Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/10/2017

l'oeil, l'oreille & la plume... 4 minutes

1800911964.png

  

Son regard hésite entre la haine et la peur.

Elle est épuisée, le souffle court, animal traqué, assise sur le clavier du piano de concert, au centre de la scène du Deutsche Oper.

Elle vient d’interpréter sa partition de Schumann mais elle l’a emplie de rage et d’amour en des improvisations échevelées, vannes de l’âme grandes ouvertes.

Quatre minutes d’émotion pure.

  

Une chape de silence tombe sur les dernières résonances d’un coup de poing rageur sur les graves. Le public est sonné par le flot de musique brute que Jenny vient de lui asséner, et reste pétrifié ; hésitant sur la réaction à avoir face à ce génial ovni.

Jenny, enfant prodige brisée par la vie depuis que son père a abusé d’elle à la fin d’un concert à New-York lorsqu’elle avait treize ans et que plus tard son compagnon a abandonné enceinte avec la responsabilité d’un crime abominable qu’elle n’a pas commis. Le système carcéral a parachevé cette descente aux enfers en refusant la césarienne qui aurait sauvé son enfant. Elle n’est que haine et indifférence au monde. « Capable de piquer les clopes d’une morte » disent entre-elles à voix basses ses co-détenues.

Elle s’est évadée de prison il y a deux, trois heures à peine, grâce à son maître de musique, Fraü Krüger ; une artiste aux rêves brisés il y a longtemps, la guerre…aujourd’hui bénévole sévère et froide tentant d’apporter « un peu de beau » dans cet univers sombre, car seul le Beau l’émeut, la soutient.

Une évasion juste pour participer à ce grand concours national des jeunes talents du Deutsche Oper dont Jenny occupe maintenant le centre de la scène.

 Jenny attend. Le temps est lent.

L’ovation se déclenche, soudaine, jubilatoire, immense…

 

…Fraü Krüger  sera au balcon.

Leurs regards se croiseront.

Elles se verront enfin

le maître la main sur les lèvres esquissera un geste de tendresse,

 Jenny adoucira son masque puis,lente, plongera dans une ample révérence.

 

Une escouade de policiers surgira alors des coulisses pour maîtriser ‘’le fauve’’…

  jlmi sur Vier Minuten, un film de Chris Kraus musique de Annette Focksavec Monica Bleibtreu : Traude Krüger Hannah Herzsprung : Jenny von Loeben

 

oOoOo

 

 Merci à Jlmi

http://jlmi22.hautetfort.com/

 

 La bande-annonce du film :

 

 

 

10/10/2017

Avis de parution : SURSIS - micro-fictions poétiques et collages de Cathy Garcia

 

 

Sursis couverture small.jpg

Treize micro-fictions poétiques, bizarres, décalées, dérangées… Dérangeantes ?  

 

« Je l'observe avec étonnement et soudain, je vois ses lèvres venir s'écraser contre le rempart de verre et son regard virer au gris. Je la vois se retourner sur elle-même, cette crispation soudaine qui ne trompe pas. Je me demande l’espace d’un instant, si elle pourra obtenir rapidement son sursis, puis je m'éloigne, je voudrais profiter du mien. »

 

Le rire de l'attardé small.jpg

 

Tirage numéroté édité et imprimé par l’auteur avec neuf collages papiers originaux réalisés par l'auteur

 

de cet ouvrage,

a été réalisé un tirage de tête

limité à 13 exemplaires, numéroté et signé

avec illustrations en couleur

(épuisé)

 

illustrations que l'on peut voir ici

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...

et qui sont maintenant en vente au pris de 50chacun

 

Dédale small.jpg

 

le tirage sinon est en beau noir et blanc

 

 

28 pages agrafées

sur papier 90g calcaire

couverture 250g calcaire

100 % recyclé

dépôt légal : octobre 2017

 

 

SURSIS COUV nb small.jpg

10 €

port offert jusqu'à fin octobre

 

 

 

à me commander directement : mc.gc(at)orange.fr

 

 

 

 

 

Appel à souscription pour La peinture et la poésie aux éd. Héliotropismes

les éditions Héliotropismes lancent une souscription / prévente pour un ouvrage hybride intitulé "La peinture et la poésie" dans lequel se croisent : peintures photographiques de Nicolas Guyot (Nicolas Guyot • Peinture Photographique) et poésie.
 
 
 
 
 
La peinture et la poésie
Nicolas Guyot a recueilli une série de poèmes de Laurent Bouisset et des poètes guatémaltèques Rosa Chávez, Regina José Galindo et Luis Carlos Pineda et de les mêler anonymement pour former un ensemble littéraire nouveau.

Il s’est ensuite penché sur la création des images que les textes traçaient en lui.
Chaque illustration est une œuvre unique, une peinture photographique au bromure d’argent révélée et travaillée sur différents types de supports. Cette approche plastique s'est confondue aux textes qui sont à leur tour devenus des tirages photographiques.
Au final l’image est visible dans le texte autant que le texte l’est dans l’image.
Poèmes de Rosa Chávez, Luis Carlos Pineda, Laurent Bouisset et Régina José Galindo accompagnés de 29 peintures photographiques de Nicolas Guyot.
Bilingue, traduction de l'espagnol et en espagnol de Laurent Bouisset.
Format broché 20 x 20 cm
68 pages, images plein format.
Prix de vente : 22 € 
Prix en prévente : 20 €
 
 
Plus d'infos ici :
 
 
 
 
 
 
 

 

10:43 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

09/10/2017

Berceuse traditionelle Inuit enregistrée par Jean Malaurie (1950)

 

 

08/10/2017

Daniel Rodrigues - Awá -Amazonie - Brésil

Daniel Rodrigues  Awá_Amazonie Brésil8_n.jpg

 

 

Delphine Blast - Quinceañera à Bogotá

Delphine Blast - Quinceañera à Bogotá.jpg

 

 

Santiago Gamboa

 

(…) la Colombie avait cessé d’être ce qu’elle avait été pendant un demi-siècle : une cour d’exécutions capitales de 1 178 000 kilomètres carrés, dont les rivières et les lagunes étaient devenues des dépotoirs de cadavres, et d’où on était en train d’exhumer, peu à peu, les millions d’ossements enterrés sous la verte couche végétale, qui avaient transformé le pays en fosse commune la plus belle et la plus fleurie d’Amérique latine

 

in Retourner dans l’obscure vallée, Métailié 2017

 

 

 

 

06/10/2017

Anderson Barbosa - São Paulo, Brazil 7 September 2017

Anderson Barbosa São Paulo, Brazil 7 September 2017_n.jpg

 

 

Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont

 

traduit du brésilien par Danielle Schramm 

editions-metailie_com-ombres-de-laraguaia-hd-300x460.jpg

Métailié, 14 septembre 2017. 232 pages, 18 €.

 

 

Ce roman dédié « aux familles de tous les disparus politiques du Brésil, surtout à leur mères et leurs sœurs », aborde un passage obscur de la lutte contre la dictature dans les années 70, quand des jeunes étudiants épris de justice sociale avaient dans l’idée de libérer leur pays. Quelques-uns d’entre eux sont même allaient se former à Cuba aux techniques de guérillas, et les chefs de la guérilla jusqu’en Chine maoïste.

 

Dehors les bate-paus et les grileiros !

Morts aux généraux fascistes !

A bas la dictature militaire !

Vive la terre libérée pour que le peuple vive et travaille !

Vive les Forces guérilleras de l’Araguaia !

Vive le Brésil libre et indépendant !

 

Traqués par les agents du gouvernement et les bate-paus, les collabos, les mouchards, c’est en Amazonie, dans la région de l’Araguaia qu’ils tentèrent de mettre en pratique leurs utopies. Ils étaient une soixantaine et le gouvernement envoya dix mille soldats pour les combattre, très peu de ces jeunes survécurent, tous les autres ont été « disparus ».

 

Dans Les ombres de l’Araguaia, c’est la jeune sœur d’un de ces guérilleros, qui via un journal arrivé un peu mystérieusement entre ses mains, part sur les traces de son frère, espérant le retrouver — peut-être était-il exilé quelque part, ou tout au moins de découvrir la vérité sur son sort. Sofia vit au quotidien depuis des années la douleur de ses parents, elle n’était qu’une petite fille quand Leonardo est parti. Leur père ne s’en est jamais remis et il est mort malheureux, emportant avec lui cette souffrance et son sentiment de culpabilité, et Luisa, la mère, ne peut s’empêcher de garder la chambre du fils prête au cas où, les habits lavés, repassés, il lui semble qu’il est toujours sur le point d’arriver.

 

Le roman se découpe en deux parties qui s’entremêlent : l’une, c’est celle que raconte le journal, lequel a été écrit, semble t-il, par deux personnes différentes et pas au même moment, une femme et un homme. Journal qui nous plonge directement dans l’enfer vert de l’Araguaia, où ces jeunes révolutionnaires, souvent issus de la ville, se heurtent à l’hostilité de l’environnement avec l’angoisse permanente d’une attaque de l’armée, d’une dénonciation, mais aussi à l’extrémisme de leur propre camp, la discipline impitoyable de la guérilla et ils travaillent sans compter pour survivre et apporter aide, savoir, soins et soutien aux paysans locaux, souvent des autochtones aux conditions de vie très difficiles aussi. Une population locale qui se retrouve prise en étau entre ces jeunes idéalistes et l’armée, ils subissent la violence de cette dernière, mais aussi parfois celle des guérilleros eux-mêmes quand ils sont soupçonnés de collaboration avec l’armée. C’est toute l’ambigüité et les limites de cette forme de lutte pour la justice sociale de ces années là — et dont le Che fut et demeurera sans doute pour toujours le symbole, qui transparait dans ce journal.

 

Sofia, la petite sœur en quête de son grand frère adoré et idéalisé aussi, remonte la piste jusque l’Araguaia en passant par Brasilia et un détour par Cuba. Elle mène une enquête que sa formation de journaliste lui permet de faire passer pour non personnelle, elle rencontre des personnes qui peu à peu lui permettent de rassembler le puzzle, et plus elle avance dans le journal et plus elle a la certitude que les auteurs ne sont autres que son frère lui-même et sa compagne qui l’avait suivi là-bas.

 

C’est un morceau de l’histoire du Brésil, un morceau de sale histoire et ce qui sous-tend ce roman, c’est cette douleur effroyable éprouvée par toutes les familles de disparus, les proches, au Brésil mais aussi à travers toute l’Amérique latine, qui ne cessent encore aujourd’hui, de réclamer la vérité, quelque chose à quoi se raccrocher afin d’avoir quelque chose à enterrer et pouvoir enfin entamer le deuil. Et puis, il fait aussi référence à tous ces enfants enlevés à leurs parents assassinés, pour être élevés dans les familles des assassins eux-mêmes. Est-ce que cela fut pour certaines, une façon de réparer ?

 

Les ombres de l’Araguaia malgré tout est un roman presque tranquille, non moralisateur, sans rage, sans colère, sans parti pris, il est juste humain et expose avec sensibilité des faits qui jalonnent la piste que Sofia tente de remonter pour guérir l’inguérissable, recoudre les plaies de sa famille qui sont aussi les plaies de l’Histoire, cette spirale qui finit par prendre bourreaux, victimes et familles des uns et des autres, dans un même nœud qui ne peut que se resserrer sur tous.

 

 

Cathy Garcia

 

 

editions-metailie_com-guiomar-de-grammont-carol-reis-300x460.jpgGuiomar de Grammont est née à Ouro Preto où elle enseigne à l’université. Elle y a créé le Forum des Lettres. Elle est l’auteur d’un essai sur le sculpteur baroque Aleijadinho. Elle a reçu le prix Casa de las Américas pour un de ses recueils de nouvelles et le prix Pen Club du Brésil 2017 pour Les ombres de l’Araguaia. Elle est traduite en français pour la première fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mario Tama - Rio de Janeiro, favela da Rocinha Brazil - 26 September 2017

Mario Tama Rio de Janeiro, favela da Rocinha Brazil 26 September 2017_n.jpg

 

 

 

Quelques-unes des oeuvres de "mes" artistes - atelier du 29 septembre 2017

 

atelier du 29 septembre (1).JPG

 

atelier du 29 septembre (2).JPG

 

 

atelier du 29 septembre (3).JPG

 

 

atelier du 29 septembre (5).JPG

 

 

atelier du 29 septembre (4).JPG

 

 

atelier du 29 septembre (6).JPG

 

 

atelier du 29 septembre (7).JPG

 

groupe mélangé, niveaux CP-CM2

 

 

 

Maria Montessori

 

 

maria Montessori (2).jpg

 

 

 

 

Anne-Lise - tissage #2

 

Echange#3-jardin-du-Causse.jpg

 

 Jardin du causse, le soleil chemine vers l’ouest.

Enfant rebelle, mère attentive. La nature, ses dangers, l’enfant goûte à tout sans discernement : feuilles, graines, cailloux, terre, moisissure, brindille… L’enfant s’enhardit quitte le territoire connu, s’aventure hors de la couverture, rampe dans la jungle verte. Les tourterelles s’approchent, l’enfant les montre du doigt. Le lien.

 

Une photo d'Anne-Lise©  à partir d'un extrait de Jardin du causse

 

 

 

 

 

Fredy Yezzed

 

La poesía que no extiende los brazos es una poesía mutilada.

 

La poésie qui ne tend pas les bras est une poésie mutilée.

 

 

 

Alfred Stevens - Phare au crépuscule

Alfred Stevens Phare au crépuscule_n.jpg

 

Perceptions erronées des chercheurs de phare. Incommunicable tristesse. Être demeurée ainsi coincée, des bouts de moi se disputent des lambeaux de fantômes.

cg in Celle qui manque (Asphodèle éd. 2011)