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19/07/2013

TOIYI - Only a child

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APOPLEXIE

 

cette incapacité

à briser coquille

la vitre épaisse

du vivarium

 

nos geôles portables

 

ces tentatives

ces bouées

que sont l’air d’avoir l’air depuis toujours

de ne pas être sur le point

d’appeler au secours

 

s’accrocher au premier solide qui passe

 

l'atroce souffrance

des sirènes aphones

la noirceur du monde

son cancer aurifère

cet hospice où les déments

sont aux commandes

 

les fous les vrais

valets gras de machineries

masticatrices

 

j’avoue

parfois mon imagination abusive

conjugue l’homme

à l'imparfait.

 

 

cg in Ombromanie (Encres Vives, 2007)

 

 

Gilles Berquet

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Je suis femme

 

Unique Multiple

 

Je suis la Grande Saline.

 

 

 

Cg, in Salines, 2007

 

18/07/2013

Glyn Davies et Maîtresse des lunes giboyeuses

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MAÎTRESSE DES LUNES GIBOYEUSES

 

Grand écart terre ciel

Grand corps d’argile aux seins sablonneux

Labyrinthe de tes mèches broussailles

 

Je décroche les pendus

Et les voilà qui renaissent

Dans tes champs de tourbe et de salaisons

 

Moi je voudrais être nue

Là où ta lumière danse

Je voudrais être ton levain d’amour

La calligraphie conjointe de tes courbes

Être sur tes côtes une vague endormie

Entre tes doigts le pli d’un paysage mûr

 

Oublier pour un temps

Les reptations aveugles

Des marées humaines

 

 

cg 2007

 

Gilles Berquet et Grosse fatigue

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GROSSE FATIGUE

  

Messieurs

Vous nous fatiguez

Avec vos

« si nous allions faire un tour

Dans les sous-bois

Sur la banquette arrière

Chez toi ou chez moi ? »…

 

Messieurs

Vous nous fatiguez

Avec vos pals

Et pieux

Vœux de chasse

Tétées

 

Messieurs

Quelle fatigue

Que votre beat

Et votre tempo

Toujours pressés

De faire pipe

Et nunc…

 

Messieurs

Quelle fatigue

Votre idée fixe

D’intromission

Spéciale et

Secrète

 

Messieurs, mais comment ?

Vous voilà déjà fatigués ?

Mais voyons messieurs

Les fesses-tivités

Ont à peine débuté !

 

 

 CG - 2004

in Poèmes pour les messieurs

 

 

 

Mario Irarrázabal - El beso

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Le baiser des roseaux

Comme un rideau sur le ciel

 

La peau se ride sur les os

La fourche du temps

Nous fait le coup de foudre

 

La bouche de paille

Appelle la flamme

Le spasme et la fumée.

 

cg 2013

Jānis Gleizds

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JETER L'ENCRE !

 

déposer l’ancre

laisser flotter

souffler sur le miroir

aux narcisses   

 

retourner la peau des pensées

être le tanneur le couturier

le peintre rupestre paré

d'une ramure sacrée

 

aussi nue

qu’au premier jour

boire à la source s’oublier

sur un lit de feuilles froissées

suivre du bout des doigts

le fil imaginaire

 

poser le mensonge

libérer le silence  

 

puis jeter l’encre


 in Mon collier de sel

 

 

 

Mario Sanchez Nevado

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LES PISTES DU RÊVE

 

Défaire le crépuscule

Glisser dans les reflets renards de ses draps

 

Fixer l’horizon par des pointes d’améthyste

Le laisser sécher à la lune

 

Tracer un paysage au fusain de la langue

Compter les brûlis sur la peau

Les innombrables feuillets de nos masques pâles

 

Regarder fondre la vitre du réel

Ses reflets d’huile sur l’étendue de neige

 

Le roulis des roseaux

Grand soleil rouge à l’horizon brûlé

 

La neige est une plage de coquillages nus

Où les serpents marins

Sifflent des inconnues

 

Naître reconnaître dans les clameurs des sirènes

Les voix balbutiantes des poètes

 

Songes de sable

Châteaux d’écume

Nager dans leur trouble

En poissons de sang.

 

Cg in Mystica perdita, 2009 

 

Gilles Berquet et Arachnéa

Gilles berquet7.jpg

 

Arachnéa

 

Mon Q messieurs,

C’est chaud, ça brille

Mieux qu’un soleil !

 

Tout à vos dévotions,

A vos moites obsessions,

Mon Q messieurs,

Doux comme le miel.

 

A vos compromissions,

A vous sans concession,

Oui, mon Q messieurs

Pour vos langues d’abeilles !

 

Mon Q pour vous, messieurs,

Osez donc la transgression !

Pour satisfaire vos pulsions,

Je ne sais que trop bien

A quel point, Messieurs,

Vous ne savez dire non.

 

Mon Q messieurs,

Succulent

Sur vos bouches,

Mon Q messieurs

Sous vos pattes de mouche.

 

Tout à vos perversions,

A vos mâles contorsions,

Mon Q messieurs,

Il n’y a pas mieux !

 

Rien que pour vos yeux, Messieurs

Rien que vos yeux…

 

Oh ! mais je sais bien messieurs

Vous n’êtes pas comme ça

Je sais bien messieurs…

Vous m’aimez

Pour mon esprit,

Et votre cœur s’éblouit

À mes états d’âme…

 

Mon Q messieurs !

Je sais bien votre amour…

Mon Q messieurs !

 

Suivez-donc, messieurs

Le fil de ma séduction…

Sentez-vous la douce friction ?

L’appétit de ma succion ?

 

Je commence par le meilleur, messieurs,

Je commence par vos yeux…

Rien que vos yeux, Messieurs

Rien que vos yeux…

 

Cg 2002

in Poèmes pour les messieurs

16/07/2013

Marcos Rodrigo

Marcos Rodrigo.jpg

 

  je suis ta scandaleuse idole de désir

dans la houle de mes hanches

tu puises ton insolence

ton souffle dans mes jambes

je suis la sauvage l’opulente

lèvres dégrafées sur ta pierre vive

 

 Cg in Flamme and co, 2013

Gérard Macé - Tricot

gérard macé tricot.jpg

 

FUNÉRAILLES

 

Faire deuil de la chaleur

Des mains qui vibrent

Et font jaillir l’émotion

Sous la peau

 

Faire deuil de l’intensité

Du torrent de joie qui emporte

Du frisson géant des bonheurs partagés

De ces instants d’intégrale extase

 

Faire deuil de cet orgasme du vivre

Des jeux et des fou-rires

De ces élans qui nous jettent les uns vers les autres

Des complicités qui n’ont besoin que d’un seul regard

 

Surtout ça, faire le deuil du regard

Ne connaître que celui du soupçon

De la menace, de la fuite

Le regard qui évite

 

Ne connaître que le geste retenu

Le désir dévié ou déviant

La main qui touche sans caresser

La main qui caresse sans ressentir

 

Faire deuil du sentiment enivrant

Des enthousiasmes et des passions

Faire deuil du lèche-ange

De la comm-UNION

 

Faire deuil de l’amour

Dans ce qu’il a de plus bouleversant

N’en conserver que l’ossature

Qui tient le reste à peu près debout

 

L’ossature sans le tremblement de la chair

Sans le miel des mots du cœur

L’ossature qui jamais ne verra naître

Une  rose sous l’eau des larmes

 

Assister à son lent effritement

Et tisser les liens du rêve

Pour couvrir le corps

Privé de musique

 

Et laisser aller

L’âme assoiffée

Qu’elle trouve

Une source.

 

Cg in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

15/07/2013

Marc Garneau - Le non-dit

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Ce n’est pas ce que je veux vivre, le semblant, le non-dit, les ficelles grosses comme le poing qui gouvernent les pantins que nous sommes. Ce n’est pas ce que je veux vivre, le mutisme assourdissant et le sexe comme une vilaine échappée, une cicatrice qui démange sur le visage de la beauté. Un incendie qui nous laisse en cendres, en charbon d’âme.

 

Il n’y aura pas de miracle, le manque creuse.

 

 

Cg, in Celle qui manque (Asphodèle 2011)

Mandy Patullo

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LES SABOTS DU GEL

 

La vie, la mâchoire, la grande broyeuse, la pétrisseuse.

La vie de l'infiniment géant au tout minuscule.

 

La vie en belle boulangère. Le pain, le bon !

Celui dans lequel on plonge les narines

Pour saisir une bouffée de paradis.

 

La vie des caves aux greniers,

De l'Everest à l’aven.

La vie patiente

Sous les sabots du gel.

 

Cg, 1997 in Je l'aime nature

 

 

Louis Icart

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L’onguent de l’aube pénètre la nuit

À l’ombre de l’homme

Une faim de femelle

La ruche dégorge son miel

L’amour s’offre le corps des abeilles

 

cg, 2012

Georg Einbeck - Dryade, 1898

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DRYADE

 

Magicienne d’un rêve vagabond

J’écume les friches du sensible

Bois la rumeur des limbes

Aux brèches de l’aube

 

 

cg in Petit livre des illuminations simples

Gavino Idili - The dreamer

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Dans l’immobilité je cherche l’universel. Voyage intérieur pour pénétrer la moelle du monde.

 

Le manque creuse, appelle la quête. Celle qui manque devient celle qui cherche. Chercheuse d’espace, de lumière dans le cœur de l’Autre.

 

Je suis née d’un étrange ailleurs, exilée en marche perpétuelle.

Par les veines de la terre, sa chair, ses vertèbres résonantes, je suis reliée.  

 

Reliée vive.

 

 

cg in Celle qui manque (Asphodèle 2011)