Thomas Vinau
Lettre de démission la plus courte du monde
Monsieur,
On peut mourir demain
Alors j’ai pas trop le temps
De me faire enculer
Bien cordialement
T.
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Lettre de démission la plus courte du monde
Monsieur,
On peut mourir demain
Alors j’ai pas trop le temps
De me faire enculer
Bien cordialement
T.
Entendre reste possible. Grinçant, dites-vous, mais quand diable avez-vous reçu la promesse de l’harmonie facile ?
Oui, je pourrais être fatigué de vos questions. Je transporte les miennes, en sac sciant l’épaule. Incrustations : il n’est pas question de s’en défaire. Vaciller doit-être le propre de beaucoup d’entre nous.
Il y a là aussi ma vieille compagne, cette intrinsèque béance. Je ne vous la présente pas, vous connaissez ses traits ; une de ses sœurs marche dans votre ombre.
in L’entredeux
Et si l’arbre sous le vent
Secoue ses oiseaux
Je ne veux point sous le jour
Secouer mes rêves
in Ferveur
Je sais qu’elle a raison : le bonheur est une sorte de mort
un engourdissement malsain
un ennui profond plombé de lumière et cette lumière est dangereuse
in Abattre les cathédrales
Par-dessus la terre
quand la brume blanche se mêle à l’air bleuté
on pourrait croire
miracle ! –
que tout semble pardonné
in Poésie Aggravée
C’est pour vous que j’ai neigé cette nuit
J’ignore si mon pays a la taille d’un monde
Où si pareil à ces miniatures orientales
Il dresse ses cités sur l’ongle d’un index
Je ne sais rien de lui, il ne sait rien de moi
Mais une force inconnue l’un vers l’autre nous aimante
Il faudra bien qu’un jour nos douleurs se répondent
in L’exilé intérieur
Si la liberté d’expression se limite
aux idées qui vous conviennent,
alors ce n’est pas la liberté d’expression
Qui passait capricieux
froissait mes draps mes rêves
ce cœur crevé d’où s’envolaient
les oiseaux les parfums d’enfance
ce cœur vidé que j’emplissais sans cesse
de baisers neufs de caresse
et scellais au plomb de mes lèvres
quel fantôme d’enfant fou
ai-je bercé ?
Ouverture de chair obscure qui me somme
Plaie, pulsation du monde aux jambes de la nuit,
L’ombre chargée de grains fragmente une main d’homme
Et les astres charroient leurs fréquences de fruits.
in Fenêtres vos regards
Avant que nos traits ne s’effacent
Du grand graphique universel
Avant qu’un quelconque urbaniste
Ne modifie les plans divins
Il nous reste encore à tracer
Quelques figures et quelques courbes
Au coin des nappes du néant.
in Un ami lointain
Parallèle et puis pède,
je perdis cul en l'air,
l'axe de mes tangentes.
in Tranquillement tranchant
Si vous apercevez un géant, regardez d'abord la position du soleil, et voyez si le géant n'est pas l'ombre d'un pygmée.
Le pêcheur a jeté son filet
ma vie a glissé hors des mailles
Oubliée du miracle je reste
seule dans l’eau qui respire
in Que la musique