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CITATIONS - Page 131

  • Jean Dif

     

    Mon sang n’est pas millésimé

    Je n’ai jamais claqué des nageoires

    au club des Otaries

    ni à celui des Beaux Esprits

    Mes songes n’impressionnent pas

    l’obscur miroir des pellicules

     

    in Sous les couteaux des horloges

     

     

     

  • Jean Michel Bongiraud

     

    L’univers a hérité d’une terre

    A la paille féconde, à l’exhalaison de l’amour,

    D’un fruit aussi mûr qu’une bouffée de soleil

    Et sur nos cuisses morfondues

    Repose la litière de la vie

     

    Mais tels de vieux perroquets

    Pointant leur bec vers les étoiles

    En cercles restreints sous les alcôves

    Nous rabâchons nos chimères.

     

    in Pour retendre l’arc de l’univers

     

     

     

  • Jean Dif

     

    Ainsi chemine t-on

    le soleil dans le dos

    afin de piétiner son ombre

     

    Pourquoi se plaindre

    On arrive nu dans la vie

    et on repart habillé

      

    in Sous les couteaux des horloges

    (385ème Encres Vives)

     

     

  • Guillaume Siaudeau

     

     

    Et parfois quand la nuit avale

     Les dernières bouchées de crépuscule

     Elle se retrouve assise sur son lit

     Avec un avion sur la tempe

     

     in poèmes pour les chats borgnes

     

     

     

     

  • Romain Gary

     

    Je suis a priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. (...) Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher. 

     

     

  • Cioran

     

    Contre qui mener la lutte et où diriger l’assaut

    quand l’injustice hante l’air de nos poumons, l’espace de nos pensées

    et la stupeur des astres ?

     

    in Précis de décomposition

     

     

  • Robert Desnos

     

    Heureux l’homme soumis à ses fantômes. Certes, il connaîtra des nuits désertes, d’inexplicables nostalgies, des mélancolies infinies, le désir sans raison, le spleen, l’implacable spleen. Mais il remettra la terre à sa place parmi les astres et l’homme parmi les créatures. Jamais l’or ne le détournera de son chemin. Jamais un boulet d’esclave n’entravera sa marche. Mieux, tout ce qu’il désirera, il l’obtiendra par la magie même de son imagination et les visites mystérieuses charmeront sa solitude. Libre, il agira librement en toute chose et sorti du dédale terrible de ses rêves, est-il quelque chose sur terre qui pourrait l’épouvanter ?   

    in Puissance des fantômes, 1928

     

     

  • Paul Valet

     

    À travers le mur de mes sens, je pressens d’autres emmurés vivants. J’écris, c’est un mystère. Je vis, c’est un miracle. Depuis des siècles et des siècles, je crie : Au SECOURS ! On me répond : attendez votre tour.

    in Emmurés vivants