Jean Dif
Mon sang n’est pas millésimé
Je n’ai jamais claqué des nageoires
au club des Otaries
ni à celui des Beaux Esprits
Mes songes n’impressionnent pas
l’obscur miroir des pellicules
in Sous les couteaux des horloges
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Mon sang n’est pas millésimé
Je n’ai jamais claqué des nageoires
au club des Otaries
ni à celui des Beaux Esprits
Mes songes n’impressionnent pas
l’obscur miroir des pellicules
in Sous les couteaux des horloges
Il mange des groseilles
Et les grenouilles en sueur
Testent ses réserves d’oxygène
in Prisme
L’univers a hérité d’une terre
A la paille féconde, à l’exhalaison de l’amour,
D’un fruit aussi mûr qu’une bouffée de soleil
Et sur nos cuisses morfondues
Repose la litière de la vie
Mais tels de vieux perroquets
Pointant leur bec vers les étoiles
En cercles restreints sous les alcôves
Nous rabâchons nos chimères.
in Pour retendre l’arc de l’univers
Ainsi chemine t-on
le soleil dans le dos
afin de piétiner son ombre
Pourquoi se plaindre
On arrive nu dans la vie
et on repart habillé
in Sous les couteaux des horloges
(385ème Encres Vives)
Et parfois quand la nuit avale
Les dernières bouchées de crépuscule
Elle se retrouve assise sur son lit
Avec un avion sur la tempe
in poèmes pour les chats borgnes
La vie est une bougie dans le vent
Je suis a priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. (...) Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher.
Contre qui mener la lutte et où diriger l’assaut
quand l’injustice hante l’air de nos poumons, l’espace de nos pensées
et la stupeur des astres ?
in Précis de décomposition
Heureux l’homme soumis à ses fantômes. Certes, il connaîtra des nuits désertes, d’inexplicables nostalgies, des mélancolies infinies, le désir sans raison, le spleen, l’implacable spleen. Mais il remettra la terre à sa place parmi les astres et l’homme parmi les créatures. Jamais l’or ne le détournera de son chemin. Jamais un boulet d’esclave n’entravera sa marche. Mieux, tout ce qu’il désirera, il l’obtiendra par la magie même de son imagination et les visites mystérieuses charmeront sa solitude. Libre, il agira librement en toute chose et sorti du dédale terrible de ses rêves, est-il quelque chose sur terre qui pourrait l’épouvanter ?
in Puissance des fantômes, 1928
Elle fait de la fumée sans feu
Sur le bord de ses lèvres
Pour les indiens morts
Qui dansent dans sa tête
in poèmes pour les chats borgnes
Je viens dans ton sein accomplir le rite
Le rythmique retour au pays d'avant-naître
Le signe animal de l'extase ancienne
in Sacre et massacre de l’amour
entre source et signe
un très ancien pacte
pour réinventer
les contrées du vent
in Entre trace et obscur
entrer en connivence
avec les temps qui n’ont plus cours
avec l’avant et puis l’ailleurs
avec la brûlure des signes
in Calligraphie de l’Ombre
Vallées et montagnes
Emportées par la neige
Plus rien ne subsiste
À travers le mur de mes sens, je pressens d’autres emmurés vivants. J’écris, c’est un mystère. Je vis, c’est un miracle. Depuis des siècles et des siècles, je crie : Au SECOURS ! On me répond : attendez votre tour.
in Emmurés vivants