Takato Yamamoto

évade-moi
fragile-moi
je suis ta poupée de soie
ta convive funambule
cg in Des volcans sur la lune
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évade-moi
fragile-moi
je suis ta poupée de soie
ta convive funambule
cg in Des volcans sur la lune

Me voilà embarquée sur la mer mouvementée de mes pensées. D’étranges réminiscences me flottent autour. Des rêves ? Une sale impression ! L’envie de rabattre les draps sur ma tête, de me coller dans une bouderie fumeuse…
C’est ma vie qui me donne mal au cœur ! Elle poisse, enlisée dans l’ignorance. Je m’abrite derrière mes nombreuses faiblesses et je n’ai certes pas vaincu la peur de mourir.
Je ne sais pas pourquoi j’écris ça.
C’est inutile, mon rayonnement est négatif aujourd’hui, de la lumière noire. Je suis en manque, accro au bonheur, à l’extase !
Ce soir je me sens seule au sein de l’humanité et voilà bien un crime contre-nature !
Je ne sais pas ce que je veux mais je sais peut-être au moins ce que je ne veux pas.
La raison contre l’intuition et vice et versa, aussi parfois je reste sans bouger, immobile, espérant passer au travers du filet de mes contradictions.
Voilà que ça me fait sourire.
cg in Journal 1998

Je suis atteinte d’une bien étrange maladie dont je ne connais pas le nom, l’obsession de l’essentiel, d’un retour à l’originel. À l’acier et au béton, je préfère le bois et la terre, aux néons, je préfère les flammes.
cg in Journal 1998

moi
jetée au ciel
en attente toujours
de jaillissement
ce qui n’empêche…
j’aime à fleurir
clandestinement
m’ouvrir à des nuits étoilées de plaisir
éclater sous la brûlure d’un soleil mâle
cg in Salines, à tire d'ailes 2007

Le ciel aura beau s’obscurcir, le froid pourra m’étreindre, silence et désespoir n’auront pas raison d'elle. Elle crache du sang dans vos noirs chaudrons, elle mettra le feu à vos bûchers de glace. Elle jouera du marteau sur vos bornes de verre opaque, elle trouvera toujours la faille par où passe la lumière.
cg in Le baume, le pire et la quintessence

Langues humaines
Langue de la soif
Première
Obstinée
cg in Mystica perdita, 2009

Tu contemples les pigeons, le soleil à travers leurs ailes, la vieille fontaine… Tu pleures ? C’est tout ce que l’on gagne à éplucher des souvenirs. Te voilà piégée. Ton cœur se transforme en éponge.
cg in Sursis, à tire d'ailes 2017

corps de femme laquée
marionnettes d’ombre dragons de papier
une main se referme petites épingles
poudre blanche poudre brune
aube de soie coupée
l'encre s’égoutte
d’une fleur
cassée
cg in Pandémonium 11

Combien de philosophies à tenter encore
pour coudre un sens au revers du monde ?
cg in Philosovie

Je cherche un chez moi où je n’aurai pas besoin de chercher la solitude
pour avoir le sentiment de respirer enfin.
cg in Journal 1999

La genèse et le péché originel
Ne furent pas au commencement
Violence, mensonge et culpabilisation
Amorcèrent le règne du patriarche
Le culte de la femme devient prostitution
La femme est asservie à l’homme
Prosternation.
Babylone devient la Grande Prostituée, mais toujours naissent les fils de vierges. Immaculée Conception déclarera le pape en 1854, pour celui que l’on connaîtra pour des siècles et des siècles sous le nom de Jésus.
(...)
Les Vierges saintes officient toujours à Ephèse et Corinthe, mais elles ne sont plus divines, elles sont esclaves, ouvrant la marche pour des siècles et des siècles à la traite des femmes.
Les cultes dionysiaques troublaient l’ordre public.
Comprenez : le pouvoir des patriarches.
cg in Univers'elle

Rouge la fatigue, rouge le sang qui pisse, c’est l’intérieur qui saigne, le ventre, le sexe, c’est la femme qui saigne et se vide et se contracte de douleur et la fatigue immense, la voix qui se casse, le pied enflé, les jambes lourdes d’hérédité, le refrain des pertes qui se répète, de l’injustice vrillée aux tripes.
cg in Le livre des sensations

A l’envers fluide du vertige, respirer un oiseau, battre la peau des tympans.
Pluie visqueuse, trop palpable.
J’ai mal à elles, mal à eux.
Illusions. Ne pas être touchée par le malheur, la massue, le missile qui s’abat sur toi autre moi.
Chaque coup, blessure, torture sont portés à ton ardoise,
Homme qui au galop voudrait fuir tes propres jambes.
Arrête la main, le bras, le pouvoir de celui qui frappe !
Arrête de frapper, arrête la bouche, le mensonge !
Tais-toi !
Tais-moi.
Et mâchons nos poulpes.
in Le poulpe et la pulpe (Cardère, 2010)

Alors elle creuse un tunnel sous les tombes, qui mène au vaste ciel, à la mer tiède du ventre, à la bouche de sève qui fait pousser les arbres, au souffle d’où naissent toutes les musiques.
cg in Le baume, le pire et la quintessence

LAPSUS
J’aime quand je lis et me trompe, (ça fonctionne aussi avec l’ « écrire »), quand je lis un mot à la place d’un autre. Ainsi lire que la fibre poétique a toujours ému les ânes, en place d’âmes, ça me plaît.
cg in Conne plainte du poète
(in Bonzaïs hallucinogènes, Gros textes 2017)