Koan zen
des fleurs meurent chaque jour, mais où va leur parfum ?
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des fleurs meurent chaque jour, mais où va leur parfum ?
merci à Jlmi pour cette sublime découverte !

Un bon poème
doit avoir assez de force
pour résister à tout :
Éditions artisanales,
mauvaises traductions,
fautes d'orthographe, coquilles,
coups d'épée cavaliers,
déclarations d'amour,
bibliothèques oubliées,
émissions de télévision,
films d'auteur,
films d'une autre sorte,
ironies de la vie,
corrections de dernière minute,
internet,
manifestes,
révolutions,
mauvais gouvernements,
discussions de café,
confessions du milieu de la nuit,
jours de soleil, jours nuageux,
bonnes critiques,
mauvaises critiques,
absence totale de critique.
Un bon poème
doit être assez fort
pour supporter
les interprétations abusives,
les approches scolaires, les thèses,
les mises en musique,
les anthologies,
les présentations,
les lectures collectives,
les hommages, les plagiats,
les épigraphes, les dédicaces,
les œuvres complètes.
traduction Laurent Bouisset
http://fuegodelfuego.blogspot.fr/

Un grand MERCI au Tréponème Bleu Pâle qui m'a désignée
"GUEST STAR N°21"
et à Léon Cobra qui a eu pour cela la curiosité et la patience
de fouiner dans mes univers
http://leoncobra.canalblog.com/archives/2017/02/02/34882686.html
Le Tréponème Bleu Pâle/ poésie underground humeurs froides agit pop collages & détournements d'images nouvelles presse // BD Peinture ARCHIVES Photos Nostalgie Papivore Musiques


Un grand plaisir que de figurer au menu de cette très belle "petite" revue, cet "abri d'éditions pour auteurs francophones"
Version web ici : https://issuu.com/hazardzone/docs/hz_3_versionweb

Je marche. J’écoute.
Secret du ricochet. Beauté de la chute.
Sève des reins. Sang de tourbe.
Chemin de cornes et de pluie.
cg in Fugitive (Cardère 2014)

Pour que les branches d'un arbre atteignent les cieux,
Ses racines doivent atteindre l'enfer.

Quelques extraits des poèmes de Saïd Mohamed publiés dans le numéro de janvier 2017.
Lus par moi-même.

MÊME LA PIERRE TREMBLE (PARFOIS)
le cœur est un muscle
si on l'entraîne, si on en prend soin
il devient capable de déplacer des montagnes
à la seule force
de ses élans bestiaux
(qu'aucune tête
aussi faite aussi pleine soit-elle
ne saurait dompter)
parfois je pense à ces cœurs
que nous nous sommes taillés dans la pierre
parce que le monde nous pousse
à avoir un temps d'avance
à prendre de la hauteur
ou peut-être du recul
bref à être là
où le cœur ne sait plus vibrer
à être là
je ne sais pas exactement où
mais quelque part
qui n'a rien à voir avec l'ici et le maintenant
où il exulte
parfois je pense à ces cœurs
que nous nous sommes taillés dans la pierre
à force d'user de l'ironie
et d'abuser du second degré
pour ne pas pleurer / rire / gifler / embrasser
parce que nous nous sentions
bien bêtes
avec ce truc au fond de nous
qui griffait qui mordait
parce que nous nous sentions
comme le monde
nous a appris à ne plus savoir
nous sentir
parfois je pense à ces cœurs
de champion d'antan qui battaient la chamade
comme on bat la pâte
on se moquant des crampes
et des cloques
comme on bat le fer
tant qu'il est chaud pareil à cette vie
toujours sur le feu
qui nous brûlait le gosier
qu'on la gardait pourtant en bouche
pour la savourer
comme un fruit sucré qu'on suce
jusqu'au noyau
parfois je pense à ces cœurs
de champion d'antan qui battaient la chamade
comme ils se foutaient
éperdument
de la juste mesure que le monde
s'échine à battre
au rythme du temps qui passe
et éteint le feu
et étanche la soif
et fait tomber la fièvre
parfois je pense à ces cœurs
de champion d'antan qui battaient la chamade
et qui ont battu en retraite
un cœur qui ne bat plus
ce n'est rien
qu'un morceau de bidoche
alors parfois
devant l'étal du boucher
je pense à toutes ces montagnes
que personne n'a bousculées
(et mon cœur frémit)
