Jeanloup Sieff - La maison noire, East Hampton, New York, 1964

Ici les amis finissent à poils ou à plumes
et on se surprend à parler aux herbes.
cg in Chroniques du hamac, 2008
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Ici les amis finissent à poils ou à plumes
et on se surprend à parler aux herbes.
cg in Chroniques du hamac, 2008

Mille Lieux c'est le blog de Laurent Deheppe, poète
auteur des carottes fraîches (Polder 157 Décharge / Gros Textes)
Sur Mille Lieux on trouve de la beauté à la pelle placée dans différents seaux :
• Glanage
"Encore un de sauvé. De la poussière, de l'humidité, des piles de polars... TOUT CELA, de François de Cornière, co-édité en 1992 par Le dé bleu, Les écrits des forges, L'arbre à paroles (quelle francophonie !) Aucun effet de manche dans tout ça. De l'amour, de la vie, sur fond de paysages, et point barre.
LE SABLE DANS LA MAIN
On le sentira toujours couler
le sable dans la main:
poing fermé
mince filet
petit tas.
Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d'autre d'exactement
il est toujours le même.
Sauf qu'aujourd'hui j'y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d'ouvrir les doigts."
• Jouer avec son ombre :

(photo de L. D.)
• Kabine d'essayage :
"S'ils ont le nez rouge, c'est qu'ils le trempent dans la peinture.
Dans leur manteau, il y a toujours de la place pour deux.
Les clowns savent (presque) tout faire mais ne s'en vantent pas.
Ils n'aiment pas les coups de pied au cul, mais c'est leur métier.
C'est bien connu, les clowns aiment les cuillères.
Lorsqu'ils sont tristes, les clowns jouent de la musique, même et surtout s'il n'y a personne.
On dit que le rire est le propre de l'homme, ce qui sous-entendrait que tout le reste est sale (citation d'un clown).
Les clowns portent exclusivement des caleçons à fleurs, au cas où ils auraient un accident.
Le jour de leurs quatre-vingts ans, les clown remontent le réveil (et ça les fait bien rire).
Il n'y a pas de bons ou de mauvais clowns, il n'y a que des tentatives d'évasion."
• La pierre et le bois :

(photo de L.D)
• La tête en vrac
Rain song (J. Prévert)
Rain rain rain
il pleut des cats
il pleut des dogs
il pleut des boys et des girls
il pleut des reines et des putains
des chiens savants
des chats rouquins
Rain rain rain rain
green green green green
green frog frog green
It's raining napalm
bombs and baïonnettes
It's raining
blood and death
Il flotte il flotte
tout time tout l'temps
Rain rain rain rain
et pluie et pluie
et puis et puis...
Et puis love dream
smile et sunshine
de time en temps.
• Presse-papier
• Rembobinages
Qu'aurai-je vu aujourd'hui
qui ne soit pas violence
angle vif ou désir puéril
Les moineaux près du banc
qui d'un œil égyptien
lorgnaient sur mon kébab
Le ciel
bien au dessus des rues
inutile et pourtant toujours là
La façade en lambeaux
d'un ancien cinéma
L.D. – Les carottes fraîches
Mille Lieux c'est encore • Une photo une musique
et du
• Vagabondage
"Cela raconte beaucoup de choses, une rivière, pour peu que l'on sache l'écouter. Mais les gens n'écoutent jamais ce que leur racontent les rivières, ce que leur racontent les forêts, les bêtes, les arbres, le ciel, les rochers des montagnes, les autres hommes. Il faut pourtant un temps pour dire, et un temps pour écouter." Philippe Claudel
des • Y'a pas d'sots métiers
et des
• Zigotages
DRESSEUR DE RAPACES

(photo de L.D.)
Mille Lieux c'est là : http://laurentdeheppe.blogspot.fr/
Rare field recording on an ancient instrument by a Taoist priest in the New Territories, Hong Kong, 1970.


Moon and Fence, Grand Teton National Park

Spring Melt

Boars Tusk



Il est con, tu trouves pas ?
- Il porte une cervelle postiche, c'est pour ça !
in L'intégrale des brèves de comptoir 1992-1993


Cet ouvrage aborde un aspect plutôt méconnu de la psychanalyse, parce que plus récent aussi, et d’ailleurs en prenant l’exemple familial de Freud lui-même en dernière partie, l’auteur nous fait comprendre pourquoi justement la psychanalyse a d’abord été fermée à cette approche.
Il s’agit donc de l’aspect transgénérationnel (connu en psychologie sous le terme de psychogénéalogie) et de ce qu’on appelle les fantômes familiaux ou comment nos ancêtres continuent à agir en nous, à nous hanter même littéralement, et parfois sur de très nombreuses générations.
« Cette notion a été introduite dans la psychanalyse à la fin des années 1970 par un personnage tout autant poète que psychanalyste, Nicolas Abraham, et par sa compagne, Maria Török. Ces “fantômes” se signalent principalement par la répétition de symptômes, de comportements aberrants, de schémas relationnels stériles provoquant pour certains des difficultés de vie de toutes sortes et des affections psychiques assez graves ».
Comment des non-dits, des problématiques non résolues ou des souffrances non-exprimées par des arrière arrière arrière, voire plus lointains encore, grands-parents ou même oncles et tantes, ressurgissent dans des problèmes parfois très lourds, et souvent dès l’enfance parmi leurs descendants.
De prendre en considération l’aspect transgénérationnel dans la vie d’une famille et en explorant sa généalogie, son histoire et surtout ses secrets, ses silences, leur donnant ainsi la possibilité d’être formulés, permet des guérisons et résolutions de problèmes parfois assez spectaculaires, comme on pourra le voir au cours des très nombreux exemples présentés dans ce livre.
« Le fantôme transgénérationnel est donc une structure psychique émotionnelle résultant d’un traumatisme. Il semble qu’elle soit “expulsée” par l’ancêtre qui n’a pas pu la métaboliser, la dépasser, la transcender. Certains auteurs parlent de “patate chaude”, je préfère évoquer l’image d’une “grenade dégoupillée” : elle peut être transmise de génération en génération sans faire de dégâts visibles jusqu’à ce qu’elle éclate sous la forme de phénomènes pathologiques incompréhensibles ».
On comprendra d’autant plus la nécessité de briser les silences et d’exprimer le plus possible les choses, et surtout les plus douloureuses, afin de ne pas devenir à notre tour un fantôme pour les générations suivantes. Il n’en est pas fait mention dans cet ouvrage, mais on ne peut s’empêcher de regarder ainsi sous un autre angle le culte aux ancêtres des peuples traditionnels, dans lequel il y a sans aucun doute bien plus que de simples rituels archaïques et superstitieux.
Cet ouvrage a donc pour objectif de faire connaître les résultats extrêmement positifs de la psychogénéalogie appliquée en psychanalyse, comme par exemple la déculpabilisation d’un individu qui peut se sentir seul face à des problématiques incompréhensibles, en le réinsérant dans une globalité familiale où chaque membre a pu avoir une part de responsabilité, même très éloignée dans le temps. La psychogénéalogie ouvre des pistes que beaucoup ignorent encore. Le danger serait de perdre de vue totalement le libre arbitre de chacun, de même que les traumas individuels du présent, et de considérer ces fantômes familiaux comme une fatalité à laquelle on ne pourrait jamais échapper, voire les seuls responsables de tous nos problèmes.
« Il est donc important de pouvoir s’occuper des deux sortes de traumas : nos “traumas” personnels et ceux de nos ancêtres que nous portons en nous. Car sans cela, on s’aperçoit alors que ce qui résiste en nous est en fait ce qui ne nous appartient pas : tâche quasi impossible de guérir l’autre en soi sans même savoir qu’il s’agit d’un autre ! (…) Il s’agit alors de tenir compte tout autant d’un inconscient familial que d’un inconscient individuel : si les deux se superposent parfois ou se croisent, il importe tout de même de ne pas les confondre, sous peine de tomber dans des impasses thérapeutiques ».
On peut voir par contre que le fait d’accepter de prendre en compte des liens psychiques et émotionnels qui unissent les membres d’une même famille sur plusieurs générations, sachant de plus que chaque enfant porte en lui deux branches familiales différentes, peut apporter un immense soulagement et ouvrir des voies d’évolution extrêmement positives.
En dernière partie, l’auteur présente les vies mouvementées et dramatiques de Van Gogh, Rimbaud et Freud, donc sous cet angle transgénérationnel, et c’est particulièrement édifiant.
Si on voit l’histoire familiale comme un fleuve, rarement tranquille d’ailleurs, on comprendra qu’en travaillant à la compréhension profonde de son parcours, quel que soit l’endroit d’où l’on travaille, pour améliorer la fluidité du courant, cela agira sur l’ensemble et tout particulièrement en aval.
Cathy Garcia
Bruno Clavier est psychanalyste et psychologue clinicien. Il assure dans l’association du Jardin d’idées, créée par Didier Dumas et Danièle Flaumenbaum, une formation à la psychanalyse transgénérationnelle.
Note publiée sur la http://www.lacauselitteraire.fr/
