Science Picture Company - Ovulation

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Pour sortir du mythe, une BD et + en ligne, aussi instructive que très drôle,
à lire, diffuser, raconter en masse !
https://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/2026/07/la-finale-ovule-vs-spermato.html


Arfuyen éd., 1991
cela
qui me tient
en exil
qui m'embrase
brûle mon sang
d'une telle avidité
cela
comment le nommer
le traduire
comment répandre
son feu dans mes mots
(...)
Le temps ne porte plus
Les mots gisent à terre
et la lumière
des premiers matins
mutile la mémoire
la faim
dévore
la faim
l’œil scrute
un jour
vide
(...)
sourd aux appels innombrables
aveugle à ce qui d'ordinaire
enchaîne l’œil
saisi par ce silence
où s'effondre le temps
tu laisses ta soif
te pousser sur le seuil
(...)
lenteur
silence
solitude
la vie affleure
afflue
le ruisselet enfle
devient fleuve
et le soleil du soir
fait flamber ses eaux




éditions du 6 rue Gryphe (Vincent Courtois), mars 2021
Illustration en couverture de l'auteur : Murs, 2020
Aussi confidentielles que précieuses ces publications de l'auteur/éditeur Vincent Courtois, ici un bijou brut, terreux, âpre, qui m'a fait découvrir avec grand bonheur le travail poétique et artistique d'Odile Fix, travail qui me parle beaucoup sous toutes ses formes, dépouillé, qui va à l'essentiel, ce dont on a tant besoin aujourd'hui.
cgc
soir
des ombres montent du fond
des fossés marécageux
qui partagent les champs
se glissent entre les pierre
tournent la meule
silencieusement
aiguisent leurs doigts
(...)
il passera la porte
sous un linteau de basalte
chuchotant il appelle
guidé par
la chaleur des bêtes
ses pas furtifs
ont tinté contre le seuil :
carillon de source claire
mémoire d'eau
– ce qui a disparu –
(...)
une eau
que quelqu'un avait
remontée de terre
jusqu'aux abreuvoirs des bêtes
sa vapeur tremble
sur la faucille du froid
torsion des fumées
– l'invisible combustion
des herbes rances –
danses des brumes pâles
c'est ce que la nuit tresse
défaisant les écheveaux
des respirations
(...)
ce qui recouvrait les restes
déchets et
multiplication des moisissures
au fond de la cour
gît le tas
monticule d'aigre obscurité
prendre à pleines mains
– une fourche est restée
fichée au noir –
quelqu'un criait
contre le lisier des corps
(...)
un seau est renversé
métallique
roulé
au bas de la pente :
il manque une bouche
au cercle de la table
(...)
il écoute :
suintement d'une langue obscure
le sol acide de l'étable
l'herbe moisie
(...)
le vent fait osciller
les récipients suspendus
aux clous de bois
plantés entre les pierres
anses qui grincent
Site de l'auteur : https://odile-fix.jimdofree.com/




Un dragon respire
dans les branches
de la nuit
Le poète
boit l'encre du silence
puis ivre
tend l'arc du dire
in À l'ordre de l'oubli