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23/10/2013

Marianela Gallardo

Marianela Gallardo n.jpg

 

Respirer le vide précieux
L’ample de la pluie
Plonger dans l’océan du ciel
Réciter ses litanies
Avec ce fragment de sel
Qui crépite sur la langue

 

cg in Mordre le temps de mort

22/10/2013

Camil Tulcan

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Plutôt que la raison, il faudrait chercher la racine de la folie. Je suis différente. M’acceptez-vous ? Ecrire, appeler. Je ne peux éclore. L’enfant papillon n’a jamais grandi.

 

Il est possible, j’en ai eu la preuve, de vivre avec ses folies. Devenir maître en esquive, galoper toujours plus loin vers les grands soleils et la mort, éblouissante, légère.

 

L’être cherche sa désincarcération. Ce qui reste quand tout a brûlé. Armures, oripeaux, masques et circonstances. Cesser la lutte à contre - courant, lâcher l’hypersensibilité pour aller vers l’Autre.

 

cg in Celle qui manque (Asphodèle 2011)

 

 

18/10/2013

Jaromir Hron et Novembre

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NOVEMBRE

 

soleil noyé de brume

exhalaisons glacées

dont l'aube se parfume

en souvenir du passé

novembre la nuit

plus noire encore

le gel s’immisce

sous la peau

 

la terre grasse s'empiffre

au festin des choses mortes

d'un bol de lait étincelant

naissent crapauds à mandibules

gros vers fluorescents

tous les enfants de la lune

 

novembre !

 

agrippés à nos portes

les remords ont des griffes

le vent brandit ses lames

et les arbres grelottent

en vains habits de flammes

 

novembre !

 

dans la tiédeur du foyer

des rythmes font illusion

du soleil novembre 

pour oublier

 

 pour t’oublier

 

 

in Mon collier de sel

 

 

 

16/10/2013

Marc Riboud

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Quand le temps se ralentit, l’ancienne malle à trésors oubliés s’entrouvre et toute chose retrouve sa mémoire, le souvenir de ce qui n’a pas encore tout à fait disparu.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

15/10/2013

l'oeil & la plume : à la loupe tout est rituel (extrait 2)

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texte de cathy garcia                                                                                                                       collage  jlmi  2013
 
 

La chaleur a un parfum et les cigales sont hypnotiques. Le tant, le trop, la liste qui se déroule, infinie, soudain s’évapore et je me mets à désirer des choses uniques... Un apéritif légèrement amer, qui me ferait croire au luxe, avec quelques olives ou des petites choses à la saveur méditerranéenne.

Les cigales ont gagné, m’ont plongée dans un sommeil à angle droit, où les mouches, les fourmis et autres chatouilleurs me faisaient danser la Saint Guy. Réveil, proposition, évocation… Parasol et Suze méditerranée, se sont matérialisés en sirop de citron et bruit de verre brisé. J’offre mes jambes et la plante de mes pieds aux ultra-violets. L’été est là, dépouillé de tout artifice, y compris celui de l’amertume apéritive.

L’été est là, nous passons trois hivers à l’attendre et quand il est là, nous sommes bien en peine de savoir quoi en faire. Alors remontent, sournois, des souvenirs adolescents, lorsque l’été avait non seulement un sens, mais surtout un but. Le décuplement du vivre ! L’eden d’une piscine, d’une discomobile  ou d’une fête foraine, quelques glaces, quelques cacahuètes, des dents blanches, des peaux de princes hâlés, des musiques dansantes, des slips mouillés, le désir comme un fruit trop mûr, trop sucré. Le désir qui tâche et l’importance essentielle des choses futiles dont rien ni personne ne pouvaient nous détourner.

 

 

En ligne sur : http://jlmi22.hautetfort.com/archive/2013/10/11/l-oeil-la...

14/10/2013

Ma Liang aka Maleonn

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J’ai rêvé d’un tigre, ancêtre mythique, l’initiant qui conduit les néophytes dans la jungle pour les tuer et les ressusciter.

 

Énergie puissante, parfois féroce, qui à la lune renaissante surgit des obscurités profondes.

 

J’entame ma lente progression dans la forêt de bambous.

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

Luis Lobo Henriques

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Il faut oser l’amour.  S’agenouiller pour l’envol.

 

Ouvrir mes cuisses libère mes odeurs de femme.

L’ange de l’air en connait les formules secrètes.

 

 

cg in Fugitive (à paraître chez Cardère en février 2014)

 

 

 

 

13/10/2013

Lucia Bianchi

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Encore une fois, s’accrocher. A quoi ?

 

L’amour ne se partage pas. Le sexe est égoïste. Il nous est toujours demandé beaucoup plus que ce que l’on a. On finit par s’arracher lambeaux de peaux, morceaux de chair, de poumons, de cœur. Ne serions-nous que des trous noirs déguisés de viande ? Je cherche, creuse, malaxe mon ventre, m’essore jusqu’à la moelle et cherche sans repos.

 

Je cherche et constate, impuissante. Ne plus savoir les cycles, se savoir si démunis.

 

Je vois, je sens, me méprends. M’éprends ? S’éprendre et ne plus comprendre. Lâcher le mental, descendre dans l’émotion. Perdre sa vie à tenter un impossible compromis. Ce champ de guerre où tous les coups frappent deux fois.

 

Un frisson me parcourt, me désole de moi-même et de la vanité. Je n’ai pas les clés de mes rêves. Je coince et barbote.

 

 

Cg in Celle qui manque (Asphodèle, 2011)

Phil Mcdarby

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TERRE DU QUERCY

 

Que m’as-tu fait terre, terre de chênes, m’aurais-tu enchainée ?

Envoûtée à tes sources secrètes, ton sol osseux, tes bras de genièvre ?

Tu m’offres ta couche de pelouse sèche où se pressent pelures d’univers,

Mondes miniatures enchanteurs et cruels.

Que m’as-tu fait terre du Quercy ?

Des racines me poussent, je me noie dans ton ciel.

Les oiseaux me parlent et je capte la langue nomade des nuages

Sans même plus avoir le désir de les suivre.

Que m’as-tu fait ? Agenouillée dans ton hiver,

Je guette avide tes premières érections printanières, tes orchis clitoris.

Qu’as-tu fait terre pour que je me sente si ancienne 

Entre la rose chienne et les sortilèges du chèvrefeuille ?

J’arpente tes courbes et tu me découvre les secrets de ton causse.

Me rendras-tu fertile et profonde comme l’échancrure de tes combes et vallées ?

Te joues-tu de moi pour que je me sente reine avec des bois sur la tête ?

M’enverras-tu tes chasseurs ? La bête se cache

Et je deviens ta bête, ô terre du Quercy.

J’entends rire les arbres et pleurer aussi.

Et tout leur travail d’arbre.

Les écorces me dévoilent

Le trésor de leur art, ma chevelure s’emmêle

De lichen et de mousse.

Plus de sept ans que tu me tiens sous tes charmes,

Pays d’Avalon d’Occitanie.

Tes pierres, tes eaux, parlent plus que les hommes.

Tu m’apprends ça aussi, à me taire, terre du Quercy.

Tes galets remplissent mes poches,

Tes branches, tes racines rampent jusqu’à ma porte.

Que veux-tu ? Que je sois chêne parmi les chênes,

Que j’y perde ainsi mes chaînes d’humanité ?

Ou bien m’acceptes-tu jardinière, poète, contemplatrice ?

Terre du Quercy, je sais qu’autrefois tu as connu bien plus de vie.

Aujourd’hui sur ta peau broussailleuse ce sont les pèlerins

et autres amoureux des chemins qui te caressent.

Certains peut être te font même l’amour.

Terre de beauté, prends-moi encore contre ton sein,

Que j’y sente couler la sève des rêves.

 

Cg 2009

 

 

12/10/2013

l'oeil & la plume : à la loupe tout est rituel (extrait 1)

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texte de cathy garcia                                                                                                                      collage  jlmi  2013

 

 

Il nous faut changer de cap, lâcher du lest, faire face aux vraies peurs masquées par les fausses, les peurs conformes, les peurs induites, celles qu’il est bon d’avoir même si on ne les a pas. Il nous faut embarquer vers l’inconnu, sans rives, sans repère. Ne rien projeter, ne rien regretter, s’ouvrir à l’espace infini de l’instant, desserrer les vis, libérer, par le souffle paisible, nos viscères, admettre que l’on ne sait rien de l’amour.

Je frotte mes ailes de cigale, ventre contre terre, fesses solaires. J’ai tellement retourné les mots en tous sens, goûté leurs chairs, sucé leurs os, il y en a peu finalement qui apaisent ma faim. Je cherche l’au-delà des mots, la sensation pure, violente parfois, une pénétration totale par ce que certain nomme le divin. Un vide en moi, immense, qui provoque un appel d’air. En moi, tournoient le cosmos et toutes ses galaxies, je suis absolument et invraisemblablement creuse à l’intérieur.

Les mots fuient de toutes parts, explosent, se dispersent, se reforment. Un creuset d’énergie où je disparais, ne faisant plus qu’un avec ce vertige de l’indicible. Alors, décider ? Mais décider de quoi ? Je m’ouvre et ne peux rien décider. Seulement accueillir.

 

Mis en ligne sur http://jlmi22.hautetfort.com/

11/10/2013

Linda Silja

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LE FLEUVE

 

Chaloupe fervente

Rythme frappé

Aux flancs du monde

 

Le sinueux

A clochettes

A crécelles

Se glisse

S’entrelace

Trace des signes

De sable

 

Fumée peau tendue

Curieuses résonances

Pulsations

Pantomime sauvage

Des oiseaux de bois

 

Eclats de forêt

Vortex piqués de vertige

Echelle des sons

Aspiration

Siffle la tête l’onde

Les jambes qui la fendent

 

La voix du vieil homme

Ulule une sève de rêve

Fait danser les écorces

 

Le feu empoigne le cœur

Forge visages sourires

Que l’on croit reconnaître

 

Cercles humains tissés

Sans commencement ni fin

Entrelacs de serpents

Souffle femelle

 

Poison initiatique

La dissolution des frontières

Réveille les passes des sorciers

Affole la cadence des luttes

 

Du vagin de la terre

Monte la voix barbare

Aux mamelles innombrables

Montent les aigreurs les misères

Le sang tant et trop versé

Montent les peurs les viscères

Les espoirs décomposés

 

Sentir soudain

La force du courant

Aux rives du monde

 

 

cg n Mystica perdita, 2009

(Eskhatiaï, Ed. de l'Atlantique 2010)

 

 

 

 

Lim Theng Hoon (Malaisie) - 1953

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PLANÈTE ALLUMETTE

 

Je l’aimais d’un amour audacieux, paisible, risible. Je m’en lave les yeux, le cœur, les oreilles et je pars, ivre folle dans les vastes et vertes prairies. Je deviens vache et je broute les étoiles, je deviens ver et un oiseau m’avale. Je deviens fiente, riche fiente pour participer au monde pleinement, le nourrir de mon être, mon existence, mon amalgame. Je deviens âme. Âme enchaînée à la ronde. Ronde planète. Petite allumette à rouge tête.

Qui sera assez fou ? Assez fou pour l’allumer ?

Assez fou pour noyer le poisson et lancer l’oiseau par la fenêtre ?

Les chiens aboieront toujours et toujours les hommes leur diront « ta gueule ! ».

La planète roule sous nos doigts, change de couleur. Petite allumette cramée… Plus d’allumette, plus de planète pour rêver !

 

16 janvier 2002 – 18h40

In Trans(e)fusées

Jean-Louis Millet - Les méduses, 2013

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Un dieu tremblant a soupiré et les conques ont soufflé sur ses rides. Le calme est revenu, limpide, et avec lui les ballets d'opalines. Un par un, les joyaux translucides se sont allumés, balisant le chemin des ombres diaphanes. L'ancien dieu s'est assoupi et un nouveau berce l'horizon. Des poissons d'or filent entre ses doigts pour aller chatouiller les rêves des méduses.

 

Cg in Le rêve du trident

(Fragments de tout et de rien, Clapas 2001 et Gris Feu, ACD 2003)

 

 

 

10/10/2013

Vincent van Gogh - Winter Garden, 1884

Vincent van Gogh(Dutch, 1853–1890)Winter Garden 1884 .jpg

 

Dans la chambre d’automne

Il nous faudra démêler les sentiments

Et les linges souillés

Le pelage et les ronces

 

cg in Mordre le temps de mort

 

Lia G - Série Belleza inquietante

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La poésie n’habite pas dans les mots.  La poésie est sans mot fixe.

Elle erre seule, maudite et folle, sage flamme.

 

La poésie si vous n’y prenez garde contamine chaque cellule, parcelle,  seconde de votre vie. C’est la mystique universelle du gluant obscur au blanc pur, elle a la densité de la pierre, la fulgurance d’un ange.

 

Cg in Chroniques du hamac, 2008