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  • Émilie Carles (1900-1979) - Une soupe aux herbes sauvages

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    Livre de poche 1979

     

     

    Encore une pépite trouvée dans une boite à livres et pourtant je le connaissais de nom depuis mon enfance mais je ne m'attendais pas à cette si bonne surprise ! Comme j'aurais aimé connaitre cette formidable dame ! 

     

    "Dans son livre autobiographique, Émilie Carles parle non seulement de sa vie, mais aussi avec sensibilité et humanité de la vie des montagnards. Elle détaille longuement les petits faits qui témoignent bien de la difficulté de vivre dans cette région. Elle décrit les travaux quotidiens et les améliorations apportées par le progrès aux villages éloignés. Institutrice, elle est en contact permanent avec ce milieu populaire dont elle est issue. Son récit est un témoignage remarquable sur la vie des familles de paysans dans les Hautes-Alpes pendant l’entre-deux-guerres : premiers poêles à charbon, raccordement au réseau électrique, amélioration de l’équipement ménager. La possibilité d’améliorer le confort quotidien dépend des récoltes, de la santé du bétail. Elle raconte aussi les longues veillées d’hiver et l’entraide nécessaire dans les moments difficiles. À l’école, elle s’efforce de travailler dans la ligne de son idéal. Elle tient à ce que ses élèves développent leurs propres talents, aiment l’étude et respectent les valeurs morales : solidarité, respect d’autrui, responsabilité individuelle. Elle décrit avec enthousiasme son espoir de voir le monde devenir meilleur et appliquer de nouvelles valeurs morales."

     

    Émilie Carles est née dans une famille de petits cultivateurs dans un village montagnard. Elle avait cinq frères et sœurs. L’exploitation de la ferme exigeait beaucoup de travail pour une mince quantité de productions. Sa mère mourut à l'âge de trente-six ans, en travaillant, foudroyée dans un champ lors de l’été 1904. Émilie avait quatre ans. Rapidement ses journées furent remplies doublement : à l’école pour apprendre, à l’étable et dans les champs pour participer aux travaux de la famille. Elle avait un projet : devenir institutrice. Elle a écrit : « J’aimais aller à l’école, j’aimais l’étude, j’aimais lire, écrire, apprendre. Dès que je suis allée à l’école, je me suis sentie chez moi et c’est là que je me suis épanouie. » Elle fut la seule de la famille à poursuivre des études. En 1916, elle partit à Paris pour continuer à étudier et acquérir son diplôme d’institutrice. Elle y découvrit le milieu des pacifistes et des anarchistes et fut sensible à leurs idées. Mais quelques années plus tard elle fut atteinte de tuberculose et dut revenir vivre à l’air pur de ses chères montagnes. Elle enseigna alors dans différentes écoles et vécut dans des conditions matérielles rudimentaires. Les récits de ses frères, mobilisés sur le front de la guerre 1914-1918 et ses relations durables avec les mouvements anarchistes parisiens la convainquirent de l’absurdité des guerres et de la nécessité d’agir pour construire un monde meilleur. En 1927, elle rencontra Jean Carles, son futur compagnon. Il était libertaire, pacifiste et libre-penseur. Après la Première Guerre mondiale, Jean avait refusé ses médailles militaires et sa pension d’ancien combattant. Tous deux menèrent une vie militante de combats pour leurs idéaux. En 1936, le gouvernement français du Front populaire créa les premiers congés payés pour les salariés. Dans leur village de Val-des-Prés, Jean et Émilie ouvrirent une auberge, utilisant les vastes bâtiments de leur ferme. Ils y reçurent leurs camarades citadins, heureux de les faire profiter de la pureté de l’air montagnard et de la beauté de l’environnement. Les discussions étaient passionnées. Mais cette clientèle n’était pas riche : le plus souvent le salaire de l’institutrice servait à équilibrer les comptes. Au début de la guerre de 1939-1945, leur fillette jouant dans la rue fut écrasée, par un camion d’un convoi militaire traversant le village, à l'âge de six ans. Pendant l’occupation allemande, Jean dut s’enfuir et se réfugier dans un camp de maquisards : il avait appris qu’il était en tête d’une liste d’éventuels otages établie par la Préfecture à la demande des occupants. Il quitta le camp volontairement quelques semaines avant la libération sans se douter qu’il échappait de peu à la mort, le camp étant destiné à être rasé par les Allemands deux jours après son départ. Il mourut en 1962 épuisé par ses longues luttes.

    (Source : Wikipedia)

     

    "À l'approche des élections, on voyait arriver un Rotschild ou un Petch, qui venait faire son tour. Du jour au lendemain, ces hommes qui étaient des crésus et des banquiers qui vivaient à Paris, débarquaient dans nos villages pour visiter les électeurs et les convaincre. Je m'en souviens, je l'ai vu de mes yeux, le furtu député se baladait en donnant le bras au maire et tous les deux faisaient le tour des maisons en distribuant des billets de 50 et 100 francs aux paysans. Le maire indiquait les gens intéressants et la somme : « Celui-là vous lui donnez 100 francs, celui-là 50 suffiront. » C'était simple, ils achetaient les voix. Après ils s'arrangeaient entre eux. Le maire aussi touchait des pots-de-vin et ils avaient des avantages. C'était ainsi que les choses se passaient. C'est pour ces raisons que je disais à mes gosses que le suffrage universel c'était une duperie et qu'il fallait s'en méfier comme de la peste. Aux paysans aussi, j'essayais d'ouvrir les yeux, je leur disais : « Mais pauvre comme nous sommes, laborieux comme nous sommes, comment pouvons-nous voter pour des milliardaires, ils ne peuvent pas défendre l'intérêt des travailleurs."

     

     

     

  • Patrick Trochou

     

    Ces épais traits oraux ressassés par des élus ayant pattes graissées sur perchoir; qui sollicitent la glu pour qu'ils s'y sauvegardent, et espèrent que nous y coulerons notre croire. La fragilité méfiante, discrète de notre croire. Et ils s'y entendent dans les édifices pour ne pas nous écouter. (...) Nous avons lâché les rênes, la charrette, seule, s'est fracassée sans guide contre la palissade d'un idéal meurtri.

     

    in Tessons de vers après la casse, 2023

     

     

    Bon voyage vers des dimensions meilleures mon ami, ta bonté, ta générosité qui n'ont d'égal que ta discrétion, ton humilité vont me manquer et ils manquent déjà à l'humanité. Je vais relayer tes mots encore et encore et tu seras dans Nouveaux Délits comme prévu, toi qui as soutenu sans faille ma petite revue depuis presque 20 ans !

    Aujourd'hui, je suis bouleversée.