Randall Munroe - XKCD - Dependency

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SOURIEZ, VOUS ÊTES NORMALISÉ

Eyrolles éd., février 2026
Filtres vidéo qui corrigent nos visages, voix artificielles lissées, textes rédigés par des algorithmes... Les IA génératives, en médiatisant jusqu'à l'expression de nos émotions les plus intimes, nous façonnent de manière subtile et profonde. Une nouvelle sensibilité émerge : l'IAffectivité.
Entre domestication affective et risques d'uniformisation culturelle, Nadia Guerouaou, neuroscientifique et psychologue, offre de nombreuses pistes de réflexion pour appréhender ce contrôle inédit des IA génératives : quels sourires seront appliqués sur nos visages ? Quelle colère jugera-t-on bon d'effacer de nos voix ?
L'enjeu dépasse largement la simple correction technologique et s'étend jusqu'à nos valeurs et normes sociales. Sans même être implantées dans notre cerveau, les IA génératives reconfigurent nos modèles cognitifs et notre technomorale. Comprendre ces mécanismes, c'est rouvrir l'espace des possibles.
Face au paramétrage algorithmique de nos émotions, une question urgente s'impose : quelle humanité et quelle société voulons-nous ?
Nadia Guerouaou est docteure en neurosciences cognitives et l'autrice d'une thèse sur les filtres vocaux. Psychologue clinicienne, elle travaille sur les transformations de la voix dans le traitement du stress post-traumatique. Elle enseigne par ailleurs la neuro-éthique, l'éthique des systèmes d'IA et la philosophie de l'innovation. Conférencière sur les enjeux de l'intelligence artificielle dans nos sociétés, elle a signé plusieurs tribunes sur ce sujet dans Le Monde et Libération.

La version originale Que nadie sepa mi sufrir, composée par l'argentin Angel Cabral (1936)
Tant de version pour cette chanson dont La foule chantée par Piaf.
mis en bouteille pour maturation pendant quelques mois

Merci au Musée Improbable

Bruno Guattari éditeur, septembre 2026
Je suis toujours enthousiaste quand j'ouvre un livre de Pierre Gondran dit Remoux, car je sais que je vais plonger dans une expérience totale, et encore une fois, je suis admirative de cet art qui est le sien, car c'est tout un art de savoir rester vraiment simple tout en étant infiniment précis, de poser le nom de tout ce qui a nom, de s'ancrer dans la plus petite cellule du réel et d'en tirer jus de poésie; de tresser l'air de "rien ", le détail et l'essentiel, la vie et la mort, la légèreté et la gravité, la chair et la terre, le quotidien figuré et transfiguré et ce, avec la science d'un entomologiste qui pour rien au monde ne voudrait épingler le moindre papillon. Alors, il fait de sa langue, un vaste filet troué, de chaque mot une épingle, tout particulièrement dès qu'il s'agit du monde animal, végétal, du vivant, de l'infiniment petit, ce territoire si inconnu dans notre société hors sol. Le regard du poète, lui, est doux comme un pinceau.
CGC
(...) elle parle italique, d'une langue infrarouge et parfumée, à garrigue de demain, à cigales noires, sa robe denim porte une broderie blanche au sternum
(...)
je devine les draps de lin sur le fil à linge tout au fond du jardin, deux rectangles qui rayonnent indigo à pinces de bois. c'est la lune ou peut-être l'armure de lin qui rougeoie bleu. tu dis n'importe quoi.
[drap][lin][nuit][indigo][lune][bleu]
(...)
dans la poigne des hyphes pellucides du champignon, l'algue jaune a sa plage de quelques grains de quartz, sa marée minuscule, sa nostalgie des gradients de sel.
[lichen][algue][jaune][marée]
peut-être que nos enfants
foin dorment en épis.
[grange][foin]
(...)
des épines de ronces sont fichées dans le miel de ses jambes on mettra du qui-pique-pas
[elle][matin][ronce][miel][qui-pique-pas]
(...)
la source s'est probablement tarie (il dit qu'on l'a « égarée »)
[le voisin][la source]
(...)
je sens le rayonnement noir du sol jusqu'à nous. l'air ondulait cet après-midi à cet endroit. nos plantes cornées et nos paumes échardées ondulent.
[nuit][noir][main]
(...)
tu as essayé avec le filet à papillons ? d'attraper l'air qui ondule ? mais non... les frelons, tu dis n'importe quoi.
[tulle][frelon]
(...)
elles sont dans ce champ ocre qui jouxte le chemin à l'ornière – ici précisément, des files indiennes qui serpentent derrière des mères inquiètes.
[perdrix][rouge][ocre][files indiennes]
(...)
tu rejoins les pierres tombées damassées de lierre de la maison vieille ‒ enfin, encore plus vieille. deux pièces, un appentis, surtout du lierre et des pierres tombées. il n'y a plus de charpente, poutres et planches ont disparu. le nom a été perdu.
[lamaison plus vieille][charpente][nom]
(...)
le sécateur aux lames rouille est accroché au clou, juste assez haut, au-dessus de l'établi, la sciure est si vieille qu'elle a refait bois.
[sécateur][rouille][clou]
(...)
les pierres tombées font foyer autour d'un chêne vert tordu heureux de son sort de chêne de maison plus vieille à la terre battue redevenue terre.
[la maison plus vieille][vert][terre]
(...)
la barbe empoussiérée d'ocres pulvérulentes, je marche le long de l'ornière d'automne qui trace jusqu'au village, depuis toujours dans ce champs – ici précisément – des perdrix rouges, avec leur patois de perdrix rouges de ce champs.
[poussière][ocre][village][perdrix][rouge][patois]
(...)
tous les murets sont montés épais de pierres sèches ramassées à leur propre pied, parfois l'un troué d'un compte-brebis d'avant.
[calcaire][compte-brebis][exode]
(...)
nous sommes suivis par l'odeur délicate d'un ciste, j'ai froissé jusqu'à la résinée la feuille du pistachier lentisque.
[nuit][résine][lentisque]
dans la grange tissée de bleu lune, les souris croque-scorpion sont sorties. les enfants sont rentrés, silencieux.
[grange][bleu][lune][souris][scorpion]
(...)
je me souviens. ton pied crissant dans l'herbe sèche, la conscience évaporée. au sentiers des fleurs agaves, la sueur de tes cuisses enivrait les bombyles laineux, happait le pollen des romarins, le rouge et le brun des ocres, le myrte, orné de sable fin d'au-delà la mer, a satiné ton épaule nue. ta main frôlait les immortelles, tes arômes butyriques troublaient l'abeille solitaire.
[lyre-soleil][syrphe][romarin][rouge][ocre][sahara][main]
(...)
la noria d'arrosoirs dessine un défilé heurté et bruyant entre le robinet de laiton et la rangée de melons. les bols sont empilés dans l'évier de pierre à l'émail d'un brun veiné de noir. on y surprend parfois une tarente du soir qui cherche l'humidité.
(...)
fils prétend faire s'ouvrir de joie les grandes fleurs de courgettes en les dessinant le matin, au pastel orange.
[le fils][potager][pastel][orange]



Poèmes écrits entre 2021 et cette année
36 pages agrafées
tirage numéroté et signé
imprimé sur papier 100 % recyclé
illustration en couverture par mes soins (aux feutres)
