Shamsia Hassani



N'oublions pas les femmes d'Afghanistan !
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N'oublions pas les femmes d'Afghanistan !

Nul ne peut se réjouir d'être pris en tenaille entre Charybde et Scylla...

Jawad Morad est un dessinateur de presse kurde syrien né en 1983, diplômé en beaux arts et en archéologie. Il habite actuellement en Belgique. Il est spécialisé dans le commentaire politique à travers des dessins publiés sur The Levant News, North Press et Iran Wire.
Merci à Voix Dissonantes !

Quelque part dans l’apesanteur entre la vie et la mort
En cherchant le vieux mirage des regrets entrelacés
Je porte sur mes épaules
Jusqu’à la fin du matin
Le pesant fardeau de l’illusion d’un temps de paix.
Version bilingue
Poèmes traduits du persan par l'autrice
Préface de Dana Shishmanian
Ed du Cygne, février 2026
Extraits :
(...)
Elle sait qu'il creusera précocement avec ivresse
La fosse de la mort
Qu'il effeuillera
La lumière tremblante restante dans son regard sombre.
(...)
Le spectre géant et dégoûtant de la guerre
Vole
Dans le ciel sombre de la ville
L'enfant
Mange une poignée de terre
(...)
L'enfant sans-abri de la ville
Enterre
Son corps fragile
Sous les décombres d'une maison inconnue.
(...)
Ouvrent leurs yeux
Et rampent
À travers les lézardes profondes et raboteuses du
silence
Aux murs poudreux des foyers
Dans les corps insomniaques
(...)
Brûlent
Toutes les nuits
Dans le feu sans flamme et sans fin de l'oppression
(...)
Les hommes haineux et aux aguets
Leurs yeux fermés, leurs oreilles sourdes
Se promènent un gros bâton d'oppression et de joug à
la main, dans les rues, sur les toits
À l'entour de la nuit
(...)
En regardant les blessures béantes et profondes sur le corps
On ne peut encore
Oublier un petit peu
(...)
Les tortures et les chaînes de peur
Rivées aux mains et aux pieds cassés
Ces cris étouffés dans la gorge
Ces gémissements sourds
(...)
Les larmes éternisées
dans les rides des visages inconnus
(...)
Les fleuves de sang
Et toutes les tombes
(...)
J'écoutai
La voix agréable des flocons de neige délicats qui
tombaient
Sur la plaine blanche de l'imagination
Puis
Je pris
Une gorgée amère
Avec l'instant humide de l'aube.
(...)
Je n'ai rien fait depuis longtemps
Je suis égarée et errante
(...)
J'attends un jour insolite
Une fontaine tumultueuse de passion
Un récit inconnu
Et un bosquet touffu et mélodieux
N'importe où très loin
Rempli des myosotis aux fleurs bleues
(...)
Elle lavait
Chaque jour
Lorsque la lune s'obscurcissait
La sanie de ses blessures, l'une après l'autre
Confiait ses souffrances une à une
À la poussière noire de l'aube
(...)
Mon cri réprimé dans la gorge nouée
Moi, cachée en moi-même
(...)
Le temps est lourd d'indignité
(...)
La voie de la libération est fermée depuis des années
Il semble qu'il n'y ait jamais eu d'issue et il n'y en aura plus !
(...)
Les lèvres gercées sans sourire
Les regards en colère restés éteints pendant des années
Le cri des cœurs affolés
Et pris au piège ardent de la haine
Ne se guérissent guère
Hélas !
(...)
Personne ne sème les graines de la vie
L'arbre ne porte pas de nouvelles branches
Personne ne voit quelque signe d'eau
Et ne plante le jeune arbre du désir !
(...)
Je suis fatiguée de toute cette répétition
Taciturne et remplie de supplice
Mon visage
Se flétrit doucement
Comme une branche de fleurs, défraîchie
En un vieux vase à long col et étroite embouchure
(...)
Toi, tristesse douloureuse et muette
Ne vagabonde pas
Sur les ruines du chagrin
Viens t'asseoir
Auprès de mon cœur fatigué
Laisse-moi dans ce bourbier de la vie
Te parler
De la tombe étroite des émotions
N'aie pas peur
Et vois
Où est
La source de cette douleur constante ?
Qui tient
La corde ignifugée et sinueuse du trouble ?
(...)
Matin
Un matin
Il est parti
...
Il est parti pour toujours
sans que la clarté délicate du soleil
Caresse son beau visage.
*
Saghi Farahmandpour est née en février 1981 à Téhéran, en Iran. Tout son parcours universitaire a été en langue et littérature française et elle a un doctorat ès lettres françaises. Elle a fait des recherches au cours de sa maîtrise sur la réalité dans la diégèse. Sa thèse de doctorat porte sur l’interprétation des poèmes d’Alfred De Vigny basée sur l’herméneutique phénoménologique de Heidegger. Elle écrit de la poésie en persan et en français ; elle fait également de la traduction, de l’interprétation littéraire et de la peinture.


Grande Tortue
prend le soleil
sur le bois lisse
et grisé
d'un vieux piquet
Nymphalis polychloros
Vanesse de l'orme
le Grand-Renard, le Doré
papillon univoltine
es-tu un des deux
que j'ai tirés ce matin
des épaisses
toiles d'araignées
qui tapissent l'atelier ?
Ce fut une joie vive
de vous voir
vous envoler
Rhubarbe
ma délicieuse
déplacée cet automne
tu sembles plus à l'aise
à l'ombre humide
d'un vieux prunier
je salue
ta renaissance
Sur chaque soleil
une abeille
récolte
son butin d'or
Cette année
je goûterais tes fruits
arbuste étrange
du grand Ouest américain
emblème de l’Oregon
les premiers colons
en faisaient du vin
Tout un poème
il y a des cycles
plus rassurants
que d'autres
