dans un témoignage essentiel : donner à entendre pour effacer le silence de la langue, donner à voir pour gommer le silence des yeux.
« Le silence des femmes. Ce silence de la peur de la honte un silence séculaire la langue mordue la tête tondue. Silence reste à ta place attends mon retour attends ton tour sur la ligne brisée de ton départ sans espoir d’arrivée. Et les cheveux tombent et les femmes tombent et la raison tombe et l’humanité tombe et je tombe le corps attaqué au sommet ».
A l’heure où les extrémismes de tout poil font sortir du bois la bête du totalitarisme, Perrine Le Querrec et Jacques Cauda nous appellent à bien plus que la vigilance, ils crient la rage de résister et le refus du laisser-faire. Leur crédo universel renvoie dos à dos le dévoiement des religions alibis de l’horreur, le diktat sexuel, le plaisir trouble du bourreau face à sa victime, l’oppression originelle du fort sur la faible.
« L’ennemi est désigné c’est l’ennemie, la femme c’est l’ennemie la faute le trouble l’incendie les bombes la menace. La chevelure c’est l’ennemie. Baudelaire. La poésie. La liberté. La sensualité. L’être profond. Les violences varient. Les violences spécifiques
A coups de ciseaux à coups de fouet à coups de pierre à coups d’acide à coups de rasoir à coups d’insultes à coups de verges. »
Loin des philosophes bénis oui-oui habiles à couper en quatre les cheveux de la réalité pour légitimer le déni, à contre courant des castes revanchardes pseudo-féministes, ce livre va au-delà de la demande d’égalité des sexes. Il est un vibrant plaidoyer pour le respect du « moi » de la femme, son essence et son intégrité, dusse-t-il en coûter aux hommes le partage du pouvoir qui va avec, et le vertige de la peur qui change de camp. « Nous sommes métisses / Nous sommes l’épouvante et la puissance / L’utopie et la faille / L’inégalité flagrante vivante souffrante vibrante rayonnante / Nous sommes une bouche le langage – des seins un cœur- des bras l’étreinte – des cuisses la force – des yeux la perception – deux cerveaux l’intelligence – un sexe la vie / Une chevelure / Une femme. »

« Les Tondues » Z4 Éditions. 12 euros.

Publié le 11 novembre 2017 – 38 Pages – Couverture souple en dos carré collé – Impression intérieure Noir & blanc- 15,24 cm x 22,86 cm  http://z4editions.fr/publication/les-tondues/

 

 

15/12/2017

Marguerite de Porète de Jean Bédard

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Je viens de terminer ce très beau roman autour de cette figure emblématique, Marie de Porète, née à Valenciennes vers 1250, qui a très fortement inspiré Maître Eckhart, théologien et philosophe dominicain, le premier des mystiques rhénans, né en 1260. La béguine errante, mystique poète érudite autodidacte liberterre, a finit sur le bûcher de l'Inquisition Place de Grèves à Paris le 1er juin 1310, elle avait écrit deux livres en langue d'Oïl (et non en latin) dont le deuxième, et le plus essentiel, a su traverser les siècles, grâce à des copies, "Le miroir des âmes simples et anéanties"... Ce roman du Québécois Jean Bédard lui rend un très bel hommage. Il y a des personnages comme ça, des visionnaires qui viennent bousculer leur époque, pour délivrer des messages universels et immortels, souvent ils en paient le prix fort, mais ils viennent faire évoluer l'humanité, l’Église et autres pouvoirs de tout temps, on tout fait pour les faire taire....en vain

 

 

 

Pour en savoir plus sur les Béguines, un livre tout récent : La nuit des Béguines d'Aline Kiner (Liana Levi éd. août 2017). 

http://information.tv5monde.com/terriennes/la-nuit-des-be...

il y a de la Béguine dans l'air....(oui avoir le béguin vient de là, c'était le nom de leurs coiffes).

 

 

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13/12/2017

Vient de sortir : Saïd Mohamed - Un toit d'étoiles, le CD

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19/11/2017

IN-SHADOW: A Modern Odyssey de Lubomir Arsov

 

“No tree, it is said, can grow to heaven unless its roots reach down to hell.”
-C.G. Jung

 

 

 

17/11/2017

Léon Cobra - GéNéRIQUE ...

 

 

... JUSTE avant la REVOLUTION

 

 

LéonCobra

 

J'étais assis, seul, sur un banc public dans un parc désert.

 

Je n'attendais personne et personne ne m'attendait.

Les chômeurs chômaient, les dealers dealaient, les travailleurs travaillaient, les profiteurs profitaient, les violeurs violaient, les pollueurs polluaient, les rêveurs rêvaient, les cuisiniers cuisinaient, les buveurs buvaient, les penseurs pensaient, les assassins assassinaient, les plongeurs plongeaient … c'était juste avant la Révolution.

J'avais le regard vide .Mes yeux larmoyaient. Mes membres tremblaient.

Je venais juste de me faire opérer d'un cancer. J'étais meurtri, fatigué, usé, déprimé, recousu, appareillé, timoré, angoissé, brisé, anémié, prostré, désœuvré, léthargique.

La Sécu m'avait accordé un bonus : cinq ans à 100 % !

Je comptais les minutes. Je biffais les jours sur le calendrier.

J'avais mis des lunettes noires … c'était juste avant la Révolution.

 

Le petit chaperon rouge avait peur du loup, le président Donald du président Kim, l'OM du PSG.

L'intérimaire tremblait devant le contremaitre qui tremblait devant le DRH qui tremblait devant le PDG qui tremblait devant les actionnaires.

Il ne pleuvait jamais. La terre était sèche. Les bêtes mouraient de soif. Les paysans abandonnaient leur campagne et rejoignaient les bidonvilles autour du périphérique … c'était juste avant la Révolution.

Les hommes buvaient, se droguaient, forniquaient. Les femmes buvaient, se droguaient, forniquaient . Les adolescents buvaient, se droguaient, forniquaient. Il y avait des pédophiles à la sortie des écoles, des racistes sur les listes électorales, des salons de massage à la place des librairies , des céréales OGM en promotion, des armes en vente libre, des vêtements qui prenaient feu sous les projecteurs des salles de spectacle, des gladiateurs qui se battaient dans les arènes pour un ticket restaurant ; toutes les chaines
de télévision diffusaient la même image à la même heure avec le même commentaire...c'était juste avant la Révolution.

 

Je me suis levé lourdement. Le crépuscule tombait.

Mes mains étaient glacées. C'était le début de l'hiver.

Je remontais la rue contournant les ados en skate qui fonçaient dans le brouillard, les mémés en patinettes qui revenaient de la salle de sport.

J'évitais les merdes de chien qui parsemaient le trottoir.

Je comptais les mégots qui jonchaient les pas de porte .

Je n'ai salué personne et personne ne m'a dit un petit bonsoir.

Les passants se précipitaient vers le métro le plus proche , un smartphone à la main, un casque sur les oreilles.

La nuit électrique envahissait ruelles et boulevards... c'était juste avant la Révolution.

 

Léon Cobra

( 9/11/2017 )

 

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http://leoncobra.canalblog.com/

 

 

14/11/2017

Sarah Roubato - Lettre à Zola mais pas que...

 

 

 

 

 

 

10/10/2017

Appel à souscription pour La peinture et la poésie aux éd. Héliotropismes

les éditions Héliotropismes lancent une souscription / prévente pour un ouvrage hybride intitulé "La peinture et la poésie" dans lequel se croisent : peintures photographiques de Nicolas Guyot (Nicolas Guyot • Peinture Photographique) et poésie.
 
 
 
 
 
La peinture et la poésie
Nicolas Guyot a recueilli une série de poèmes de Laurent Bouisset et des poètes guatémaltèques Rosa Chávez, Regina José Galindo et Luis Carlos Pineda et de les mêler anonymement pour former un ensemble littéraire nouveau.

Il s’est ensuite penché sur la création des images que les textes traçaient en lui.
Chaque illustration est une œuvre unique, une peinture photographique au bromure d’argent révélée et travaillée sur différents types de supports. Cette approche plastique s'est confondue aux textes qui sont à leur tour devenus des tirages photographiques.
Au final l’image est visible dans le texte autant que le texte l’est dans l’image.
Poèmes de Rosa Chávez, Luis Carlos Pineda, Laurent Bouisset et Régina José Galindo accompagnés de 29 peintures photographiques de Nicolas Guyot.
Bilingue, traduction de l'espagnol et en espagnol de Laurent Bouisset.
Format broché 20 x 20 cm
68 pages, images plein format.
Prix de vente : 22 € 
Prix en prévente : 20 €
 
 
Plus d'infos ici :
 
 
 
 
 
 
 

 

30/09/2017

nous sommes inexcusables / Bruno Toméra 2005

 

nous sommes inexcusables.jpg
                                                                                                                                                      ill. jlmi  2004
 

 

Nous regardons les corps déchiquetés et sanguinolents
Nous regardons la souffrance comme une part de la nécessité
Nous regardons les portes grinçantes des gagne-pain se fermer
Nous regardons le nombre anonymes de virés
Nous regardons les faits mais pas les causes...
Nous regardons l'information fragmentée et sponsorisée
Nous regardons les scénarios d'espoir moqués
Nous regardons avec fierté le design des bombes high tech
Nous regardons la programmation de l'anéantissement de nos rêves
Nous regardons l'individu sacralisé sans les autres
Nous regardons les beaux parleurs remuer les lèvres
Nous regardons la vacuité se proclamer " star " etc etc...
Nous regardons le religieux re-saler la soupe de l'ignorance
Nous regardons les trophées de la tortures des animaux
Nous regardons les sourires mielleux des annonceurs de misères
Nous regardons les journalistes en costume de Monsieur Loyal
Nous regardons l'air étouffer et l'eau pleurer nos déchets
Nous regardons les écrans imbéciles se trémousser
Nous regardons le narquois contentement du mensonge
Nous regardons les droits de l'homme conspués
Nous regardons la morale méprisante des intellectuels médiatiques
Nous regardons les êtres vivants déniés
Nous regardons le vivant comme si nous étions hors de lui
Nous regardons mais nous ne voyons rien
Nous sommes inexcusables.

 

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