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29/06/2016

Pierre Desproges

 

Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

 

 

Jérôme Lafargue

 

Je ne fuis pas le monde, car il est là, je ne peux l’effacer, et je ne suis pas de ceux qui, esprits poseurs et inutiles, se constituent un bagage culturel immense pour mieux se distinguer des autres. Je suis au service de tous ceux qui veulent bien s’arrêter chez moi. On sait où me trouver s’il le faut. 

 

 in En territoire Auriaba

 

 

 

25/06/2016

Jean-Christophe Belleveaux

 

Ah ça !

Les vitrines du siècle 21

sont tellement

anonymement

parfaitement vitrines

 

 

 in ne pas censurer la vie

in Décharge n°151

 

 

 

Marlène Tissot

 

J’emmerde les grands discours

 

Rester fidèle à cette petite voix

qui chante des berceuses

à nos terreurs

 

in J'emmerde

 

 

 

Oscar V. de L. Milosz


Danse macabre

Il est doux d’entendre sonner jusqu’au jour
 Ses genoux creux contre les os de l’amour.

De boire dans les orbites de l’Amie
 Le vieux mensonge des pleurs en eau de pluie.

Et de sentir les rayons des lunes hautes
 Glisser romantiquement entre ses côtes.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Comme on est joyeux, léger, comme on se porte
 Bien, quand la vermine, la vermine est morte.

Laissons aux bardes les sinistres ballades ;
 Lennore, Helen, faisons de bonnes gambades.

Écartez-vous, rue, escargots, citronnelle ;
 Voici Laure, la plus gaie et la plus belle.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Plus de maîtresse, plus de chien, plus de Dieu ;
 C’est tout ce que je veux, c’est tout ce qu’il veut.

Passants là-bas, cavalier et cheval noir
 Venez donc un peu par ici, venez voir.

Il s’est enfui, personne, la route sonne.
 Ô comme le désir de vivre m’étonne !

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien.

Clic-clac
 de vertèbres
 qui craquent
 et dans les ténèbres
 mélancoliques
 ici, là-bas, où ?
 clac-clic,
 de dansantes reliques
 Mains et pieds traversés de clous.

Amour remariée, entends-tu ma voix ?
 Cette nuit, dis-moi, combien, combien de fois ?

Mon fils, mon fils, sais-tu déjà épeler
 Mon nom sur la pierre moussue et pelée ?

Sganarelle, hi hi hi ! voici tes gages :
 Treize queues de rats, trois yeux de chats sauvages.

Il est doux, il est sage, il est bien
 De n’être plus, de n’être plus rien. 



in Les Sept solitudes, 1906

 

 

 

 

 

 

Lionel Mazari

 

On nous a mis des lunettes barbelées,
non pour nous empêcher de voir
mais pour qu'on sache que nos regards sont interdits.
Nos paroles ont été déformées,
on a cousu nos lèvres avec des élastiques
afin que nos sourires n'aillent pas trop loin.
Au fond de notre gorge étroite
est une rivière asséchée
où s'essoufflent les mots des autres.
Depuis qu'on nous travaille le corps,
nos cris se font aussi douloureux que la blessure.
Dedans, dehors, c'est toujours le même,
le mauvais côté de la grille ;
les forçats affranchis ont ôté leurs rayures.
Mais ils ont conservé l'uniforme
et se nomment apôtres de l'exil ;
la prison ouverte est leur église.
Dehors, dedans, où qu'elles aillent,
nos jambes sont des clôtures ;
à chaque fois qu'on s'éloigne, on parque.
Nos mains sont devenues des gants,
nos caresses de grands oiseaux effarouchés
qui prennent le ciel pour un avion fantôme.
Nous sommes libres, quelqu'un y veille ;
mais nous allons dormir entre des murs.
Le sexe des garçons, tombé, sèche au grand jour ;
celui des filles a disparu
volé par des enfants qui partent naître ailleurs,
de vrais enfants et non plus ces maladies
qui nous poussaient dans le ventre.

 

 

 

 

Thierry Roquet

 

- c’est comme ça qu’on avance, je crois

un peu comme une mouche

attirée par

le cul d’une vache. 

 

in Le cow-boy de Malakoff

 

 

 

24/06/2016

Kate Braverman

 

La seule source de lumière dans toute la maison est l’allumette qui embrase sa cigarette. Et elle réalise que la seule source de lumière au monde est la flamme qui nous consume à petit feu. 

 

 in Bleu éperdument

 

 

 

Stéphane Casenobe

 

Je peins sur la lumière j’écris dans l’atelier du diable !

je suis un prophète à la retraite anticipée achève t-il

 

in Oncle Bo

in Traction Brabant 65

 

 

 

 

19/06/2016

Thomas Vinau

 

dans sa dent creuse

un soleil

endormi 

 

 in Juste après la pluie

 

 

18/06/2016

Viktor Pelevine

 

Or, les autres devenaient des bêtes sauvages à cause de leur aspiration à agir rationnellement, alors qu’il était un homme sensé du fait de son obéissance à une règle irrationnelle que tout le monde ignorait. C’était la plus réelle des magies et elle était plus forte que toutes les constructions de l’intellect

 

in Les nombres

 

 

 

Isabelle Stibbe

 

On ne peut pas vivre toute la vie sous les lois du marché qui ne sont pas des lois, qui sont seulement l’incarnation des instincts les plus bas comme le profit et l’écrasement d’autrui. L’homme vaut mieux que cela non ?

 

in Les maîtres du printemps

 

 

 

Antônio Xerxenesky

 

Il y avait la peur. Il y avait la peur partout. Aujourd’hui, les hommes ont peur pour un rien ; autrefois ils craignaient la nuit et la mort. Même avec un révolver dans la poche. Peu importait l’arme qui pesait dans l’étui. 

 

 in avaler du sable

 

 

 

Jérôme Lafargue

 

Qui n'aime pas les loups n'aime pas la nuit, la nuit pour ce qu'elle est,

c'est-à-dire la face obscure de notre immense liberté.

 

in En territoire Auriaba

 

 

16/06/2016

Jack London

 

Vos cœurs sont aussi durs que les talons

avec lesquels vous marchez sur la figure des pauvres.

 

in Le Talon de fer