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24/07/2013

Michael Waraska - One in the mourning

Michael Waraska, one in the mourning.jpg

 

AD NAUSEAM

 

sous le ciel pentu la plage bruine la mort

et la mer dans un bunker du nord

une plage où l’on fumait le poisson

sable gris crevé de petites croix blanches

 

nage mulet nage !

 

au crochet des mémoires

flottent de vieux orfrois

spectres de guerres

et chansons édentées

 

allez nage mulet nage 

tandis qu’à l’entrecuisse mauve

des danseuses nuages

les fleuves en larmes

ne cessent de vomir

les cendres de l’Histoire.

 

cg in Pandemonium II

Max Bucaille et Passe le ciseau

max bucaille 1c.jpg

 

PASSE LE CISEAU

 

Du plomb fera-t-on métal solaire ?

Folle ou sage la grande perforatrice 

Pour aller au cœur où réside le secret ?

 

Créatures oui

Mais de quoi ?

 

Dans son bain en fusion

Son rire apocalyptique

Grand x

Non résolu

 

Arbitre défoncé

Programmateur de génie

Méga lumineux

Maître amour

 

Chercher le sens

N’a aucun sens

Le révélé

Demeure

Caché

 

Au clair de lune masqué

Dans le dédale des méninges

Vont et viennent d’étranges

Silhouettes de papier

 

cg in Mystica perdita, 2009

 

23/07/2013

Gregory Spaid - Cat and Shadow, Lagos, Portugal, 1987

gregory spaid Cat and Shadow, Lagos, Portugal, 1987.jpg

 

Le chat lèche le pain, le pain lèche le chat.

 

Inextinguible simplicité des jours. Ne pas casser le rythme.

Je songe aux sources fluides entre le bas et le haut.

 

Moi entre deux, à laver les rigoles, désencombrer les canaux.

 

 

cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

 

Max Bucaille

max bucaille 1970 500.jpg

 

le trou

 

la porte se referme

les pas du gardien

s’éloignent se fondent

dans le mortier du silence

 

une sueur glacée suinte des murs

mais pas le moindre souffle d’air

il n’y a plus d’air

il est resté dehors là-bas

au soleil

 

ici il n’y a plus ni air ni soleil

seulement le silence moisi

le noir absorbant

et un bruit de pas

qui résonne encore

dans le sas de la mémoire

 

 

 

cg 1999

in Théâtre d'ombres

 

 

22/07/2013

Gregory Spaid - Somewhere in California II, 2007

GregorySpaid somewhere in california II, 2007.jpg

 

Me couper rituellement la langue pour ne plus qu’elle fourche.

Semer des graines de sourire à chaud dans le fumier de mon cœur.

Me laver des scories qui cherchent encore reconnaissance.

Être creuse afin d’être usée et renouvelée sans fin.

 

Comme une veine.

 

cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

Max Bucaille et Samedi soir

max bucaille collage 500.jpg

 

SAMEDI SOIR

 

Éclaboussures violettes

Sur la mâchoire d’un ciel d’orage

Les mantes encapuchonnées rodent

Sur les places désertes. C’est l’heure

Où les rats comptent la monnaie

Quelques montures élégantes paradent encore

Dans les dernières rues animées

Les clowns à tête de mort

Secouent leur bâton crécelle

Puis la nuit éclate comme un vase

Sur les carreaux du crépuscule

Dans les mansardes poussiéreuses

Les crétins patientent et les vers de sable

Guettent leurs étoiles-mères

Bientôt les nuées nocturnes viendront s’abattre

Sur des comptoirs étincelants

Pour se noyer

Haut et court

à des alcools de potence.

 

cg 1999

in Trans(e)fusées

 

 

Gregory Spaid - Interior of an Abandoned Farm House, Ohio, 1995

gregory spaid interior of an Abandoned Farm House, Ohio 1995.jpg

 

 

 

LE GRAND VOYAGE

 

Quelques carreaux brisés

Et le vent s'engouffre

Les rideaux déchirés

Laissent passer la lumière

Lambeaux de voile

Sur l’océan du ciel

La proue des vaisseaux

Fend l'écume bleutée

Qui retombe en plumes

 Sur le matelas usé

 

Le vieil homme ce matin

Ne s’est pas réveillé.

  

 

cg 1996

 

21/07/2013

Max Bucaille

max bucaille 4.jpg

 

 

Ruissellement, dérive et déborde pour me fendre folle arc en joie, copeaux de chair et recoudre les lambeaux de mes nerfs.

 

J’ai mordu, bafouillé comme d’autres se lovent et jouissent. J’ai camouflé ma soif dans une cargaison de vertige. Trouvé dans le caniveau, une pépite lustrale.

 

Sur les crêtes frontalières, j’ai fait récolte de courbes sereines. Amulettes fertiles. Clarté rayonnante. Trouvé le noyau de la féminité caché dans les arbres.

 

Cg in Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)

 

 

20/07/2013

Max Ernst - Pléiades, 1920

Max Ernst Pléiades 1920.jpg

 

 Une tragédie antique ensevelie dans le jardin des masques.

L’amphore, le pain, le fruit bleu. Un lion couché sur les marbres muets.

L’oiseleuse pleure dans les fumées de myrrhe.

Les aveugles depuis des siècles renouvellent leurs serments par-dessus la fosse.

 

Un corps de femme à lapider, encore et encore.

Les hallucinés tournent autour d’un brasier de chairs.

Juste un saccage de coquelicots.

 

Conjuration du vide.

La meute aime le rut.

 

 

cg in Fugitive

 

 

Max Bucaille

Max BUCAILLE (1906-1996).jpg

 

LA MORT-VIE

 

Face à la fenêtre grande ouverte, elle laisse l’air, le son de la pluie et une musique planante l’envahir. Elle a soif. Elle a des larmes plein le cœur, des poisons de guerre qui alourdissent ses veines. Dehors, la haine ! Out !

Elle préfère mille fois la solitude au mensonge, le masque plat des cœurs obstrués, le trou glacial qui absorbe la vie pour en faire un néant sans étoile, sans vibration, un néant essoufflé. Dehors la mort-vie ! Trop de fois, elle a tendu les mains à cette lame : indifférence.

La pluie chante, les arbres dansent, son cœur a des ailes. Dehors la colère ! Elle remercie le ciel d’épouser sa tristesse, ils en feront tous deux un poème. Elle veut arracher et brûler pour toujours cette racine de souffrance, que jamais personne ne puisse plus l’arroser.

 

 

Cg in Le baume, le pire et la qintessence

 

19/07/2013

Hannah Lemholt et Attrape-moi un rêve

Hannah Lemholt.jpg

 

ATTRAPE-MOI UN RÊVE

 

orgies d’automne

les corps noueux exultent

leurs jouissances éclatées

sur le ciel de métal

 

ivresses et fulgurances

avant le baiser

du rideau

 

la solitude

est un feu

à la langue exaspérante

 

causer aux chats

aux feuilles à la lune aux nuages

au vent qui en dit

des choses…

 

cabaret tzigane

un asile russe

pour moi seule

quelque chose dans le sang

qui ne coule pas

chez les autres

 

chez certains en tout cas

que l’on nomme la plupart

 

des éclats d’âme

pure énergie

volcanique

sans doute

mais …

tout va bien

 

l’amer est calme.

 

Cg in Salines, 2007

TOIYI - Only a child

Toiyi only a child.jpg

APOPLEXIE

 

cette incapacité

à briser coquille

la vitre épaisse

du vivarium

 

nos geôles portables

 

ces tentatives

ces bouées

que sont l’air d’avoir l’air depuis toujours

de ne pas être sur le point

d’appeler au secours

 

s’accrocher au premier solide qui passe

 

l'atroce souffrance

des sirènes aphones

la noirceur du monde

son cancer aurifère

cet hospice où les déments

sont aux commandes

 

les fous les vrais

valets gras de machineries

masticatrices

 

j’avoue

parfois mon imagination abusive

conjugue l’homme

à l'imparfait.

 

 

cg in Ombromanie (Encres Vives, 2007)

 

 

Gilles Berquet

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Je suis femme

 

Unique Multiple

 

Je suis la Grande Saline.

 

 

 

Cg, in Salines, 2007

 

18/07/2013

Glyn Davies et Maîtresse des lunes giboyeuses

glyn davies.jpg

 

MAÎTRESSE DES LUNES GIBOYEUSES

 

Grand écart terre ciel

Grand corps d’argile aux seins sablonneux

Labyrinthe de tes mèches broussailles

 

Je décroche les pendus

Et les voilà qui renaissent

Dans tes champs de tourbe et de salaisons

 

Moi je voudrais être nue

Là où ta lumière danse

Je voudrais être ton levain d’amour

La calligraphie conjointe de tes courbes

Être sur tes côtes une vague endormie

Entre tes doigts le pli d’un paysage mûr

 

Oublier pour un temps

Les reptations aveugles

Des marées humaines

 

 

cg 2007

 

Gilles Berquet et Grosse fatigue

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GROSSE FATIGUE

  

Messieurs

Vous nous fatiguez

Avec vos

« si nous allions faire un tour

Dans les sous-bois

Sur la banquette arrière

Chez toi ou chez moi ? »…

 

Messieurs

Vous nous fatiguez

Avec vos pals

Et pieux

Vœux de chasse

Tétées

 

Messieurs

Quelle fatigue

Que votre beat

Et votre tempo

Toujours pressés

De faire pipe

Et nunc…

 

Messieurs

Quelle fatigue

Votre idée fixe

D’intromission

Spéciale et

Secrète

 

Messieurs, mais comment ?

Vous voilà déjà fatigués ?

Mais voyons messieurs

Les fesses-tivités

Ont à peine débuté !

 

 

 CG - 2004

in Poèmes pour les messieurs