Louis Raoul
Vous entrez dans un autre pays
Une autre saison
La parole se fait maintenant plus lente
Elle peut dire ce bruit de paille
Dans le vent
D’une pluie coupée.
in Triptyque du veilleur
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Vous entrez dans un autre pays
Une autre saison
La parole se fait maintenant plus lente
Elle peut dire ce bruit de paille
Dans le vent
D’une pluie coupée.
in Triptyque du veilleur

SIMPLE COMME AU REVOIR
Il a rêvé de tortues stellaires
Et s’éveille convaincu
De détenir la vérité
L’univers a des crocs de dinosaure
Dans une bulle close par un cadenas
Dieu est un feu follet.
cg 2002

Les plaies de la misère couvrent des larves.
La faim ouvre son sillon et s’échoue dans de vieux ports abandonnés
Sur le sable
Et au danger de la jungle.
Il n’y a pas assez de sépultures, de niches, de fosses communes,
D’extensions suffisantes,
Pour enterrer les nombreuses prises d’enfants
D’une seule journée. On les assiègent la nuit,
Pendant leur sommeil parmi les cartons de la rue.
Il paraît qu’ils font du tort du commerce.
in Tiers-Monde

Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent ...
et pour les mêmes raisons.

Sur les écrans l’existence est une passagère folle
in Une quinte sous nos doigts

Les rues mettent en marche leurs moteurs
leurs machines à hacher
dévoilent la texture de mazout de la nuit
in Cat in the bag

Encre et sang
Je fais de ma vie de nuit en nuit un tas d’ordures.
Je fais de ma vie une brumeuse chronique.
Je fais de ma nuit le carrefour des fantômes.
Je fais de mon sang un long fleuve
qui tape à mes tempes.
Je fais de ma peur un oiseau noir et blanc
Je fais d’un oiseau mort, pourri,
l’enfant que j’aurais pu être.
Je fais d’un enfant un feu fou, un bloc de cendres.
Je fais de ma mort à venir un festin de serpents.
Je fais d’un serpent la corde pour me pendre.
Je fais d’un long, acharné silence le testament
de tout ce qui fut désastres, horreurs, ennuis,
ruptures et interminables hurlements.
Je pisse de l’encre et du sang.
Je pisse de l’encre et du sang.
Je chante sur le bûcher des châtiments.
