Ivica Stevanovic




illustrateur et designer graphique serbe.
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illustrateur et designer graphique serbe.
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J'ai vu l'époque, l'époque tumultueuse et mauvaise, travaillée par les hormones de la haine et les pulsions de la domination, l'époque destinée à devenir fameuse, à devenir l'Histoire, qui s'y chamarrerait de l'envers de nos misères.
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Encore une fois, s’accrocher. A quoi ?
L’amour ne se partage pas. Le sexe est égoïste. Il nous est toujours demandé beaucoup plus que ce que l’on a. On finit par s’arracher lambeaux de peaux, morceaux de chair, de poumons, de cœur. Ne serions-nous que des trous noirs déguisés de viande ? Je cherche, creuse, malaxe mon ventre, m’essore jusqu’à la moelle et cherche sans repos.
Je cherche et constate, impuissante. Ne plus savoir les cycles, se savoir si démunis.
Je vois, je sens, me méprends. M’éprends ? S’éprendre et ne plus comprendre. Lâcher le mental, descendre dans l’émotion. Perdre sa vie à tenter un impossible compromis. Ce champ de guerre où tous les coups frappent deux fois.
Un frisson me parcourt, me désole de moi-même et de la vanité. Je n’ai pas les clés de mes rêves. Je coince et barbote.
Cg in Celle qui manque (Asphodèle, 2011)




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Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme, tout ce que je sais, c'est qu'on me traite de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.
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IV - Le nid du corps

VI - Les liens invisibles

VII - Les amoureux de Mantua

VIII - L'envolée belle

XIII - On s'aime on se déchire



TERRE DU QUERCY
Que m’as-tu fait terre, terre de chênes, m’aurais-tu enchainée ?
Envoûtée à tes sources secrètes, ton sol osseux, tes bras de genièvre ?
Tu m’offres ta couche de pelouse sèche où se pressent pelures d’univers,
Mondes miniatures enchanteurs et cruels.
Que m’as-tu fait terre du Quercy ?
Des racines me poussent, je me noie dans ton ciel.
Les oiseaux me parlent et je capte la langue nomade des nuages
Sans même plus avoir le désir de les suivre.
Que m’as-tu fait ? Agenouillée dans ton hiver,
Je guette avide tes premières érections printanières, tes orchis clitoris.
Qu’as-tu fait terre pour que je me sente si ancienne
Entre la rose chienne et les sortilèges du chèvrefeuille ?
J’arpente tes courbes et tu me découvre les secrets de ton causse.
Me rendras-tu fertile et profonde comme l’échancrure de tes combes et vallées ?
Te joues-tu de moi pour que je me sente reine avec des bois sur la tête ?
M’enverras-tu tes chasseurs ? La bête se cache
Et je deviens ta bête, ô terre du Quercy.
J’entends rire les arbres et pleurer aussi.
Et tout leur travail d’arbre.
Les écorces me dévoilent
Le trésor de leur art, ma chevelure s’emmêle
De lichen et de mousse.
Plus de sept ans que tu me tiens sous tes charmes,
Pays d’Avalon d’Occitanie.
Tes pierres, tes eaux, parlent plus que les hommes.
Tu m’apprends ça aussi, à me taire, terre du Quercy.
Tes galets remplissent mes poches,
Tes branches, tes racines rampent jusqu’à ma porte.
Que veux-tu ? Que je sois chêne parmi les chênes,
Que j’y perde ainsi mes chaînes d’humanité ?
Ou bien m’acceptes-tu jardinière, poète, contemplatrice ?
Terre du Quercy, je sais qu’autrefois tu as connu bien plus de vie.
Aujourd’hui sur ta peau broussailleuse ce sont les pèlerins
et autres amoureux des chemins qui te caressent.
Certains peut être te font même l’amour.
Terre de beauté, prends-moi encore contre ton sein,
Que j’y sente couler la sève des rêves.
Cg 2009






Photographe autodidacte originaire du Texas, Lori Vrba vit maintenant à Chapel Hill, North Carolina.