Colette Muhyard
Et si l’arbre sous le vent
Secoue ses oiseaux
Je ne veux point sous le jour
Secouer mes rêves
in Ferveur
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Et si l’arbre sous le vent
Secoue ses oiseaux
Je ne veux point sous le jour
Secouer mes rêves
in Ferveur
Je sais qu’elle a raison : le bonheur est une sorte de mort
un engourdissement malsain
un ennui profond plombé de lumière et cette lumière est dangereuse
in Abattre les cathédrales
Par-dessus la terre
quand la brume blanche se mêle à l’air bleuté
on pourrait croire
miracle ! –
que tout semble pardonné
in Poésie Aggravée
C’est pour vous que j’ai neigé cette nuit
J’ignore si mon pays a la taille d’un monde
Où si pareil à ces miniatures orientales
Il dresse ses cités sur l’ongle d’un index
Je ne sais rien de lui, il ne sait rien de moi
Mais une force inconnue l’un vers l’autre nous aimante
Il faudra bien qu’un jour nos douleurs se répondent
in L’exilé intérieur
Si la liberté d’expression se limite
aux idées qui vous conviennent,
alors ce n’est pas la liberté d’expression
Qui passait capricieux
froissait mes draps mes rêves
ce cœur crevé d’où s’envolaient
les oiseaux les parfums d’enfance
ce cœur vidé que j’emplissais sans cesse
de baisers neufs de caresse
et scellais au plomb de mes lèvres
quel fantôme d’enfant fou
ai-je bercé ?
Ouverture de chair obscure qui me somme
Plaie, pulsation du monde aux jambes de la nuit,
L’ombre chargée de grains fragmente une main d’homme
Et les astres charroient leurs fréquences de fruits.
in Fenêtres vos regards
Avant que nos traits ne s’effacent
Du grand graphique universel
Avant qu’un quelconque urbaniste
Ne modifie les plans divins
Il nous reste encore à tracer
Quelques figures et quelques courbes
Au coin des nappes du néant.
in Un ami lointain
Parallèle et puis pède,
je perdis cul en l'air,
l'axe de mes tangentes.
in Tranquillement tranchant
Si vous apercevez un géant, regardez d'abord la position du soleil, et voyez si le géant n'est pas l'ombre d'un pygmée.
Le pêcheur a jeté son filet
ma vie a glissé hors des mailles
Oubliée du miracle je reste
seule dans l’eau qui respire
in Que la musique
Oh dis ! Tu nous embêtes la folle ! Tu vas nous lâcher oui ?! Tiens, prends donc une pilule magique ou un grand verre d’alcool pour les folles ou pends-toi avec tes regrets ou va te noyer dans tes larmes n’importe-quoi mais tais-toi !
Taisons-nous dans la tête et vide ta valise
déjà, tu n’iras nulle part, tu le sais bien et qu’est-ce que tu pourrais bien faire hein ?
Où pourrais-tu aller ?
Si Si et Si ! je veux partir je vais partir avec ou sans toi sans rien et à poil dans ma tête
Ça t’apprendra !
in Abattre les cathédrales
Je suis monté sur les hauteurs, je vois toute la ville et ses toits gris,
on dirait de la peau d’éléphant et je suis le cornac pleurant son salaire.