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CATHY GARCIA-CANALES - Page 517

  • Lucile Brosseau - dans l'asile abandonné de Volterra

     

    Lucile Brosseau Juliette Kempf asile abandonné de Voltera_n.jpg

     

    En août 2018, Juliette Kempf, conceptrice du projet Lettres Vives, et Lucile Brosseau, infirmière à l’hôpital psychiatrique de Nantes et photographe, se rendent à Volterra sur les traces de l’ancien asile San Girolamo, où des milliers de lettres de patients du 20ème siècle ont été retenues, sans parvenir à leurs destinataires. Elles vont quêter à la source de ce projet : les traces laissées par les voix disparues, les empreintes, les vestiges qui nous disent que les lieux furent habités. Elles y rencontreront des témoins de l’époque asilaire, et pourront pénétrer les bâtiments abandonnés. Des images, photographiques et vidéos, seront créées au fur et à mesure des rencontres, des avancées dans les paysages, aussi bien ruines que vivants. Les réponses orales aux lettres censurées, enregistrées avec les patients et les soignants de l’hôpital de Nantes en juillet 2018, seront apportées et diffusées sur les lieux – comme le son des voix d’aujourd’hui répondant au silence criant d’hier.

    Toutes les images et les sons recueillis seront la matière brute de l’installation photographiqueNous sommes en recherche d’un univers visuel allégorique exprimant ou suggérant les questions nées du processus de création théâtrale. Dans l’esprit du spectacle, la photographie naviguera d’un bord à l’autre de notre réflexion globale : l’événement, le lieu, la mémoire concrète ; et la méditation, l’inspiration, la poétisation de la mémoire transcendante, universelle.

    L'installation est pensée pour accompagner les représentations du spectacle Lettres Vives. Les spectateurs seront invités à la traverser, la visiter, la voir, l'écouter, autour du moment de l'art vivant.

    http://www.ledesertenville.com/creations/lettres-vives/

     

    Soutien pour créer l'installation photographique en lien au spectacle "Lettres Vives",  un petit coup de pouce est encore possible ! https://www.helloasso.com/associations/be-er-sheva-le-desert-en-ville/collectes/creation-de-l-installation-photographique-correspondances

     

     

     

     

     

  • Jiddu Krishnamurti

     

    Donc l'esprit qui est capable de dire : « je ne sais pas » est l'unique état où il nous soit possible de découvrir quoi que ce soit. Mais celui qui dit : « je sais », celui qui a infiniment bien étudié toutes les diversités de l'expérience humaine et dont l'esprit est encombré d'informations, de connaissances encyclopédiques, peut-il jamais faire l'expérience de cette chose qui ne peut pas être thésaurisée ?

     in Le livre de la méditation et de la vie 

     

     

     

  • Nicolas Kurtovitch - Autour d'Uluru

     

     

    uluru goggle map2.jpg

     

    Uluru est une université, une encyclopédie, une somme de savoir–être, de sagesse, tout autant que de beauté. Voilà l’autre histoire.

     

    (…)

    Au bord de la maigre rivière

    le pays du rêve de la fourmi à miel

    j’essaie d’y retrouver la trace des hommes

    qui suivent une invisible piste

     

    (…)

    Le vieil homme rouge dort cette fois entre

    deux arbres

    à travers le sale rouge

    quatre directions emmêlent ses cheveux

     

    (….)

    Ils sont partis

    n’ont rien laissé sur le sable

    sinon un chant

    de peur qu’on ne se perde

     

    (…)

    Uluru est là

    toujours solide sur son assise

    n’attendant personne

    miroir des visiteurs

     

    Le serpent dit

    demain au petit jour

    je serai une rivière

     

    Le serpent dit

    demain au petit jour

    je serai le tonnerre

     

    Le serpent dit

    demain à tous moment

    souviens-toi

     

    Le vieil homme dort entre deux arbres

    il se repose de son long rêve

    au cours duquel il donne naissance aux

    mondes

     

     

    (…)

    Le serpent insaisissable est un simple trait dans la pierre, c’est une ombre de pluie, une ombre d’eau venant des millénaires passés, il se livre et dit à sa manière tranquille le monde et les humains enlacés.

     

      

     (…)

     J’entre alors par les trous d’eau

    dans la mémoire du monde

    laissé là par un homme nu

    qui a de ses mains dessiné

    chaque pensée et chaque geste

     

    (…)

     

    (mille clameurs sorties du ventre de Uluru

    disent, l’Univers s’estompe, comme effacé

    par le souffle mécanique d’êtres sans écoute)

     

    (…)

     

    « Redfern est loin    loin de Uluru     noyé dans Sydney

    Chemins défoncés     bières sans et crac     rien d’idéal

    Le rêve ne peut plus être

    s’il n’est pas également à Redfern

    Les Australiens de l’origine

    meurent à la ville impossible d’être au désert

    à Redfern délabré    le rouge des maisons   rappelle la beauté du désert

    Les peintres     certains Abos en ville    sur des portières de voiture

    Arrachées    peignent le désert    Leur cœur de sable rouge

    Leurs dents déchaussées sont les rocs détachés de Uluru »

      

     

     

    41mrcMkg78L._SX195_.jpgNicolas Kurtovtch in Autour d’Uluru

    Aux vent des îles éd, 2011

    http://www.nicolaskurtovitch.net/

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Jiddu Krishnamurti

     

     

    Seul un esprit libre de tout effort, qui n'essaie pas de devenir quelqu'un sur le plan social ou spirituel, un esprit qui n'est absolument rien, peut accueillir le nouveau, l'inconnu.

     in Tel que vous êtes 

     

     

     

  • Portrait d'actualité sur Décibel FM : Valéry Jamin

     
    madame-syries-jamin.jpgCe mois-ci Michel Brissaud invite Valéry Jamin. Né en 1970, fils adoptif du Quercy, autodidacte absolu et longtemps sans permis de conduire, Valéry aime explorer les formes et les espaces en y associant le public. Il vit et travaille aujourd’hui au hameau de Barrière sur la commune de Miers. Portrait d’actualité à écouter tout le mois d’octobre le dimanche à 16h sur nos ondes au 105.9 et 106.9 et ici : 

    http://www.creacast.com/play.php?sU=decibel_fm

     

     

     

     

     

  • Virginie Despentes

    Kiko entretenait avec Charles des conversations interminables – le trader lui expliquait pourquoi, selon lui, les luttes de classe venant d’en bas ne pourraient jamais plus aboutir à rien : « C’est terminé l’époque de l’abolition de l’esclavage ou du Front populaire. Plus personne ne veut en finir avec la misère. On avait besoin de main-d’œuvre, on était condamnés à négocier avec vous, les travailleurs. On n’avait pas le choix. Mais avec l’automatisation – on s’en fout des prolos. On va vous tuer. Je te parle pas de tirer dans la foule pendant les manifestations, ça on l’a toujours fait. Non, on va vous exterminer massivement. Vous ne servez à rien. C’est là-dessus que vous êtes en retard. Vous continuez à raisonner comme sous papa Marx – quand le prolétaire était nécessaire pour que des gens comme moi accumulions la plus-value. Peut-être qu’avec les progrès de la science, on fera encore un petit élevage de prolétaires robustes, pour vous prélever du sang, des organes et des morceaux de peau, porter nos enfants pour que nos femmes n’aient plus à s’abîmer… Mais même pour ça, franchement, avec les bio imprimantes et les couveuses de l’avenir, on va pouvoir se passer de vous. On va vous éliminer. C’est pragmatique. Vous créez beaucoup trop de problèmes par rapport à ce que vous rapportez. C’est pour ça, c’est inéluctable : les classes pauvres, on va vous rayer de la carte. » Ces raisonnements apparaissaient parfaitement logiques aux yeux du vieux Charles, qui répondait du tac au tac, enchanté d’être enfin tombé sur un interlocuteur lucide et sincère : « Tu préconises qu’on prenne les devants et qu’on exhume les guillotines ? » et Kiko secouait la tête, en signe de négation « si vous en étiez capable, vous l’auriez fait il y a longtemps. Mais vous respectez le dominant. Regarde comme les pauvres aiment Poutine. Je ne dis pas que c’est dans votre ADN, mais c’est un héritage de longue date. C’est comme un codage culturel, vous ne vous émanciperez pas assez vite. On vous a appris à aimer le chef. »

    Ils pouvaient continuer comme ça sur des kilomètres.

     

    in Vernon Subutex t.3