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CATHY GARCIA-CANALES - Page 312

  • Judith in den Bosch

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    Quarante ans d’écriture pour dire une seule et même chose, tenter de dire. Empêchée de vivre, empêchée d’être, bonzaï abandonné. La forme n’a pas plu, le fond sera et pour toujours, délibérément ignoré. Le reste ne sera que la même et minable pièce jouée et rejouée devant une salle vide. Pas qu’une impression, pas une illusion. Quarante années de tentative d’intégration et l’ombre qui n’a cessé de me grignoter : l’araignée avide de ma non-existence. J’ai beaucoup essayé, différemment essayé, je suis épuisée. Asséchée, non, des océans de larmes encore disponibles et un amour, amputé de tous ses membres mais pugnace. J’ai le cœur tabassé, la peur jusque sous les ongles, respirer devient de plus en plus laborieux. Je suis une cible parfaite et je rage et déteste pour le mal que ça me fait. I’m lost since ever. Une cible idéale pour conforter la normalité. Je n’ai jamais été protégée, balancée molle et nue dans ce monde de marteaux, de pilons, de masques ricaneurs, de rouleaux compresseurs. Mais quelque chose en moi cependant terrifie, quelque chose à bâillonner, à détruire. Je n’ai jamais été protégée. J’ai tout pris de plein fouet, l’âme trouée comme une lune, martelée. Et comment ne serais-je pas polie avec autant de coups ? Miroir. Je vous renvoie ce que vous êtes, pas ce que je suis. Je n’ai jamais été. Juste dépouillée continuellement de l’intérieur, par l’ordre de ne pas être. Rebelle pourtant, oui rebelle de toute mon âme, le cœur en miettes.

     in Ourse bipolaire

     

     

  • James Wainwright

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    La nuit est tombée, claire, la lune s'y baigne tout en demeurant invisible. Une brume de légende flotte sur les champs, le repère des saisons s'est égaré. Qu'est-ce que la réalité lorsque nous bougeons sans cesse ? Qu'est-ce qui ne change pas ?

    Le mouvement, le courant.

     

    cg in Calepins voyageurs et après ?

     

     

     

  • Marie Ghillebaert - Offrande de feu, de fleurs et de couleurs - Pèlerinage de la pleine lune - Chamundi Hill, Karnataka, Inde - 31 juillet 2015

    Offrande  Pèlerinage de la pleine lune 31 juillet 2015, Chamundi Hill, Karnataka, Inde.jpg

     

    Savoir tisser de la joie avec tout ça, malgré tout ça et la faire partager, c'est ça le courage et rien d'autre. Il faut cependant dire, poser le noir, ne pas faire semblant. Ce n'est qu'en acceptant toutes nos émotions qu'on peut trouver cette joie inconditionnelle. Au début, un petit truc de rien du tout, la dernière étincelle d'une toute petite braise, on souffle dessus pour voir, on n'y croit pas, c'est mort mais cette dernière petite lueur, ce point rouge en soi, c'est ce qui ne meurt jamais. Alors on souffle dessus, on continue et un jour un peu de fumée, un autre une flamme, un autre encore un brasier à l'intérieur ! « Se consumer de joie », cette petite expression anodine. Puis l'incendie retombe, c'est le noir, on oublie, on n'y croit plus mais toujours ce petit point rouge. Si on s'en souvient, on le retrouve vite et on recommence, on souffle dessus. Vient le jour où l’on sait qu'on peut rallumer cette braise quand on veut, une paix s'installe, rien n'a changé dehors mais celles et ceux qui nous croisent aperçoivent la flamme. Elle illumine, elle réchauffe celles et ceux qui veulent bien s'approcher et une flamme rallume une autre flamme qui rallume une autre flamme et alors nous brûlons, libres et joyeux, nous brûlons de vie.

     

    in Ourse bipolaire

     

     

     

  • Philippe Brahy à propos du Tarot de Saint Cirque

     

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    Cathy Garcia CANALÈS & Lionel MAZARI
    Le Tarot de Saint Cirque
    Gros Textes – 8€
    ISBN : 978-2-35082-457-4
     
    Plus d'une lame pour ce « Tarot de Saint Cirque » qui se joue à refaire le monde toujours défait ; une sorte de "chants magnétiques" à quatre mains où, Cathy GARCIA CANALÈS et Lionel MAZARI croisent leurs plumes et fusionnent au point qu'il est bien difficile de les discerner l'un de l'autre. Une osmose parfaite et proche en son début de la « Danse macabre de Saint-Saëns » conduite par le poème d'Henri Cazalis en son début : « Zig et zig et zig, la mort en cadence / Frappant une tombe avec son talon, / La mort à minuit joue un air de danse, / Zig et zig et zag, sur son violon.


    Cathy GARCIA CANALÈS, poète, artiste plasticienne, revuiste, animatrice d'atelier et Lionel MAZARI, homme de théâtre et de scène ; auteur-compositeur-interprète. Ce binôme forme un ensemble exceptionnel pour ce recueil fait de textes en prose –de courtes scénettes liées aux précédentes dans une écriture d'égale humeur. Lionel MAZARI, dont l'impeccable diction a servi les poèmes d'Armand OLIVENNES.


    (pg 11 IV — LA PAPESSE) :
    « “Est-ce la Papesse qui passe sur son ânesse ? / Est-ce son âme qu'elle tient en laisse sur le chemin ? / Est-ce la paresse qui retient prisonnière sa jeunesse ?” Bien des questions se posent à la foire aux illusions. » […]


    (pg 13 V — L'ARCANE SANS NOM) :
    « La Mort déguisée d'os / est une sage-femme, / une accoucheuse / qui fait des enfants / en cachette. » […]


    (pg 23 X — LE DIABLE) :
    « Boucan de tous les miens, / triqueballe des Enfers, / comme ils sont ingrats ! / Comme si je ne savais pas les recevoir / avec chaleur, avec ardeur ! » […]


    Ceci devrait donner le ton de ce recueil qui, par le biais du quotidien, s'approche avec dérision de notre destinée. Le Pape, lui-même, en prend pour son grade :


    (pg 28 XII — LE PAPE) :
    « Au tarot tari de l'otarie tarée, / le Pape a dit : “ Habemus bubulle ” / et Jacadi, son chien de mer, / a répondu “ Habemus baballe ”. / Le Pape a tout entendu, / bien qu'occupé à pontifier. » […]


    (pg 47 XIX — LE MAT) :
    […] « j'ai donné ma langue au chien, / avec lui les choses sont simples : / pour montrer qu'il est content / il lui suffit de remuer la queue. » […]


    Nous savons tous qu'il y a deux choses qu'on n'arrête pas dans la vie : la queue des chiens et la langue des gens. Autant le dire avec ironie et sourires. Ce que font Cathy Garcia et Lionel avec talent.


    Je vous recommande la lecture de ce recueil dont je suis loin d'avoir fait le tour et qui se termine sur une note positive : […] « … on a vu sur les chemins, / le Mat siffloter en souriant / suivi d'un chien / qui n'est pas le sien. » La question que l'on peut se poser : Qui est le Mat ?


    Dernière lame : pg 61 — LA MANDRAGORE :
    La très belle illustration de Cathy Garcia CANALÈS.