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CATHY GARCIA-CANALES - Page 4

  • As bestas de Rodrigo Sorogoyen (2022)

     

    "Un couple de Français reconverti dans le maraîchage bio s’installe dans un hameau perdu de Galice, où il se heurte à l’hostilité farouche de ses voisins. Signé Rodrigo Sorogoyen ("Los años nuevos"), ce thriller rural magistralement interprété par Denis Ménochet et Marina Foïs orchestre une tension sourde autour de la fracture entre deux mondes.

    Antoine et Olga ont quitté la France et leur métier d’enseignants pour s’installer comme maraîchers dans un petit village de Galice. Ils se sont fait une place dans la communauté, cultivent leur potager dans le respect de la terre et ont entrepris de restaurer de vieilles maisons en ruine au bénéfice du village. Ce projet leur vaut les railleries de leurs voisins, deux frères éleveurs qui vivent seuls avec leur mère. L’aîné, le charismatique et colérique Xan, fait la loi dans le hameau et ne cesse de prendre Antoine à partie, surtout depuis que ce dernier a voté contre l’implantation d’un parc éolien qui bénéficierait financièrement aux habitants. De provocation en provocation, ils se dressent l’un contre l’autre dans une escalade implacable…

    Les racines de la violence


    "La terre est très exigeante. Elle te consume. Tu verras." Ainsi parle un vieil éleveur de chèvres à Antoine, l’étranger qui a choisi de vivre dans cette région lointaine qu’est la Galice, à la beauté aride et chargée de mystère. Avec sa femme, Antoine nourrit un rêve d’authenticité qu’il tente de concrétiser sans ménager ses efforts. Les natifs du village, eux, n’ont rien, et pour certains ne demandent qu’une chose : pouvoir quitter cette terre ingrate et abandonnée. C’est cet affrontement entre deux mondes inconciliables que raconte As bestas ("les bêtes"), thriller aux accents de western qui rejoint des classiques comme Les chiens de paille ou Délivrance dans leur réflexion sur le retour à la nature et les racines de la violence. Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen délaisse la virtuosité survoltée de ses premiers polars (Que Dios nos perdone, El reino) pour distiller une tension sourde qui envahit patiemment l’écran, portée par l’intensité d’extraordinaires comédiens, Denis Ménochet et Luis Zahera en tête. En attendant que le personnage joué par Marina Foïs ne prenne toute son ampleur, dans une seconde partie aussi surprenante que nécessaire..."

     

     

  • Pilleurs de terre, un documentaire de Fanny Paloma (2025)

    Pilleurs de Terre suit le combat de communautés autochtones dont les terres ont été accaparées par des filiales agro-industrielles du groupe Bolloré.

    De l’Asie à l’Afrique, leur lutte se poursuit jusqu’en France, à travers une action fondée sur la loi sur le devoir de vigilance.

     

    Film au long cours, Pilleurs de Terre se déploie comme un carnet de voyage documentaire mêlant enquête, immersion et regard poétique, pour interroger notre rapport à la terre, à la mémoire et aux formes contemporaines de domination.

     

     

    https://www.pilleurs-de-terre.com/

     

     

  • Laurent Gaudé - Le soleil des Scorta

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    J'ai Lu, Actes Sud, 2004

     

     

    Ni l'air brûlant qu'il respirait. Ni les rocailles pointues sur lesquelles ses sabots s'abîmaient. Il avançait. Et son cavalier semblait une ombre condamnée à un châtiment antique.

     

    (...)

     

    " C'est de l'or, disait l'oncle, ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ça sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de culs-terreux n'ont qu'à regarder le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c'est ce que nous sommes : des culs-terreux au sang pur. De pauvres bougres à la face ravinée par le soleil, aux mains calleuses, mais au regard droit. Regarde la sécheresse de cette terre tout autour de nous, et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent cela aussi, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses de nos femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c'est noble. C'est pour cela qu'elle est bonne. Nous sommes peut-être des miséreux et des ignares, mais pour avoir fait de l'huile avec des caillasses, pour avoir fait tant avec si peu, nous serons sauvés.

     

    (...)

     

    Le goût de la liqueur avait changé, lui semblait-il. Ce n'était pas la pierre qu'on avait pressée, ce devait être plutôt des éclats de soleil. Le solleone, le "soleil lion", l'astre tyran des mois d'été. La liqueur sentait la sueur qui perle sur le dos des hommes lorsqu'ils travaillent aux champs. Elle sentait la terre qui s'ouvre et se craquelle en suppliant pour un peu d'eau. Le solleone et sa puissance de souverain inflexible, c'est cela qu'Elia avait en bouche.