Emile Verhaeren
Je marche avec l’orgueil
d’aimer l’air et la terre
d’être immense et d’être fou
et de mêler le monde et tout
à cette ennivrement de vie élémentaire.
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Je marche avec l’orgueil
d’aimer l’air et la terre
d’être immense et d’être fou
et de mêler le monde et tout
à cette ennivrement de vie élémentaire.
courir à perte
mais courir et écrire
pour retrouver
ce à quoi nul ne renonce
in Sang & Broussailles
Est-ce foudre ce que
je ressens
ou piège
ces jours qui s’effacent
in Sang & Broussailles
Je ne suis que ce qui me maintient à distance du monde.
Tout ce que j’ai c’est cette distance.
Je n’irai nulle part, ne sachant
d’où je viens.
in Sirènes
Prenant une pierre
Pour oreiller, je voyage
Avec les nuages
un éclat qui se dissimule
une broussaille enfouie
et la clairvoyance du sang
à travers les racines
in Sang & Broussailles
même pas l’os blanc
ni le sable
tout juste la cendre
du silence
in Saraswati n°10
Sept fois à terre, huit fois debout
Ce monde de rosée
Est un monde de rosée
Pourtant et pourtant
La nuit
elles ne dorment pas,
elles épongent le lait de lune
In De brins et de bribes
Miel d’orage et foudre dans ma bouche.
Quelle voix revient par ma gorge animale ?
in Sang & Broussailles
Aimer un être, cela n’est pas seulement brûler de le posséder, c’est souhaiter qu’il s’épanouisse. Il n’est pas de moment plus sacré, plus suave, que celui où l’avidité qui nous jetait vers lui est suspendue par l’intérêt que nous lui portons, où nous ne pensons plus à le saisir parce que nous sommes ravis de le contempler, et où le besoin de l’avoir disparaît dans l’émotion de le voir vivre.
in Savoir aimer
sans défricher
la région du cœur
l’œil est perdu jusqu’au pubis
en un lieu désolé
à terme le sang les larmes
s’en retirent c’est la mer
in Au juste amont du songe
L’amour de ce côté
Est une ancienne histoire
Ce qui nous lie encore
C’est un hasard
Inqualifiable