Monstera
La monstera deliciosa, plante d’intérieur qui me suit depuis tant d’années pour consoler mes nostalgies brésiliennes, renaît de ses tiges rasées… On l’appelle aussi l’ananas du pauvre.
in Jardin du causse, 2004
Ed. de l'Atlantique 2011
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La monstera deliciosa, plante d’intérieur qui me suit depuis tant d’années pour consoler mes nostalgies brésiliennes, renaît de ses tiges rasées… On l’appelle aussi l’ananas du pauvre.
in Jardin du causse, 2004
Ed. de l'Atlantique 2011

...chercheuse d’absolu a du mal avec le côté pratique des choses. Le côté terre à terre. Je manque de terre et de feu, on le sait bien. Je navigue dans les eaux et dans les airs, un univers de bulles. Plénitude ou illusion, un poisson volant. Et le plus fou, c’est que j’en ai vu des poissons volants, des immenses et j’en ai même promené quelques-uns...
cg in Journal 2006

Le coucou clame son forfait et les oiseaux plus convenables achèvent la construction des derniers nids. Un chien aboie comme il se doit. Ça pépie, ça ricane, ça siffle et bourdonne. Le grand jardin qui m’entoure ne cesse de m’extasier. J’ai décidé de faire de mon quotidien, un sanctuaire.
cg in A la loupe

Un homme, la nature. Avec ça je suis heureuse à condition que… Toujours les conditions ! Que tout soit en parfaite harmonie y compris mes accès de folie, de sauvagerie. La nature aussi à ses orages, ses tornades…
Cg, sur la route pour Santa Maria de Feira, Portugal, juin 2000
in Calepins voyageurs et après ?

Tenter le oui, toujours le oui. Oui à tout. Donner sans promesse, sans acquis, sans que cela instaure une règle. L’amour est comme le ciel, il a une infinité de visages, mais l’amour reste l’amour.
cg in Journal 2006

Trop fragile. Besoin d’une main, d’un guide. Besoin du père… Manque cruel et éternelle damnation. Je pleure sur ma vie, sur mes échecs, parfois je voudrais tout, tout, tout changer !
cg in Journal 1993

Sur moi, passent les vagues de tristesse et les sourires, le calme et les frissons de l’anxiété, elles passent et il m’arrive de pouvoir les contempler d’une façon sereine.
cg in Journal 1998

De la fleur à l’arbre tout cherche à croître, chacun à son rythme, croissance, jouissance. Apprendre à goûter sans l’immédiate torsion du désir qui creuse son trou, son manque.
Transmutation, âge de plomb, la leçon que nous palpitent tous les papillons de nuit. Accepter l‘impermanence, la pépite si précieuse du présent. Sentir le fourmillement des racines, la plante des pieds.
Longuement s’étirer vers le ciel.
cg in Chroniques du hamac, 2008

Crise
Attendre en silence
que le temps se penche
dans une pièce vide,
dépose une ride.
Doucement sur mon front,
trace un sillon
de ses doigts lisses
où sagesse s’immisce.
Nue sur une chaise,
que l'esprit se taise,
les mains ouvertes,
en éveil.
Ceinte de murs blancs,
je vide l’écran.
Libérée de l’image,
je balaie le passage
et j'attend.
J'attendrai
infiniment
l'éternité.
Malgré la vie, ses ravages,
malgré la nuit prise de rage,
j'attendrais immobile
que le flux cesse,
pour atteindre mon île.
Une île tendre,
douce peau,
souffle chaud,
vent dans les voiles
d'une lointaine étoile.
cg in Les années chiennes
(textes de jeunesse publiés en 2007)

Le corps a soif d’équilibre
Si on lui fait confiance
Il sait trouver la danse
Et il danse.
cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

Voilà l’enfer ! S’accrocher à des illusions corrosives et visqueuses qui glissent entre nos doigts en nous arrachant la peau. Savoir que ce n’est qu’illusions, tout ça, tout ça qui fait si mal !
Il n’y a que la musique qui me sauve, qui m’emporte sur ses ailes. Pas de meilleurs mots pour apaiser que ces notes qui s’enchaînent follement, ces battements de cœur qui scandent la vie.
cg in Journal 1999

Je cours seulement après ce que je ne peux attraper. Une façon de rejouer une scène originelle. Le manque, le désir comme échappée belle.
Cg in Journal 2005

J’ai besoin de contrôler, de mettre des règles là où il n’y a qu’énergies incontrôlables. Sauvages. Animales. Qui tracent un pont vers le ciel.
cg in Journal 2005

Je marche, je marche, cédant au poids qui me ramène à la terre, sans jamais rien rencontrer qui puisse briser le mortel enchantement. Besoin d'un déluge pour refleurir mon jardin, tout est désespérément sec, stérile !
Plus rien à donner qu’un amour désespéré, plus rien à tendre que les griffes. Une dernière fois. Avant de déchiqueter mon propre visage, devenir lambeaux que le vent emporte. Qu'il n'en reste rien !
cg, à Geleen, Hollande, août 1997
in Calepins voyageurs et après ?

Chaque geste, chaque mot, chaque cause et sa cascade de conséquences. Je n’agis pas rationnellement en ce moment. Je poursuis je ne sais quelle queue de comète qui m’indique je ne sais quoi.
cg in Journal 2005