Michael Sowa - Dembskis pig
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Deuxième cheong de mûres lancé aujourd'hui
et quatrième bocal de tomates en lactofermentation,
cette fois avec sauge, romarin, ail et des feuilles de figuier sur le dessus
ta marche digne et flegmatique
– car non tu ne voles point –
t'a valu ton nom grec
tu craches du faux sang
comme au théâtre
dont l'amertume dégoûte
les prédateurs
il suinte même de tes articulations
et porte le joli nom
d'hémolymphe

Troisième bocal de tomates lactofermentées cette fois avec ail, oignon, piment habanero, mon premier et basilic.
Et avec les poireaux restés en pépinière j'ai fait une lacto poireaux (curcuma, gingembre, ail hachés et graines de moutarde jaune et de cumin, piment, habanero), tomates piment et oignons roses, piment... J'ai mélangé deux types de fermentation donc... on verra !
et avec les poireaux restés en pépinière j'ai fait une lacto poireaux (curcuma, gingembre, ail hachés et graines de moutarde jaune et de cumin, piment, habanero), tomates piment et oignons roses, piment... J'ai mélangé deux types de fermentation donc... on verra !
Ail et oignon bios mais pas du jardin.
Délicieux ! Gratitude à la personne inconnue qui a planté un jour cet arbre.



Alla, de son vrai nom Abdelaziz Abdallah, un maitre du luth originaire de Taghit dans l'Ouest algérien et qui n'a quasi jamais joué en public. Il est né le 15 juin 1946 dans un quartier périphérique de Béchar, métropole saharienne à 900 kilomètres de la Méditerranée, appelée aussi "Bidendou". Dernier né d’une famille de douze enfants, d’un père venu de Taghit (oasis située à 95 kilomètres de Béchar), et d’une mère originaire de Tafilalet, au sud du Maroc.
Avant le label AI Sur, un producteur avait réussi à le faire entrer en studio pour y réaliser une cassette qu’Alla n’accepte aujourd’hui qu’à moitié : l’homme a toujours eu une relation absolue, mystique, avec la musique, il s’était interdit d’en faire commerce, de faire "carrière".
Ère d’encre.
L’heure où le merle chante au milieu des conquêtes et des migrations.
L’heure où la réalité dépasse la fiction et celle-ci sort ses griffes.
Le soleil est en train de croquer la ligne ondulante d’horizon.
Les couleurs font tache sur tout ce qui voudrait être ou avoir une limite. Chair et pierre, corps, viande, esprit.
Il y a un enfer fêlé pour chaque amour empêché, chaque enfant qui n’arrive pas à dormir, et chaque monde qui n’en finit pas de finir.
Je relaie un message reçu ce jour de Christian Saint-Paul à qui je demandais il y a quelques temps s'il avait des nouvelles d'Abdelmajid qui ne répondait plus à mes mails depuis un bon moment. J'ai eu la joie de le rencontrer en plus de le lire quand je l'avais invité à une soirée poésie que j'organisais à St Cirq-Lapopie en 2008, ça date. Journaliste et poète, il était à l'origine entre autre d'une anthologie de poésie algérienne, Quand la nuit se brise, parue chez Points en 2012. Je l'avais publié dans ma revue en mai 2007. C'est vraiment avec beaucoup de tristesse que j'apprends son envol pour je l'espère de meilleures dimensions, ce monde lui, perd une très belle personne.
Je plante mon arbre
là où l’eau broie la chevelure du soleil
écartelé entre deux ateliers de violence
et c’est l’amour sur les chemins parallèles
des hommes
in Par quelle main retenir le vent
St Cirq-Lapopie, le 2 septembre 2008
Voici sa présentation qui figure dans Nouveaux délits n°23, mai 2007 :
Abdelmadjid Kaouah est né le 25 décembre 1950 à Aïn-Taya, près d'Alger. Il est journaliste de profession. Correspondant de divers journaux algériens francophones (Les Soir d’Algérie, Le Quotidien d’Oran) et chroniqueur littéraire (Notre Librairie, littératures du Sud, Paris).. Il produit durant plusieurs années des émissions radio de culture et de société et dans la presse écrite. Titulaire d’une Maîtrise consacrée à la poésie algérienne de langue française suivie d’un D.E.A. inachevé sur Mohammed DIB (Université Toulouse Le Mirail). Il publie depuis les années 70 chez Alif (en Tunisie), les éditions du Stencil en Algérie notamment : Trois télégrammes d’amour et un poème pour les enfants, De toute manière et en France. Son recueil Par quelle main retenir le vent, préfacé par Tahar Djaout en 1986 évoquant ce qu'aurait pu être l'Algérie si les poètes avaient eu la parole, est réédité suivi de La Jubilation du jasmin par les éditions Noir & Blanc ainsi que L'Ombre du livre. Il obtient le prix Sernet 1995 des Journées internationales de poésie de Rodez pour La Maison livide (éd. Encres Vives, Toulouse). En 1999, il publie Le Nœud de Garonne (éd. Autres Temps, Marseille). Figure dans de nombreuses anthologies poétiques. Il a publié aux éditions Autres Temps une anthologie : Poésie algérienne francophone contemporaine (coll. "Temps poétique", 2004). Dernière publication : Le Cri de la mouette quand elle perd ses plumes (Encres Vives, mars 2006). La violence qui a frappé son pays dans les années 90 l'a poussé à l'exil en région toulousaine où il vit aujourd’hui. En voie de parution : Que pèse une vitre qu’on brise ; Suite suédoise ; Sarabande amoureuse.. Sa douleur favorite : « elle est toute baudelairienne : c'est l'implacable spleen. »
Message reçu ce matin de Christian Saint-Paul :
"J'avais beau savoir depuis qu'il ne donnait plus de nouvelles, que les courriels demeuraient sans réponse, que nous allions perdre le grand poète algérien Abdelmajid Kaouah, apprendre son décès survenu à Perpignan le 20 juillet 2025, me plongea dans le désarroi.
Je ne pouvais plus retarder la submersion de la tristesse et étouffer tous les souvenirs des moments heureux que nous avions partagés.
Michel Cosem (1939 - 2023), d'emblée, dès les premiers temps de l'exil de ce poète algérien fuyant son assassinat programmé durant la guerre civile d'Algérie dans les années 1990 (+ de 100 000 morts), l'a accueilli à Encres Vives.
Lui, devint un familier de mon émission "Les poètes" à Radio Occitanie.
Je l'ai fait rencontrer le poète franco-israélien Michel Eckhard-Elial et il était présent à la Bibliothèque du Musée Georges Labit à Toulouse, lorsque ce dernier est venu présenter les éditions Levant.
Il participa à un colloque de l'Académie des jeux floraux à l'Hôtel d'Assézat sur la poésie des rives de la Méditerranée.
Il m'adressait les articles qu'il faisait paraître dans les journaux en Algérie et je les diffusais aux amis et les mettais en ligne un temps sur le site de l'émission "Les poètes".
Le soir, après l'émission, je le raccompagnais en voiture aux Pradettes lorsqu'il demeurait à Toulouse. Puis, il s'installa dans la ville de Carbonne et était tributaire des horaires de train.
Des années de complicité, d'amitié, jusqu'à son silence que j'ai respecté, désemparé devant la maladie.
Sa pudeur et son courage furent la marque d'un homme d'exception.
Camusien, c'était avant tout un homme de paix qui s'est investi en entier dans l'essor de la poésie algérienne de langue française, lui consacrant la parution d'une anthologie.
A la rentrée d'automne, je ferai écouter de nouveau sa voix en rediffusant une des émissions dont il était le sujet à Radio Occitanie, celle de l'année 2014 où il était venu accompagné de la journaliste et femme de radio Leila Boutaleb.
Vous trouverez en PJ le commentaire de cette émission que vous pouvez écouter en cliquant sur : https://lespoetes.site/emmission/2014.html et en allant à l'émission POETES 07.
Vous trouverez également un document sur Abdelmajid Kaouah de Habib Samrakadi, enseignant universitaire et directeur d'Horizons Maghrebins.
Je termine sur un poème de A. Waberi originaire de Djibouti, dont Majid aimait l’extrême simplicité et qui pouvait le définir dans sa passion de la poésie :
Abdourahman Waberi « Quand on n’a que la terre et autres recueils » éditions Points
extrait de « Oser se faire terre » poème « En Sicile » :
A mes yeux, la poésie n’est pas
une réjouissance solitaire
Juste le moyen d’émouvoir le plus grand nombre
Depuis l’enfance je me sens différent
J’ai appris aussi à cultiver ma ressemblance
avec tous,
Offrir à chacun et à chacune mon chapelet de perles
Le miel de mon cahier
Nourrir le fil qui mène aux autres
Là est le chemin qui mène à la beauté
La bonté
La Beauté
Sur la table je trouve un mot
des plus énigmatiques
MPP
Même pas peur
Le nouveau dicton de ma moitié
Christian Saint-Paul
https://lespoetes.site"