Nicolas Guyot - série des non portraits - 2015

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Je rêvais de toucher la tristesse du monde au bord désenchanté d’un étrange marais je rêvais d’une eau lourde où je retrouverais les chemins égarés de ta bouche profonde j’ai senti dans mes mains un animal immonde échappé à la nuit d’une affreuse forêt et je vis que c’était le mal dont tu mourais que j’appelle en riant la tristesse du monde une lumière folle un éclat de tonnerre un rire libérant ta longue nudité une immense splendeur enfin m’illuminèrent et je vis ta douleur comme une charité rayonnant dans la nuit la longue forme claire et le cri de tombeau de ton infinité.
in L’Archangélique et autres poèmes

étends tes racines
au ciel transparent des lymphes
cg in Des volcans sur la lune

Folle, folle, folle. La tige si lisse et longue du pissenlit, la pieuvre au bout du bouton dénudé, la fleur, ses graines, ont rempli leur mission. Dire, écrire, penser n’importe quoi.
cg in A la loupe

Je voudrais parfois tout abandonner, être poète seulement,
affranchie du lieu et de l’espace rien que ce pas nu...

je veux embrasser cette humanité cachée
être libre de réinventer la flamme et l’histoire
cette brûlure nommée âme
ce jus d’incendie, cette porte
ce poids en nous de paradis
cg in Histoires d'amour, histoire d'aimer

Nous ne voyons jamais les choses telles qu'elles sont,
nous les voyons telles que nous sommes.

La terre s’offre à l’espace. Les paroles se cristallisent. L’eau dénoue le vent.
Dans l’échancrure de la lumière,
La graine de beauté.
cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

J’ai rêvé de mangroves, de mots fossiles. Sève et miroir, encre et pierre chaude.
Mastiquée par les mandibules de l’alphabet, je dois faire allégeance à l’éblouissement.
cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

J'ai au cœur une bête sauvage qui ne sort que la nuit et pour quelques secondes. Elle s'empare des restes abandonnés par le jour - feuille, visage ou parole - et elle regagne précipitamment son trou, ayant trouvé de quoi manger pour deux siècles. Ce n'est jamais la même chose dont elle se nourrit - ici un voyage, là une lecture, ailleurs un silence, - mais c'est toujours la même joie qui est cherchée et parfois atteinte, une joie légère et enfantine comme une tâche de soleil.
Le poète descend du songe