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04/09/2013

Robert Auer

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Souffle et serpent dans un fouillis de luminaires. Une éclaboussure de pluie dans un giron de pollen. De l’antique humus surgissent des langues, des chants et des cordes. Des sortilèges de cornes et d’équinoxes.

 

cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

 

 

 

03/09/2013

Robert Wood - Laguna coast, 1959

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LA VIE VA !

 

 Dis vague, où va la vie ?

 

La vie divague

Suit ses envies 

 

La vie vogue

La vigie voit

La vie bogue

Et la diva boit

 

La vie louvoie

La vie exode

 La vie élague

Les nuits sans joie

 

La vie navigue

La vie pirogue

La vie cascade

Et puis s’en va !

 

Dis vague, où va la vie ?

 

cg 2001

 

Robert Rauschenberg - Gospel yodel, 1984

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                                           Glyphe

 

 

La première trace de griffes sur la paroi d’une caverne.

 Force. Taureau. Lune. Femme. Ovaire. Vagin.

 

Puis vint le Bélier

 

 

cg in Chroniques du hamac, 2008

 

31/08/2013

Robert Auer et La femme que tu cherches

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LA FEMME QUE TU CHERCHES

 

 

je suis une mère une sœur

énergie lumineuse enveloppante

je suis l’étoile charnelle chaude et vibrante

je suis la mer la lune tiède

le pansement doux de tes blessures

 

 je suis un courant continu

la soie d’une chair appétissante

le calice de tes soupirs

je suis le corps toi naufragé la rive

où tu ne cesses de buter

 


je suis une bête de lit miauleuse jouisseuse

une arche de tendresse une manne une nef

je suis un souffle une fièvre une fente à polir

la danseuse sur l’arbre le creux dans la terre

 

 

je suis la visqueuse

créature de ton âme

l’émeraude fendue

de ton crâne

 

 je suis l’amazone de tes égarements

la cavalière de tes orages

je suis le sable la vase

la bauge noire de tes sens

je suis la vague la langue

le vampire et pire encore

je suis l’oiseau blanc qui boit

le sang des astres

 

je suis le matin qui découd tes paupières 

 poisson qui glisse entre tes doigts

le jus que tu tires de moi

le sucre sur tes lèvres

ma morsure à tes rêves

adolescents

 

 je suis le chat qui guette

la douce impasse la ruelle

le délice à lécher

 


recrudescence enténébrée

de ton sexe je suis

je suis depuis longtemps

la femme que tu cherches

 

 

cg in Salines

(In Eskhatiaï, Ed. de l'Atlantique, 2010)

 

 

Jaya Suberg et Suicide air

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SUICIDE AIR

 

Tous les jours raconter un nouveau suicide, celui que je ne commettrai pas, même si en moi tu as réussi à pomper même le vide. Tous les jours, me couper un doigt, un bras, déchirer les draps et pendre ma poupée de chiffon, celle avec quoi tu t’essuies sans même y penser. Regarder avec une froide fascination jusqu’où je pourrais tomber, pour te plaire, te satisfaire.

 

On doit pouvoir combler la mer avec le sable des déserts.

 

cg in Le baume et le pire

 

 

René Magritte - Mermaid, 1945

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Docteur, mes veines sont peuplées de dauphins,

de sirènes déchirantes et déchirées.

 

Je n’écrirai plus beaucoup de paroles. Des mots, juste comme bol frêle étoile.

Quelques mots pour allumer un feu, nourrir un oiseau.

Des sons de montagne et d’eau.

Des sons pour guérir, des chants pour vivre. Docteur…

 

 

cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

 

30/08/2013

Jane Burton - de la série La bête, 2012

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SERRE GORGE

 

La pluie laisse des copeaux

au creux des abreuvoirs

Les yeux des oiseaux le disent

le ciel devient trop noir

 

octobre enragé

déchire les arbres

cochés de rouge

les crapauds pleurent

sur la vieille margelle

 

tu le sais

jamais tu ne retourneras

sur tes pas

ou ceux d’un autre

et ta main lasse  s’entrouvre

pour laisser couler

la miellée

 

les regrets se laissent compter

un par un

à ton serre-gorge

 

tu sais

le sang

l’aube

la fêlure du regard

où s’engouffre

la lumière

 

et sur le trou sur le

manque

tu poses la première syllabe

d’un nouveau cycle

de sable

 

tu sais

tu sais la roue qui

éparpille

dissout

tu sais l’alternance

la vanité

 

puis tu oublies

et courbée sur l’enclume

commences à forger

ton prochain

serre-gorge

 

 

CG in Ombromanie (Encres Vive, 2007)
 

Jane Burton - de la série Available light, 2003

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Les mots clés ont des serrures.

 

Allô Freud, Jung, tous les grands sorciers ? Allô papa ?

J’ai voulu vomir l’amer en moi.

Bilan clinique : encline au déclin. Se réveille en blocs de poussière.

 

Cette peur du vide alors que rien ne s’écrase, tout se fond. Jouissance de la goutte qui rejoint l’océan. L’écorce abandonnée, splendide nudité.

 

La main a des yeux. Dedans mordre délicatement. Faire le vide, dedans, autour. Rien ne sert de courir après l’autre s’il n’est pas prêt. Descendre, faire confiance.

 

cg in Celle qui manque (Asphodèle 2011) 

 

 

René Magritte - Le Seize Septembre, 1956

rené magritte 00.jpg

 

LA FAUTE AUX NAINS !

 

Les nains de jardin à la mémoire défaillante

ont battu la campagne avec la lune nuageuse

Ceci explique sans doute

Mon mal au crâne de ce matin.

 

 

 in Bonzaïs hallucinogènes ou nano-histoires sans les nains

 

 

26/08/2013

Jan Van Naeltwijck - Crocodiles

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LE GOÛTER DU CROCODILE

 

Le goûter pour les enfants

C’est très important

Le goûter pour les crocodiles

C’est bien utile

 

Les crocodiles aiment bien goûter

Les enfants qui ont bien goûté

Parce que le goûter pour les enfants

C’est très important

 

Le goûter pour les grands-parents

C’est pas si important

Mais pour les crocodiles

Goûter du grand-parent

C’est vraiment dégoûtant !

 

 

cg 2013

 

 in Poèmes follets & chansons follettes pour petits grands & grands petits

 

(à paraître prochainement)

 

25/08/2013

Jacques-André Boiffard

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RÉNITENCE

 

= propriété d’un organe ou de la peau à résister à la pression

 

A vrai dire la question n’est pas de savoir si nous sommes faits pour être ensemble.

Je ne suis faite pour personne. Et qu’il s’en trouve un ou une de fait(e) pour moi, j’en doute.

 

Fiction. Conte détourné de sa première et véritable vocation : l’initiation.

 

Mystères de vie, de mort, de la mort-vie…

 

Tu es ma douleur fraîche. Le mal qui creuse plus loin, plus profond.

 

Combustion nucléaire. Avec toi je meurs ou je guéris !

 

 cg in Le baume et le pire

24/08/2013

Ismail Raja Sulbar

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ne peut s’enfuir la ville

incarcérée bouclée périphérique

ses au-delà dévastés

visent un cœur déjà mort

 

 

in Pandémonium II

Izis Israëlis Bidermanas -

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Je veux du bonheur maintenant, du bonheur tout simple, bon comme du pain frais. Je ne crois plus aux paroles qui ne viennent pas du cœur et j’ai encore en tête des images de mon rêve. Je flaire le piège. J’aimerais tellement croire à la gentillesse, mieux, à la bonté, mais je ne veux plus croire. Je veux voir, je veux sentir, je veux vivre.

 

cg in A la loupe, tout est rituel

 

 

 

 

 

Pauline Ohrel - Petite marcheuse

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Je marche. J’écoute.

 

Secret du ricochet. Beauté de la chute.

 

Sève des reins. Sang de tourbe.

 

Chemin de cornes et de pluie.

 

Cg in Fugitive

 

 

 

 

 

Isa Marcelli

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Il se trouve, hélas, que nous n'avons plus rien à nous dire et que nous sommes des bulles qui nous nous éloignons toujours plus les unes des autres, quand nous n’éclatons pas tout simplement, parce que c’est l’heure de la dissolution, du retour au grand tout cosmique. Aimer, être aimé, séduire, être séduit, nous unir, nous accoupler, nous séparer, chercher à s’accoupler de nouveau, parce que seuls ces bateaux là nous rassurent dans le vide de nos existences. Bulles. Cellules. L’herbe verte dans le pré du voisin est génétiquement modifiée.

 

Cg in A la loupe, tout est rituel